[ Lire notre rubrique Actualités pour les dernières infos ]

Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

– Bruxelles, 25 octobre 2007

Nouvelles démolitions en cours au quartier du Midi. La société anonyme Bruxelles-Midi, créée en 1992 par Charles Picqué pour « revitaliser » le quartier Midi et y capter les plus-values immobilières, n’a pas perdu ses bonnes manières. Sous-financée dès sa constitution, Bruxelles-Midi a toujours utilisé des procédés douteux pour faire partir les habitants et racheter les maisons sans devoir trop mettre la main au portefeuille. Comment s’y prendre? C’est très simple. Il suffit d’appliquer ce refrain bien connu: « secouez le cocotier, il finiront bien par tomber »…

Grâce aux plans d’expropriation « d’extrême urgence et pour cause d’utilité publique » votés par la Commune de Saint-Gilles et la Région bruxelloise, une menace constante plane sur les locataires, commerçants et propriétaires du quartier depuis 1991 (les autorités en sont aujourd’hui à leur cinquième plan d’expropriation au Midi!). L’astuce, c’est d’utiliser cette menace en harcelant les habitants mais surtout en évitant de recourir à l’expropriation judiciaire, comme le prévoit pourtant la Loi. Aux yeux de Picqué et des siens, les juges font preuve de trop de largesses lorsqu’ils indemnisent les expropriés.

Selon la bonne vieille recette de l’Oncle Charles, pour racheter une maison à bon prix sans devoir s’encombrer de toutes ces procédures, il suffit d’être patient: désertifier le quartier, faire partir les locataires et les commerçants, démolir peu à peu les maisons qui entourent celles qui ne vous appartiennent pas… Les derniers propriétaires finiront bien par céder. L’air sonne comme du déjà entendu.

A Saint-Gilles, cette méthode violente et dangereuse a été moultes fois dénoncée depuis une décennie. En vain. Elle est encore et toujours pratiquée sans aucune vergogne. Dans l’îlot C (avenue Fonsny, rue de Mérode, de Hollande et d’Angleterre), pourtant destiné à une plantureuse opération de bureaux et hôtel menée par le consortium immobilier Atenor-BPI, il ne restait que 4 maisons à exproprier. Un nouveau plan d’expropriation (« d’extrême urgence », il va de soi) permet, depuis juillet, aux autorités de faire partir les derniers récalcitrants. Mais croyez-vous que la Région les exproprie? Que nenni! Seuls les commerçants sont indemnisés, de manière à tuer tout ce qui reste de vie dans cet îlot. Et depuis ce mardi 23 octobre, vous pouvez admirer en « live » un bien triste spectacle à la rue de Mérode: les maisons mitoyennes aux maisons « à exproprier » sont en train d’être démolies. On crée donc de nouvelles dents creuses et bientôt les dernières maisons trôneront, seules, au milieu d’un gigantesque terrain vague. Histoire de rendre la vie des habitants un peu plus dure (voire le quartier plus photogénique)… et d’économiser les deniers publics, sans doute?











http://www.quartier-midi.be | http://film.quartier-midi.be | http://www.bruxelles-midi.be