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Le quartier Midi en téléchargement libre
- Comité du quartier Midi, mars 2010
Un livre, une expo et un film sur le quartier Midi en téléchargement libre…
Il est désormais possible de consulter ou de télécharger gratuitement l’intégralité du livre Bruxelles-Midi, l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle. Le site www.bruxelles-midi.be a mis en ligne les 384 pages de cet ouvrage richement documenté, paru en juin 2009 aux éditions Aden.
>> Cliquer sur ce lien pour télécharger le livre.
Par la même occasion, le Comité du quartier Midi publie sur son site (www.quartier-midi.be) tous les panneaux de l’exposition Détours au Midi (Le quartier du Midi, 1989–2009 : 20 ans de « revitalisation urbaine »), qu’il a présentée de janvier à mars 2009 au centre culturel De Pianofabriek à Bruxelles.
>> Cliquer sur ce lien pour accéder à l’exposition.
Les affiches éditées par le comité, et qui ont fleuri sur les murs de Bruxelles ces dernières années, sont également disponibles sur ce site.
>> Cliquer sur ce lien pour voir les affiches disponibles.
Quant au film Dans 10 jours ou dans 10 ans, après plus de 45 projections à Bruxelles et ailleurs et une édition DVD épuisée, il fait toujours l’objet de diffusions publiques, continue à circuler via plusieurs points de prêt ou de location, et est également disponible sur internet.
Le site qui lui est dédié (http://film.quartier-midi.be) propose de le télécharger gratuitement (de même que plusieurs autres documents audiovisuels sur des thématiques urbaines) en format Divx.
>> Cliquer sur ce lien pour télécharger le film et d’autres fichiers.
Tags : affiches | dans 10 jours ou dans 10 ans | pianofabriek | bruxelles-midi | gare du midiLe démon du Midi :
pas de quartier pour les habitants
- “La chronique de la Ligue des droits de l’homme” n°131, février-mars 2009
« La mixité sociale doit être un des fils conducteurs du développement urbain à Bruxelles. il s’agit d’assurer des flux sortants des zones d’interventions prioritaires pour éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et d’assurer des flux sortant en stimulant l’installation des classes moyennes ».
(PriceWaterhouseCoopers, schéma directeur de Plan de développement international pour Bruxelles).
En des termes euphémisés s’appuyant sur le lexique de la mixité sociale – à imposer aux quartiers populaires et évidemment pas au Clos des milliardaires ou au Fort Jaco -, la recommandation citée en exergue résume parfaitement la politique menée depuis 20 ans dans le Quartier Midi, par la Région bruxelloise et la commune de Saint-Gilles. Convergence d’autant moins étonnante entre Région et commune que le bourgmestre de celle-ci, Charles Picqué, a été ministre-président de celle-là pendant quinze des vingt années qui se sont écoulées depuis sa création en 1989.
Expulsions TGV. A bien des égards, le Quartier Midi est emblématique d’une politique urbaine axée sur la volonté de hisser Bruxelles au rang de métropole internationale attirante pour les classes moyennes, les «cadres de la mondialisation» et les «créatifs», au mépris de ses habitants «réellement existants» et «réellement installés». Si ce quartier jouxtant la gare du Midi est aujourd’hui presque déserté et ne présente plus qu’une triste alternance de chantiers, de «dents creuses» et de bureaux largement inoccupés, c’est que, voici vingt ans, les élites communales et régionales ont cru y voir la poule aux oeufs d’or. L’installation d’une gare TGV devait leur offrir la possibilité de transformer en quartier d’affaires ouvert sur Londres, Paris, Amsterdam et Cologne, ce quartier populaire à forte concentration de population extraeuropéenne peu (ou mal) mondialisée et insuffi samment créative.
