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Voir (ou revoir) « Dans 10 jours ou dans 10 ans… »

- Mars 2008

Depuis quelques mois, une scène de démolition ahurissante circule sur internet. On y voit des ouvriers démolissant un immeuble et arrachant par erreur le mur de la maison mitoyenne, encore habitée. Cette « scène des WC », bien réelle, est extraite de « Dans 10 jours ou dans 10 ans… », un long métrage réalisé sous forme de « work in progress » depuis deux ans et dont la version définitive (largement actualisée et remaniée) est projetée en ce mois de mars.

A sa vision, où le grotesque se dispute à la désolation, on hésite entre rire et révolte. Composé de nombreux extraits d’interviews, de débats, de réunions et d’archives télévisées, le film retrace en effet un feuilleton politico-urbanistique toujours pas achevé 20 ans après son lancement: la saga du quartier Midi, menée vaille que vaille par les pouvoirs publics régionaux et communaux et qui s’est transformée en véritable cauchemar pour les habitants.

A voir… d’extrême urgence!

• Mardi 18 mars à 12h30 au Cinéma Arenberg
26 Galerie de la Reine, 1000 Bruxelles | P.A.F. 4 euros.
Une projection organisée par l’Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU) dans le cadre de « La planification du Midi ».

• Mercredi 19 mars à 19h00 à la Maison du livre
28 rue de Rome, 1060 Bruxelles | Entrée gratuite.
Une projection organisée par Bruxelles Laïque & Inter-Environnement Bruxelles dans le cadre de la « Campagne logement » du Centre d’Action Laïque. Suivie d’un débat sur le « développement international » de Bruxelles avec :
• Claude van den Hove, responsable honoraire du service de recherche et projets du Ministère des communications ;
• Etienne Christiaens, urbaniste ;
• Mathieu Van Criekingen, géographe (ULB/FNRS), spécialiste des processus et politiques de rénovation urbaine et de la gentrification ;
• Gwenaël Breës, réalisateur du film et membre du Comité du quartier Midi.

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Nouvel incendie dans une maison de la Région bruxelloise à Saint-Gilles

- Communiqué de presse, Comité du quartier Midi, 19 février 2008

Ce week-end, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 février, un violent incendie s’est déclaré dans une maison vide de la rue de Mérode à Saint-Gilles. Le feu, dont l’origine est inconnue, a mis plusieurs heures avant d’être maîtrisé par les pompiers et n’a heureusement fait aucune victime. L’immeuble incendié se situant entre un hôtel (l’hôtel Ibis) et une maison habitée par trois ménages et un commerce, le drame a été évité de justesse.

C’est le quatrième incendie qui se déclare, en moins d’un an, dans une maison vide appartenant à la Région bruxelloise dans les îlots du quartier Midi frappés depuis 1992 par une menace d’expropriation. On se rappellera qu’en 2007, l’un de ces incendies, d’origine criminelle, avait causé la mort de deux squatteurs.

Depuis 2005, le Comité du quartier Midi n’a eu cesse de demander à la Région bruxelloise et à la Commune de Saint-Gilles de prendre leurs responsabilités pour garantir la sécurité des habitants du quartier. Le comité déplore ce nouvel incident, qui démontre que les agissements des autorités au quartier Midi n’ont toujours pas changé et que les maisons expropriées et laissées vides par la Région sont de véritables dangers publics. Il convient de mettre fin immédiatement à cette situation, sans attendre un prochain drame.

Pour rappel, lire le communiqué de presse du 17 avril 2007 : « Incendie mortel au quartier Midi : un drame prévisible… »

(Photo extraite du blog des soldats du feu).

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Quel avenir pour le quartier Midi?

- Télé Bruxelles, 11 février 2008

Entamée il y a près de 15 ans, la mutation du quartier Midi semble sans fin. Certes, la gare du Midi s’est dotée d’un terminal TGV, les bâtiments Côte d’Or ont disparu, de nouveaux hôtels ont vu le jour et les projets ne manquent pas pour l’avenir. Mais qu’en est-il des habitants promis à l’expulsion ?

Invités:

- Patrick Debouverie (MR), échevin du Développement du quartier Midi
- Isabelle Pauthier, directrice de l’Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU)
- Gwenaël Breës, porte-parole du Comité du quartier Midi
- Vincent Rongvaux, pour la S.A. Bruxelles Midi

Voir le débat (cliquer ici).

