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« On ne casse pas du pauvre »
RÉGION / Contrats de quartier
- « Le Soir », 18 février 2008
Région bruxelloise. Un leurre, les politiques de rénovation urbaine ? Freddy Thielemans et leur « père », Charles Picqué, s’indignent.
Rendre la dignité à un quartier, c’est rendre la dignité aux gens qui l’habitent ». Charles Picqué ne comprend pas. Sur base d’une partie du rapport de la cour des comptes, dont Le Soir s’était fait l’écho, jeudi dernier, Mathieu Van Criekingen avait dressé un bilan peu flatteur des contrats de quartier.
Selon le chercheur au laboratoire de géographie humaine de l’ULB, la politique fédérale des grandes villes, à travers les contrats de ville et de logement, et les contrats de quartiers, à l’origine desquels on retrouve le même homme politique, en l’occurrence le ministre-président Charles Picqué (PS), sont entachés d’une série de travers.
Loin de réaliser la mixité sociale claironnée, ces outils de « rénovation urbaine » serviraient à purger certains quartiers, parfois mixtes, de leurs pauvres, devenus incapables d’assumer des loyers que la revitalisation de l’espace public autorise les propriétaires privés à revoir à la hausse. Bruxelles finirait ainsi par exporter ses indigents, lesquels, au nom de cette même mixité, sont par ailleurs rarement invités à investir les quartiers riches.
« La mixité n’a pas pour objectif de faire habiter une personne précarisée drève de Lorraine », ironise le ministre-président socialiste. Ce qui n’empêche pas de mener des politiques urbaines visant à proposer du logement social dans des quartiers plus bourgeois, poursuit le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS) : « C’est ce qui a été fait à l’époque à Laeken, quand on a construit la Cité modèle, et ce qu’on fait, en partie, aujourd’hui avec le plan 1.000 logements à Neder-over-Heembeek ».
Pas de quartiers pour les contrats
Pour Charles Picqué, il y a trois sortes de quartiers à Bruxelles : les quartiers riches, les quartiers médiums (Evere, Jette…) et les quartiers qui font partie du périmètre EDRL, pour Espace de développement renforcé du logement, et qui font l’objet des contrats de quartier :
« L’objectif est d’investir dans les lieux – c’est la rénovation de l’espace public – et dans les gens – c’est l’encadrement social. Il se traduit par des mises à l’emploi, le renforcement du tissu associatif et des investissements en matière de logement social et conventionné à la fois dans la construction et dans la rénovation ».
« C’est le principe du Projet X, puisqu’on rénove des logements privés insalubres en garantissant aux anciens locataires de pouvoir réintégrer les lieux ensuite », explique Freddy Thielemans.
Selon lui, les sept contrats de quartier dont a bénéficié la Ville de Bruxelles ont, aussi, permis à la commune de conserver une certaine mixité. La gentrification, l’embourgeoisement, régulièrement dénoncée serait, selon Charles Picqué, culturelle plus que sociale : « Les quartiers en rénovation séduisent des gens qui ont un niveau d’éducation et d’études supérieur mais qui n’ont pas nécessairement un pouvoir d’achat élevé ».
Et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles d’évoquer les sollicitations croissantes dont le CPAS de sa commune fait l’objet. « Certains habitants quittent peut-être la ville pour d’autres communes moins chères mais la commune continue d’être le point de chute d’une certaine émigration économique ».
Marri des critiques formulées par le chercheur et presque courroucé par le rapport de la Cour des comptes qui ferait mieux d’apprécier « la légalité des actes » que « faire de la politique » en se faisant l’écho du « braiment de l’un ou l’autre sociologue français », Charles Picqué se demande si la solution serait désormais de désinvestir. La rénovation urbaine, générée notamment par les contrats de quartier, se traduit certes par l’arrivée de nouveaux habitants mais « rarement d’anciens propriétaires de quatre façades ».
Leur objectif est bien de « rompre le ghetto social » mais le ministre-président s’inscrit en faux contre les déclarations de Mathieu Van Criekingen selon lesquelles la gentrification serait au cœur de la stratégie de ces politiques : « Si ça faisait 15 ans qu’on cassait du pauvre, cela se saurait ».
FABRICE VOOGT
La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi
- Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008
Ce matin, mardi 15 janvier 2008, les Editions Agone tenaient une conférence de presse intitulée : « Les Editions Agone contraintes de quitter le Quartier Midi ».
