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Des terrains à Bruxelles pour le Plan logement!

Communiqué de presse, 4 juillet 2005.

Les associations signataires interpellent la Région bruxelloise à propos de la réalisation de son « plan logement », qui constitue un de ses principaux objectifs pour la législature en cours, et plus particulièrement de la problématique des terrains à trouver pour y construire les 5000 logements prévus.

Les associations suggèrent à la Région bruxelloise d’utiliser les terrains dont elle est propriétaire aux abords de la gare du Midi (ainsi que les moyens dont elle dispose pour le développement de ce quartier via sa société Bruxelles-Midi) afin de réaliser une partie de ces 5000 logements.

En effet, la Région dispose de moyens fonciers, financiers et juridiques mis en place dès les premières années de sa création pour revitaliser le quartier du Midi. En 1992, elle a changé l’affectation de 4 îlots jusque-là dédiés au logement, pour les transformer en une zone essentiellement administrative (PPAS Fonsny 1, Saint-Gilles). En 1996, elle a entériné un plan d’expropriation pour ces îlots.

Mais ces plans n’ont jamais pu entièrement être menés à leur terme, vu l’absence d’investisseurs pour la fonction « moteur » que devait constituer le bureau dans cette zone.

Etant donné, d’une part, la crise du logement que traverse Bruxelles (trop peu de logements disponibles, hausse et absence d’encadrement des loyers) et les objectifs fixés par le Gouvernement régional en la matière et, d’autre part, la crise inverse vécue par le marché du bureau (trop d’espaces disponibles et de projets en développement), il serait logique que la Région favorise la construction de logements, et non de bureaux, là où elle a la maîtrise des sols.

Outre le fait de solutionner en partie le problème de la recherche de terrains destinés aux nouveaux logements régionaux, cette proposition recèle d’autres avantages. Elle permettrait notamment:

* de maintenir le bâti resté en bon état et de relancer la rénovation des maisons, rendue impossible depuis 1996 par le plan d’expropriation régional pesant sur le quartier,

* de terminer rapidement la transformation de ce quartier qui souffre depuis 20 ans de différents traumatismes spéculatifs et urbanistiques, plutôt que de laisser son avenir dépendre d’une reprise du marché immobilier et d’un éventuel intérêt des investisseurs privés.

- BRAL vzw
- Rassemblement pour le Droit à l’Habitat asbl RBDH/BBRoW vzw
- Comité de défense de Saint-Gilles – CODES asbl
- Comité du quartier Midi
- Syndicat des locataires asbl
- Union des locataires de Saint-Gilles asbl

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Bruxelles rencontre le Midi?

Une délégation de locataires, propriétaires, commerçants et riverains du quartier Midi a remis ce 13 juillet un cahier de doléances aux responsables de la société régionale Bruxelles-Midi. Lors de cette première rencontre, les représentants de Bruxelles-Midi ont fait une série de promesses et d’annonces aux habitants. Celles-ci concernent notamment la révision des conditions de l’aide sociale, mais aussi la situation urgente des locataires menacés d’expulsion pour le 31 août. Ou encore la réalisation probable d’une partie du « Plan régional du Logement » dans le quartier.

Le 20 mai, des locataires, propriétaires et commerçants du quartier Midi avaient adressé une lettre ouverte au Ministre-Président de la Région bruxelloise. Si Charles Picqué n’a toujours pas répondu à ce courrier, le Comité du quartier Midi s’est vu proposer, la semaine dernière, une rencontre avec la société créée et mandatée par la Région bruxelloise pour piloter les projets immobiliers du côté saint-gillois de la gare du Midi: la SA Bruxelles-Midi.

La délégation du Comité de quartier a été reçue par Jacques Van Grimbergen (directeur général de l’Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement et président de la SA Bruxelles-Midi) et Vincent Rongvaux (directeur de la Régie foncière et administrateur-délégué de la SA Bruxelles-Midi).

L’arrêt provisoire des expulsions et des démolitions?

— Un cahier de doléances leur a été remis, portant sur les différentes revendications des habitants. L’ensemble de celles-ci n’a pas pu être abordé lors de la rencontre. Mais le Comité du Midi a insisté prioritairement pour que soit mis en place un groupe de concertation, ou qu’un médiateur soit désigné, afin de prendre en compte et solutionner l’ensemble des problèmes causés par la réalisation des projets immobiliers dans le quartier. Les représentants de Bruxelles-Midi ont promis de donner des réponses à ces doléances pour la fin du mois d’août.