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Saga Midi : un film et un jugement

- « Le Soir », 9 mai 2008

Saint-Gilles / La Région condamnée

Un nouveau jugement condamne la Région dans le dossier des expropriations du quartier Midi. Les attendus évoquent notamment des « pratiques de harcèlement, d’intimidation et de désinformation » de la part de Bruxelles-Midi, la société anonyme créée par la Région.

Voici un an, le tribunal de Justice de Paix de Saint-Gilles rendait deux jugements sévères à l’encontre de la Région : sa « stratégie de pourrissement » du quartier et ses rachats au rabais y étaient dénoncés. Le juge cantonal estimait en outre que les propositions financières faites à l’amiable par la Région étaient ridicules. Il les avait multipliées d’autorité par six !

Un jugement potentiellement catastrophique pour la Région : il ouvrait la porte à d’autres réclamations de propriétaires s’estimant lésés. Cette crainte s’avère aujourd’hui justifiée. Onze nouvelles plaintes ont été introduites au début de cette année. Visiblement, les derniers habitants sont aujourd’hui mieux encadrés. Ils bénéficient de l’aide logistique du comité de quartier Midi et plus récemment de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaine).

Si les rachats des maisons sont réformés à la hausse, la SA Bruxelles-Midi va rapidement se retrouver sans argent et la dernière phase des expropriations sera menacée. Des pans entiers de l’opération de rénovation urbaine du quartier sont concernés.

Et puis, il y a ce jugement, rendu le 6 février mais dont on vient d’avoir connaissance. Il accorde au propriétaire d’une maison de la rue de Mérode (la dernière à avoir été expropriée dans le quartier) une indemnité près de trois fois supérieure au montant que lui proposait la Région. Ici encore, les attendus sont cinglants.

Par ailleurs, le film « Dans 10 jours ou dans 10 ans… », qui relate la triste saga du quartier du Midi, sera projeté le jeudi 22 mai au cinéma Arenberg (débat à 20h30, projection à 21h30) et sera disponible en DVD dès le mois de juin. Ce film de 89 minutes, dont certains critiqueront le parti pris même s’il passe en revue tous les points de vue, vaut surtout par les témoignages des habitants face à ces démolitions et aux menaces d’expropriation. A noter, à la fin, une scène absolument surréaliste et tragi-comique où l’on voit un bull démolir par erreur le mur mitoyen d’une maison voisine. Une série de situations cocasses d’anthologie s’ensuivent. Cela fait rire et pleurer. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’une fiction.

• FRANÇOIS ROBERT

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Condamnation confirmée

- « La Dernière Heure », 7 mai 2008

Onze proprios et habitants du quartier Midi poursuivent la Région et la commune en justice

SAINT-GILLES • Le tribunal de première instance de Bruxelles est saisi d’une procédure en dommages et intérêts, introduite par 11 propriétaires et habitants du bas de Saint-Gilles, a révélé le Trends Tendances, début mai. Depuis quelque quatre législatures, en effet, pèse sur ceux-là une menace d’expropriation d’extrême urgence, jamais aboutie.

Des indemnités, de l’ordre de 1,5 million d’euros, pour troubles de jouissance, chômage locatif et dommage moral, sont au centre de la procédure dont ils espèrent le jugement fin décembre 2008.

Représentant du comité de quartier du Midi, auteur d’un 89 minutes, « Dans 10 jours ou dans 10 ans… », tournant pas mal ces jours-ci, Gwenaël Breës se fait fort de rappeler que l’unique offre écrite de rachat jamais reçue par les plaignants date de décembre 2005. Et que 22 maisons (des îlots A et D) ne sont toujours pas expropriées.

En parallèle à ces griefs, on a également appris que la Région venait d’être une seconde fois condamnée par la justice de paix de Saint-Gilles. Il y a un an déjà, elle avait été condamnée, ni plus ni moins que pour atteinte aux droits de l’homme.

« Cela signifie que le juge suit le même raisonnement concernant la gestion malfaisante de la Région, les pratiques de harcèlement, de désinformation et d’intimidation », commente Isabelle Pauthier, présidente de l’Arau. L’Atelier de recherche et d’action urbaines, qui soutient le comité du quartier Midi, voit aussi dans cette mise à mal de la thèse du « cas isolé » défendue par la Région, l’éventualité de porter les faits jusqu’à la Cour européenne de justice.

