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Un sénateur-député publie un rapport

sur le « fiasco » du quartier Midi

– 1er février 2008

Après un mémoire de 200 pages publié il y a quelques mois par Véronique Gailly et Alain Maron, deux conseillers communaux Ecolo de Saint-Gilles, c’est au tour du sénateur-député Alain Destexhe, le « franc tireur » du Mouvement Réformateur (MR, le même parti que celui de Patrick Debouverie, « échevin du développement du quartier Midi »), de rendre public un rapport réalisé sur le « fiasco urbanistique et politique » et la « gestion catastrophique » menés depuis plus de 17 ans par la Région bruxelloise et la Commune de Saint-Gilles au quartier Midi.

Lire:
– Le rapport (72 pages) et le communiqué de presse d’Alain Destexhe
– La revue de presse
L’interpellation parlementaire d’Alain Destexhe à Charles Picqué le 31 janvier 2008


« Sinistre et sale »

– « La Tribune de Bruxelles » n° 255, 7 février 2008

Sinistre, lugubre, sale et marqué du sceau de l’incohérence du bâti”, tels sont les qualificatifs implacables utilisés par le sénateur et débuté bruxellois Alain Destexhe pour décrire le quartier du Midi. Il vient de publier un rapport analysant “les 17 années de fiasco urbanistique et politique” autour de la gare. Car, dit-il, c’est un échec flagrant alors que les objectifs du ministre-président Charles Picqué et de la commune de Saint-Gilles étaient de redonner une âme à ce quartier, à l’annonce de l’arrivée du TGV.

Pas de projet fédérateur

Selon Alain Destexhe, les causes de cet échec sont multiples : l’absence de projet fédérateur et cohérent, l’adoption de trois plans particuliers d’affectation du sol (PPAS) en place d’un schéma global, un opérateur foncier (SA Bruxelles-Midi) sous-capitalisé par les pouvoirs publics, une suite de schémas d’expropriation qui n’ont pratiquement jamais été appliqués, une politique d’acquisition foncière contestée par des propriétaires et enfin, une longue succession d’erreurs et de retards kafkaïens. Dès lors, il propose de corriger le tir par exemple en aménageant une halle couverte sous le pont ferroviaire pour y abriter une partie du marché mais aussi des commerces et des espaces récréatifs, en réfléchissant à une reconversion de l’Esplanade de l’Europe, la première place que découvrent les touristes… Alain Destexhe plaide pour des moyens financiers suffisants et pour l’organisation des concours d’architecture ouverts aux plus grands noms.

H.P.P.


Un ratage magistral au Midi ?

– « Le Soir », 5 février 2008

L’échevin libéral Patrick Debouverie réagit fermement.

Saint-Gilles. La descente d’Alain Destexhe en terre saint-gilloise n’a pas été appréciée par la commune, qui lui reproche ses « oublis ».

Pas contente du tout, la commune de Saint-Gilles, après la visite d’Alain Destexhe (MR) dans le quartier du Midi, la semaine passée. Le sénateur et député bruxellois, fustigeant 17 années de non-décision, n’a pas été tendre avec les autorités publiques : selon lui, le quartier du Midi est un magistral raté urbanistique.

Faut-il voir là une attaque contre le gouvernement de Charles Picqué (jamais désigné nommément), par ailleurs bourgmestre empêché de Saint-Gilles ? L’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), qui supervise le réaménagement de la zone, voit en tout cas rouge… Et dire que le très libéral Alain Destexhe appartient à sa propre famille politique…

D’où la déclaration de guerre, de l’échevin : « Les propos tenus par le sénateur Alain Destexhe m’obligent à m’interroger sur sa connaissance des dossiers en cours dès lors qu’il évoque nombre de propositions qui font actuellement l’objet de projets concrets en chantier et en perspective. »

Quelques oublis

Le bouillant parlementaire n’a effectivement pas relevé certains faits que se charge de lui remettre en mémoire M. Debouverie : « Sont oubliés le chantier de bureaux sur l’îlot A (rues Fonsny et Merode), les logements dans l’îlot B, le début des travaux dans l’îlot C et les dernières expropriations en cours pour l’îlot D. » Et de rappeler aussi le lancement du contrat de quartier Fontainas, d’un autre pour le commerce et de la création de quatre nouveaux hôtels, sans compter l’aménagement de l’Atrium de la place Horta (architecte Pinto) en enquête publique. « Les travaux de la place Broodthaers débuteront dans quelques jours et l’esplanade de l’Europe fait l’objet d’un vaste plan concerté entre la Région et la commune. Un comité de pilotage réunissant Région, SNCB et commune travaille sur un plan de rénovation de la gare et de ses abords. » Bref, selon Patrick Debouverie, M. Destexhe a ignoré dans sa présentation 480 logements, 500 chambres d’hôtel et 92.000 m2 de bureaux et les nombreux investissements…

Voilà pour la controverse intra-MR. Ceci dit, le « one man show » d’Alain Destexhe n’est pas construit sur le vide, comme l’admet l’échevin. Les premiers plans d’expropriation datent d’une quinzaine d’années et rien ou presque ne s’était réalisé jusqu’en 2004. La conjoncture économique n’est pas l’unique coupable. Les erreurs du passé sont d’ailleurs identifiées, comme l’a noté Charles Picqué lors d’un récent débat sur le sujet au Parlement bruxellois : il s’agit du sous-financement public des procédures d’expropriation et de la faiblesse de la structure SA Bruxelles-Midi chargée de planifier le redéploiement du quartier.