Jouant aux apprentis sorciers, les autorités régionales décident alors de damer le pion à la spéculation immobilière privée et de créer une société mixte, à capitaux moitié privés moitié publics, chargée de racheter les immeubles de ce quartier à leurs propriétaires. Sous-financée, la S.A. Bruxelles Midi ne parvient à racheter ces immeubles qu’au coup par coup et à vil prix, spéculant à la baisse et misant sur le découragement des habitants et propriétaires sous la menace, depuis vingt ans, d’une expropriation… en extrême urgence. Telles sont en effet les caractéristiques paradoxales de la loi sur les expropriations de 1952 : permettre d’appliquer l’extrême urgence – et donc de faire évacuer les occupants dans un délai de seulement quelques semaines – sur la très longue durée – le permis est délivré pour plusieurs années. Bref, une stratégie du pourrissement improvisée par une équipe hétéroclite de mandataires politiques, de fonctionnaires et d’investisseurs que le juge de Paix de Saint-Gilles n’hésitera pas à qualifier d’attentatoire aux droits de l’Homme.
La mécanique grippée du flux. On pourrait penser que ce récit n’a qu’un intérêt exclusivement historique. Qu’il ne constitue que l’ultime avatar d’une politique de la ville considérée comme terrain de jeux pour les promoteurs. Que cette conception est désormais unanimement rejetée. Que même les meilleures histoires belges ont une fin. On pourrait. Et on se tromperait… Le schéma directeur du Plan de développement international, essai sur la mécanique des flux cité en exergue de cet article, date de 2007.
Ce projet, commandé par le gouvernement régional au cabinet de consultance PriceWaterhouseCoopers, a été retenu presque intégralement. Au menu, nouveau stade de football, shopping centres, et centre de conférences. L’objectif avoué : rendre Bruxelles plus attrayante aux investisseurs étrangers grâce à une politique de marketing urbain et d’infrastructures destinées à renforcer le caractère international de la ville. Alors que le gouvernement bruxellois s’était engagé dans son accord de 2004, à créer 5000 nouveaux logements publics, dont une poignée seulement sont construits et à peine plus sont en voie de l’être, les près de 30. 000 ménages bruxellois inscrits sur les listes d’attente de logement social apprécieront le choix de priorités…
Drôle de résistance. Resté longtemps inconnu en dehors du petit monde saint-gillois, le scandale du Quartier Midi est désormais sorti de l’ombre. Cette mise sur la place publique, on la doit très largement à l’activisme intelligent (… et créatif!) de quelques-uns de ces habitants réunis en comité de quartier. Instruisant sans relâche le procès des autorités publiques et de leur créature (la S.A. Bruxelles Midi), ils ont réuni les pièces à conviction sur un site internet www.quartier-midi.be (où le lecteur trouvera bien plus de détails sur les différents épisodes et acteurs de cette triste saga), dans un film «Dans dix jours ou dans dix ans» (voir la recension), ou encore sur de nombreuses affiches à l’humour grinçant. C’est l’ensemble de ces actions et le caractère disproportionné du combat dans lequel il s’est engagé qui a motivé la Ligue des droits de l’Homme à remettre, en décembre 2008, son Prix Régine Orfinger-Karlin au Comité du Quartier Midi.
Lequel comité semble en voie de survivre à son propre quartier puisqu’il organise encore actuellement une exposition permettant de comprendre le déroulement et la portée de cette «revitalisation».
• Edgar Szoc, secrétaire général de la Ligue des droits de l’homme
Le quartier du Midi, 1989 – 2009 : 20 ans de «revitalisation urbaine» – Exposition du 15 janvier au 15 mars 2009, au Pianofabriek, 35 rue du Fort, 1060 Bruxelles. Du lundi au vendredi de 09h00 à 22h00. Le samedi de 13h00 à 20h00. Entrée gratuite.