— Mais la situation des locataires de 6 maisons de l’îlot D (rue de Russie – avenue Fonsny), théoriquement délogés pour le 31 août, ne peut pas attendre. Les responsables de Bruxelles-Midi ont accepté d’intervenir auprès du propriétaire de ces maisons (la SA Espace Midi), afin qu’elles ne soient pas démolies et continuent à être habitées tant qu’aucun projet ne se réalise sur cet îlot. Les habitants espèrent obtenir une réponse à ce sujet dans les prochains jours.

— En attendant, la SA Bruxelles-Midi a déjà concédé, d’une part, que le montant des indemnités accordées aux locataires délogés devaient être revues à la hausse. Et, d’autre part, que les conditions fixées pour y avoir droit (notamment être domicilié dans le quartier avant 1997) devaient être assouplies. Des décisions devraient donc être prises en ce sens d’ici la rentrée de septembre.

Ces premières annonces, encore très insuffisantes face à la situation du quartier, constituent néanmoins un premier pas dans le bon sens.

La situation de nombreux locataires, propriétaires (habitants ou non) et commerçants du quartier reste effectivement problématique. Le Comité de quartier estime que près de 200 habitants vivent toujours dans les trois îlots frappés depuis 9 ans par un plan d’expropriation; parmi lesquels au moins 19 familles, 78 ménages, 14 propriétaires occupants, 17 commerces et une école. Soit, au bas mot, une trentaine de maisons encore à racheter ou exproprier.

Une partie du Plan régional du Logement au quartier Midi?

Au cours de cette rencontre, la SA Bruxelles-Midi a par ailleurs annoncé qu’une partie du Plan régional du Logement serait réalisée sur des terrains lui appartenant dans le quartier.

Le Comité du quartier Midi, qui avait émis cette proposition il y a dix jours avec d’autres associations (BRAL, Rassemblement pour le Droit à l’Habitat, Comité de défense de Saint-Gilles, Syndicat des locataires, Union des locataires de Saint-Gilles), se réjouit de cette nouvelle.

Mais le Comité note que la seule nouveauté réside dans le fait que des moyens seront ainsi trouvés pour bâtir du logement sur ces parcelles qui étaient de toutes façons affectées à du logement. Selon Bruxelles-Midi, de nouveaux logements « moyens » seraient en effet réalisés sur une partie de l’îlot A, tandis que des logements sociaux le seraient sur une partie de l’îlot D. Ces deux zones sont inscrites en logement dans le PPAS.

Par ailleurs, c’est avec les subsides de Beliris (Accord Fédéral-Région) que Bruxelles-Midi va procéder à l’expropriation des maisons de l’îlot A et de leurs habitants.

Le Comité du quartier Midi rappelle que cet argent public pourrait tout aussi bien servir à rénover une partie du bâti encore en bon état. Cette solution permettrait notamment à certains propriétaires, commerçants ou locataires de rester dans leurs maisons, plutôt que devoir les quitter pour qu’on construise à la place des logements auxquels ils n’auront pas accès.

Pour le Comité du quartier Midi, la rénovation est une solution qui doit être envisagée sérieusement et, dans tous les cas, le relogement des habitants doit être assuré à des conditions identiques que leur logement actuel.

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Fête des voisins

- Mai 2005

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Des voisins plutôt que des bureaux

Une mise au net d’Alain Gérard – « La vie du net » (« Le Soir en ligne »), 05 juillet 2005

Ce mardi a lieu la conférence interministérielle sur le logement à Bruxelles. A à peine un kilomètre du lieu de cette conférence, dans le quartier de la gare du Midi grignoté par la spéculation immobilière autour du terminal TGV, des citoyens se mobilisent pour sauver leur logement. Ils se sont constitués en comité de quartier et ont créé un site internet. Parce que les écrits restent.

Depuis plus de 20 ans, les habitants des alentours de la gare du Midi savent qu’ils sont menacés. Par des projets d’autoroute urbaine ou de ponts, dans un premier temps. Par la pure spéculation immobilière ensuite, puis enfin par les appétits immobiliers conjugués des pouvoirs publics et des promoteurs privés.

