[ Lire notre rubrique Actualités pour les dernières infos ]

Expropriations d’extrême urgence

GILLES MILECAN – LA LIBRE BELGIQUE – vendredi 28.07.06

Ils sont une trentaine. Depuis 10 ans, ils attendent leur expropriation des îlots « Fonsny ». A l’époque, il est décidé de revitaliser ces blocs voisins de la gare du Midi, en pleine mutation.
Un vaste plan est mis sur pied, intégrant bureaux, commerces et logements nouveaux. Ce projet constitue une priorité des autorités communales et régionales en place. Une société, SA Bruxelles-Midi, société d’économie mixte, est créée avec pour objet la gestion du réaménagement du quartier. Elle devra permettre le relogement des habitants du périmètre mais aussi maximiser le produit de la cession des terrains.
Plus de cent propriétaires, ont, au fil das ans, cédé leur bien, promis à la démolition. Sous la pression affirme-t-on dans le quartier, ou par lassitude. Las de ne pouvoir vendre à leur gré, las de ne pouvoir rénover, les d’être « paralysés ».
Reste donc ceux qui « tiennent bon », considérant que les sommes proposées ne correspondent pas à la valeur de leur bien. Encore moins à la valeur de leur bien au moment de la mise sur rails du projet. Ils insistent d’ailleurs sur la perte qu’ils subissent en raison de l’abandon auquel le quartier a été laissé autant que sur l’impossibilité de trouver un immeuble équivalent avec le montant qu’ils retirerainet de la vente de leur bien.

Echéance proche
Promulgué en 1996 par voie d’arrêté, le plan d’expropriation vient à échéance en novembre prochain. Alors les choses s’accélèrent. Au printemps, la SA Bruxelles-Midi passe la main au comité d’acquisition, dépendant du ministère des Finances. Trois mois passent encore et le juge de paix est saisi.
L’arrêté de 1996 invoquant l’extrême urgence de procéder aux expropriations, la procédure est extrêmement rapide. Trois propriétaires ont ainsi été convoqués début juillet à une audience se tenant à leur domicile. Après avoir vérifié qu’une ultime conciliation n’est pas possible, le juge procède à l’expropriation. Le jugement est rendu en quelques jours et le transfert de propriété est effectif. Le montant définitif de l’indemnisation sera connu début octobre. Les voies de recours existent mais sont aléatoires et, de toute façon, non suspensives de l’exécution de la décision judiciaire.
Ce qui révolte les riverains, ce n’est pas l’expropriation en tant que telle, ils ont conscience de son imminence depuis longtemps. Ce qui heurte, ce sont les conditions sans lesquelles se déroule celle-ci. Condamnés à attendre sans agir, ils ont désormais la crainte de se voir dépossédés en quelques jours, comme c’est le cas pour les trois premiers d’entre eux.
Soutenu par le Bral et Inter-Environnement Bruxelles, le comité de quartier Midi en appelle à une table ronde autour de laquelle on parlerait de juste indemnité et de la possibilité de rénover les habitations et commerces subsistants plutôt que de tout raser pour ensuite construire, notamment, du logement et ducommerce.











http://www.quartier-midi.be | http://film.quartier-midi.be | http://www.bruxelles-midi.be