Tags : pianofabriek | affiches | saint-gilles | logement | droits de l'homme | spéculation | tgv | charles picqué | gare du midi | extrême urgenceLe comité du quartier Midi lauréat du prix Régine Orfinger de la Ligue des droits de l’homme 2008
- Ligue des droits de l’homme, communiqué de presse, 9 décembre 2008
La Ligue des droits de l’Homme a pris connaissance du combat mené par le Quartier Midi, à l’occasion d’une décision rendue par le juge de paix de Saint-Gilles en mai 2007. Dans un arrêt particulièrement interpellant, celui-ci se référait à la violation par la Région bruxelloise de toute une série de droits fondamentaux du plaignant – un propriétaire exproprié. Un examen plus approfondi du dossier a donné l’occasion aux différents membres de la Ligue, d’aller de surprise en surprise – la première étant probablement la faible médiatisation dont avait bénéficié ce dossier avant la constitution d’un Comité de quartier particulièrement dynamique et inventif dans ses modes d’actions. C’est en effet sur un terrain légal, administratif, technique, historique, autant qu’artistique et médiatique que le Comité a mené son combat, avec intelligence, créativité et une étonnante ténacité.
Pour l’intelligence et l’analyse, il suffit de se référer à la qualité de l’argumentation développée sur le site du Comité (www.quartier-midi.be). Pour la créativité, il suffira de mentionner les affiches à l’humour grinçant sur la politique de Logement en Région bruxelloise, réalisées par des membres du Comité. Evoquant un périmètre bien restreint de la Région, elles ont progressivement fleuri aux fenêtres de nombreux autres quartiers bruxellois. Pour ce qui est de la ténacité, il suffit de rappeler l’inégalité des armes dans ce combat de quelques habitants précarisés, d’origine étrangère en majorité, sans relais médiatiques ou institutionnels, et… menacés d’expulsion depuis de très nombreuses années, face à la machine politique de la Région, de la commune de Saint-Gilles, et de la S.A. Bruxelles-Midi.
Que près de vingt années marquées par la lente agonie de leur quartier – agonie encouragée par les pouvoirs publics qui visaient sa transformation en quartier d’affaires – n’aient pas entamé la volonté des membres du Comité relève presque du miracle. C’est ce « miracle » qu’entend saluer la Ligue en remettant au Comité du quartier Midi son Prix Régine Orfinger-Karlin. Ce faisant, il entend aussi rappeler au Gouvernement bruxellois ses promesses non tenues de créer 5000 nouveaux logements au cours de la présente législature. En cette période de crise économique, il est d’autant plus urgent de rappeler que le Droit au logement est un Droit de l’Homme, qui ne doit pas s’effacer devant le premier projet de développement international venu, a fortiori s’il est vite et mal pensé.
Tags : bruxelles-midi | affiches | logement | gare du midi | développement international | droits de l'homme | saint-gillesContact & liens
Créé en 2005, le Comité du quartier Midi a réuni les locataires, propriétaires particuliers et commerçants des rues Claes, de Hollande, de Mérode, de Norvège, de Russie, de Suède et de l’avenue Fonsny (Commune de Saint-Gilles, à Bruxelles).
Pour nous contacter : comite(at)quartier-midi.be
Quelques liens…
Divers
• Le site du film « Dans dix jours ou dans dix ans… » sur le quartier Midi
• Le site d’Emmanuel Tête, dessinateur de plusieurs affiches du comité de quartier
• Le site de Plus Tôt te Laat (PTTL), imprimeur des affiches du comité de quartier)
Associations
• Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU)
• Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL)
• Comité de défense de Saint-Gilles (CODES)
• diSturb
• Inter-Environnement Bruxelles (IEB)
• Ligue des droits de l’homme (LDH)
• Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH)
• Union des locataires de Saint-Gilles
…
Institutions
• Le site de la Commune de Saint-Gilles:
www.stgilles.irisnet.be
• Le site de la Région de Bruxelles-Capitale:
www.bruxelles.irisnet.be
• Pour retrouver le compte-rendu des débats parlementaires bruxellois, et notamment ceux liés au « réaménagement » des abords de la gare du Midi, cliquez sur le lien ci-dessous, puis indiquez le sujet recherché dans le champ de recherche:
www.weblex.irisnet.be
Sur le PDI
• Le site www.bruxellesvilledurable.be (d’Inter-Environnement Bruxelles)
• Le site www.demainbruxelles.be (site officiel du PDI)
En mai, le quartier Midi s’affiche à Saint-Gilles…
Vous savez que le quartier de la gare du midi est en pleine « mutation ». Depuis 17 ans, 5 îlots subissent différents plans d’expropriation en « extrême urgence », des démolitions et un délabrement continu qui y rendent la vie particulièrement pénible. Aujourd’hui, 3 îlots ont été expropriés, mais il reste 22 immeubles dans lesquels des gens habitent et travaillent. Réunis en comité de quartier, les locataires, propriétaires et commerçants ne cessent de demander aux autorités publiques de mettre fin au plus vite à cette situation inacceptable.