Ce n’est pas nouveau. En 1993 déjà, la presse bruxelloise titrait “Midi: le quartier oublié?”. Les habitants déploraient déjà que “s’ils ne sont pas poussés hors de leurs logements par les promoteurs, c’est l’insupportable état du quartier qui les amène à le quitter”… L’histoire du quartier, vue par la lorgnette de ses habitants, est parsemée d’injustices et teintée d’irrationnalité.

Rien de neuf, donc, sous le soleil du Midi?

Pas tout à fait. En effet, depuis le 15 juin dernier, ce qui reste d’habitants et de commerçants du quartier ont décidé de se constituer en comité de quartier. Et de donner plus de résonance encore à leur action en montant un site internet.

Outre un état des lieux et un historique de l’évolution du quartier, on y trouve en bonne place une série de revendications propres à la problématique du Midi certes, mais aussi révélatrices de la crise immobilière que connaît aujourd’hui, de manière quasi structurelle, la Région bruxelloise. Une situation qui ne manque pas non plus de rappeler ce qu’a connu, dans ses heures les plus noires, le quartier dit « européen » à l’ombre du rond-point Schuman.

Parmi les revendications du comité Midi, il est question de l’arrêt des délogements et des démolitions, du maintien du bâti existant et ce, jusqu’à la délivrance des permis de bâtir. Le site réclame également l’assurance pour tous les habitants concernés par le plan d’expropriation d’un accompagnement social digne de ce nom. Sans oublier la garantie que le rachat des maisons expropriées soit effectué au prix actuel du marché immobilier. Tout en indemnisant correctement les propriétaires ainsi que les commerçants du quartier.

Au-delà des revendications matérielles, le comité de quartier demande aussi que la gestion des incidences des projets immobiliers soit réalisée dans le respect des riverains, de leurs droits et de leur environnement de vie. Enfin, la mise en place d’un groupe permanent de concertation, associant tous les pouvoirs publics, promoteurs, propriétaires et habitants, ponctue la liste des revendications.

Reste à espérer que les ministres et autres pouvoirs publics concernés soient branchés sur le net. Sinon, le comité du quartier Midi et les défenseurs pour le droit à un logement décent pour tous en Région bruxelloise, ont promis de leur faire savoir via tous les vecteurs possibles.

http://www.quartier-midi.be

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Les habitants du quartier Midi ne sont pas les pièces d’un puzzle…

Carte blanche publiée dans « Le Soir », le 06 juillet 2005

Le projet d’ »internationalisation » des abords de la gare du Midi, conçu dans la perspective de l’arrivée du TGV, offre aujourd’hui le paysage absurde d’un quartier éventré au petit bonheur la chance, au fil de 15 ans d’acquisition de terrains sous la houlette de la Région de Bruxelles-Capitale. Mais cette vision, celle d’un aménageur, d’un observateur de passage ou d’un investisseur hypothétique, ne rend pas compte de l’existence d’habitants et d’usagers du quartier, sacrifiés sur l’autel de l’ »internationalisation » et de la mise en concurrence des métropoles européennes, mais aussi des communes qui les constituent. Et cela dans le but d’attirer l’investissement privé direct, seul à même désormais, selon le discours officiel, d’alimenter les budgets nécessaires à la conduite de politiques publiques.

En résumé: détruisons des maisons pour construire des bureaux qui financeront des maisons via les charges d’urbanisme. L’absurde n’est pas loin, puisque les sociétés internationales ne manifestent aucun début d’intérêt pour ce nouveau pôle tertiaire fantasmé sur le papier. Et comme le bureau ne vient pas, le logement non plus…
Les risques de ce partenariat public-privé sont assumés par la Région mais, in fine, ce sont des promoteurs privés qui rachètent les terrains, réalisent les projets, encaissent les bénéfices auprès d’éventuels clients… qui auront toutes les chances d’être publics. Les principaux immeubles de bureaux construits à ce jour du côté saint-gillois de la gare, et mis en vente sur le marché mondial, n’ont en effet trouvé pour acquéreur que le public: la SNCB, l’ONSS, etc. Ils sont dès lors frappés par la mainmorte et leur rendement fiscal est nul.

