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Ecrire aujourd’hui la ville de demain

– « Le Soir », 17 novembre 2007

URBANISME / Une semaine de réflexion sur le devenir de Bruxelles

CHARLES PICQUÉ espère que ce colloque sur la ville permettra d’affiner les politiques urbanistiques régionales.

Dans quelques mois, la Région bruxelloise fêtera son vingtième anniversaire. C’est l’occasion de réfléchir sur les politiques passées et à venir de la Ville-Région. Comment Bruxelles doit-elle se développer ? Faut-il poursuivre les contrats de quartier, continuer la politique de discrimination positive dans certaines zones urbaines ? L’approche territoriale est-elle la bonne ? Les questions se bousculent. Le ministre-président Charles Picqué a donc demandé au SRDU (Secrétariat
régional au développement urbain) de faire le point sur les politiques passées et d’organiser une semaine de réflexion sur le thème de la ville.

Le SRDU s’est mis au travail. Il vient de publier un inventaire des politiques menées la Région entre 1995 et 2005 (il était difficile de reculer davantage à cause des modes statistiques qui ont évolué radicalement dans les années 1990). Le SRDU lance aussi une « semaine de la ville », du 19 au 23 novembre. Il débute par un colloque (19 et 20 novembre) à Flagey, où l’on annonce quelques grandes pointures de l’urbanisme mondial (Pascal Roggero, Jacques Donzelot et bien d’autres).
Intense « brainstorming » qui doit mieux aiguiller la stratégie du développement de Bruxelles pour la génération à venir.

« Le grand enjeu bruxellois (comme celui des autres grandes villes) est de réguler le processus d’exclusion, déclare Charles Picqué. Des quartiers et leurs habitants sont mis sur le côté. Comment corriger cette relégation ? Jusqu’à présent, la Région a travaillé sur une approche territoriale et sur la mixité sociale, clefs de voûte de notre politique. Les outils n’ont pas manqué : contrats de quartier et commerciaux, Beliris, politiques des Fonds européens. Les bons choix ? Cette semaine de réflexion va nous aider. Ce qui ne veut pas dire que nous avons mal travaillé : que seraient ces quartiers difficiles si nous n’étions pas intervenus. La réponse, nous
la connaissons : ils seraient aujourd’hui totalement hors du contrôle social. »

Affiner le tir N’empêche que l’on peut affiner le tir, mieux coordonner les actions. « Si certains quartiers vont mieux… d’autres vont moins bien », admet le ministre président. Autre problème lancinant : les finances communales.

« Il faut être critique, ajoute Charles Picqué. Je pense que nous devons aborder ces questions en complétant notre approche territoriale par le biais socio-économique. On peut rénover un quartier entier. Mais si l’on néglige de s’occuper du chômage (dans certains secteurs, la moitié des jeunes sont sans emploi), on perd son temps ! »

Le colloque, présidé par Marie-Laure Roggemans, va nourrir cette réflexion. Outre l’approche internationale, il mettra en place des ateliers sur Bruxelles. Seront abordés la mondialisation, le devenir des villes moyennes, le type de gouvernance (une participation accrue des acteurs privés ?), les outils (les plans d’urbanisme tels que le Pras, les mécanismes de concertation, les spécificités bruxelloises comme les charges d’urbanisme), etc. « Cette réflexion ne remettra pas en cause notre politique urbaine, pense Charles Picqué. Mais elle permettra de lui donner des accents nouveaux. »

Bref, une démarche bien nécessaire. Dommage que la Région n’ait pas fait cet exercice intellectuel plus tôt.

FRANCOIS ROBERT











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