[ Lire notre rubrique Actualités pour les dernières infos ]

Des habitants flexibles, des solutions concrètes ?

“AlterEchos” et “Démocratie”, novembre 2007:

Au moins, maintenant, c’est clair, même si c’est dit dans une langue fleurant bon la bureaucratie confinée : “La mixité sociale doit être un des fils conducteurs du développement urbain à Bruxelles. Il s’agit d’assurer des flux sortants des zones d’interventions prioritaires pour éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et d’assurer des flux entrants en stimulant l’installation des classes moyennes”.

Dixit le PDI, le Plan de développement international (et non pas, Pauvres, dégagez d’ici) concocté par le gouvernement bruxellois. Des fois que vous pensiez que la mixité, ça pouvait vouloir dire logements sociaux à Uccle et Woluwe, ou bien Mustapha à Saint-Michel, détrompez-vous : ça veut dire “flux entrants” de riches chez les péquenauds, enlevez-moi ce frietkot et mettez-moi un bar à soupes bio, j’ai une roller-parade à faire tourner.

Une fois qu’on aura réussi à bien “mixifier” Bruxelles, en boutant ses pauvres à Charleroi ou La Louvière – pardon en procédant à l’opérationnalisation de ‘flux sortants’ –, et en réalisant pour la capitale un mélange harmonieux de fonctionnaires européens, de stylistes branchés, de designers contemporains, d’étudiants en management, de navetteurs et de réfugiés économiques français fuyant l’impôt sur la fortune, il sera toujours temps de s’attaquer à la mixité sociale du Hainaut. Chaque chose en son temps, comme disent les meilleurs joueurs de ping-pong.

Edgar Szoc











http://www.quartier-midi.be | http://film.quartier-midi.be | http://www.bruxelles-midi.be