À l’occasion de la publication du cinquième plan d’expropriation, nous invitons les habitants de Saint-Gilles à manifester leur solidarité avec le quartier du Midi en posant une de nos affiches à leurs fenêtres, sur leurs portes, dans leurs ateliers, dans les commerces, les porches d’entrée, dans leurs voitures, sur leur landau, leur vélo, leur cartable ou leur attaché-case… Nous proposons de commencer l’affichage le 9 mai et de le terminer le 25 mai, dates du « Parcours d’artistes ».
— Le Comité du quartier Midi.

( quelques-unes des 9 affiches disponibles )
Concrètement, pour se procurer une ou plusieurs affiches, soit vous passez dans un des lieux de dépôt ci-dessous, soit vous nous renvoyez un mail à l’adresse affiches@quartier-midi.be et nous vous les livrerons à la fin du mois d’avril à l’occasion de notre grande tournée de distribution à travers Saint-Gilles.
Liste des points de dépôt :
• Librairie « Aden » – 44 rue Antoine Bréart
• Librairie « Aurora » – 34 rue Jean Volders
• Epicerie « Zia » – 31 rue de Mérode
• Café « La Belladone » – 17A rue Moris (ouvert à partir de 18h00)
• Centre culturel « Pianofabriek » – 61 rue Guillaume Tell (dès le 10 avril)
Merci de faire circuler.
Pour une information complète sur les opérations de dévitalisation et réhabilitation en cours dans le quartier du Midi et le sort de ses habitants, visitez www.quartier-midi.be.
Tags : pianofabriek | gare du midi | parcours d'artistes | extrême urgence | saint-gilles | affiches | expropriation | rue de mérodeOpiniestuk: De ziel uit de Zuidwijk
- « Brussel deze week », 14 mei 2008
Brussel – In Brussel bruist het van de feestelijkheden dezer dagen. Voor het Irisfeest van het Brussels Gewest was vorig weekend de hele Vijfhoek verkeersvrij gemaakt – waarom zou je voor Pinksteren over een overvolle snelweg of met een al even overvolle trein naar zee zijn getrokken als je die dag ook in verkeersvrij, rustig Brussel kon doorbrengen?
En volgend weekend wordt de auto opnieuw gebannen in bepaalde delen van de stad en kunt u deelnemen aan Bicycity, Stadskriebels of de Gay Pride. In Sint-Gillis vieren ze intussen de twintigste verjaardag van het Parcours d’Artistes: drie weekends in mei openen 170 kunstenaarsateliers er de deuren. Zeg nu nog dat Brussel geen bruisende stad is…
Ja, dat is ze. Maar er zijn ook plekken in de stad waar het niet meer bruist. Bent u de jongste jaren nog in de Zuidwijk in Sint-Gillis geweest? Allicht niet, want veel valt er voor buitenstaanders niet meer te beleven. Maar neemt u soms de trein in Brussel-Zuid of spoort u er voorbij, dan moet de ravage er toch op z’n minst al zijn opgevallen. Naar aanleiding van het Parcours d’Artistes en een zoveelste uitwijzingsbevel organiseert het wijkcomité er een affichecampagne om te protesteren tegen de teloorgang van hun buurt. De affiches tonen een grote irisbloem – symbool van het Brussels Gewest – die kleine huisjes opslokt.
