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Bruxelles: saccage au quartier Midi

– Vidéo postée sur DailyMotion, 1er février 2008

La scène se déroule au matin du 15 janvier 2008, dans une maisonde la rue de Mérode fraîchement déclarée expropriée mais encore occupée légalement par des locataires…


A ce sujet lire aussi:
Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008
Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008
Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008


La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi

– Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008

Ce matin, mardi 15 janvier 2008, les Editions Agone tenaient une conférence de presse intitulée : « Les Editions Agone contraintes de quitter le Quartier Midi ».

Un de nos collaborateurs dispose en effet en location d’un bureau et d’un atelier au 53, rue de Mérode, utilisé pour la rédaction en chef de la Revue Agone.

L’expropriation de cet immeuble a été prononcée le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St-Gilles.

Les locataires ont été avisés du transfert de propriété le 14 janvier, suite au paiement tardif par la Région des indemnités d’expropriation au propriétaire.

En arrivant sur les lieux vers 10h00 ce matin, notre collaborateur, Benoît EUGENE, rédacteur en chef de la Revue Agone, a constaté que la porte donnant sur la rue avait été enfoncée.

La salle préparée pour la conférence de presse avait été saccagée, les livres exposés ayant été jetés au sol et recouverts de gravas.

Dans le même temps, la société publique Vivaqua, compagnie des eaux, déconnectait le bâtiment du réseau d’eau potable.

La Conférence de presse a tout de même eu lieu dans ces conditions très difficiles.

C’est la société privée SA Bruxelles-Midi, société mixte à capital régional dirigée par M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur de l’urbanisme à la Région de Bruxelles Capitale, qui est selon nos informations à l’initiative de ce saccage.

Cette conférence de presse entendait témoigner des violences et intimidations exercées sur les habitants du quartier par les autorités régionales, déjà condamnées pour la violation de plusieurs Droits de l’Homme dans le dossier du Quartier Midi.

A ces violations s’ajoute aujourd’hui celle de la liberté de la presse.

Les Editions Agone condamnent les actes de saccage menés ce matin au 53, rue de Mérode et demandent que les responsables soient sanctionnés. Les locataires ont de leur côté déposé plainte.

http://agone.org


Expédition punitive de la SA Bruxelles Midi au Rue de Mérode, 53

– Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008

On se souvient que le 9 janvier, la SA Bruxelles Midi, se prétendant indûment propriétaire du Rue de Mérode, 53 à St Gilles auprès de la société publique Vivaqua avait demandé à cette société de déconnecter l’immeuble, encore habité, du réseau d’eau potable. Suite à l’intervention du propriétaire en titre, cette voie de fait avait pu être empéchée.

Le 14 janvier 2008, les locataires étaient avisés par huissier du transfert de propriété consécutif à l’expropriation de l’immeuble prononcée le 3 décembre par le Juge de Paix de St-Gilles, suite à la consignation du paiement de son achat par la Région de Bruxelles Capitale.

Le 15 janvier, les locataires en cours de déménagement constataient que la porte de rue avaient été défoncée, et une pièce saccagée laquelle avait été préparée pour une conférence de presse des éditions Agone. Les casseurs ont déclaré travailler pour la firme De Meuter et que « l’ordre » de défoncer la porte avait été donné par la SA Bruxelles Midi.

Les locataires ont porté plainte. Ils considèrent qu’il s’agit là d’une expédition punitive (rappelons que l’un des locataires avait mis à disposition son atelier pour les réunions du Comité du Quartier Midi et pour la Semaine du Quartier Midi) et d’une violation grave du droit à la vie privée reconnu par la Convention Européenne des Droits de l’Homme. En effet, les lieux étaient occupés légalement et aucune procédure, ni à l’amiable, ni juridique, n’avait été engagée par la Région en vue de fixer une date de départ pour les locataires. La Région n’a, à aucun moment, pris contact avec les locataires et le jugement d’expropriation ne fixait aucune date de départ.

Quoi qu’il en soit, un propriétaire ne peut forcer la porte de la maison de ses locataires et se livrer à des actes de vandalisme, fût-il public, ce qui est une circonstance particulièrement aggravante. Les locataires possèdent toujours des biens dans l’immeuble mis en danger par la démolition de la porte d’entrée et les actes de vandalisme commis.

