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Zone Midi : Quatorze policiers inculpés
- « La Dernière Heure », 19 février 2010
Arrestations arbitraires, traitement dégrandants, usage non légitime de la force, vols avec violences, faux P-V, racisme…
Selon nos infos, confirmées par le 1er substitut Colpin, quatorze policiers fédéraux des chemins de fer, au terme d’une instruction menée par la juge bruxelloise Geneviève Tassin, sont inculpés et renvoyés, avec charges suffisantes, devant le tribunal correctionnel, pour y être jugés pour des faits répétés, pendant deux ans, d’exactions, “humiliations, violences et racisme”, ayant fait au total “au moins 15 victimes”, sur le site de la gare du Midi.
La police fédérale des chemins de fer est le service d’enquête en charge de la tragédie de Hal. En conséquence, les 14 inculpés – autant de femmes policiers que d’hommes – sont écartés, et leur procès, promet hier encore le parquet, s’ouvrira “avant l’été”.
C’est, de mémoire d’observateur, le dossier le plus lourd depuis les années 1980 à Bruxelles d’inconduite collective et de maltraitance policière.
Au départ, l’enquête de l’Inspection générale portait sur six policiers fédéraux ayant fait une demi-douzaine de victimes, pour la plupart des précarisés, des sans-abri, des séjours illégaux ou des suspects de vols à la tire dont ils volaient à leur tour le butin, ce qui justifie que deux sont poursuivis en outre pour vols avec violences.
Dans la liste, avoir rasé les cheveux d’une Tsigane de 12 ans et jeté ses tresses dans la cuvette d’un W-C, pour l’humilier.
Selon le parquet, toujours, les 14 policiers seront poursuivis pour “faux” (nombreux faux P-V pour couvrir leurs exactions et empêcher les victimes de porter plainte) et “usage”; “coups et blessures volontaires”; “traitements inhumains et dégradants”, à chaque fois avec la circonstance aggravante comme policier d’être investi de l’autorité, ainsi que : “usage de la force sans motif légitime”; “arrestation arbitraire”; “comportements de haine et mépris liés à la race, à la couleur de peau, etc.”; enfin “non-assistance à personne en danger”.
Les 14 policiers fédéraux inculpés sont : Audrey M., Christine L., Delphine L., Sylvie G., Anne F., Christelle T., Marie-Christine G. ainsi que leurs collègues Philippe M., Fabrice G., Frédéric D., Ludo C., Bjorn V., Michel G. et Benoît W qui, tous, étaient en poste au Midi.
Au départ, le scandale en visait qui furent tous suspendus par mesure d’ordre et mutés dans d’autres services (notamment à la police de la route). Nous ignorons si les huit qui s’ajoutent font l’objet des mêmes mesures.
L’affaire n’affecte en rien la nouvelle et performante police fédérale de la gare Midi, mais elle confirme qu’il était temps d’intervenir. À mettre d’ailleurs à l’actif de quelques collègues qui osèrent dénoncer ces faits qu’ignorait la direction, qui est restée la même.
Parmi d’autres sévices retenus : le passage à tabac collectif d’un Algérien dans les garages de la rue Couverte qu’occupait la police fédérale des chemins de fer; des interpellations non motivées de précarisés conduits au commissariat pour permettre aux femmes policiers de leur botter des coups dans les testicules; un SDF offert en cadeau d’anniversaire par un des policiers, Frédéric D., à sa maîtresse l’inspectrice Christine G., laquelle eut ainsi le plaisir de fouetter le cadeau humain avec du câble puis, ce dernier menotté dans le dos et jeté à terre, de sauter encore à pieds joints sur sa colonne vertébrale.
Gilbert Dupont
Tags : zone midi | bral | gare du midi | police“Moratoireke” : non peut-être
- « La Libre Belgique », 11 février 2010
Immobilier | Séminaire
Bruxelles et sa périphérie comptent 1,5 million de m² de bureaux vides. La Région doit-elle mettre le holà ? A moins que les banquiers s’en chargent…
Les termes “moratoire sur les bureaux” font fureur depuis quelques semaines sur la place bruxelloise. Quoi de plus normal qu’ils aient été, mercredi, au cœur du débat organisé dans le cadre du séminaire “Ces grands projets urbains qui vont changer Bruxelles”, des Editions&Séminaires.
Hormis Mathieu Sonck (Inter-Environnement) qui est pour un moratoire pur et dur, personne n’a osé carrément se positionner. “Oui”, persiste et signe Nicolas Orts (CBRE), mais seulement “oui à un moratoire sur l’ouverture de nouvelles zones de bureaux”. “Oui”, renchérit Serge Fautré (Cofinimmo), mais “oui à un auto-moratoire”. “Oui”, convient Charles Picqué (Région de Bruxelles-Capitale), mais “à un moratoire ciblé, à l’échelle d’une zone, d’un type de vacance ou de bien…” Et d’évoquer quelque chose qui se situerait entre un moratoire “absolu”, “tétanisant”, “stérilisant” et une auto-régulation du marché, à laquelle il ne croit pas. “Ne pas imposer un moratoire ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Mais on ne peut le décider dans la précipitation. Il faut un diagnostic.”