Un de nos collaborateurs dispose en effet en location d’un bureau et d’un atelier au 53, rue de Mérode, utilisé pour la rédaction en chef de la Revue Agone.
L’expropriation de cet immeuble a été prononcée le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St-Gilles.
Les locataires ont été avisés du transfert de propriété le 14 janvier, suite au paiement tardif par la Région des indemnités d’expropriation au propriétaire.
En arrivant sur les lieux vers 10h00 ce matin, notre collaborateur, Benoît EUGENE, rédacteur en chef de la Revue Agone, a constaté que la porte donnant sur la rue avait été enfoncée.

La salle préparée pour la conférence de presse avait été saccagée, les livres exposés ayant été jetés au sol et recouverts de gravas.
Dans le même temps, la société publique Vivaqua, compagnie des eaux, déconnectait le bâtiment du réseau d’eau potable.
La Conférence de presse a tout de même eu lieu dans ces conditions très difficiles.
C’est la société privée SA Bruxelles-Midi, société mixte à capital régional dirigée par M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur de l’urbanisme à la Région de Bruxelles Capitale, qui est selon nos informations à l’initiative de ce saccage.
Cette conférence de presse entendait témoigner des violences et intimidations exercées sur les habitants du quartier par les autorités régionales, déjà condamnées pour la violation de plusieurs Droits de l’Homme dans le dossier du Quartier Midi.
A ces violations s’ajoute aujourd’hui celle de la liberté de la presse.
Les Editions Agone condamnent les actes de saccage menés ce matin au 53, rue de Mérode et demandent que les responsables soient sanctionnés. Les locataires ont de leur côté déposé plainte.

Le plan de développement international de Bruxelles : qu’en penser ?
- Denys Ryelandt, avocat, Vice-président de l’Association de Comités de Quartier Ucclois
La lecture du « schéma de base » de ce PDI ne peut manquer d’interpeller les Bruxellois soucieux d’un développement harmonieux de leur ville. Si ce document n’a pas une valeur juridique, il a cependant été présenté au Parlement bruxellois et ses grandes lignes ont même été reprises par le Ministre – Président de la Région de Bruxelles – Capitale dans sa déclaration gouvernementale, le 17 octobre 2007. Il faut, hélas, le dire de manière nette : ce projet ne vise pas le bien-être des habitants et ne parait même pas améliorable tant il est orienté vers la « vente » de Bruxelles, considérée comme une marchandise internationale. La « feuille de route » établie par le Gouvernement le 15 janvier ne corrige malheureusement pas les défauts essentiels du shéma de base, même si certains sujets qui fâchent n’ont pas été repris.
Le travail a été commandé par le Ministre – Président à la société de consultants PriceWaterhouseCoopers, laquelle a vu Bruxelles comme une ville qui doit profiter de son statut de capitale de l’Europe pour mieux asseoir sa place de ville internationale et ne pas se laisser distancer par d’autres grandes villes. C’est à longueur de pages qu’il est fait référence à ce statut et au profit qu’on peut en tirer. Si cette affirmation peut se comprendre jusqu’à un certain point, elle n’est plus acceptable quand l’objectif se limite à l’économique. C’est ainsi que les auteurs du projet prônent des constructions grandioses : énorme stade de football, salle de spectacle de 15.000 places, centre de congrès, complexes commerciaux, immeuble – phare « House of Europe » pour souligner (pour ceux qui l’ignoreraient) la présence de l’Europe à Bruxelles, etc… Dix zones constituent les pôles du développement, dont plusieurs qui sont les dernières grandes réserves foncières publiques : les quartier européen, du Mont des Arts avec le Pentagone, du Heysel, de la gare du Midi, de Tour et Taxis, de la cité administrative, de Josaphat, de Delta, de la gare de l’Ouest, de Schaerbeek-Formation. Une vraie démesure, révélant que Bruxelles doit prioritairement « se vendre » aux investisseurs, tout sacrifier pour le développement des institutions européennes et le confort de ses fonctionnaires, pour attirer les touristes étrangers, etc …
L’aspect de la mobilité est très sommairement envisagé, mais avec l’obsession qu’il faut tout faire pour fluidifier le trafic. Si encore le développement des transports en commun était prioritaire, ce serait une bonne nouvelle, mais force est de constater qu’on se limite à quelques grandes recommandations qui n’engagent pas à grand’chose et sont déjà archi-connues ( augmenter la vitesse des transports publics, créer des sites propres, …) et surtout qu’on semble vouloir faciliter le trafic automobile de transit (développer le Ring, créer des parkings, …). Bref, aller à contre – courant d’une mobilité durable.
