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Jean Nouvel va couvrir la gare du Midi
- « Le Soir », 5 janvier 2010
Le projet du célèbre architecte français Jean Nouvel ne se limitera pas aux bâtiments de l’avenue Fonsny. Un toit couvrira les quais. Les travaux de réaménagement de la gare sont postposés pour les intégrer dans le contrat de quartier.
Jean Nouvel, l’auteur de la tour Agbar de Barcelone, du Musée du quai Branly à Paris ou encore du futur écrin du Louvre d’Abou Dhabi, posera-t-il un geste architectural de nature à modifier le paysage bruxellois ?
Jusqu’à présent, le projet, révélé en juin dernier par Le Soir, de rénovation partielle de la gare du Midi ne visait que les bâtiments de l’avenue Fonsny. Une mission confiée au bureau de Jean Nouvel.
Selon nos informations, la rénovation de la vingtaine de quais d’accès aux trains qui devait débuter incessamment, a été reportée. Motif ? Le plan d’aménagement du quartier, actuellement en discussion entre la SNCB Holding (qui gère les gares), Euro Immo Star (sa filiale bruxelloise de développement immobilier) et la Région de Bruxelles-Capitale, prévoit que lesdits quais seront entièrement recouverts. Inutile de les rafraîchir si, quelques mois plus tard, une structure les recouvre entièrement…
Le projet de l’architecte français qui a reçu carte blanche de la part des commanditaires, ne se limiterait donc pas au seul versant Fonsny et embrasserait l’ensemble de cette gare-pont – « Bruxelles-Midi » est bâtie en hauteur. En fera-t-il une cathédrale, à l’instar de son collègue Calatrava pour les « Guillemins » à Liège ? Les Bruxellois semblent l’appeler de leurs vœux comme en témoigne une pétition, relayée ce lundi par La Capitale, circulant actuellement sur l’internet. Vu la pauvreté, en la matière, des dernières décennies, le paysage bruxellois ne pourra que remercier l’architecte français d’une telle attention…
Tags : contrat de quartier | jean nouvel | avenue fonsny | sncb | liège | guillemins | région de bruxelles capitale | gare du midi | bruxelles-midiOn ne prête qu’aux riches
- « Le Soir », jeudi 14 février 2008
La Cour des comptes stigmatise la « mixité ».
Région bruxelloise. Politique des grandes villes et contrats de quartier plaident pour plus de mixité. Qui serait un leurre.
ENTRETIEN
Un rapport de la Cour des comptes s’est penché sur la politique fédérale des grandes villes (contrats de ville et de logement). Chargé de recherches au FNRS et chercheur au laboratoire de géographie humaine de l’ULB, Mathieu Van Criekingen y relève une série de critiques déjà formulées à propos des contrats de quartier.
— Selon le rapport, la mixité prônée par les politiques de rénovation urbaine ne profiterait qu’aux nantis. Les contrats de quartier sont-ils aussi pervertis ?
Ici aussi on parle de mixité et de revitalisation. Une série de projets sont d’ailleurs gérés par les communes grâce au cofinancement des contrats de quartier et de la politique des grandes villes. La politique des grandes villes a été mise en place en 1999 par le commissaire du gouvernement chargé de la politique des grandes villes, qui n’était autre que Charles Picqué. C’est le même qui a initié la politique des contrats de quartier. La présentation du dernier contrat de quartier Rouppe (Le Soir d’hier) de la Ville de Bruxelles comporte la même ambiguïté : il vise à améliorer le cadre de vie et à susciter des effets d’entraînement de rénovation par le privé. Dès qu’on refait une rue, on donne une nouvelle valeur à un espace, qui peut être capté par une hausse des loyers, sur lesquels les pouvoirs publics n’ont aucune prise.
— Les contrats de quartier n’ont donc rien de social ?