« Des éléments pour ce faire, alors qu’il y a quelques années, les riverains étaient désemparés », étaye Isabelle Pauthier. « Le dépassement du délai raisonnable; la définition même de l’utilité publique lorsqu’on fait 70 % de bureaux et la valeur d’avenir des terrains. Une jurisprudence du Conseil de l’Europe a condamné des autorités publiques ayant changé l’affectation de logements sociaux en des objectifs plus rentables. »

Pas plus Jacques Van Grimbergen (président de la SA Bruxelles-Midi) que Patrick Debouverie (PS, échevin saint-gillois du Développement économique) ne se prononceront sur l’assignation en cours.

Simplement le premier rappellera-t-il que la Région conteste des jugements antérieurs ayant offert à des proprios jusqu’à six fois le montant proposé par la SA. Le deuxième, lui, assure qu’au niveau communal, tout suit son cours.

• Guy Bernard

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Les plaies du Midi se referment mal

- « Le Soir », 7 mai 2008

Saint-Gilles. La commune et la Région attaquées en justice.
Nouveau soubresaut de quinze années de mauvaise gestion de la SA « Bruxelles-Midi ».

Comme un boulet. La rénovation du quartier du Midi, à Saint-Gilles, est bien difficile à porter. Elle se traîne. Alors que les projets éclosent et laissent enfin entrevoir le renouveau du quartier, les erreurs et atermoiements du passé éclaboussent le présent. Dernier avatar, révélé par l’hebdomadaire Trends-Tendances : 11 propriétaires du quartier Midi (sur les 22 restants) attaquent en justice la commune de Saint-Gilles et la Région de Bruxelles-Capitale. Ils vivent depuis plus de seize ans sous la menace d’une expropriation en extrême urgence et demandent réparation pour les dommages subis.

En 1992, la Région de Charles Picqué et la commune de Saint-Gilles ont lancé la rénovation complète du quartier du Midi, dans le sillage du TGV. Projet porteur. Les autorités publiques ne voulaient pas laisser la bride sur le cou du privé. Ils créèrent un outil public, la .S.A. Bruxelles-Midi, dont la principale mission était le rachat des maisons par expropriations et mise au pas du privé afin d’éviter les dérives constatées dans le quartier Nord.

Hélas, aux yeux des petits propriétaires du quartier, les promoteurs privés aux dents longues ne furent que roupie de sansonnet face à la « rapacité de Bruxelles-Midi ». Le problème ? Le sous-financement flagrant de Bruxelles-Midi, alors que les prix de l’immobilier explosaient. Résultat ? Des tentatives d’expropriations, des achats au rabais dans un climat exécrable. Des propriétaires ont vécu ce climat d’insécurité mentale pendant quinze ans, à la merci d’une « décision immanente » qui ne venait pas. Face à cette insécurité, ils n’ont plus investi, n’ont plus géré leurs biens.

Voici deux ans, le juge de paix de Saint-Gilles a donné raison à un propriétaire en colère. Evénement déclencheur d’une prise de conscience dans le quartier, encadré par l’ASBL Quartier Midi. Cette fois, annonce l’association, ce sont vingt-cinq habitants (dont 11 propriétaires) du quartier Midi qui ont introduit une procédure en dommages et intérêts devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

Les plaignants réclament des indemnités pour troubles de jouissance, chômage locatif et dommage moral. La procédure est en cours depuis quelques mois et l’affaire sera plaidée fin 2008. Le jugement devrait être prononcé en décembre.

Des cas classiques selon l’association : « Menacés depuis 1992 d’une expropriation en extrême urgence, ils vivent depuis lors dans des conditions de précarité et d’incertitude et dans un environnement de plus en plus dégradé et dangereux, tandis que leur bien se dévalue. Les autorités ne leur ont jamais communiqué le moindre planning, si ce n’est d’innombrables effets d’annonce et arrêtés annonçant perpétuellement l’urgence et l’imminence de la chose ».

• FRANCOIS ROBERT

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Opiniestuk: De ziel uit de Zuidwijk

- « Brussel deze week », 14 mei 2008

Brussel – In Brussel bruist het van de feestelijkheden dezer dagen. Voor het Irisfeest van het Brussels Gewest was vorig weekend de hele Vijfhoek verkeersvrij gemaakt – waarom zou je voor Pinksteren over een overvolle snelweg of met een al even overvolle trein naar zee zijn getrokken als je die dag ook in verkeersvrij, rustig Brussel kon doorbrengen?