Ce « petit Manhattan » en rappelle un grand: le quartier Nord, resté durant des années à l’état de terrain vague et sauvé, comme tout le marché bruxellois du bureau aujourd’hui en crise, par des institutions ou entreprises publiques devenues locataires des surfaces excédentaires après avoir bradé et privatisé une partie du domaine public.

Pour justifier l’expropriation de 4 îlots au quartier Midi, c’est la création de pas moins de 9000 emplois qui est invoquée! Mais en quoi le déménagement de sociétés (fussent-elles privées) d’un quartier de Bruxelles vers un autre, est-il vecteur de nouveaux emplois? Et, pour attirer ces sociétés, à combien de commerces et d’emplois locaux les autorités ont-elles déjà mis fin?

N’en déplaise au Ministre-Président Charles Picqué, il vaut d’épiloguer sur « ce que les gares génèrent comme sociologie » pour ne pas oublier que ce sont des hommes, des femmes et des familles que l’on sacrifie à des rêves de béton. Le bas de Saint-Gilles est multiculturel par nature, marqué par les communautés juive, espagnole, grecque et portugaise, maghrébine ensuite, puis polonaise. Le Midi est et restera, par la force des choses, le lieu de toutes les arrivées. Mais certains « immigrés », dont on sous-estime le « dynamisme », sont moins internationaux que d’autres, investisseurs en transit légal, susceptibles d’ouvrir des bureaux et de créer ainsi les emplois locaux dont tout Bruxellois est sensé rêver: ouvriers-nettoyeurs, employés, personnels d’accueil et de sécurité. Ainsi, la Région et la Commune n’accueillent pas l’étranger; elles accueillent « l’international », qu’il leur faudra encore retenir… de peur qu’il ne parte trop vite vers d’autres gares.

Quoi qu’il en soit, il serait bon que l’accompagnement social, considérant cette « sociologie » particulière, soit au moins à la hauteur des déclarations. Lutter contre le cercle infernal de la précarisation et préserver le tissu social sur lequel repose la vie urbaine devrait être une priorité pour ceux qui sont en charge de l’intérêt public. Lorsqu’une famille, relogée par l’antenne sociale dans un bloc condamné, en vient logiquement à sa deuxième expulsion, on mesure la fragilisation de la population par les pouvoirs publics. Et que dire d’indemnités de déménagement de 750 euros, consenties uniquement aux locataires habitant la zone avant 1997, lesquels doivent attendre que leur îlot soit officiellement « traité » pour y prétendre, et n’y ont droit que s’ils trouvent (par eux-mêmes) à se reloger dans la région bruxelloise…?!

Et il ne suffit pas de décréter des arrêtés d’insalubrité et des permis de démolir (un tantinet opportunistes tant les pouvoirs entre la commune, la Région et la « société de développement urbain » sont confondus), pour régler le problème des locataires et des propriétaires expropriés. Les habitants ne disposant que de faibles revenus sont pour la plupart contraints à l’exode hors de Bruxelles. Car la flambée des loyers est aussi une des facettes de l’ »internationalisation » de Bruxelles. Il serait donc temps que les pouvoirs publics reviennent à une conception un peu plus terre à terre de l’intérêt public. Mais cela semble exclu par le mode opératoire qu’ils ont choisi, à savoir la « concession » de cette « mission de service public » à une société mixte, la SA Bruxelles-Midi.
Tout se passe en fait comme si, par l’intermédiaire de cette société, la Région pouvait employer les méthodes du privé et jouer ainsi sur les deux tableaux pour mener à bien ses projets immobiliers (achat notamment des maisons au gré à gré en limitant au maximum des expropriations trop coûteuses, sous-traitance de l’ »accompagnement social », etc.).

Mr Picqué déclarait d’ailleurs en 1994 que c’étaient « les conditions du marché » qui devaient rendre la SA Bruxelles-Midi « à même de remplir pleinement les missions qu’elle s’est assignées ». La réalisation d’impératifs sociaux était bel et bien devenue, comme la réalisation de projets de logements, tributaire du marché.

Selon Mr Picqué, « un terrain vague est moins dommageable socialement qu’un vieux parc [de logement, NDA] pourrissant ». Mais cet élan social serait plus crédible si le relogement de tous les habitants était assuré, dans de bonnes conditions, avec des loyers qu’ils peuvent supporter et de préférence à proximité de leur logement actuel (la Commune de Saint-Gilles ne dispose-t-elle pas après tout du deuxième parc de logements non sociaux après Bruxelles-ville?).

