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Problèmes de sécurité dans le quartier Midi:
la Commune démunie?

Interpellé lors du conseil communal du 28 juin, le Collège des Bourgmestre et Echevins de Saint-Gilles a reconnu les problèmes d’hygiène et de sécurité que subissent les habitants du quartier Midi. Mais les solutions qu’il compte y apporter restent vagues.

Cela fait plusieurs mois que les habitants du quartier Midi alertent la Commune sur la dégradation de leurs conditions de vie. Même si les projets de Saint-Gilles et de la Région condamnent à court ou à long terme leur présence dans les îlots, ils sont au moins une centaine de locataires, propriétaires et commerçants à habiter encore les lieux et à subir quotidiennement le délabrement du quartier.

Jeudi 28 juin, le conseiller communal Alain Maron (Ecolo, opposition) est revenu sur cette situation: « Environ une centaine d’habitants résident toujours dans le quartier, dans 23 maisons situées sur les îlots A, C et D de la zone. Ces habitants subissent, outre les désagréments liés aux chantiers, des nuisance importantes, qui devraient trouver des solutions. Dans le cadre d’une affaire récente, la justice a d’ailleurs souligné l’extrême responsabilité des pouvoirs publics dans la situation actuelle de pourrissement du quartier et dans les problèmes d’hygiène rencontrés. Le juge impute même aux pouvoirs publics la responsabilité, je cite, des « occupations sauvages, du vandalisme, de l’insécurité et des incendies mortels ».

Des droits élémentaires non respectés

Ces problèmes de sécurité, causés par l’expropriation et à la démolition de maisons à la petite semaine depuis une dizaine d’années, ont déjà été évoqués à plusieurs reprises ces derniers mois. Récemment encore, une centaine d’habitants ont envoyé une lettre demandant à la Commune de garantir la sécurité et l’hygiène dans leur quartier. Ils pointent les responsabilités communales et précisent que « Tant que les autorités compétentes, ou leurs mandataires privés, n’auront pas trouvé de solution juste pour les derniers habitants, propriétaires et commerçants du quartier, la commune devra prendre en considération qu’il reste de la vie dans les îlots en question. Que ces habitants ne sont pas la cause du problème, qu’au contraire ils subissent. Que leur présence dans le quartier est parfaitement légitime et qu’à ce titre ils ont droit à la tranquilité et à la sécurité. Nous demandons donc à la Commune de Saint-Gilles de prendre immédiatement les mesures qui s’imposent pour garantir ces droits élémentaires ».

Au conseil communal, la Bourgmestre ff Martine Wille (PS) a reconnu l’existence de ces problèmes, ajoutant que si la Commune a la volonté de les régler elle ne détient pas toutes les solutions: « On fait comme on peut ». En avril dernier, suite à l’incendie qui fit deux morts et ravagea une maison dont les habitants avaient été expropriés (maison qui n’avait pas été murée par son nouveau propriétaire: la Région de Bruxelles-Capitale), Mme Wille avait semblé plutôt résignée quant à la possibilité d’assumer sa mission de sécurité dans le quartier. Elle déclarait au « Soir »: « on peut prendre toutes les précautions que l’on veut, si un squatteur veut rentrer dans une maison vide, il y arrivera toujours ».

On lira par ailleurs que l’un des moyens que la Commune peut utiliser pour lutter contre cette situation, en taxant les propriétaires d’immeubles et de terrains abandonnés, est volontairement inappliqué dans le quartier.

Jeudi, l’Echevin du quartier Midi Patrick Debouverie (MR) répondit quant à lui que l’éclairage public de la rue de Norvège — dont les habitants ont été privés pendant trois mois — venait d’être rétabli… la veille. « Cela a pris trop de temps », admit-il, sans évoquer la rue de Suède, toujours plongée dans le noir.

Palissades de sécurité ou panneaux de publicité?

Le règlement de la Commune de Saint-Gilles prévoit que « Le propriétaire qui fait construire, reconstruire ou démolir un bâtiment ou un mur de clôture ou exécuter des changements à une façade longeant la voie publique, ne peut commencer les travaux avant d’avoir établi devant sa propriété une cloison ou barrière en planches juxtaposées avec retours, de la hauteur de 2,5 mètres au moins. (…) Défense est faite aux entrepreneurs de commencer les travaux ci-dessus avant l’établissement de la cloison. A défaut par le propriétaire ou l’entrepreneur de se conformer aux prescriptions ci-dessus, la cloison est établie d’office, à leurs frais, par l’autorité communale ». Ce règlement n’a manifestement pas été souvent appliqué dans le quartier…

Les permis de démolir (octroyés à la SA Bruxelles-Midi pour les îlots C et D) prévoient, eux aussi, que des clôtures doivent être placées autour des terrains vagues. Il faut noter que ces permis interdisent la pose de publicités sur ces clôtures. Malgré tout, la Commune a octroyé des permis permettant à des sociétés (Belgoposter et JC Decaux) d’y placer des publicités… en échange de l’installation de palissades.

La situation actuelle est complètement à l’opposé: alors qu’aucune palissade digne de ce nom n’a été placée, des panneaux publicitaires (de plus en plus nombreux et parfois de très grande taille) jalonnent les terrains vagues du quartier Midi!!! Récemment, l’association Respire a d’ailleurs écrit aux autorités communales pour s’étonner de cette situation pour le moins paradoxale.

A la question de Mr Maron sur l’absence de palissades autour de ces îlots éventrés et où plusieurs maisons, encore habitées et toujours pas été expropriées, subissent régulièrement des tentatives d’effractions, Mr Debouverie répondit que le placement de la clôture sur l’îlot C avait commencé… le jour-même. Il n’a rien dit de l’îlot D.

Pour le reste, Mr Debouverie a semblé ignorer l’existence de maisons vides de longues dates et toujours pas murées. Confirmant que « Bruxelles-Midi démoli les maisons au fur et à mesure » (de quoi?), il a évoqué les « fermetures provisoires » de certaines maisons (en réalité: des fermetures de fortune avec des planches ou morceaux de grillages cloués). Il ne s’est pas attardé sur les problèmes d’hygiène, de dépôts d’immondices, de bruit etc. Mais il a expliqué que le Ministre-Président régional (et Bourgmestre empêché de Saint-Gilles) Charles Picqué avait pris l’initiative de réunir, la semaine dernière à la maison communale de Saint-Gilles, tous les intervenants publics concernés par le quartier Midi. Une visite sur place s’en serait suivie. Notons que les riverains n’ont pas été associés à ces rencontres, ce qui aurait pourtant permis de mieux cerner les problèmes et les solutions.











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