En volgend weekend wordt de auto opnieuw gebannen in bepaalde delen van de stad en kunt u deelnemen aan Bicycity, Stadskriebels of de Gay Pride. In Sint-Gillis vieren ze intussen de twintigste verjaardag van het Parcours d’Artistes: drie weekends in mei openen 170 kunstenaarsateliers er de deuren. Zeg nu nog dat Brussel geen bruisende stad is…

Ja, dat is ze. Maar er zijn ook plekken in de stad waar het niet meer bruist. Bent u de jongste jaren nog in de Zuidwijk in Sint-Gillis geweest? Allicht niet, want veel valt er voor buitenstaanders niet meer te beleven. Maar neemt u soms de trein in Brussel-Zuid of spoort u er voorbij, dan moet de ravage er toch op z’n minst al zijn opgevallen. Naar aanleiding van het Parcours d’Artistes en een zoveelste uitwijzingsbevel organiseert het wijkcomité er een affichecampagne om te protesteren tegen de teloorgang van hun buurt. De affiches tonen een grote irisbloem – symbool van het Brussels Gewest – die kleine huisjes opslokt.

Al zeventien jaar lang leeft de buurt tussen wurgen en hangen. Begin jaren 1990 werd beslist dat vijf grote huizenblokken zouden worden opgeofferd om er kantoren neer te poten. Drie blokken zijn intussen onteigend, 22 huizen zijn nog bewoond. Niet door mensen die absoluut het onderste uit de kan willen halen en de prijzen van hun huizen willen opdrijven, maar die met de hun aangeboden, veel te schamele som gewoon geen andere woning kunnen aanschaffen. Dag in, dag uit leven ze in het helse lawaai van de bouwontwikkelaars; overal rondom staan lege huizen te verkrotten. Die huizen trekken krakers aan; het is al gebeurd dat bewoners thuis oog in oog staan met daklozen die komen kijken of hun huis ook leeg staat; sommige panden zijn zwartgeblakerd.

De Noorwegenstraat – op de nieuwste stratenplannen niet meer vermeld en dus onvindbaar voor bijvoorbeeld de hulpdiensten – is het trieste symbool geworden van de kaalslag. Maar ook in de De Merodestraat, ooit een levendige straat waar het aangenaam rondkuieren was, is de aanblik verschrikkelijk. En eerlijk gezegd zijn de neergepote kantoorgebouwen aan de Fonsnylaan ook niet meteen toonbeelden van goede hedendaagse architectuur.

Was u al op het Broodthaersplein, waar de politiepost zich bevindt? Marcel Broodthaers zou beschaamd zijn dat zijn naam is verbonden aan zo’n ‘minderwaardig’ plein. (Horta, die ook een plein kreeg, maar dan aan de andere kant van het station, zou ook zijn wenkbrauwen fronsen, maar op ‘zijn’ plein zijn er tenminste bankjes en bomen.)

De meeste waarnemers zijn het erover eens dat Charles Picqué, die indertijd als burgemeester van Sint-Gillis op zoek was naar financiële middelen voor zijn arme gemeente en daarom bedrijven hoopte aan te trekken aan de hst-terminal, goede bedoelingen had. Maar zoveel jaar later zijn die goede bedoelingen – met ‘dank’ aan de speculanten – op een tragedie uitgedraaid voor de betrokkenen.

Na de Noordwijk is de Zuidwijk ter ziele gegaan; je zou op den duur je hart vasthouden voor de toekomst van de andere Brusselse stationsbuurten… Maar vooral moet je hopen dat men ondertussen zijn lesje heeft geleerd en geen hele – levendige – wijken meer opoffert voor grote vastgoedprojecten.

Er wordt soms geklaagd dat de Belgen hun hoofdstad niet graag zien, en geen oog hebben voor de fantastische dingen die er allemaal gebeuren. Zoals de verkeersvrije zondagen, de parades, het enorme culturele aanbod. Brussel is fantastisch op dat vlak. Maar het beeld van een stad wordt natuurlijk ook mee bepaald door de stationsbuurt langs waar je ze binnenkomt. Laten we met een understatement zeggen dat men daar steken laat vallen.