Par ailleurs, un bilan indépendant de l’état du « vieux parc pourrissant » permettrait d’envisager de conserver et de rénover un nombre non négligeable de logements. Les fonds de l’Accord de coopération Fédéral-Région (Beliris) seraient sans doute mieux utilisés à cette fin, plutôt que d’être mobilisés pour ériger des terrains vagues en attente d’investisseurs.

Ceci éviterait également la honte – spectre de Manhattan – de devoir un jour brader les espaces investis à des investisseurs privés appelés à boucher les trous du passé. Ce serait tout à l’honneur des responsables politiques que de troquer leurs lunettes de visionnaires contre une loupe permettant de percevoir les dynamiques locales existantes (sociales, culturelles, économiques), afin de ne pas réduire les quartiers de gare à des quartiers internationaux, l’international à l’offre libre de bureaux, l’assainissement à la « tabula rasa », capable aussi de prendre en compte les effets sociaux néfastes d’interventions urbaines dans un contexte global de précarisation et de hausse des loyers. In fine, il s’agirait de voir que l’intérêt général n’est pas forcément dans la poursuite d’un engrenage infernal économiquement peu rationnel, menant pas à pas à une situation kafkaïenne que personne n’a voulue. Un tel changement raisonné de perspective constituerait sans nul doute une belle vitrine politique et urbaine pour Saint-Gilles et une avancée démocratique pour la Région de Bruxelles-Capitale!

Thomas Dawance
Architecte, Centre de Recherche Urbaine, ULB

Stefan De Corte
Chercheur, Cosmopolis, VUB

Jamal Es Samri
Sociologue

Corinne Gobin
Directrice du Groupe de recherche sur les acteurs internationaux et leurs discours, ULB

David Jamar
Chercheur en anthropologie urbaine, ULB

Mathieu Van Criekingen
Chercheur en géographie humaine, ULB

Benedikte Zitouni
Sociologue, Cosmopolis, VUB

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Remettre le logement sur les rails au Midi

WILLIAM BOURTON – Le Soir – mercredi 06 juillet 2005

Depuis plus de 15 ans, le Midi souffre de graves traumatismes spéculatifs et urbanistiques. Le monde associatif invite la Région à agir, en se focalisant sur la fonction logement.

Le projet d’internationalisation des abords de la gare du Midi, conçu dans la perspective de l’arrivée du TGV, offre aujourd’hui le paysage absurde d’un quartier éventré au petit bonheur la chance, au fil de 15 ans d’acquisition de terrains sous la houlette de la Région bruxelloise.

Ainsi commence la « Carte blanche » de sept spécialistes de la ville (sociologue, anthropologue, urbaniste, géographe…), que nous publions en page 15 de ce journal. Une réflexion intéressante – doublée d’une interpellation du gouvernement – pour remailler un tissu urbain pour le moins percé de trous.

Au même moment, une série d’associations actives dans le quartier du Midi (le Bral, le Rassemblement pour le droit à l’habitat, le Comité de défense de Saint-Gilles, le Comité du quartier Midi, le Syndicat des locataires et l’Union des locataires de Saint-Gilles) sortent également du bois, en se focalisant pour leur part sur la fonction logement.

Pour atteindre l’objectif de 5.000 nouveaux toits du Plan logement, les associations précitées suggèrent au gouvernement bruxellois d’utiliser les terrains dont il est propriétaire aux abords de la gare du Midi, ainsi que les moyens dont il dispose pour le développement de ce quartier via sa société Bruxelles-Midi. Et d’expliquer que la Région dispose, de longue date, de moyens fonciers, financiers et juridiques pour revitaliser le quartier. En 1992, le gouvernement régional changea en effet l’affectation de quatre îlots jusqu’alors dédiés au logement pour les transformer en une zone essentiellement administrative (PPAS Fonsny 1). Quatre ans plus tard, il entérina un plan d’expropriation pour ces îlots.