Ici, on attire d’abord des classes moyennes dans des quartiers populaires dans l’espoir que cela génère des recettes pour les communes. Si on ne maîtrise pas le foncier, il n’y aura plus de classes populaires. Elles sont alors obligées d’aller dans des quartiers accessibles, notamment à Molenbeek. Comme cette commune connaît le même type de mutation, Bruxelles finit par exporter ses pauvres, vers Charleroi par exemple.
— Le rapport dit que la mixité est à sens unique. Les riches investissent les quartiers pauvres et pas l’inverse. La mixité ne serait qu’un argument électoral ?
C’est un concept fédérateur et tarte à la crème. Il présente l’avantage de mettre tout le monde d’accord. C’est moins politiquement correct de dire qu’on veut gentrifier un quartier. Or, les quartiers centraux de Bruxelles ne sont pas ceux qui ont le plus besoin de davantage de mixité. La mixité est dans le discours : on a l’impression que les pouvoirs publics doivent d’abord aider les riches pour pouvoir s’occuper ensuite des pauvres. D’où la question de l’intentionnalité. La gentrification est-elle un effet pervers de la rénovation ou simplement le cœur de la stratégie ? Un autre argument souvent mis en avant, c’est la participation des habitants aux projets via les CLDI. C’est une démocratie plus formelle qu’effective. On leur demande un avis quand les grandes options sont arrêtées, comme pour la couleur d’un banc public.

Longtemps tristounette, la place Saint-Géry est devenue un haut lieu de la branchitude bruxelloise. © Rodenbach
Les effets négatifs de la gentrification
Extrait du rapport de la Cour des comptes « La politique fédérale des grandes villes, Examen des contrats de ville et des contrats de logement 2005-2007 ».
« La notion de mixité sociale s’avère être un concept très vague. (…). Le plus souvent, (…) il est question d’attirer des classes moyennes dans des quartiers défavorisés pour y créer une mixité sociale (il est rarement préconisé de promouvoir la mixité sociale dans des quartiers plus aisés). En l’occurrence, les motifs sont le renforcement de la cohésion sociale, l’amélioration des revenus des communes, etc.
Même en souscrivant à l’idée que la création d’une mixité sociale est susceptible d’apporter une solution à des problèmes sociaux, il faut – dans le cadre d’une politique axée sur les défavorisés – prendre sérieusement en considération les effets négatifs de la gentrification : des augmentations de prix peuvent conduire à l’éviction hors de ces quartiers des titulaires de revenus faibles. » (p. 47)
Télécharger le rapport de la Cour des comptes.
Tags : charles picqué | rénovation urbaine | gentrification | molenbeek | gentryfication | politique des grandes villes | cour des comptes | participation | gare du midi | région de bruxelles capitaleUn ratage magistral au Midi ?
- « Le Soir », 5 février 2008
L’échevin libéral Patrick Debouverie réagit fermement.
Saint-Gilles. La descente d’Alain Destexhe en terre saint-gilloise n’a pas été appréciée par la commune, qui lui reproche ses « oublis ».
Pas contente du tout, la commune de Saint-Gilles, après la visite d’Alain Destexhe (MR) dans le quartier du Midi, la semaine passée. Le sénateur et député bruxellois, fustigeant 17 années de non-décision, n’a pas été tendre avec les autorités publiques : selon lui, le quartier du Midi est un magistral raté urbanistique.
