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Un quartier d’affaires au Midi
- « Le Soir », 16 décembre 2008
Saint-Gilles • La commune de Charles Picqué sur les traces de Saint-Josse.
Le quartier du Midi est-il appelé à devenir un véritable quartier d’affaires, à l’instar du centre (CBD, Central Brussels District) ou du quartier Nord ? Sa proximité immédiate de la gare du Midi lui donne des raisons d’y croire. Les bureaux qui sortent actuellement de terre sont pratiquement tous déjà loués. L’écologie et la mobilité plaident en faveur des bureaux près des gares. De l’avis des courtiers de la capitale, le « Midi » embryonnaire démarre fort. Une image en rupture complète avec la paupérisation du quartier des vingt dernières années.
Le Midi reste un sous-marché immobilier mais il prend de l’ampleur (près de 300.000 m2 de bureaux). Prochaine livraison sur le marché, en 2009 : l’Espace Midi (8.000 m2). Le loyer y est « moyen » : 195 euros/m2/an.
La mutation semble définitive et irréversible. Saint-Gilles serait-elle en train d’appliquer la méthode « Saint-Josse » ? Le parallélisme semble évident entre les deux communes, bastions socialistes. Elles ont connu toutes deux des problèmes financiers structurels et possèdent un quartier déstructuré (le quartier Nord à Saint-Josse et le Midi à Saint-Gilles). Elles abritent aussi un nœud de communication exceptionnel (les gares du Nord et du Midi).
A Saint-Josse, fin des années 1980, il fut même question de fusionner avec Bruxelles ou Schaerbeek, pour sortir de l’ornière financière. Saint-Josse trouva la parade : Guy Cudell, qui ne passait pas pour un libéral, décida de développer son quartier d’affaires (l’Espace Nord). Le remplissage se fit dans les années 1990. Une réussite complète qui permit à la commune de sortir de la zone rouge vers l’an 2000. Actuellement, le bourgmestre ten-noodois Jean Demannez laisse une commune aux finances saines, alimentées par les taxes sur les bureaux et celles sur les nuitées d’hôtels. Saint-Josse compte 1,3 million de m2 de bureaux (10 % du parc total bruxellois). Et rien qu’en additionnant le Sheraton et le Tulip, on frise le millier de chambres.
Un sentiment d’injustice
Saint-Gilles présente le même profil, bien que sa population soit deux fois plus nombreuse et ses ressources plus diversifiées. Elle se trouve néanmoins au pied du mur. Ce jeudi sera voté son budget qui ne tient que par l’aide régionale et le renflouement hypothétique des caisses communales par les horodateurs. En outre, Saint-Gilles s’attend à un effondrement des dividendes Dexia. L’année passée, ceux-ci avaient rapporté 1,7 million d’euros au trésor communal.
Pour s’en sortir, Charles Picqué semble vouloir appliquer la stratégie de feu Guy Cudell. Depuis vingt ans, il a entrepris de remembrer le quartier du Midi. La mutation sociale a été très difficile, pénible même. La mise en place de la structure Bruxelles-Midi, chargée d’exproprier, a été un échec social, dur à admettre dans une commune socialiste. C’est la lenteur du processus d’expropriation qui explique le pourrissement, dénoncé par le comité de quartier Midi. Si la mutation dans le quartier Nord (près de 15.000 personnes) a été radicale, et traumatisante, celle de Saint-Gilles a été insidieuse. Elle a suscité un sentiment de révolte profondément ancré dans le quartier, qui risque d’altérer durablement les relations entre le pouvoir local et les habitants.
Saint-Gilles regarde désormais vers l’avenir. Elle peut miser sur son quartier d’affaires naissant. Si les projets aboutissent, les royalties issues des bureaux (et des hôtels) pourront dépasser celles espérées sur les horodateurs (3,5 millions euros de recettes). Seul péril, mais de taille : tenir jusqu’à ce que les nouvelles rentrées alimentent le trésor saint-gillois.