Mais ces plans n’ont jamais pu entièrement être menés à leur terme, vu l’absence d’investisseurs pour la fonction moteur que devait constituer le bureau dans cette zone, expliquent les membres des associations. Dès lors, étant donné la crise du logement que traverse Bruxelles (trop peu de logements et hausse des loyers) et les objectifs fixés par le gouvernement régional en la matière et, d’autre part, la crise inverse vécue par le marché du bureau (trop d’espaces disponibles), il serait logique que la Région favorise la construction de logements et non de bureaux là où elle a la maîtrise des sols.

Selon le monde associatif, ceci permettrait, en outre, de maintenir le bâti resté en bon état et de relancer la rénovation des maisons. Bref – et l’on rejoint le propos de la « Carte blanche » précitée – de terminer rapidement la transformation de ce quartier qui souffre depuis 20 ans de différents traumatismes spéculatifs et urbanistiques sans dépendre d’une reprise du marché immobilier et d’un éventuel intérêt d’investisseurs privés.

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Charles Picqué annonce un nouvel élan au réaménagement des abords de la gare du Midi

La Dernière Heure – 04 juin 2005

Le gouvernement bruxellois entend redonner du rythme à la réhabilitation des abords de la gare du Midi et en particulier des quatre îlots situés le long de l’avenue Fonsny dans l’attente d’un redéveloppement, a affirmé hier vendredi le ministre-président Charles Picqué.

Le dernier avenant à l’Accord de coopération Beliris prévoit ainsi d’y injecter cinq millions d’euros pour le logement. Charles Picqué était interpellé par plusieurs députés, essentiellement de la majorité Julie Fizman (PS), Yaron Pesztat (Ecolo), Denis Grimberghs (CDH), Brigite De Pauw (CD&V) et Jan Beghin (SP.A) au sujet des retards pris dans le réaménagement des abords de la gare du Midi, dans la foulée de l’aménagement du Terminal TGV.

L’annonce de cet aménagement, à la fin des années 80, avait donné lieu à une vague de spéculation immobilière alimentée par la perspective de construction de dizaines de milliers de mètres carrés de bureau. Mais de l’avis des différents interpellants, le bilan est plus que mitigé et la vision du quartier demeure apocalyptique.

Le long de l’avenue Fonsny, des expropriations ont eu lieu, d’autres sont à venir. Il importe de prendre des mesures d’accompagnement pour les occupants à exproprier, ont souligné les députés pas franchement rassurés par la tournure du dossier. Des surfaces de bureaux promises, il reste quelque 50.000 m2 à construire, et seuls quelque 60% des 28.000 mètres carrés existants ont été loués.

Côté logements, un schéma directeur portant sur 4 îlots (A, B, C et D) de l’avenue Fonsny a été élaboré afin d’éviter une trop grande spéculation immobilière. La commune de Saint-Gilles a entrepris de protéger les logements entourant ces quatre îlots. Jusqu’à présent, près de 100 logements publics ont été mis à disposition dans la zone via la Régie foncière de la commune de Saint-Gilles et près de 50 autres sont en cours de réalisation ou de rénovation.

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Quartier du Midi : Ecolo s’inquiète

ANNE-CECILE HUWART – Le Soir – mardi 07 juin 2005

Le réaménagement des abords de la gare du Midi préoccupe les Ecolo. Le 26 mai dernier, la section locale de Saint-Gilles interrogeait la majorité sur l’avancée du chantier. Vendredi dernier, c’était au tour de Yaron Pesztat et Julie Fiszman d’interpeller le ministre-président de la Région et bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué (PS) au parlement bruxellois.

La Région bruxelloise est concernée car c’est elle qui, en 1992, mit sur les rails la SA Bruxelles-Midi, une société d’économie mixte visant à gérer le réaménagement des quatre îlots compris entre l’avenue Fonsny et la rue de Merode. L’idée était de revitaliser les environs du nouveau terminal TGV, en cherchant des investisseurs. Mais quinze ans plus tard, beaucoup s’inquiètent de la lenteur du projet.

Alors que, côté anderlechtois, les travaux sont achevés, le côté saint-gillois reste en friche et ne se reconstruit que très lentement, offrant un visage peu avenant de chancres, d’immeubles à l’abandon et de terrains vagues, commente Yaron Pesztat. Cela pose de sérieux problèmes urbanistiques et sociaux.