Faut-il voir là une attaque contre le gouvernement de Charles Picqué (jamais désigné nommément), par ailleurs bourgmestre empêché de Saint-Gilles ? L’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), qui supervise le réaménagement de la zone, voit en tout cas rouge… Et dire que le très libéral Alain Destexhe appartient à sa propre famille politique…
D’où la déclaration de guerre, de l’échevin : « Les propos tenus par le sénateur Alain Destexhe m’obligent à m’interroger sur sa connaissance des dossiers en cours dès lors qu’il évoque nombre de propositions qui font actuellement l’objet de projets concrets en chantier et en perspective. »
Quelques oublis
Le bouillant parlementaire n’a effectivement pas relevé certains faits que se charge de lui remettre en mémoire M. Debouverie : « Sont oubliés le chantier de bureaux sur l’îlot A (rues Fonsny et Merode), les logements dans l’îlot B, le début des travaux dans l’îlot C et les dernières expropriations en cours pour l’îlot D. » Et de rappeler aussi le lancement du contrat de quartier Fontainas, d’un autre pour le commerce et de la création de quatre nouveaux hôtels, sans compter l’aménagement de l’Atrium de la place Horta (architecte Pinto) en enquête publique. « Les travaux de la place Broodthaers débuteront dans quelques jours et l’esplanade de l’Europe fait l’objet d’un vaste plan concerté entre la Région et la commune. Un comité de pilotage réunissant Région, SNCB et commune travaille sur un plan de rénovation de la gare et de ses abords. » Bref, selon Patrick Debouverie, M. Destexhe a ignoré dans sa présentation 480 logements, 500 chambres d’hôtel et 92.000 m2 de bureaux et les nombreux investissements…
Voilà pour la controverse intra-MR. Ceci dit, le « one man show » d’Alain Destexhe n’est pas construit sur le vide, comme l’admet l’échevin. Les premiers plans d’expropriation datent d’une quinzaine d’années et rien ou presque ne s’était réalisé jusqu’en 2004. La conjoncture économique n’est pas l’unique coupable. Les erreurs du passé sont d’ailleurs identifiées, comme l’a noté Charles Picqué lors d’un récent débat sur le sujet au Parlement bruxellois : il s’agit du sous-financement public des procédures d’expropriation et de la faiblesse de la structure SA Bruxelles-Midi chargée de planifier le redéploiement du quartier.
Notons enfin un grand absent de ce débat : le Comité d’habitants Midi.
• FRANCOIS ROBERT
Tags : sncb | logement | expropriation | sa bruxelles-midi | mr | gare du midi | alain destexhe | contrat de quartier | saint-gilles | bruxelles-midiAttention : « développement international »
à l’horizon !
Après le PRD (Plan régional de développement), le PRAS (Plan régional d’affectation du sol), les PPAS (Plans particuliers d’affectation du sol), les schémas « directeurs » ou « de développement », les ZIR (Zones d’intérêt régional), la ZIRAD (Zone d’intérêt régional à développement différé), les zones levier, les contrats de quartiers et autres contrats commerciaux, voici la dernière trouvaille de la Région bruxelloise: le PDI, pour « Plan de développement international de Bruxelles ».
Le « schéma de base » du futur PDI (lire le document intégral), commandé par la Région bruxelloise à Price Waterhouse Coopers, un cabinet de services financiers, de conseil et d’expertise technique, a été dévoilé récemment par Charles Picqué lors d’un séminaire immobilier. Ce n’est pas anodin. Il n’y a qu’à lire la liste des personnes rencontrées par Price Waterhouse Coopers dans l’élaboration de ce document, pour comprendre qu’il s’agit d’un instrument de la promotion immobilière et commerciale de Bruxelles. Aucune association d’habitants n’a été consultée, par exemple. Outre des recommandations en terme de « politique d’image », de « marketing de ville », pour « renforcer l’attrait de Bruxelles à l’étranger » et en faire une vraie « City of business », ce document de 100 pages identifie une série de « pôles économiques » à développer et désigne plus particulièrement 10 « zones stratégiques » pour le « développement international » de la région :
1. le Quartier européen,
2. le Quartier du Mont des Arts et le Pentagone,
3. la zone-levier Heysel,
4. le Quartier de la Gare du Midi,
5. la zone-levier Tours et Taxis,
6. la ZIR Cité administrative,
7. la zone-levier Josaphat,
8. la zone-levier Delta,
9. la ZIR Gare de l’Ouest,
10. la ZIRAD Schaerbeek-Formation.
Et la mention « Pôle business du futur » est décernée… au quartier Midi !
On laissera aux habitants des quartiers concernés le soin de commenter la direction prise par ce « nouvel outil de gouvernance » et de planification dont la Région a voulu se doter.