• Anne Brumagne © Brussel Deze Week

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La saga imagée du Midi

- « La Dernière Heure », 14 mars 2008

Projections, les 18 et 19 mars, de 89 minutes sur le cauchemar des riverains. Un travail de bénédictin de Gwen Breës.

SAINT-GILLES • Dix-huit années de menaces d’expropriations, formalisées par cinq plans ad hoc touchant 174 maisons; 12 ans de chantier; environ 800 habitants et 400 emplois dans les années 90; et, en 2008, 70.000 m2 de bureaux et 40 toits. Ces chiffres accablants pour le Midi, vous ne ferez que les suspecter en suivant, mardi ou mercredi, le 89 minutes de Gwenaël Breës, Dans 10 jours ou dans 10 ans… Les images de sa petite caméra digitale, sans voix off, livrent, plutôt bruts de pomme, des témoignages de cette tragédie urbanistique. Pourquoi, comment un gaillard de 34 ans a-t-il accouché de pareil document ? « Le point de départ est double », raconte l’autodidacte devenu, forcément, porte-parole des habitants de ce bas (troué) de Saint-Gilles, « c’est quand ils ont tout rasé à côté de l’endroit où j’habitais. Là a débuté le travail d’investigation. Je n’ai jamais pris le parti de filmer… » Jusqu’au jour où Gwenaël Breës, l’Ixellois qui a plusieurs fois posé ses valises à un demi-quai de la gare (où il réside encore) uniquement parce qu’il scrutait « des loyers pas chers », se décide à rassembler de la pellicule. Jusqu’au jour, aussi, où il tombe à bras raccourcis sur une expo d’affiches du comité de quartier… censurée. De là naît un montage. De huit minutes. Suivront, à partir de 2002, 300 à 350 heures de rushes et six/sept versions avant le produit définitif. Qui, le 19 mars, précédera un débat sur l’histoire récente du quartier. Coutumier du reportage (encore quasi ado, le coolos gaillard écrivit des piges pour des périodiques; se fendit, en 1990, d’un bouquin intitulé L’affront national nouveau visage de l’extrême droite en Belgique francophone; réalisa un 45 minutes sur les extensions du Parlement européen), Gwen a laissé parler les images. Et ceux qui les subirent. En s’adjoignant juste l’aide d’un pro du son : « On voit comment les habitants sont traités. Ils n’ont jamais pu négocier. On voit le foirage. C’est plus parlant qu’un article de presse. L’intérêt du gouvernement régional, c’est qu’on en parle le moins possible. L’urbanisme est opaque par excellence, alors que cela touche le quotidien des gens. Ici, via la SA Bruxelles Midi, on l’a carrément retiré du processus démocratique. On est à un moment charnière, avec le PDI (Plan de développement international, NDLR). Quand on voit ce qu’on démolit pour des bureaux qu’on aura du mal à remplir… » Nul message politique de la part de quelqu’un disant « n’avoir jamais été encarté » par qui que ce soit. Juste un témoignage d’un temps que l’on voudrait révolu.

Guy Bernard

Plus d’infos au 02/219.33.45.

Quel est le poids réel des partenariats public-privé sur les choix urbanistiques dans la région ? C’est l’une des multiples interrogations posées par le film de Gwenaël Breës.

Des toilettes vues 280.000 fois !

SAINT-GILLES • Le « feuilleton politico-urbanistique toujours pas achevé 20 ans après son lancement » tel que le qualifie Inter-Environnement Bruxelles (IEB) sera projeté mardi, à l’Arenberg (galerie de la Reine), sur le coup de 12h30, à l’initiative de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines). Un peu plus de 24 heures plus tard, le mercredi 19 mars, à 19 h, bis repetita à la toute saint-gilloise Maison du livre (28, rue de Rome). À l’initiative, ce coup-là, de Bruxelles laïque et d’IEB. Envie d’un aperçu avant même la toile documentaire ? Surfez sur www.film.quartier-midi.be. Édifiant, ces quelques secondes enregistrant l’arrachage d’un mur débouchant sur… des toilettes ! Des toilettes que des ouvriers se mirent ensuite en peine de nettoyer. À savoir aussi : Dans 10 jours ou dans 10 ans… aura une suite papier. « Ne fût-ce que parce que certains ne voulaient pas témoigner face caméra », justifie Gwenaël Brees. Dans ce bouquin, on découvrira aussi le volet plus technique du dossier.

G. Be

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