La plupart des voix contre étaient plus mitigées qu’il y paraît. Il faut dire que l’état des lieux de la vacance à Bruxelles présenté en guise d’introduction par Jérôme Coppée (DTZ) était… assassin. Il y a aujourd’hui 1,5 million de m² de bureaux vides à Bruxelles et dans sa périphérie, soit 12 % du stock. “En sachant qu’un fonctionnaire européen occupe en moyenne une trentaine de m² – les autres employés sont bien moins à leur aise, Ndlr – cela veut dire que pour résorber ce vide il faudrait doubler leur nombre…”
Dans le paysage européen, ce taux n’est pas exceptionnel : en valeur relative, Moscou (19 %), Amsterdam (15 %) et Francfort (14 %) dépassent Bruxelles. Il l’est, par contre, sur le plan strictement bruxellois. Et d’autant plus dangereux qu’il ne sera pas historique. “Si le pire est passé pour Londres ou Paris, ajoute Jérôme Coppée, pour toutes les autres places, le pic se produira entre 2010 et 2011”. Et de prédire pour Bruxelles un taux de 14 % fin 2011, soit 1,8 million de m² ! Si tous les quartiers contribuent à l’augmentation de cette vacance, trois sont des… “moteurs” : la périphérie (18 % de vide), le décentralisé (16 %) et le Léopold (11 %). Ensemble, ils couvent 1 million de m² vides (dont 350 000 pour le seul quartier européen), dont l’absorption et celle des m² en projet nécessiteront entre 3 et 4 ans.
“Il faut même aller plus loin qu’un moratoire”, insiste Mathieu Sonck, qui argue du fait que les bâtiments neufs sont durables et vont donc durer plus longtemps, que la tendance est à diminuer la taille de l’espace de travail et qu’il n’y a pas de nouveaux occupants à Bruxelles, que des occupants qui déménagent. Bref, le stock non seulement ne peut plus grandir mais doit diminuer. Et de proposer un système où l’on n’accorderait 1 m² de bureaux neuf qu’aux promoteurs qui ont d’abord transformé 2 m² d’anciens en logements… sociaux, à tout le moins de gamme plus basse.
Ce à quoi promoteurs, entrepreneurs et agents ont répondu, dans le désordre, que “la vacance est surtout problématique en Région flamande, dans la zone de l’aéroport”, que “dans le parc vide, il y a pas mal de bâtiments obsolètes”, que “le marché se régule de lui-même d’habitude, mais qu’une crise terrible est passée par là”, et que si les promoteurs ne s’arrêtent pas, “leurs banquiers les arrêteront”. Leurs solutions : “faire des produits qui répondent à la demande”; “mieux écouter les occupants”; “donner du temps à la profession pour s’adapter”. Non sans se demander s’il est “raisonnable”, dans ces conditions, que la Région réfléchisse à créer un nouveau pôle européen à Delta (250 000 m² de bureaux) ? Même – surtout – quand on sait que les terrains en question appartiennent… à la Région.
Bref, rien ne sera peut-être jamais fait. A moins de se souvenir qu’au début des années 90, Bruxelles avait quand même osé imposer un moratoire sur les hôtels.
Charlotte Mikolajczak
Tags : moratoire sur les bureaux | charles picqué | région de bruxelles capitale | logement | gare du midiPas de moratoire sur les bureaux
- « Le Soir », 11 février 2010
Immobilier. 1,8 million de m2 vides.
Bruxelles traverse une crise immobilière aiguë, avec un taux de vacance des bureaux inégalé de 12 %. Pourtant, l’idée d’établir un moratoire dans le secteur est pour l’instant écartée, a déclaré le ministre-président Charles Picqué (PS), au séminaire De Hemptinne, qui s’est tenu ce mercredi, dans les locaux d’ING.
Fin 2009, le courtier CBRE prônait l’établissement d’un moratoire sur les nouveaux bureaux, au vu de l’effondrement du marché immobilier bruxellois. Un moratoire portant sur certaines zones (Delta ?) afin d’éviter des concurrences susceptibles de plonger le bureau dans une crise majeure. Cette proposition a été mal accueillie par la profession (Jones Lang Lasalle), qui préfère laisser jouer l’offre et la demande.
Pourtant, comme l’a montré le courtier DTZ au séminaire De Hemptinne, la situation devrait encore se dégrader. A l’horizon 2011, on table sur une vacance de 14 % et 1,8 million de m2 de bureaux vides. Du jamais vu. Dans le débat qui a suivi, il est apparu que CBRE est moins isolé qu’on ne le croit. Serge Fautré (Cofinimmo) prône un « auto-moratoire » par la profession afin de limiter le nombre d’immeubles spéculatifs et de miser davantage sur la rénovation d’immeubles. Quant à Mathieu Sonck (Inter-Environnement), il est lui aussi favorable à un moratoire, mais pour des raisons bien différentes de celles de CBRE : il veut réduire de façon drastique le nombre de bureaux par des conversions massives en logements sociaux.
Mais selon Luc Willame (SDRB) il faut tempérer l’ampleur de la crise : celle-ci concerne surtout la périphérie et principalement la zone de Zaventem. D’après ses chiffres, le vide locatif dans les 19 communes est nettement moindre et Bruxelles « se tirerait une balle dans le pied avec un moratoire alors que la Flandre annonce un plan d’un million de m2 de nouveaux bureaux dans la périphérie bruxelloise ».
Qu’en pense Charles Picqué ? Il a confirmé, ce mercredi, la commande d’une étude sur les bureaux afin de savoir quels sont les produits qui posent problème et quelle est l’attente des utilisateurs. Tant qu’il ne dispose pas d’un diagnostic sérieux, il rejette le moratoire. Mais l’idée d’une certaine régulation, en attendant le futur plan régional de développement durable (PRDD), n’est pas exclue.
FRANCOIS ROBERT
Tags : moratoire sur les bureaux | gare du midi | charles picqué | sdrb | logement | prd