En qui concerne le quartier de la gare du Midi, notons qu’il est désigné dans le PDI comme « nouveau pôle de développement économique de Bruxelles à destination du business international ». Dix-sept ans après l’élaboration des premiers plans, on pourrait être tenté d’en rire… Faut-il rappeler que les projets menés en la matière par la Région (notamment via la SA Bruxelles-Midi) ont donné lieu à un véritable fiasco urbanistique et humain? Qu’ils sont encore loin d’être achevés et que le quartier n’est pas près d’avoir pansé ses plaies? Que la Commune de Saint-Gilles est en train d’adopter son cinquième plan d’expropriation pour en terminer avec les derniers habitants du PPAS Fonsny n°1, menacés depuis 1992? Que c’est de l’argent du « Plan logement » de la Région qui va servir à exproprier et détruire du logement, pour ensuite en reconstruire?
Est-il aussi besoin de préciser que ce n’est pas le « business international » qui est venu occuper les centaines de milliers de mètres carrés de bureaux déjà construits dans la zone depuis les années ’90!? L’ONSS et le Ministère des Finances se sont installés dans les bâtiments de la SNCB; la SNCB dans l’îlot construit par la SA Louis De Waele; quant aux immeubles douloureusement accouchés dans le cadre de l’opération régionale, ils n’ont attirés que des sociétés déjà présentes à Bruxelles: Test Achats (qui était déjà implantée dans le quartier et s’est agrandie), Swiss Life (qui a déménagé de la rue de la Loi) et Securex (qui va déménager d’Evere)…
C’est pour cette raison que le PDI ne fait pas rire. Le Comité du quartier Midi remarque d’ailleurs qu’il n’y a rien de « nouveau » dans cette étude à propos du quartier de la gare. Le discours qui y est tenu pour justifier « de développer significativement et définitivement le potentiel actuellement sous-exploité du quartier du Midi en tant que pôle d’affaires international du futur et d’utiliser ce levier pour opérer la rénovation de l’ensemble des fonctions de la zone », est tellement semblable à celui qui fut développé à la fin des années ’80 — et qui mena au désastre qu’on connaît aujourd’hui…
La seule nouveauté que le PDI apporte concernant le Midi, c’est l’intention affichée par la Région d’y élargir désormais le périmètre dédié au « business ». Et l’annonce de deux nouveaux dispositifs pour y parvenir: « l’élaboration et la mise en place prochainement d’un schéma prospectif du quartier » et le contrat de quartier « Fontainas » (actuellement en enquête publique et bientôt en concertation) « qui a pour ambition le redéploiement de la Gare vers le centre de Saint-Gilles »… Comme si la Région et la Commune n’avaient pas tiré les leçons de leur propre échec. Il y a de quoi s’en alarmer.
Tags : PDI | pras | développement international | sncb | gare du midi | de waele | schaerbeek | logement | contrat de quartier | prdDes bureaux surgiront de la caillasse
Saint-Gilles • Avis favorables de la concertation au Midi
- « Le Soir », 25 août 2007
François Robert
Débordé durant le mois de juillet, le service d’urbanisme de Saint-Gilles a rédigé avec retard l’avis de la concertation portant sur la construction de 32.000 m2 de bureaux dans l’îlot C (quartier du Midi) portés par Atenor et South City. Un quartier quasiment rasé aujourd’hui et qui est au centre d’une violente polémique entre le comité de quartier et la Région. Les avis sont sans surprise favorables, mais obligent le développeur Atenor à prendre des mesures « vertes » supplémentaires.
Cette demande de permis est survenue dans un climat pénible : la mauvaise gestion de la SA Bruxelles-Midi (pour le compte de la Région) pendant 15 ans, son non-accompagnement de la mutation du quartier et sa politique très controversée d’acquisition des 165 parcelles à bas prix ont amené le comité de quartier à la rébellion ouverte.
Pourtant, depuis deux ans, les choses bougent enfin. Point fort de ce réveil, le projet Atenor, rue Fonsny et place Broodthaers. Il prévoit la construction de plusieurs tours (dont une de 14 niveaux) avec du commerce au rez et d’un hôtel.