Se rendant compte que Bruxelles n’a pas les moyens financiers d’une telle politique, les auteurs ne s’avancent guère sur la faisabilité de leurs recommandations : ils suggèrent un partenariat avec le fédéral, un recours au secteur privé, … Tout ceci donne l’impression : décidons de le faire ; on verra bien plus tard comment on va le payer !
La place fait défaut pour entrer dans des détails et notre objectif n’est pas de décortiquer le PDI mais plutôt de voir ce qu’il apporterait aux habitants si on mettait en œuvre ses grandes recommandations. De manière globale, on en retire l’image d’une démission. Démission par le pouvoir public qui abandonne Bruxelles au marché, comme s’il s’agissait d’un produit, comme si Bruxelles devait se mesurer aux autres grandes villes à caractère international, être la plus compétitive. Autre constat global : ce PDI est truffé de pétitions de principe, de lieux communs, d’affirmations qu’on se garde bien d’expliquer, qui ne sont énoncées que dans la perspective de la philosophie pré-déterminée. Il n’y a même aucune réflexion de base, aucune réflexion critique sur ce que peut être une position internationale. C’est ainsi que si un quartier est considéré comme trop misérable, on se contente un peu facilement de dire qu’on va y faire de la mixité. Cette expression cache en réalité la pensée d’y faire des investissements, ce qui signifie en clair détruire pour reconstruire. Il n’est pas venu aux auteurs de ce PDI l’idée d’expliquer pourquoi ce quartier est défavorisé et comment on pourrait y remédier en respectant ses habitants. Le plan n’a manifestement pas été pensé dans la perspective de la résorption de la pauvreté, de la recherche d’une solidarité inter-quartiers, de la recherche d’une insertion des moins favorisés. Et ce par la construction de logements à portée de leurs moyens, par la possibilité d’accéder à une culture de base proche de chez eux, par le développement d’espaces verts dans leurs quartiers, par la création de pistes cyclables, etc… C’est évidemment plus difficile…Mais pour toutes ces innombrables personnes déjà fragilisées, quel intérêt y a-t-il que Bruxelles soit la 5ième ou la 15ième ville européenne ? Certainement, le désavantage d’une nouvelle hausse sensible du coût de la vie et donc une marginalisation accrue !
Les auteurs du plan ont évidemment perçu que, s’ils se limitaient à une vision économique, les critiques ne manqueraient pas. Aussi ont-ils abordé d’autres facettes, comme :« équipements de confort et qualité de vie », « qualité de l’environnement, développement durable et lutte contre la dualisation », « politique du logement et mixité sociale ». Mais ces quelques pages (7 sur 99 !) ressemblent plus à une accumulation de lieux communs qu’à une véritable politique urbaine orientée vers le bien-être des habitants, quand ce ne sont pas des recommandations visant expressément au développement international de la ville. Par exemple, quand il est question de sécurité, de propreté et d’enseignement, on lit ceci : « Il manque peut-être de certaines écoles internationales pour attirer des entreprises étrangères à Bruxelles » ! (p.66) (Le ghetto pour les riches existe aussi…) « Les bruxellois et les visiteurs…ont parfois une perception de Bruxelles peu sécurisante. C’est un point critique car une ville qui a une réputation avérée d’insécurité met en péril son développement international… Il s’agit non seulement de travailler sur l’image et l’avenir de certains quartiers, mais également de renforcer la présence publique (sic) afin de rassurer… Il faut également concentrer des moyens importants sur les quartiers à fort potentiel touristique (centre-ville) et international (quartier européen) afin que l’image de la capitale de l’Europe ne soit pas mise à mal. Cela passe par un nettoiement plus intensif des endroits les plus fréquentés… » (p.67) (Et tant pis pour ceux qui ne sont pas dans les beaux quartiers !) Il faut « mener des politiques volontaristes de mise à l’emploi… , une plus grande mixité socio-économique …, la revitalisation de l’espace public le plus dégradé, la rénovation du logement ancien …, la formation et la mise à l’emploi des bruxellois … » (p.71) (Que de belles recommandations faciles à énoncer !)
