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La Région joue l’intimidation

Alors qu’aucune urgence ne le justifie tant que la Région n’a pas exproprié les 4 propriétaires restant dans le Bloc C, la destruction de maisons en façade rue de Mérode est imminente. Le Comité du Quartier Midi dénonce l’arme de la destruction utilisée par la Région pour faire pression sur les propriétaires. Il demande que les projets de destruction imminente des maisons en façade rue de Mérode au bloc C soient immédiatement suspendus. Et que des solutions justes soient proposées à tous dans les plus brefs délais.

La politique du pire est plus que jamais à l’œuvre au Quartier Midi. On le sait, après l’échéance d’un plan d’expropriation de 10 ans pour cause d’utilité publique et en extrême urgence, la Commune de Saint-Gilles a adopté un nouveau plan d’expropriation concernant seulement 4 maisons situées au Bloc C, rue de Mérode. Ce plan doit encore être adopté par l’exécutif régional, et le Ministre-Président Charles Picqué ne s’est pas engagé sur sa mise en oeuvre, privilégiant « des solutions à l’amiable » avec les propriétaires.

Les « solutions à l’amiable » proposées par la région, les propriétaires les connaissent. Il s’agit depuis dix ans de tenter de racheter les maisons en-dessous du prix marché et d’éviter des procédures d’expropriation qui se solderaient inévitablement, dans un contexte de flambée du foncier, par des coûts annulant les recettes escomptées des projets immobiliers. L’hypothèse la plus probable est aujourd’hui que le surcoût d’une opération désastreuse portera finalement sur le contribuable.

Pour « privilégier les solutions à l’amiable », les méthodes régionales et communales sont connues depuis plus de dix ans. Faire craquer les propriétaires et les habitants par tous les moyens, désormais y compris en compromettant leur sécurité physique. Au bloc C, cela prend la forme d’une sécurisation en trompe l’œil du terrain vague entre avenue Fonsny et rue de Mérode par un semblant de palissade ouverte à tous vents installée généreusement par la firme JC-Decaux en échange de l’installation de panneaux publicitaires. Dans la nuit du 23 au 24 mai, le domicile de M. De Saeger, épicier au 51 rue de Mérode, a ainsi fait l’objet d’une tentative d’effraction par la façade arrière. Plus grave, faute que la région ait muré une maison expropriée rue d’Angleterre, un incendie criminel a provoqué la mort de deux personnes le mois dernier. Ce n’était jamais que le troisième incendie en quelques semaines dans des maisons dont deux appartiennent à la Région.

Aujourd’hui, alors que les dernières expropriations seront légalement possibles au Bloc C dès que la Région aura validé le nouveau plan, ont commencé des préparatifs de destruction imminente de tous les bâtiments en façade rue de Mérode appartenant à la Région. Aucun permis de bâtir n’a encore été délivré pour cet îlot (une demande de permis est actuellement à l’enquête publique pour un projet côté rue d’Angleterre). Comment ne pas interpréter ces destructions que rien ne justifie dans l’immédiat comme un moyen de pression sur les derniers propriétaires et habitants ?

Ajoutons que ces démolitions s’accompagnent de biens d’autres inconvénients. Par exemple, tout l’éclairage public a désormais été coupé dans la rue de Norvège ainsi qu’autour des blocs C et D (rues de Mérode, Hollande, Angleterre, Russie).

Par ailleurs, rue de Norvège, au bloc A, le plan d’expropriation n’a pas été renouvelé à ce jour. Les habitants ont subi depuis 10 ans des destructions suivies d’un gigantesque chantier. Leur rue ne figure plus sur les plans de Bruxelles et ils sont désormais privés d’éclairage public. Ces trois familles, dont l’habitat s’est terriblement dégradé, compromettant leur santé, ne rêvent que de toucher leur dû et de pouvoir se reloger. En l’absence de plan d’expropriation, un nouveau cycle de pressions a repris pour qu’ils cèdent leurs maisons à bas prix et disparaissent.

Peut-on admettre que la puissance publique mène ainsi impunément une véritable politique de terreur au nom des Bruxellois dont elle tient ses pouvoirs ? Et quels contre-pouvoirs, institutionnels ou associatifs, auront enfin le courage d’arrêter le Léviathan régional né au quartier midi ? Toute impunité ne peut que lui ouvrir de nouveaux appétits.

Le Comité du Quartier Midi demande que les projets de destruction imminente des maisons en façade rue de Mérode au bloc C soient immédiatement suspendus. Que des solutions justes soient proposées à tous dans les plus brefs délais. Et appelle à une démocratisation urgente des politiques urbaines régionales.











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