L’option bureaux a été critiquée mais l’échevin Patrick Debouverie (MR) a promis de tenir les habitants au courant de l’évolution des projets et rappelé que les charges d’urbanisme seraient affectées à du logement. Par ailleurs, un contrat de quartier commerçant a été créé pour le quartier Midi, de même qu’un nouvel Atrium (structure régionale d’aide aux commerçants).
In fine, la concertation a donné un avis favorable aux projets Atenor, malgré quatre abstentions. Le permis d’environnement devra cependant, outre les 97 emplacements de parkings, adjoindre une trentaine d’emplacements pour vélos et des douches, ainsi qu’un plan de déplacement. Le permis d’urbanisme impose aussi des toitures vertes (toitures plates) et un système de récupération des eaux de pluie.
La délivrance des permis par la commune n’est plus qu’une question de mois. On peut raisonnablement penser que les chantiers démarreront en 2008.
Tags : mr | contrat de quartier | saint-gilles | patrick debouverie | sa bruxelles-midi | atenor | gare du midi | logement | bruxelles-midiContrat de quartier « Fontainas »
Tout autour du périmètre d’expropriation du PPAS Fonsny n°1, la Commune de Saint-Gilles a dessiné un nouveau contrat de quartier, dont les contours vont jusqu’au Parvis de Saint-Gilles.
Le schéma de base du Plan de développement international de Bruxelles nous apprend que ce contrat de quartier, “qui a pour ambition le redéploiement de la Gare vers le centre de Saint-Gilles”, s’inscrit dans une perspective plus large: celle de faire du Midi « le Pôle business du futur ».
Le périmètre provisoire d’étude est délimité par :
Rue de Mérode, rue de Russie, avenue Fonsny, avenue de la Porte de Hal, avenue Jean Volders, Parvis Saint-Gilles, rue de l’Eglise Saint-Gilles, rue d’Andenne, rue Vanderschrick, chaussée de Forest, rue Théodore Verhaegen, Place de Bethléem, rue Joseph Claes.
Il concerne en tout où en partie, les rues suivantes :
Rue d’Argonne, rue d’Angleterre, rue de Hollande, rue de Suède, Cité Fontainas, rue Fontainas, rue César Depaepe, rue des Vieillards, rue Vlogaert, Square Jacques Franck.
Le contrat de quartier est en enquête publique du 10 au 24 septembre. Il sera débattu en commission de concertation le 2 octobre.
Lire la brochure de présentation publiée par la Commune de Saint-Gilles.
Tags : développement international | forest | rue de suède | rue de russie | saint-gilles | rue de mérode | ppas | gare du midi | rue de hollande | avenue fonsnyFlux entrants et flux sortants
- « La Tribune de Bruxelles », 4 octobre 2007
« La mixité sociale doit être un des fils conducteurs du développement urbain à Bruxelles. Il s’agit d’assurer des flux sortants des zones d’interventions prioritaires pour éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux et d’assurer des flux entrants en stimulant l’installation des classes moyennes », peut on lire dans les objectifs généraux du nouveau Plan de développement international de Bruxelles (PDI).
Ce plan concocté par le ministre président Charles Picqué définit 10 zones prioritaires dont le quartier Midi, décrété « pôle business du futur ». Un nouveau contrat de quartier, censé justement permettre cet objectif de « mixité », était en concertation ce mardi. Un habitant du quartier s’est amusé à relire ce passage édifiant du PDI devant Martine Wille pour savoir si la bourgmestre (faisant fonction) avalisait ce douteux amalgame entre des habitants et de simples flux (entrants et sortants). Réponse ? « La Commune n’a rien à voir avec ce document » et « les flux ne sont pas forcément humains ». Avis donc à la population bruxelloise: que tous ceux qui ont “des flux stimulant les classes moyennes” les fassent couler vers la maison communale de Saint-Gilles dont les quartiers populaires sont visiblement en proie à une nouvelle opération de gentryfication.
