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Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi

« Télé Moustique », 18 novembre 2009

L’arrivée du TGV à la gare du Midi a profondément changé l’apparence de ce quartier bruxellois. Son âme aussi. Bien sûr, personne ne regrettera la disparition d’un café comme « Le Zottegem », devenu plaque tournante de la traite des Blanches.

Et la vision d’immeubles flambant neufs est sans doute plus rassurante que celle d’îlots d’habitations délabrés. Mais, du côté saint-gillois de la gare, cette activité immobilière cache mal des blessures béantes. Devoir d’enquête revient, ce soir, sur ce « fiasco urbanistique ».

Comment nommer autrement ce plan d’expropriation, de 176 habitations réparties sur quatre îlots, annoncé dès 1992, adopté en 1996 et seulement appliqué depuis cinq ans, faute de moyens? Un délai durant lequel les propriétaires, souvent habitants et parfois commerçants, ne savaient pas si cela valait la peine d’encore s’occuper du bien qu’ils allaient, tôt ou tard, devoir abandonner. Derrière cet historique de la situation, il y a des drames individuels, comme celui de la famille Demirtas. Autrefois propriétaire de l’établissement le Samovar qui marchait, elle est aujourd’hui ruinée pour avoir suivi les conseils du « camarade Picqué ».

Il y a aussi toutes ces personnes à qui on n’a proposé qu’une bouchée de pain comme indemnité d’expropriation et qui n’ont pas supporté longtemps les pressions les poussant à accepter. Ceux qui sont restés malgré tout n’ont pas été beaucoup mieux lotis: ils ont vécu pendant une dizaine d’années au milieu d’un immense chantier. Avec, en plus, la crainte des immenses engins de destruction qui ne font pas dans le détail.

Il y a quelque temps, une vidéo, tournant sur Internet, montrait une grosse pelle mécanique en train de détruire une habitation, emportant au passage le mur d’une maison encore habitée.

Elle sert d’image finale à cette enquête qui laisse, effectivement, une vilaine impression de « fiasco », autant humain qu’urbanistique. La justice doit encore se prononcer dans les prochaines années. La Région bruxelloise estime que le juge de paix de Saint-Gilles a été trop généreux quand, dans certains cas, il a revu et augmenté les indemnités d’expropriation.

Elle a donc demandé une révision de ces jugements au tribunal de Bruxelles. Si les juges lui donnent raison, des remboursements seront demandés. On n’a pas fini de parler de ce chantier.

• Pascal De Gendt

25 novembre: 20h20 LA UNE Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi











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