Charles Picqué a néanmoins tenu à rappeler que de nombreux logements publics sont ou vont être réalisés dans le quartier : 40 logements sociaux du Foyer saint-gillois, 96 logements publics mis à disposition dans la zone par l’intermédiaire de la Régie foncière de la commune, 50 autres en cours de réalisation ou de rénovation toujours par la commune. La Société de développement pour la Région bruxelloise (SDRB) prévoit en outre la création de 30 logements dans l’îlot B. De plus, 6,6 millions devraient être investis dans l’espace public, grâce au contrat de quartier Verhaegen.

Mais les verts demandent un réel changement de cap sur ce dossier. J’entends que l’on envisage de prolonger le plan d’expropriation au-delà de la mi-2006, clame Yaron Pesztat. Cette mesure va engendrer la poursuite du délabrement du quartier. A force de vivre avec une épée de Damoclès, plus personne ne rénove… Mieux vaut préserver, rénover ce qui peut l’être encore. Et continuer à stimuler les investisseurs pour reconstruire là où les immeubles sont irrécupérables.

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Le quartier du Midi poursuit sa mutation

ANNE-CECILE HUWART – Le Soir – samedi 28 mai 2005

Le quartier du Midi poursuit sa lente mutation, entamée il y a quinze ans avec l’annonce de l’arrivée du terminal TGV. Au fil des ans, les maisons se sont vidées, lézardées. Pour faire place à des chancres puis, parfois, à des immeubles modernes. Les écolos de Saint-Gilles s’inquiètent de la lenteur du chantier et des résultats qu’il donne : trop de bureaux (souvent vides) au détriment du logement, manque de vision d’ensemble… Au conseil communal de jeudi dernier, les écolos ont tenu à s’informer de l’avancée des travaux.

Les préoccupations des verts concernent quatre îlots à front de l’avenue Fonsny. L’îlot A, coincé entre les rues Claes et de Suède, est pour l’heure un vaste terrain vague. Mais l’échevin de l’urbanisme, Henri Dineur, a voulu rassurer l’assemblée : les permis pour la construction d’immeubles de bureaux et logements (côté Mérode) ont été délivrés.

L’îlot B, entre les rues de Suède et de Hollande, est partiellement occupé par la compagnie d’assurances Swiss Life. Un deuxième occupant est en voie d’aménagement.

L’îlot C, entre les rues de Hollande et d’Angleterre, a fait l’objet d’un marché lancé par le Comité d’acquisition. Le marché sera adjugé dans le courant de juin 2005. Les dernières expropriations sont en cours, elles pourraient aboutir à la fin de l’année. Quant aux démolitions, elles se poursuivent au fur et à mesure des acquisitions. Le début des travaux de reconstruction peut être envisagé au plus tôt fin 2006.

L’îlot D, entre les rues d’Angleterre et de Russie, appartient pour un quart à la S.A. Espace Midi. La commune n’a jusqu’ici reçu aucune demande de démolition ni de reconstruction. Quelques irréductibles habitants habitent toujours cet espace. Mais plus pour longtemps car ils viennent de recevoir leur avis d’expulsion de la part de la S.A. Espace Midi : ils doivent déguerpir pour le 31 août. Or, ils souhaitent pouvoir conserver leur logement jusqu’à ce qu’un projet concret voie le jour à cet endroit.

Nous savons ce que cette vague de délogement annonce : des maisons vidées et murées qui pourrissent, menaçant les passant et les riverains et qui, finalement, sont abattues à l’unité ou par petits groupes, relatent les riverains dans une lettre au ministre-président de la Région bruxelloise et bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué. Loin de contribuer à la revitalisation du bas de la commune, ces pratiques aboutissent à la désolation du quartier et à une bien triste vitrine aux abords de la gare du Midi.

Et les écolos de demander à l’échevin de trouver des arrangements avec les différents protagonistes pour permettre aux habitants de rester chez eux le plus longtemps possible. Mais Henri Dineur dénonce l’insalubrité des lieux. Ces habitations sont quasi en ruines, explique-t-il. De plus, elles restent frappées d’une hypothèque que la commune ne souhaite pas remettre en cause. Ce serait populiste et anti-économique de donner de faux espoir aux gens. Ces habitants n’auront aucun projet de vie. Ce serait comme installer des logements à marée basse alors que la mer va monter…

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