MEHMET KOKSAL
Tags : PDI | charles picqué | martine wille | contrat de quartier | saint-gilles | gentryfication | développement international | gare du midiLe Midi va changer radicalement
- « Le Soir », 26 octobre 2007
SAINT-GILLES / Concilier une dimension internationale et communale
EN 2009, les lignes de TGV relieront Amsterdam et Cologne. Les pouvoirs publics luttent contre les chancres du quartier pour offrir une entrée de choix dans la capitale de l’Europe.
La plupart des chancres du quartier seront bientôt remplacés par de nouveaux bâtiments.
Finis les chancres qui parsèment les alentours de la gare du Midi. La Région bruxelloise, la commune de Saint-Gilles, la SNCB et des partenaires privés se liguent pour donner au quartier le standing d’une entrée de choix dans la capitale de l’Europe.
En 2009, l’Allemagne et les Pays-Bas viendront s’ajouter à la France et l’Angleterre dans les destinations de TGV. La volonté est donc affichée de rehausser l’image du quartier et de tout mettre en œuvre pour y accueillir dans les meilleures conditions hommes d’affaires et les touristes. La Région bruxelloise considère d’ailleurs Bruxelles-Midi comme une zone prioritaire. De nombreux projets sont lancés et devraient voir le jour rapidement, comme l’ont expliqué les responsables de la commune de Saint-Gilles.
Le nombre de chambres d’hôtels devrait doubler en quelques années et le centre commercial de la gare devrait s’étendre dans le quartier pour rejoindre la petite ceinture. Mais, pour la commune, l’enjeu est aussi de garder un visage humain au quartier. Elle s’attache donc à construire des logements moyens ou sociaux, des crèches, une bibliothèque néerlandophone, une maison des cultures, une autre de l’emploi… Un centre d’entreprises a été inauguré en avril et les ateliers du Midi (en cours de finalisation) accueillent déjà des travailleurs peu qualifiés pour leur donner, en peu de temps, la formation nécessaire à des métiers de base tels que l’électricité, l’horeca, le travail de bureau, les métiers du sport et du nettoyage.
Le but est clair : profiter du développement commercial pour donner de l’emploi aux riverains. La volonté est également de développer des commerces de proximité dans le quartier, pour lui garder sa convivialité. Dans la même optique, tous les services de l’emploi, tant du point de vue de l’offre que de la demande, seront bientôt réunis dans un seul bâtiment, rue de Mérode. Et le centre d’entreprises réunit 32 sociétés et des spécialistes de l’accompagnement et de la création d’entreprise.
En matière de bureaux, 30.000 mètres carrés ont été construits récemment pour les immeubles de Swiss Life et de Tests Achats, mais plus de 50.000 m2 supplémentaires sont prévus pour les années à venir.
Face à ces différents développements, les habitations ne sont pas délaissées puisque ce sont, en tout, environ 460 logements publics qui seront bientôt mis sur le marché. Et c’est sans compter les investisseurs privés qui construisent et rénovent également dans les environs.
Un comité de pilotage réunissant Région, commune et SNCB a été mis en place, la semaine passée, en vue de moderniser les bâtiments de la SNCB longeant l’avenue Fonsny. Les chancres et les dents creuses se feront progressivement plus rares, au fur et à mesure de la délivrance des permis et de l’évolution des travaux.
Un nouveau contrat de quartier a été lancé et la commune tente de racheter ou de remettre sur le marché, via notamment son agence immobilière sociale, tous les immeubles abandonnés et en mauvais état.
Les efforts se concentrent sur le périmètre entouré par les rues de Danemark, de Mérode, la petite ceinture et l’avenue Fonsny. Sans oublier, de l’autre côté de la gare, la place Victor Horta et l’esplanade de l’Europe. Ces projets sont pour la plupart en voie de réalisation, voire d’achèvement.
