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Le quartier du Midi poursuit sa mutation

ANNE-CECILE HUWART – Le Soir – samedi 28 mai 2005

Le quartier du Midi poursuit sa lente mutation, entamée il y a quinze ans avec l’annonce de l’arrivée du terminal TGV. Au fil des ans, les maisons se sont vidées, lézardées. Pour faire place à des chancres puis, parfois, à des immeubles modernes. Les écolos de Saint-Gilles s’inquiètent de la lenteur du chantier et des résultats qu’il donne : trop de bureaux (souvent vides) au détriment du logement, manque de vision d’ensemble… Au conseil communal de jeudi dernier, les écolos ont tenu à s’informer de l’avancée des travaux.

Les préoccupations des verts concernent quatre îlots à front de l’avenue Fonsny. L’îlot A, coincé entre les rues Claes et de Suède, est pour l’heure un vaste terrain vague. Mais l’échevin de l’urbanisme, Henri Dineur, a voulu rassurer l’assemblée : les permis pour la construction d’immeubles de bureaux et logements (côté Mérode) ont été délivrés.

L’îlot B, entre les rues de Suède et de Hollande, est partiellement occupé par la compagnie d’assurances Swiss Life. Un deuxième occupant est en voie d’aménagement.

L’îlot C, entre les rues de Hollande et d’Angleterre, a fait l’objet d’un marché lancé par le Comité d’acquisition. Le marché sera adjugé dans le courant de juin 2005. Les dernières expropriations sont en cours, elles pourraient aboutir à la fin de l’année. Quant aux démolitions, elles se poursuivent au fur et à mesure des acquisitions. Le début des travaux de reconstruction peut être envisagé au plus tôt fin 2006.

L’îlot D, entre les rues d’Angleterre et de Russie, appartient pour un quart à la S.A. Espace Midi. La commune n’a jusqu’ici reçu aucune demande de démolition ni de reconstruction. Quelques irréductibles habitants habitent toujours cet espace. Mais plus pour longtemps car ils viennent de recevoir leur avis d’expulsion de la part de la S.A. Espace Midi : ils doivent déguerpir pour le 31 août. Or, ils souhaitent pouvoir conserver leur logement jusqu’à ce qu’un projet concret voie le jour à cet endroit.

Nous savons ce que cette vague de délogement annonce : des maisons vidées et murées qui pourrissent, menaçant les passant et les riverains et qui, finalement, sont abattues à l’unité ou par petits groupes, relatent les riverains dans une lettre au ministre-président de la Région bruxelloise et bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué. Loin de contribuer à la revitalisation du bas de la commune, ces pratiques aboutissent à la désolation du quartier et à une bien triste vitrine aux abords de la gare du Midi.

Et les écolos de demander à l’échevin de trouver des arrangements avec les différents protagonistes pour permettre aux habitants de rester chez eux le plus longtemps possible. Mais Henri Dineur dénonce l’insalubrité des lieux. Ces habitations sont quasi en ruines, explique-t-il. De plus, elles restent frappées d’une hypothèque que la commune ne souhaite pas remettre en cause. Ce serait populiste et anti-économique de donner de faux espoir aux gens. Ces habitants n’auront aucun projet de vie. Ce serait comme installer des logements à marée basse alors que la mer va monter…











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