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Saint-Gilles sous perfusion régionale

La « commune bobo qui monte » est dans le rouge. Taxes en hausse et économies de bouts de chandelle en 2007. Le déficit cumulé dépasse les 21 millions d’euros.

ROBERT,FRANCOIS

« Le Soir », jeudi 05 avril 2007

Avec Ixelles, Saint-Gilles est « la commune bobo qui monte ». Pourtant, le bas de la commune reste une poche de relative pauvreté. A son chevet depuis près de 30 ans, Saint-Gilles a opté pour une politique sociale et multiplié les infrastructures communales, financées par les aides régionales (contrats de quartier), fédérales (politique des grandes villes) et européennes (Feder, Urban).

Hélas ! Saint-Gilles reste dans le rouge. Un déficit structurel, évoluant entre 4 et 5 millions par an. Une relative embellie (vente des actions Dexia) a masqué le déficit cumulé qui atteint 21 millions en 2007. Et la Région d’imposer un plan d’assainissement que Saint-Gilles respecte : dans le budget adopté au conseil communal jeudi passé, le déficit atteint 4,2 millions alors que la tutelle tolère un mali de 4,8 millions. « Mieux, rappelle Martine Wille, bourgmestre faisant fonction : L’objectif de la législature est de conserver l’acquis et d’aller plus loin, avec la création d’outils remarquables telles les maisons de la culture et de l’emploi et de nouvelles infrastructures (crèches, parc en intérieur d’îlot). »

Comment assurer la pérennité de ces infrastructures alors que la commune est déjà sous perfusion régionale ? L’opposition écolo et CDH dénonce le manque d’ambition du budget 2007. Les verts regrettent que le PS ait préféré le MR, privant la commune d’un nouveau souffle.

L’arme secrète ? Saint-Gilles mise sur le quartier du Midi. L’échevin Patrick Debouverie (MR) est chargé d’appliquer les recettes de Saint-Josse où l’on a créé l’Espace Nord, un pôle de bureaux qui finance les programmes sociaux de la commune. Forcé de trouver des économies, le nouvel échevin des Finances Carlo Luyckx annonce de nouvelles taxes sur les documents administratifs. Dont la déclaration de mariage (50 euros) qui fait bondir le CDH parce que celle de cohabitation reste à 7,50 euros. Pour les téléboutiques, accusées d’accélérer la paupérisation des quartiers fragiles, il annule la taxe de départ de 2.500 euros mais maintient la taxe annuelle (300 euros). Rebond du CDH. Economies de bouts de chandelle et recettes dérisoires : les verts s’étonnent des choix du nouveau collège.











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