EMILIE HAQUIN
Tags : rue de mérode | bruxelles-midi | avenue fonsny | logement | gare du midi | swiss life | tgv | contrat de quartier | sncb | saint-gillesLe grand réveil controversé du Midi
- « La Libre Belgique », 27 octobre 2007
• Saint-Gilles – Développement
D’ambitieux projets sont en route pour revitaliser le quartier du Midi.
L’objectif est de mêler l’international au local.
Le comité de quartier dénonce ce développement trop axé sur le « business international ».
Depuis plusieurs mois déjà les visiteurs débarquant à la gare du Midi sont accueillis par des hôtesses bien particulières : grues et autre charmantes machines de démolition forment un véritable ballet le long de l’avenue Fonsny. Et ce n’est qu’un début puisque les chantiers vont s’accumuler ces prochaines semaines. « C’est tout un morceau de ville qui est en construction » , explique Patrick Debouverie (MR), échevin du développement du quartier du Midi pour Saint-Gilles. Depuis l’arrivée du TGV dans les années 90, le quartier a subi un profond lifting. « Dès 2009, Bruxelles-Midi va devenir un noeud ferroviaire européen essentiel reliant Paris, Londres, Amsterdam, Cologne et Francfort via le TGV », reprend l’échevin. Le nombre de passagers transitant via le Midi va de ce fait inexorablement augmenter. Or le quartier entourant la gare se fait vieux et les chancres et bâtiments insalubres pullulent. Un grand plan a été lancé afin de « revitaliser » le tout. Un plan qui veut « concilier la dimension internationale et la dimension humaine du quartier ». L’enjeu est de taille pour la réputation de la capitale et celle de la commune de Saint-Gilles. Selon Patrick Debouverie : « Dans un projet d’une telle envergure, il est important de travailler main dans la main avec tous les acteurs impliqués : Région, contrats de quartier, Beliris, privés,… » L’un des grands objectifs du plan est de rechercher la mixité. Et de tenter de faire cohabiter en harmonie logements sociaux ou privés, bureaux, commerces ou encore hôtels.
Les chiffres impressionnent puisque pas moins de 460 nouveaux logements, 80 000 m2 de bureaux, 450 nouvelles chambres d’hôtel et plusieurs centaines de commerces devraient voir le jour dans les années à venir. « Tout bénéfice pour l’emploi dans le quartier », évoque Alain Leduc (PS), échevin de l’Emploi saint-gillois. L’échevin est aussi fier de faire découvrir sa Maison de l’Emploi et ses Ateliers du Midi, dont les peintures sont encore fraîches. Ces deux institutions font partie du plan global de la rénovation du quartier Midi. « La Maison de l’Emploi est unique à Bruxelles, puisqu’elle regroupera dans un même lieu les principaux services locaux d’aide aux demandeurs d’emploi. » Quant aux Ateliers du Midi, il assurera des formations » en situation de travail » dans les domaines de l’Horeca, de l’électricité, des travaux de bureaux, des métiers du sport et du secteur du nettoyage.
Monument dédié à Spaak
Le côté ouest de la gare ne sera pas oublié puisque la place Horta va être rénovée. Un monument dédié à Paul-Henri Spaak y sera d’ailleurs très prochainement inauguré. « Père fondateur de l’Europe et ancien bourgmestre de Saint-Gilles, il représente à merveille ce que nous voulons pour ce quartier : une dimension internationale à visage humain » , explique Patrick Debouverie. Une grande fresque murale est aussi prévue à l’occasion de Bruxelles 2009, année de la BD. Enfin des mesures seront prises visant à supprimer le parking sauvage et à valoriser l’entrée de la gare du côté de l’Esplanade de l’Europe.
Les projets sont, pour beaucoup, bien entamés. Certains sont même déjà terminés, comme le bâtiment « Swiss Life » ou celui de « Test Achats » le long de la rue de Suède. « Les investissements publics entraînent via un effet boule-de-neige impressionnant beaucoup d’investisseurs privés, attirés par le renouveau attendu du quartier », reprend le coordinateur du développement du quartier du Midi, qui estime « très compliqué » une évaluation globale des sommes engagées.