Notons enfin un grand absent de ce débat : le Comité d’habitants Midi.

• FRANCOIS ROBERT


“Sauver ce qui peut l’être…”

– « La Dernière Heure », 1er février 2008

SAINT-GILLES • Alain Destexhe fustige le quartier du Midi. En un opus suggérant quelques pistes pour sortir de la bruxellisation.

La cible était facile. En 72 pages, le sénateur Alain Destexhe (MR-PRL) tire à boulets rouges sur “17 années de fiasco urbanistique et politique”, ce quartier du Midi, “sinistre, lugubre et sale”. La nouveauté ? Des propositions et une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut.
“Horta doit se retourner dans sa tombe !”, sourit doucement le député bruxellois en pointant du doigt le décor offert, place Horta, aux 350.000 voyageurs transitant par ce soi-disant
pôle urbain convivial et moderne. “L’harmonieux mélange entre logements, commerces et affaires“ a débouché sur “des chantiers, des terrains vagues, des maisons abandonnées et de rares immeubles à l’esthétique discutable”. Et le franc-tireur d’Auderghem de montrer cette galerie, commerçante que de nom, non loin du buste de Paul-Henri Spaak.
Rien de trop neuf dans ce constat. Erreurs, “retards kafkaïens”, trois PPAS, un opérateur (la SA Bruxelles-Midi) sous-financé, etc. : telles sont les causes qu’Alain Destexhe identifie.
Son ironique « Welcome in Brussels! », il l’agrémente d’une comparaison avec Lille : soit 400.000 m2 d’affaires et de commerces pour 7.000 emplois, 200.000 m2 de logements, un parc de 7 ha, etc. Un succès français né “d’un trio gagnant : le soutien politique constant de Pierre Mauroy, un seul gestionnaire et de la créativité, issue d’un concours international”.
La capitale européenne peut-elle corriger le tir ? Oui, à en croire les 1.500 exemplaires d’une brochure qui atterrira dans les boîtes de tous les acteurs. Comment ? “En utilisant tous les budgets (les 500 millions de Beliris pour 2004-2006 n’ont été utilisés
qu’à 28 %); en étant soutenu par les pouvoirs publics; en simplifiant les procédures; en mettant la priorité sur l’audace et la créativité.”
Ses suggestions ? Un marché couvert, la reconversion de l’esplanade de l’Europe, des coins verts, un éclairage valorisant ou un meilleur partage de l’espace public.

• Guy Bernard


Destexhe descend (sur) le Midi

– « Le Soir », 1er février 2008

Saint-Gilles / « Welcome in Brussels »

Septante-deux pages pour analyser « 17 années de fiasco urbanistique et politique ». Le franc-tireur du MR Alain Destexhe descend sur le quartier du Midi pour dénoncer la « gestion catastrophique » d’un ambitieux projet de rénovation urbaine, né en 1990 de l’arrivée du TGV à Bruxelles. « Cela fait plusieurs mois que je me promène dans le coin. C’est toujours dégueulasse ». L’agent 007 flingue d’entrée et sans silencieux.
Mais comment en est-on arrivé là ? Le sénateur et député bruxellois dénonce dans son rapport deux péchés originaux. Un, l’absence de projet fédérateur et le morcellement du quartier en trois blocs (deux gérés par la Région et un par la SNCB). Deux, la sous-capitalisation : « Avec 75 millions de francs belges au départ, l’opérateur Bruxelles-Midi n’a jamais eu les moyens de se rendre maître du foncier alors que l’ambition de Charles Picqué, ministre-président en 1990, était d’éviter les erreurs du quartier Nord ».
En repoussoir, Alain Destexhe présente en modèle le projet lillois, lancé à la même époque : « Le TGV est arrivé en 1990 et un quartier est sorti de terre en 96… » Parce que porté par la volonté politique permanente et constante de Pierre Mauroy ; parce que géré par un seul acteur, Euralille ; parce qu’ouvert à la créativité qu’insufflent les appels d’offres internationaux.
Au départ du constat affligeant qu’il dresse du dossier Midi, le chevalier blanc du MR se tourne vers l’avenir – il pense au PDI – et en appelle à « une réflexion collective pour arriver à mener à bien des chantiers ambitieux dans des délais raisonnables ». Il préconise aussi de miser sur la créativité des architectes et urbanistes via des concours contrôlés par des jurys réellement indépendants. Par son travail de synthèse, Alain Destexhe se replace aussi sur un échiquier bruxellois dont il était singulièrement absent. 2009 n’est pas loin.

• FRANCIS DUBOIS


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