Al zeventien jaar lang leeft de buurt tussen wurgen en hangen. Begin jaren 1990 werd beslist dat vijf grote huizenblokken zouden worden opgeofferd om er kantoren neer te poten. Drie blokken zijn intussen onteigend, 22 huizen zijn nog bewoond. Niet door mensen die absoluut het onderste uit de kan willen halen en de prijzen van hun huizen willen opdrijven, maar die met de hun aangeboden, veel te schamele som gewoon geen andere woning kunnen aanschaffen. Dag in, dag uit leven ze in het helse lawaai van de bouwontwikkelaars; overal rondom staan lege huizen te verkrotten. Die huizen trekken krakers aan; het is al gebeurd dat bewoners thuis oog in oog staan met daklozen die komen kijken of hun huis ook leeg staat; sommige panden zijn zwartgeblakerd.
De Noorwegenstraat – op de nieuwste stratenplannen niet meer vermeld en dus onvindbaar voor bijvoorbeeld de hulpdiensten – is het trieste symbool geworden van de kaalslag. Maar ook in de De Merodestraat, ooit een levendige straat waar het aangenaam rondkuieren was, is de aanblik verschrikkelijk. En eerlijk gezegd zijn de neergepote kantoorgebouwen aan de Fonsnylaan ook niet meteen toonbeelden van goede hedendaagse architectuur.
Was u al op het Broodthaersplein, waar de politiepost zich bevindt? Marcel Broodthaers zou beschaamd zijn dat zijn naam is verbonden aan zo’n ‘minderwaardig’ plein. (Horta, die ook een plein kreeg, maar dan aan de andere kant van het station, zou ook zijn wenkbrauwen fronsen, maar op ‘zijn’ plein zijn er tenminste bankjes en bomen.)
De meeste waarnemers zijn het erover eens dat Charles Picqué, die indertijd als burgemeester van Sint-Gillis op zoek was naar financiële middelen voor zijn arme gemeente en daarom bedrijven hoopte aan te trekken aan de hst-terminal, goede bedoelingen had. Maar zoveel jaar later zijn die goede bedoelingen – met ‘dank’ aan de speculanten – op een tragedie uitgedraaid voor de betrokkenen.
Na de Noordwijk is de Zuidwijk ter ziele gegaan; je zou op den duur je hart vasthouden voor de toekomst van de andere Brusselse stationsbuurten… Maar vooral moet je hopen dat men ondertussen zijn lesje heeft geleerd en geen hele – levendige – wijken meer opoffert voor grote vastgoedprojecten.
Er wordt soms geklaagd dat de Belgen hun hoofdstad niet graag zien, en geen oog hebben voor de fantastische dingen die er allemaal gebeuren. Zoals de verkeersvrije zondagen, de parades, het enorme culturele aanbod. Brussel is fantastisch op dat vlak. Maar het beeld van een stad wordt natuurlijk ook mee bepaald door de stationsbuurt langs waar je ze binnenkomt. Laten we met een understatement zeggen dat men daar steken laat vallen.
• Anne Brumagne © Brussel Deze Week
Tags : affiches | gare du midi | parcours d'artistes | zuidwijk | charles picqué | PDILa saga imagée du Midi
- « La Dernière Heure », 14 mars 2008
Projections, les 18 et 19 mars, de 89 minutes sur le cauchemar des riverains. Un travail de bénédictin de Gwen Breës.
