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Remettre le logement sur les rails au Midi

WILLIAM BOURTON – Le Soir – mercredi 06 juillet 2005

Depuis plus de 15 ans, le Midi souffre de graves traumatismes spéculatifs et urbanistiques. Le monde associatif invite la Région à agir, en se focalisant sur la fonction logement.

Le projet d’internationalisation des abords de la gare du Midi, conçu dans la perspective de l’arrivée du TGV, offre aujourd’hui le paysage absurde d’un quartier éventré au petit bonheur la chance, au fil de 15 ans d’acquisition de terrains sous la houlette de la Région bruxelloise.

Ainsi commence la « Carte blanche » de sept spécialistes de la ville (sociologue, anthropologue, urbaniste, géographe…), que nous publions en page 15 de ce journal. Une réflexion intéressante – doublée d’une interpellation du gouvernement – pour remailler un tissu urbain pour le moins percé de trous.

Au même moment, une série d’associations actives dans le quartier du Midi (le Bral, le Rassemblement pour le droit à l’habitat, le Comité de défense de Saint-Gilles, le Comité du quartier Midi, le Syndicat des locataires et l’Union des locataires de Saint-Gilles) sortent également du bois, en se focalisant pour leur part sur la fonction logement.

Pour atteindre l’objectif de 5.000 nouveaux toits du Plan logement, les associations précitées suggèrent au gouvernement bruxellois d’utiliser les terrains dont il est propriétaire aux abords de la gare du Midi, ainsi que les moyens dont il dispose pour le développement de ce quartier via sa société Bruxelles-Midi. Et d’expliquer que la Région dispose, de longue date, de moyens fonciers, financiers et juridiques pour revitaliser le quartier. En 1992, le gouvernement régional changea en effet l’affectation de quatre îlots jusqu’alors dédiés au logement pour les transformer en une zone essentiellement administrative (PPAS Fonsny 1). Quatre ans plus tard, il entérina un plan d’expropriation pour ces îlots.

Mais ces plans n’ont jamais pu entièrement être menés à leur terme, vu l’absence d’investisseurs pour la fonction moteur que devait constituer le bureau dans cette zone, expliquent les membres des associations. Dès lors, étant donné la crise du logement que traverse Bruxelles (trop peu de logements et hausse des loyers) et les objectifs fixés par le gouvernement régional en la matière et, d’autre part, la crise inverse vécue par le marché du bureau (trop d’espaces disponibles), il serait logique que la Région favorise la construction de logements et non de bureaux là où elle a la maîtrise des sols.

Selon le monde associatif, ceci permettrait, en outre, de maintenir le bâti resté en bon état et de relancer la rénovation des maisons. Bref – et l’on rejoint le propos de la « Carte blanche » précitée – de terminer rapidement la transformation de ce quartier qui souffre depuis 20 ans de différents traumatismes spéculatifs et urbanistiques sans dépendre d’une reprise du marché immobilier et d’un éventuel intérêt d’investisseurs privés.











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