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250.000 m2 de bureaux

FRANÇOIS ROBERT – LE SOIR – Samedi 28.2.2004

La mutation que vivent la gare du Midi et ses abords est d’une ampleur comparable à celle qu’a connue le quartier Nord dans les années 1970. Le scénario est pourtant bien différent et la métamorphose se déroule dans de meilleures conditions. Peu ou presque pas de quartiers éventrés, mortellement blessés. Fortes de l’expérience du quartier Nord, les trois communes (Anderlecht, Bruxelles-Ville et surtout Saint-Gilles) ont pris les devants.

L’arrivée du TGV a été le déclencheur de cette prise de conscience. Le train à grande vitesse était à la fois une opportunité et un risque. Une opportunité, car il signifiait le redémarrage économique d’une zone en déclin. Un risque, car un développement sans contrôle pouvait engendrer les pires excès.

Saint-Gilles, la commune la plus impliquée dans la réorganisation des abords de la gare, a vite compris la nécessité d’encadrer ces changements et de museler la spéculation susceptible de chasser le logement, victime de la flambée des prix.

A la demande de la SNCB, l’entrée en gare du Midi du TGV s’est accompagnée de la construction de 250.000 m2 de bureaux. Le développement immobilier envisagé est cependant bien loin d’atteindre les niveaux du quartier Nord (1 million de mètres carrés de bureaux construits). Mais les effets induits sont semblables. Saint-Gilles a dès lors demandé une étude (un schéma directeur) réalisée par la Région bruxelloise. Ce document a fixé les limites du développement, le but étant de faire de la gare un pôle urbain multifonctionnel où navetteurs mais aussi riverains trouveraient leur compte.

En 1995, le gouvernement chargeait dès lors la société « Bruxelles-Midi » de gérer cette métamorphose. En encadrant les initiatives des investisseurs privés. En tenant compte d’impératifs sociaux, comme l’aide au relogement des habitants.

Le mot d’ordre du bourgmestre Charles Picqué fut de ne pas précipiter les choses : Aller lentement, de façon à éviter les erreurs irréparables. Dans le même temps, Saint-Gilles lançait trois PPAS (plans particuliers d’aménagement) limitant strictement et géographiquement les zones de bureaux et de logement.

Ces plans (Fonsny 1, France et Fonsny 2) ont circonscrit les zones. Une première (rue de France), dévolue à la promotion immobilière, à cheval sur Anderlecht et Saint-Gilles. Le maître d’oeuvre étant Eurostation, société créée par la SNCB, avec pour mission de valoriser ses terrains.

Une deuxième zone, rue Fonsny, aux fonctions mixtes (logements et bureaux). Une dernière zone, entre les rues de Merode et Féron, bétonnant si l’on ose dire le logement.

Normalement, la durée de vie de « Bruxelles-Midi » expirait cette année. Mais l’opération immobilière a pris au moins deux ans de retard et ne se terminera qu’à l’horizon 2007-2008.

Notre objectif était d’éviter la spéculation, rappelle Charles Picqué. Il faut bien avouer que, ces dernières années, la Région a fait preuve d’une certaine frilosité. Il a manqué à « Bruxelles-Midi » une mise de fonds publics.

A ce jour, la promotion immobilière n’a pas rencontré le succès espéré. Les projets existent (comme le montre l’infographie basée sur un relevé réalisé par CB Richard Ellis), mais ils mettent du temps à se concrétiser. En soi, cela n’a rien d’alarmant (il a fallu 30 ans pour remplir le quartier Nord). Mais le quartier en perpétuel chantier a maintenant besoin de retrouver la stabilité et la sérénité, après dix années passablement chahutées.·

L’espace public entièrement refait

La plus grande gare du pays qui accueille le TGV, cela méritait bien un traitement particulier. C’est pourquoi l’Etat fédéral, dans le cadre de Beliris (l’accord de coopération), a pris en charge le financement des aménagements autour de la gare du Midi.

Cela fait maintenant près de dix ans que ses abords (20 hectares d’espaces publics) sont en chantier. Une véritable gageure puisqu’il a fallu travailler avec de nombreux intervenants : la Région, les trois communes, la SNCB, la Stib, De Lijn, les TEC…

L’Etat fédéral a déjà injecté 50 millions d’euros autour de la gare. Bien qu’ils soient inaugurés officiellement ce dimanche par Laurette Onkelinx, la présidente de Beliris, ces grands travaux ne sont pas terminés. Et il faut bien reconnaître que l’esthétique n’est pas toujours au rendez-vous. Ce n’est pas vraiment la faute du fédéral. La crise agissant, les projets immobiliers ont pris du retard. Or, il est impossible d’achever le traitement de l’espace public tant que les immeubles qui les encadrent ne sont pas construits.

Les aménagements déjà réalisés sont cependant spectaculaires. De grandes esplanades ont été dégagées de l’automobile et les transports publics bénéficient de sites réservés. Cette refonte de l’espace a permis le maintien de l’activité locale (le marché hebdomadaire) et une meilleure accessibilité de la gare.

Mais on discutera encore longtemps sur l’aspect minéral de certaines réalisations…











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