Mais si ces projets ont fière allure sur des maquettes, ils inquiètent de nombreux habitants du quartier qui ont peur que ce dernier perde son âme. Ces « irréductibles Gaulois » se sont organisés en un comité de quartier particulièrement actif. Sur leur site Internet ils dénoncent les expropriations jugées abusives. De plus, pour le comité, le fait que la zone Midi soit comprise dans les 10 zones stratégiques du PDI du ministre-Président Charles Picqué (PS et par ailleurs bourgmestre de la commune de Saint-Gilles) n’est pas vraiment rassurant. Labellisé zone à expansion du « business international », le quartier risque de voir affluer un nombre exponentiel de bureaux aux dépens de la qualité de vie des habitants, selon le comité. « C’est un travail de longue haleine, mais peu à peu, nous arrivons à faire comprendre aux gens l’intérêt d’une expropriation , explique pour sa part Cathy Marcus, responsable du contrat de quartier Fontainas. Les nouveaux logements que nous proposons répondent aux derniers critères de confort. »
On le voit. Si le plan est déjà bien sur les rails, il a peu de chances d’aller aussi vite que les TGV de la gare du Midi voisine.
Raphaël Meulders
Tags : contrat de quartier | charles picqué | tgv | swiss life | zone midi | PDI | logement | expropriation | patrick debouverie | avenue fonsnyUn « morceau de ville » en devenir
- « La Dernière Heure », 26 octobre 2007
Logements, horeca, bureaux, sécurité, propreté, etc. : le Midi affiche son dynamisme
SAINT-GILLES • Oui, le quartier du Midi bouge, se bâtit. Très doucement. Mais il bâtit. Hier matin, les édiles saint-gillois se sont en tout cas échinés à le prouver. Il faut reconnaître qu’après quinze ans de tergiversations, de plans d’expropriations foireux, les projets, aboutis ou en cours, y foisonnent.
Autour de la gare du Midi, la dimension internationale de Bruxelles prend corps. Entre divers partenariats privés/public…
Première halte : la Maison de l’emploi, un beau bébé qui, au 143 de la rue de Mérode, se fait guichet unique pour les demandeurs. Inauguration théorique en fin d’année.
Les Ateliers du Midi, au 54 de la même artère, ont ouvert début juillet 2007. Soit un bon 1.000 m2 centrés sur l’insertion professionnelle. Rue Théodore Verhaegen, au 150, le Centre d’entreprises bat son plein depuis quelques mois déjà.
Proactive, la commune se targue de l’avoir été. Ne fût-ce qu’en recherche de financements d’idées parfois anciennes. La notion de Maison de l’emploi, par exemple, ne remonte-t-elle pas à l’an 2000 ?
Les logements, ensuite. Fonsny et ses nouveaux îlots A, B, C, D en compteront 230. Pour un total culminant à « plus de 460″ – « du logement diversifié » garantit-on encore.
Dernier né des projets de ce périmètre si sujet à caution, le contrat de quartier Fontainas (soit près de 12 millions d’euros) passera bientôt la rampe de la tutelle. Avec, à la clé, 15 logements moyens et 23 logements sociaux.
Voilà pour la dimension humaine du bas de Saint-Gilles… à condition d’inclure encore le futur de la place Horta, de l’esplanade de l’Europe, la place Broodthaers, la sécurisation et la propreté, etc.
Citons encore l’horeca, au taux d’occupation déjà conséquent.
Et les bureaux ? Ils ne sont guère absents de la revitalisation de ce « morceau de ville ». De la petite ceinture à la place Horta, 80.000 m2 y sont dévolus. Le PRD (plan régional de développement), c’est vrai, encourage ce type d’approche aux abords des gares. Rien qu’à l’angle avenue Fonsny/rue de Russie, un complexe de 7.000 m2 poussera doucement dès le courant 2008.
Guy Bernard
Tags : avenue fonsny | logement | saint-gilles | expropriation | gare du midi | rue de mérode | contrat de quartier | rue de russie | prd