Ceci est plus intéressant mais reste dans les généralités : « La mixité sociale doit être un des fils conducteurs du développement urbain. Il s’agit …d’éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et d’assurer … l’installation des classes moyennes dans des zones d’interventions prioritaires… De même, une politique spécifique et ciblée par zone et par quartier doit être élaborée en liaison avec le développement de grands équipements à vocation internationale. Il est en effet essentiel que ceux-ci ne soient pas seulement une réponse à la demande internationale mais également un levier fort de déploiement et de relance de certains quartiers… (p.73)
Ne nous y trompons pas : jusqu’à un certain point, ce projet n’a pu être conçu que parce que nous sommes déjà imbibés de la logique de la performance, de la réussite (économique, s’entend). Loin de nous l’idée qu’il faut négliger l’atout formidable que représente la présence d’institutions européennes et la réputation internationale de la ville, mais il ne faut pas sacrifier les habitants pour ces institutions ni pour une image internationale de la ville. Il est nécessaire d’effectuer un arbitrage – difficile, certes – entre l’international et lebruxellois. Nous avons commencé la critique de ce plan en disant notre impression d’une démission. Nous la terminons en affirmant que ce qui fait totalement défaut dans ce projet de ville, c’est la notion de valeurs, le respect d’une communauté humaine vivante. Même la charte fondamentale de l’Union Européenne repose sur la défense des valeurs humaines. Puisse ceux qui nous dirigent s’en souvenir !
« Sinistre et sale »
- « La Tribune de Bruxelles » n° 255, 7 février 2008
Sinistre, lugubre, sale et marqué du sceau de l’incohérence du bâti”, tels sont les qualificatifs implacables utilisés par le sénateur et débuté bruxellois Alain Destexhe pour décrire le quartier du Midi. Il vient de publier un rapport analysant “les 17 années de fiasco urbanistique et politique” autour de la gare. Car, dit-il, c’est un échec flagrant alors que les objectifs du ministre-président Charles Picqué et de la commune de Saint-Gilles étaient de redonner une âme à ce quartier, à l’annonce de l’arrivée du TGV.
Pas de projet fédérateur
Selon Alain Destexhe, les causes de cet échec sont multiples : l’absence de projet fédérateur et cohérent, l’adoption de trois plans particuliers d’affectation du sol (PPAS) en place d’un schéma global, un opérateur foncier (SA Bruxelles-Midi) sous-capitalisé par les pouvoirs publics, une suite de schémas d’expropriation qui n’ont pratiquement jamais été appliqués, une politique d’acquisition foncière contestée par des propriétaires et enfin, une longue succession d’erreurs et de retards kafkaïens. Dès lors, il propose de corriger le tir par exemple en aménageant une halle couverte sous le pont ferroviaire pour y abriter une partie du marché mais aussi des commerces et des espaces récréatifs, en réfléchissant à une reconversion de l’Esplanade de l’Europe, la première place que découvrent les touristes… Alain Destexhe plaide pour des moyens financiers suffisants et pour l’organisation des concours d’architecture ouverts aux plus grands noms.
H.P.P.
Avis de la Commission de concertation sur le nouveau plan d’expropriation
- Février 2008
Publié avec plusieurs semaines de retard, et bien après la décision du Conseil communal approuvant le cinquième plan d’expropriation (îlots A et D) au quartier Midi, l’avis de la Commission de concertation du 27 novembre 2007 est enfin disponible (télécharger).
Un avis composé du compte-rendu de la séance de concertation et qui se conclut par… une abstention générale des membres de la commission.
Un ratage magistral au Midi ?
- « Le Soir », 5 février 2008
L’échevin libéral Patrick Debouverie réagit fermement.
Saint-Gilles. La descente d’Alain Destexhe en terre saint-gilloise n’a pas été appréciée par la commune, qui lui reproche ses « oublis ».
Pas contente du tout, la commune de Saint-Gilles, après la visite d’Alain Destexhe (MR) dans le quartier du Midi, la semaine passée. Le sénateur et député bruxellois, fustigeant 17 années de non-décision, n’a pas été tendre avec les autorités publiques : selon lui, le quartier du Midi est un magistral raté urbanistique.