ROBERT,FRANCOIS
L’affaire de l’hôpital militaire d’Ixelles paralysée
- Dépêche Belga, 26 novembre 2008
Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal.
Le procès des fraudes présumées lors de la réaffectation du site de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles est déjà paralysé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles par des problèmes de procédure. Il devait normalement s’ouvrir ce jour. Mais il est peu probable que le dossier soit réellement examiné.
Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal. La réaffectation de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles en un vaste complexe d’appartements, de logements sociaux principalement, vaut à 7 prévenus de comparaître devant le tribunal correctionnel.
Il s’agit de Merry Hermanus, l’ancien président de la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), de son épouse, Mireille Francq, directrice générale la SDRB, d’Isi Halberthal, ancien administrateur de l’entreprise de construction De Waele, de Jacques Van Grimbergen, ancien chef de cabinet adjoint de Charles Picqué et de Paul Vermeylen, lui aussi conseiller du ministre-président de la Région bruxelloise.
Les entrepreneurs, Philippe Blaton et Jean Thomas, sont également poursuivis. Tous répondent de faux en écriture et du détournement de quelque 13 millions d’euros.
Quartier Midi : « La Région doit changer d’attitude », selon l’Arau
- « La Libre Belgique », 8 mai 2008
Un nouveau jugement a accordé à un propriétaire un montant trois fois supérieur.
Il est temps que la Région bruxelloise et la commune de Saint-Gilles changent d’attitude en matière d’expropriations dans le quartier de Bruxelles Midi en cours de réaménagement depuis plusieurs années, ont affirmé l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau) et le Comité du quartier Midi. Les deux associations ont fait cette demande après avoir pris connaissance d’une nouvelle condamnation judiciaire des agissements de ces autorités dans ce dossier. A plusieurs reprises au cours des dernières années, les associations d’habitants se sont plaint des conditions dans lesquelles les expropriations ont été effectuées dans ce quartier en pleine mutation, à la suite de l’implantation du terminal TGV de la capitale.
Il y a un an, la Région bruxelloise avait été condamnée pour atteinte aux droits de l’Homme par le tribunal de Justice de Paix de Saint-Gilles. Elle avait aussi été condamnée à payer à un propriétaire un montant six fois supérieur à celui qu’elle lui avait concédé à l’amiable. Elle avait introduit un recours en révision toujours pendant.
Plus récemment, et si l’on en croit la dernière édition du magazine « Trends-Tendances », un nouveau jugement a accordé, en février dernier, à un autre propriétaire de la rue de Mérode, un montant trois fois supérieur à celui que lui proposait initialement la Région. L’Arau et le Comité Midi se sont plus à souligner les attendus de ce jugement. Il y est question, selon eux, de l’état de « tension constante affectant le psychisme de personnes normales » engendrée par la « mesure d’expropriation en extrême urgence décrétée en 1991, sommeillante et activable à discrétion par l’administration sans aucun avertissement ». On y évoque aussi « le bruit, la saleté, les vibrations, la pollution, le mouvement d’engins de chantier, le harcèlement, l’insécurité, l’incertitude, l’intimidation, toujours sans explication de ce qui se trame ».
Pour les deux associations, il y a lieu de se demander s’il y a encore un pilote à bord dans ce dossier et comment les autorités n’ont pas encore mis fin à cette situation. Selon elle, la Région et la commune avaient pourtant la possibilité de renoncer à la démolition de maisons existantes, et de procéder, dans de bonnes conditions, aux expropriations annoncées. (Belga)
Emission « Transversales » sur le quartier Midi
- La Première, 15 mars 2008
L’émission « Transversales » de la RTBF-radio a diffusé ce 15 mars un reportage de 25 minutes sur le quartier Midi. Un voyage dans l’histoire de ce quartier et dans ce qu’il en reste 19 ans après l’annonce de l’arrivée du TGV en gare du Midi. Interviews d’habitants, de politiques et de promoteurs… On y découvrira avec intérêt l’un ou l’autre document sonore ressorti des archives pour l’occasion. Un reportage de Myriam Baele.
Ecouter l’émission en cliquant ici.