Ces pratiques illégales et violentes rappellent celles utilisées par l’Eglise de scientologie pour expulser les occupants du 103 Bld de Waterloo, qui étaient eux, soutenus par des Bourgmestres socialistes…

Par ailleurs MM. Pirotte, Van Grimbergen et Mme Caty Marcus se sont livrés à des déclarations mensongères rapportées dans la presse ce mercredi 16 janvier. Aucun locataire n’a été « relogé dans le centre de St-Gilles », les locataires se sont relogés tous seuls quand c’est le cas. Aucune proposition n’a été refusée puisqu’aucune proposition n’a été faite. M. Eugène n’occupe pas illégalement le bâtiment, il est titulaire d’un bail en bonne et due forme et quoique non résident il bénéficie de la citoyenneté européenne l’autorisant à séjourner pour des périodes de trois mois en Belgique. Le 53, rue de Mérode n’est pas sa résidence, située en France, et il est absent de Bruxelles une bonne partie de l’année.

Dans leur précédent communiqué, les locataires réclamaient que la secrétaire exécutive de Bruxelles Midi SA soit démise de ses fonctions pour avoir demandé la coupure d’eau en usurpant le titre de propriétaire à des fins d’intimidation. Le Pt de cette société, M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur Régional de l’Urbanisme, avait été informé de ces faits.

Il apparait aux locataires que la SA Bruxelles Midi continue ses pratiques de harcèlement et viole délibéremment les lois. Qu’elle poursuivra ses agissements contre les locataires et les petits propriétaires du Quartier Midi dans le cadre du nouveau plan d’expropriation des îlots A et D que la Région s’apprête à adopter.

Ces pratiques sont indignes de pouvoirs publics et violent les droits fondamentaux. Nous exigeons qu’elles cessent immédiatement. Nous demandons à cette fin la démission immédiate de M. Jacques Van Grimbergen de toutes ses fonctions.

• Les locataires du 53, rue de Mérode.


La « vision » de la culture dans le PDI

– Conférence donnée à la Librairie Aden, le 28 novembre 2007.


Sculpture située à l’entrée du Berlaymont (Commission Européenne)

Le Plan de Développement International de Bruxelles a été commandité à la Région de Bruxelles Capitale, sans bien sûr d’appel d’offre et pour la modique somme de 70 000 € au Cabinet Price Waterhouse Coopers, dirigé par un ancien chef de cabinet du Ministre Président Charles Picqué [1]. Ce document de 100 pages écrites en gros caractères, destiné à servir d’outil de marketing auprès des investisseurs internationaux, utilise le mot de « culture » (ou « culturel ») à pas moins de 79 reprises. Le mot d’ « artiste » n’y figure par contre qu’une fois, dans une parenthèse.

Si la « culture » y est présentée comme « un des porte-drapeaux privilégiés d’une stratégie de ville » (p.20) (elle constitue effectivement le coeur de sa rhétorique), aucune « stratégie » n’est proposée pour soutenir l’écosystème culturel local, encore moins ceux qui produisent la culture mais aussi la diffusent et, accessoirement, en vivent, le plus souvent très difficilement [2]. Parmi les personnalités interrogées pour la confection de ce « plan », presque exclusivement des acteurs économiques (les milieux patronaux), on compte d’ailleurs un seul responsable culturel, Philippe Dujardin, Directeur du Palais des Beaux-Arts (interrogé en compagnie de… la directrice du marketing du même établissement)

En effet, supposons même qu’on adhère à l’approche « City-marketing » mise en avant par les auteurs, anonymes, il est tout à fait étonnant que parmi les « solutions » stéréotypées qu’il avance en suivant les recettes des manuels de revitalisation urbaines les plus standarts, le rapport fasse l’impasse sur ce qui constitue en général un axe majeur, quoique dépourvu d’assise scientifique [3], de ce type de littérature, la nécessité de créer un cadre favorable à la création à l’heure de la « société de la connaissance ». (si on veut exclure les références à l’intensification de « la vie nocturne ».) Il oublie également toutes les stratégies de « folklorisation commerciale de la culture populaire » habituellement à l’oeuvre, se privant encore, toujours en suivant sa propre logique, de ressources endogènes mobilisables… [4]

Mais c’est que la déclinaison bruxelloise des « manuels de revitalisation urbaine » ne brille guère pas sa subtilité. Elle est même, comme on va le voir, d’un niveau d’inculture et de vulgarité rarement atteint.