Faut-il voir là une attaque contre le gouvernement de Charles Picqué (jamais désigné nommément), par ailleurs bourgmestre empêché de Saint-Gilles ? L’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), qui supervise le réaménagement de la zone, voit en tout cas rouge… Et dire que le très libéral Alain Destexhe appartient à sa propre famille politique…
D’où la déclaration de guerre, de l’échevin : « Les propos tenus par le sénateur Alain Destexhe m’obligent à m’interroger sur sa connaissance des dossiers en cours dès lors qu’il évoque nombre de propositions qui font actuellement l’objet de projets concrets en chantier et en perspective. »
Quelques oublis
Le bouillant parlementaire n’a effectivement pas relevé certains faits que se charge de lui remettre en mémoire M. Debouverie : « Sont oubliés le chantier de bureaux sur l’îlot A (rues Fonsny et Merode), les logements dans l’îlot B, le début des travaux dans l’îlot C et les dernières expropriations en cours pour l’îlot D. » Et de rappeler aussi le lancement du contrat de quartier Fontainas, d’un autre pour le commerce et de la création de quatre nouveaux hôtels, sans compter l’aménagement de l’Atrium de la place Horta (architecte Pinto) en enquête publique. « Les travaux de la place Broodthaers débuteront dans quelques jours et l’esplanade de l’Europe fait l’objet d’un vaste plan concerté entre la Région et la commune. Un comité de pilotage réunissant Région, SNCB et commune travaille sur un plan de rénovation de la gare et de ses abords. » Bref, selon Patrick Debouverie, M. Destexhe a ignoré dans sa présentation 480 logements, 500 chambres d’hôtel et 92.000 m2 de bureaux et les nombreux investissements…
Voilà pour la controverse intra-MR. Ceci dit, le « one man show » d’Alain Destexhe n’est pas construit sur le vide, comme l’admet l’échevin. Les premiers plans d’expropriation datent d’une quinzaine d’années et rien ou presque ne s’était réalisé jusqu’en 2004. La conjoncture économique n’est pas l’unique coupable. Les erreurs du passé sont d’ailleurs identifiées, comme l’a noté Charles Picqué lors d’un récent débat sur le sujet au Parlement bruxellois : il s’agit du sous-financement public des procédures d’expropriation et de la faiblesse de la structure SA Bruxelles-Midi chargée de planifier le redéploiement du quartier.
Notons enfin un grand absent de ce débat : le Comité d’habitants Midi.
• FRANCOIS ROBERT
Un buste de Paul-Henri Spaak dévoilé à Bruxelles-Midi
- SkynetActu, 29 janvier 2008
“Sauver ce qui peut l’être…”
- « La Dernière Heure », 1er février 2008
SAINT-GILLES • Alain Destexhe fustige le quartier du Midi. En un opus suggérant quelques pistes pour sortir de la bruxellisation.
La cible était facile. En 72 pages, le sénateur Alain Destexhe (MR-PRL) tire à boulets rouges sur “17 années de fiasco urbanistique et politique”, ce quartier du Midi, “sinistre, lugubre et sale”. La nouveauté ? Des propositions et une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut.
“Horta doit se retourner dans sa tombe !”, sourit doucement le député bruxellois en pointant du doigt le décor offert, place Horta, aux 350.000 voyageurs transitant par ce soi-disant
pôle urbain convivial et moderne. “L’harmonieux mélange entre logements, commerces et affaires“ a débouché sur “des chantiers, des terrains vagues, des maisons abandonnées et de rares immeubles à l’esthétique discutable”. Et le franc-tireur d’Auderghem de montrer cette galerie, commerçante que de nom, non loin du buste de Paul-Henri Spaak.
Rien de trop neuf dans ce constat. Erreurs, “retards kafkaïens”, trois PPAS, un opérateur (la SA Bruxelles-Midi) sous-financé, etc. : telles sont les causes qu’Alain Destexhe identifie.
Son ironique « Welcome in Brussels! », il l’agrémente d’une comparaison avec Lille : soit 400.000 m2 d’affaires et de commerces pour 7.000 emplois, 200.000 m2 de logements, un parc de 7 ha, etc. Un succès français né “d’un trio gagnant : le soutien politique constant de Pierre Mauroy, un seul gestionnaire et de la créativité, issue d’un concours international”.
La capitale européenne peut-elle corriger le tir ? Oui, à en croire les 1.500 exemplaires d’une brochure qui atterrira dans les boîtes de tous les acteurs. Comment ? “En utilisant tous les budgets (les 500 millions de Beliris pour 2004-2006 n’ont été utilisés
qu’à 28 %); en étant soutenu par les pouvoirs publics; en simplifiant les procédures; en mettant la priorité sur l’audace et la créativité.”
Ses suggestions ? Un marché couvert, la reconversion de l’esplanade de l’Europe, des coins verts, un éclairage valorisant ou un meilleur partage de l’espace public.
• Guy Bernard

