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Quartier Midi : « J’arrive plus à dormir »

Communiqué de presse du Comité de quartier, 21 août 2006.

Alors que la Région de Bruxelles-Capitale n’a plus que jusque fin octobre 2006 pour mener à bien un plan d’expropriation concocté il y a 10 ans par la Commune de Saint-Gilles dans le quartier du Midi, les habitants, propriétaires et commerçants du quartier sont aujourd’hui menacés par la démolition des maisons mitoyennes aux leurs.
Le Comité du quartier Midi rappelle à la Commune et à la Région que des habitants, propriétaires et commerçants — qu’elle n’a toujours pas expropriés — sont encore présents dans les îlots! Le respect minimal que les autorités communales et régionales doivent à leurs administrés consisterait à leur garantir sécurité et tranquilité. C’est en ce sens que le Comité du quartier Midi demande que les démolitions soient arrêtées immédiatement et ne s’effectuent ensuite que bloc par bloc, c’est-à-dire quand il n’y aura plus d’occupants présents dans les îlots.

Le plan d’expropriation établi en 1995 par la Commune de Saint-Gilles et approuvé en 1996 par la Région de Bruxelles-Capitale, est mené « pour cause d’utilité publique » et en « extrême urgence ». Mais il consiste à implanter de grandes surfaces de bureaux dans 4 îlots auparavant principalement destinés à l’habitat. Et en plus de 10 ans, les pouvoirs publics ne se sont jamais donné les moyens de le réaliser. D’où l’état désastreux du quartier et les nombreux dommages subis quotidiennement par ses habitants.

4 îlots sont concernés dans lesquels il reste à ce jour une petite trentaine de propriétaires, ainsi que des locataires et des commerces.

L’annonce par le Ministre-Président du lancement des expropriations dans le quartier Midi semblait présager que la Région assumerait désormais ses responsabilités vis-à-vis des habitants. Mais, alors que Charles Picqué n’a procédé qu’à trois expropriations à ce jour, les destructions sporadiques se poursuivent. Portant atteinte à la sécurité, à la tranquilité et à l’hygiène de vie (invasions de rats, dégâts des eaux, etc.) des personnes habitant ou travaillant encore dans les îlots. Et également à la solidité et à la qualité des maisons qui n’ont jamais été acquises par la Région ni par la SA Bruxelles-Midi— et donc à la valeur de remplacement qui sera ensuite accordée à leurs propriétaires lors de l’expropriation judiciaire.

Depuis ces dernières semaines, plusieurs maisons acquises par la société régionale SA Bruxelles-Midi sont abattues rue de Hollande (îlot C), sans la moindre information préalable des riverains réveillés par le fracas des murs qui s’écroulent.

Des opérations similaires risquent de démarrer ce lundi 21 août à la rue de Russie (îlot D), sous la responsabilité de la société privée Espace Midi cette fois, qui affirme répondre à une demande de la Commune de Saint-Gilles. Interrogés, les ouvriers ignoraient l’existence de maisons habitées mitoyennes.

Espace Midi (société constituée par les groupes Betonimmo/Besix, Van Rymenant/Soficom, Louis De Waele/Immobel – CIB, CFE) affirme agir pour que les maisons ne soient pas squattées. Rappelons toutefois qu’Espace Midi a délogé les locataires de ces maisons il y a un an, également « à la demande de la Commune », les laissant vides et le plus souvent portes et fenêtres ouvertes à tous vents (seuls des petits cadenas ont été apposés aux portes et ils sont étrangement régulièrement ouverts), comme s’il s’agissait de favoriser l’intrusion à l’intérieur de l’îlot et les dégâts de la pluie.

Par ailleurs, rappelons qu’à l’îlot A (Fonsny-Mérode-Norvège-Claes-Suède), les habitants vivent dans des conditions intolérables, devant subir depuis des mois un chantier de bureaux mené sans considération de leur présence.

La SA Bruxelles-Midi s’était engagée à ce que les « travaux [soient] menés dans le respect des habitants » et à informer les habitants et leurs représentants. Aucune information envers les riverains n’a pourtant été effectuée ni par Bruxelles-Midi, ni par la Commune, qui semblent considérer que le quartier est vide.

Le Comité du Quartier Midi proteste énergiquement contre ces procédés visant à décourager les habitants, que la Région et la Commune n’ont pas l’intention de reloger, et à dévaluer les maisons que les pouvoirs publics n’ont jamais su racheter jusqu’à présent.
Le Comité demande l’arrêt des destructions sporadiques tant que le quartier est habité, conformément au point 1 de son cahier de doléances qu’il a remis en juillet 2005 à la Commune de Saint-Gilles, au gouvernement régional et à la SA Bruxelles-Midi :
« L’arrêt des délogements et des démolitions tant que des plannings clairs ne sont pas établis et que des permis de bâtir ne sont pas délivrés… », au motif que « La démolition inutile de maisons et la création de terrains vagues met en péril le logement de certains d’entre nous ainsi que la sécurité, l’hygiène de vie, l’environnement et la tranquillité des autres. Ces pratiques ont des incidences néfastes sur le cadre de vie des habitants et des riverains et sur la santé des commerces dans le quartier. »
Démolir des maisons bloc par bloc relève d’ailleurs du pur bon sens: à quoi servirait de « sécuriser » et de « protéger » des maisons encore habitées alors qu’il suffirait d’attendre quelques mois, puisqu’elles sont sensées être expropriées d’ici peu et ensuite vidées de leurs occupants?











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