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Bruxelles rencontre le Midi?

Une délégation de locataires, propriétaires, commerçants et riverains du quartier Midi a remis ce 13 juillet un cahier de doléances aux responsables de la société régionale Bruxelles-Midi. Lors de cette première rencontre, les représentants de Bruxelles-Midi ont fait une série de promesses et d’annonces aux habitants. Celles-ci concernent notamment la révision des conditions de l’aide sociale, mais aussi la situation urgente des locataires menacés d’expulsion pour le 31 août. Ou encore la réalisation probable d’une partie du « Plan régional du Logement » dans le quartier.

Le 20 mai, des locataires, propriétaires et commerçants du quartier Midi avaient adressé une lettre ouverte au Ministre-Président de la Région bruxelloise. Si Charles Picqué n’a toujours pas répondu à ce courrier, le Comité du quartier Midi s’est vu proposer, la semaine dernière, une rencontre avec la société créée et mandatée par la Région bruxelloise pour piloter les projets immobiliers du côté saint-gillois de la gare du Midi: la SA Bruxelles-Midi.

La délégation du Comité de quartier a été reçue par Jacques Van Grimbergen (directeur général de l’Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement et président de la SA Bruxelles-Midi) et Vincent Rongvaux (directeur de la Régie foncière et administrateur-délégué de la SA Bruxelles-Midi).

L’arrêt provisoire des expulsions et des démolitions?

— Un cahier de doléances leur a été remis, portant sur les différentes revendications des habitants. L’ensemble de celles-ci n’a pas pu être abordé lors de la rencontre. Mais le Comité du Midi a insisté prioritairement pour que soit mis en place un groupe de concertation, ou qu’un médiateur soit désigné, afin de prendre en compte et solutionner l’ensemble des problèmes causés par la réalisation des projets immobiliers dans le quartier. Les représentants de Bruxelles-Midi ont promis de donner des réponses à ces doléances pour la fin du mois d’août.

— Mais la situation des locataires de 6 maisons de l’îlot D (rue de Russie – avenue Fonsny), théoriquement délogés pour le 31 août, ne peut pas attendre. Les responsables de Bruxelles-Midi ont accepté d’intervenir auprès du propriétaire de ces maisons (la SA Espace Midi), afin qu’elles ne soient pas démolies et continuent à être habitées tant qu’aucun projet ne se réalise sur cet îlot. Les habitants espèrent obtenir une réponse à ce sujet dans les prochains jours.

— En attendant, la SA Bruxelles-Midi a déjà concédé, d’une part, que le montant des indemnités accordées aux locataires délogés devaient être revues à la hausse. Et, d’autre part, que les conditions fixées pour y avoir droit (notamment être domicilié dans le quartier avant 1997) devaient être assouplies. Des décisions devraient donc être prises en ce sens d’ici la rentrée de septembre.

Ces premières annonces, encore très insuffisantes face à la situation du quartier, constituent néanmoins un premier pas dans le bon sens.

La situation de nombreux locataires, propriétaires (habitants ou non) et commerçants du quartier reste effectivement problématique. Le Comité de quartier estime que près de 200 habitants vivent toujours dans les trois îlots frappés depuis 9 ans par un plan d’expropriation; parmi lesquels au moins 19 familles, 78 ménages, 14 propriétaires occupants, 17 commerces et une école. Soit, au bas mot, une trentaine de maisons encore à racheter ou exproprier.

Une partie du Plan régional du Logement au quartier Midi?

Au cours de cette rencontre, la SA Bruxelles-Midi a par ailleurs annoncé qu’une partie du Plan régional du Logement serait réalisée sur des terrains lui appartenant dans le quartier.

Le Comité du quartier Midi, qui avait émis cette proposition il y a dix jours avec d’autres associations (BRAL, Rassemblement pour le Droit à l’Habitat, Comité de défense de Saint-Gilles, Syndicat des locataires, Union des locataires de Saint-Gilles), se réjouit de cette nouvelle.

Mais le Comité note que la seule nouveauté réside dans le fait que des moyens seront ainsi trouvés pour bâtir du logement sur ces parcelles qui étaient de toutes façons affectées à du logement. Selon Bruxelles-Midi, de nouveaux logements « moyens » seraient en effet réalisés sur une partie de l’îlot A, tandis que des logements sociaux le seraient sur une partie de l’îlot D. Ces deux zones sont inscrites en logement dans le PPAS.

Par ailleurs, c’est avec les subsides de Beliris (Accord Fédéral-Région) que Bruxelles-Midi va procéder à l’expropriation des maisons de l’îlot A et de leurs habitants.

Le Comité du quartier Midi rappelle que cet argent public pourrait tout aussi bien servir à rénover une partie du bâti encore en bon état. Cette solution permettrait notamment à certains propriétaires, commerçants ou locataires de rester dans leurs maisons, plutôt que devoir les quitter pour qu’on construise à la place des logements auxquels ils n’auront pas accès.

Pour le Comité du quartier Midi, la rénovation est une solution qui doit être envisagée sérieusement et, dans tous les cas, le relogement des habitants doit être assuré à des conditions identiques que leur logement actuel.











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