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Comment mieux décourager les habitants?

Des démolitions ont commencé, fin mars, entre et autour des 4 maisons concernée par le nouveau plan d’expropriation en gestation à la Commune de Saint-Gilles. Une pratique sournoise, qui n’est accompagnée d’aucune forme de concertation ni d’information envers les riverains et qui va surtout servir à créer des dents creuses. Une manière d’accroître la pression sur les propriétaires et habitants de l’îlot, dont les maisons n’ont toujours pas été rachetées ni expropriées.

En 2006, la Commune de Saint-Gilles avait poussé les promoteurs d’Espace Midi à démolir les maisons qu’elle possède dans l’îlot D (rue de Russie et avenue Fonsny)… Ces mêmes maisons qui avaient été vidées de leurs locataires un an plus tôt, toujours sur insistance de la Commune si l’on en croit les promoteurs. Une de ces maisons n’appartenait pas ni à Espace Midi ni à Bruxelles Midi, mais à un particulier qui avait eu l’audace de refuser l’offre de cette dernière, offre qu’il jugeait très en-dessous de la valeur de sa maison. Exproprié dans le courant de l’été 2006, ce propriétaire vit sa maison être démolie à la veille de Noël et des congés du bâtiment.

Le problème n’est pas seulement le sort qui est fait à ces propriétaires expropriés et à ces locataires délogés. C’est aussi la détérioration parfaitement volontaire et inutile (du point de vue du développement des projets immobiliers en tout cas) du cadre de vie des habitants voisins de ces maisons. Car bien sûr, les démolitions ne s’effectuent pas par blocs, c’est-à-dire une fois que les développeurs sont entrés en possession de tout un îlot. Non: les maisons démolies sont mitoyennes de maisons habitées, appartenant toujours à des particuliers que la Région n’a jamais expropriés.

Depuis le 19 mars 2007, des ouvriers ont entamé la démolition d’une série de maisons situées cette fois dans l’îlot C (rue d’Angleterre et rue de Mérode). C’est justement dans cet îlot qu’un nouveau projet de plan d’expropriation est en cours pour 4 des 5 maisons toujours habitées et jamais rachetées (ni expropriées, en 10 ans tout de même…) par Bruxelles-Midi ni par la Région. Ces maisons sont situées dans un îlot déjà cédé (en partie virtuellement, donc) au groupe Atenor-BPI pour y construire bureaux et hôtels.

La démolition bloc par bloc est une ancienne revendication des habitants, hélàs toujours d’actualité. Poussière, bruit, tremblements et autres chutes de pierres sont le lot quotidien de ces travaux qui commencent parfois très tôt le matin. Les ouvriers ne sont quasiment jamais au courant que les maisons mitoyennes de celles qu’ils vident sont habitées. L’insécurité (maisons laissées ouvertes pendant la période de démolition, terrains vagues ouverts ensuite à tout vent…) et d’autres nuisances quotidiennes (rats, souris…) vont de pair avec ces destructions.

[Ecoutez le doux réveil du marteau-piqueur, enregistré de l’autre côté du mur.]

C’est peut-être la raison pour laquelle cette pratique a toujours été privilégiée par les autorités et par Bruxelles-Midi, malgré ou à cause des plaintes des habitants. Comment expliquer autrement de telles méthodes? Pourquoi cet empressement? Quel intérêt ont les autorités à ce qu’une maison sur deux soit détruite, puisque la construction ne pourra pas démarrer avant que toutes les parcelles soient vides. La démolition par blocs serait un procédé évidemment plus économique pour Bruxelles-Midi, mais la démolition « plic ploc » a des vertus évidentes d’intimidation sur les habitants. Leur capacité de résistance ne peut que s’en trouver affaiblie… au bénéfice de ceux qui veulent racheter leurs maisons à bas prix.











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