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Comment reloger les Saint-Gillois avant l’arrivée du TGV?

ANNICK HENROTIN – LE SOIR – 12.02.1992

Si l’arrivée du TGV en gare du Midi en réjouit plus d’un, les habitants du quartier font plutôt grise mine. Les bruits courent, les rumeurs circulent, déformées, agravées, gonflées à souhait: tout sera bientôt démoli, les nouveaux logements seront tout à fait inaccessibles aux locataires actuels, bref, il est temps de partir, l’expropriation menace.

Et l’angoisse s’insinue dans le bas de Saint-Gilles, voisin de la gare. Les habitants, des familles immigrées pour la plupart, se demandent de quoi l’avenir sera fait. La venue du TGV et les transformations qui l’accompagneront sont une trop belle occasion pour moderniser et restructurer des zones jusqu’ici plutôt délabrées. Les autorités n’attendent que cela.

Charles Picqué, bourgmestre de Saint-Gilles et ministre de la Région bruxelloise, ne s’en cache pas: la partie sera serrée.

Première étape: une série de plans particuliers d’aménagement portant à la fois sur l’îlot Côte d’Or, l’avenue Fonsny, la rue de Mérode et la rue Émile Féron, histoire d’éviter les spéculations intempestives.

Lorsque l’on commencera à exproprier ces îlots, 850 personnes seront concernées, constate Charles Picqué. Soit 458 ménages dont 63 % de personnes isolées et 106 dossiers de CPAS. Une partie seulement pourra se reloger sans problème. Mais, pour les autres, il faudra encore trouver quelque 300 nouveaux logements et cela dans une perspective des plus contraignantes en raison du timing à respecter.

Pour cela, la commune s’est ménagée trois portes de sortie. Tout d’abord la création de 200 logements sur l’atelier de la Stib, avenue du Roi (pour autant que la Stib donne son accord). Un financement mixte (public-privé) permettrait d’assumer le coût des expropriations. Cent autres logements sont actuellement en cours de rénovation. Mais il s’agit là de logements moyens dont le loyer restera difficilement accessible aux familles expulsées dont les revenus sont très bas. C’est ici qu’interviendrait la troisième «porte de secours»: la taxe sur les bureaux.

Quatre-vingts pour cent des recettes pourraient être utilisées à la création d’un fonds d’aide aux personnes à reloger, explique Charles Picqué. Ce qui ferait environ 16 millions à répartir en primes pour des aides locatives de 80.000 F par an. Ce dossier est évidemment très lourd en terme de séquences: il faut obtenir des garanties du privé, se mettre en rapport avec la SNCB, etc. Ce que nous voulons éviter à tout prix, c’est le syndrome de la gare du Nord.











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