SAINT-GILLES • Dix-huit années de menaces d’expropriations, formalisées par cinq plans ad hoc touchant 174 maisons; 12 ans de chantier; environ 800 habitants et 400 emplois dans les années 90; et, en 2008, 70.000 m2 de bureaux et 40 toits. Ces chiffres accablants pour le Midi, vous ne ferez que les suspecter en suivant, mardi ou mercredi, le 89 minutes de Gwenaël Breës, Dans 10 jours ou dans 10 ans… Les images de sa petite caméra digitale, sans voix off, livrent, plutôt bruts de pomme, des témoignages de cette tragédie urbanistique. Pourquoi, comment un gaillard de 34 ans a-t-il accouché de pareil document ? « Le point de départ est double », raconte l’autodidacte devenu, forcément, porte-parole des habitants de ce bas (troué) de Saint-Gilles, « c’est quand ils ont tout rasé à côté de l’endroit où j’habitais. Là a débuté le travail d’investigation. Je n’ai jamais pris le parti de filmer… » Jusqu’au jour où Gwenaël Breës, l’Ixellois qui a plusieurs fois posé ses valises à un demi-quai de la gare (où il réside encore) uniquement parce qu’il scrutait « des loyers pas chers », se décide à rassembler de la pellicule. Jusqu’au jour, aussi, où il tombe à bras raccourcis sur une expo d’affiches du comité de quartier… censurée. De là naît un montage. De huit minutes. Suivront, à partir de 2002, 300 à 350 heures de rushes et six/sept versions avant le produit définitif. Qui, le 19 mars, précédera un débat sur l’histoire récente du quartier. Coutumier du reportage (encore quasi ado, le coolos gaillard écrivit des piges pour des périodiques; se fendit, en 1990, d’un bouquin intitulé L’affront national nouveau visage de l’extrême droite en Belgique francophone; réalisa un 45 minutes sur les extensions du Parlement européen), Gwen a laissé parler les images. Et ceux qui les subirent. En s’adjoignant juste l’aide d’un pro du son : « On voit comment les habitants sont traités. Ils n’ont jamais pu négocier. On voit le foirage. C’est plus parlant qu’un article de presse. L’intérêt du gouvernement régional, c’est qu’on en parle le moins possible. L’urbanisme est opaque par excellence, alors que cela touche le quotidien des gens. Ici, via la SA Bruxelles Midi, on l’a carrément retiré du processus démocratique. On est à un moment charnière, avec le PDI (Plan de développement international, NDLR). Quand on voit ce qu’on démolit pour des bureaux qu’on aura du mal à remplir… » Nul message politique de la part de quelqu’un disant « n’avoir jamais été encarté » par qui que ce soit. Juste un témoignage d’un temps que l’on voudrait révolu.
Guy Bernard
Plus d’infos au 02/219.33.45.
Quel est le poids réel des partenariats public-privé sur les choix urbanistiques dans la région ? C’est l’une des multiples interrogations posées par le film de Gwenaël Breës.
Des toilettes vues 280.000 fois !
SAINT-GILLES • Le « feuilleton politico-urbanistique toujours pas achevé 20 ans après son lancement » tel que le qualifie Inter-Environnement Bruxelles (IEB) sera projeté mardi, à l’Arenberg (galerie de la Reine), sur le coup de 12h30, à l’initiative de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines). Un peu plus de 24 heures plus tard, le mercredi 19 mars, à 19 h, bis repetita à la toute saint-gilloise Maison du livre (28, rue de Rome). À l’initiative, ce coup-là, de Bruxelles laïque et d’IEB. Envie d’un aperçu avant même la toile documentaire ? Surfez sur www.film.quartier-midi.be. Édifiant, ces quelques secondes enregistrant l’arrachage d’un mur débouchant sur… des toilettes ! Des toilettes que des ouvriers se mirent ensuite en peine de nettoyer. À savoir aussi : Dans 10 jours ou dans 10 ans… aura une suite papier. « Ne fût-ce que parce que certains ne voulaient pas témoigner face caméra », justifie Gwenaël Brees. Dans ce bouquin, on découvrira aussi le volet plus technique du dossier.
G. Be
Tags : dans 10 jours ou dans 10 ans | saint-gilles | gare du midi | arau | développement international | expropriation | PDI | affichesAffiches
Quelques-unes des affiches qui ont fleuri les murs du quartier Midi depuis 2005…
• Cliquez sur une affiche pour la downloader en PDF (format A4).
• Pour recevoir des affiches sur support papier (format A3), contacter:
affiches@quartier-midi.be.
• Voir aussi le site d’Emmanuel Tête.
Tags : affiches | gare du midi