1. « Pas la culture comme décoration mais la culture au centre de la stratégie de communication. »

« Toutes les villes européennes dont l’image s’est améliorée récemment ont utilisé la culture, d’une manière ou d’une autre. Un marketing de ville efficace est ancré dans les valeurs culturelles que la ville incarne (…) La culture est un des véhicules privilégiés de la communication d’une ville. Pas la culture comme décoration mais la culture au centre de la stratégie de communication. » (PDI, p. 42)

On verra plus loin quelles sont « les valeurs culturelles que la ville incarne » et si elles existent. Pour le moment, notons qu’on ne peut pas être plus clair sur la « vision » de la culture développée dans le PDI. Il s’agit purement et simplement d’instrumentalisation pour des objectifs de marketing.

Bien sûr il y a d’abord le « merchandising » le plus classique, exposé ici sans fard.

« Si le Mont des Arts accueille une densité extraordinaire de musées sur un tout petit territoire, cette richesse culturelle formidable pèche parfois par défaut de convivialité en l’absence de commerces, de terrasses et de bars/restaurants. Le lien entre culture et shopping étant largement exploité dans d’autres villes, Bruxelles doit renforcer l’attractivité de son quartier des musées en s’appropriant l’une des plus belles places de la ville (la place Royale et la place des Musées) au service des visiteurs, tant par l’accueil de fonction Horeca qu’en permettant la circulation plus fluide des piétons. » (PDI p. 50)

Mais le PDI va beaucoup plus loin en expliquant que la « culture » doit permettre de créer une « identité de marque », la marque « Bruxelles » !

« Dans le cadre d’une construction d’image et du city marketing, le développement d’une politique de marque (branding) est également un élément essentiel. La marque « Bruxelles » est plus connue que la marque « Belgique ». Mais cette marque est actuellement peu construite et sous-optimisée.

Dans la mise en oeuvre du présent Plan, les actions suivantes doivent être entreprises :
– Construction d’une politique de marque détaillée :
– Analyse juridique visant à une réglementation de l’usage du nom ou du label « Bruxelles ». (PDI p.33)

En quoi cela concerne-t-il la culture ? La mobilisation des ressources culturelles au service de la communication d’entreprise est en cours depuis de nombreuses années, aboutissant à la pure et simple disparition de la frontière entre “culture” (ou “art”) et publicité/marketing. Le phénomène est particulièrement marqué dans le monde anglo-saxon (dont nous vient la “théorie” du City marketing mise en oeuvre dans le PDI). Pour mieux percevoir ce qui sous-tend une telle approche, on peut citer les réponses engrangées par la puissante association “Art&Business”, fondée pour favoriser le “rapprochement de l’Art et de l’Entreprise”, qui proposait à ses adhérents, à l’occasion de son 20ème anniversaire, d’imaginer les rapports de l’art et de l’entreprise en 2023 (sic)”.

“Ne serait-ce pas enthousiasmant si en 2023 l’entreprise considérait les artistes comme un élément essentiel à la créativité commerciale, l’innovation et la compétitivité. Et si toutes les organisations artistiques se considéraient elles-mêmes comme des entreprises dépendant, plutôt que des subsides, de la qualité de leur service et de la satisfaction des consommateurs ? … Plus de compagnies créeront et financeront leurs propres événements artistiques, fournissant les artistes et l’argent pour les aider. Les entreprises sponsoriseront leurs propres programmes d’artistes en résidence. De plus en plus d’institutions artistiques seront associées au développement des marques. De grands artistes seront embauchés pour promouvoir des marques [5] ».

On peut remplacer “entreprise” par “ville” (ce qui d’autant plus légitime que la “gouvernance” de la ville, et non plus le “gouvernement de la Cité”, proposée par le PDI se calque directement sur le modèle de la gouvernance d’entreprise, seule forme politique apparemment appelée à remplacer tous les autres modes de gouvernement) pour saisir la “vision” de la culture mise en oeuvre par le PDI.

2. Les Bruxellois, représentants de la marque “Bruxelles”

“L’élaboration d’une plateforme d’identité bruxelloise est un prérequis indispensable à l’élaboration d’une stratégie de communication.” (PDI, p. 25)

“L’identité bruxelloise, sorte de mille-feuille historique et culturel, constitue un potentiel formidable pour le marketing de Bruxelles.” (PDI, p. 30)

Si « un marketing de ville efficace est ancré dans les valeurs culturelles que la ville incarne”, comme on l’a lu plus haut, il n’en demeure donc pas moins que le premier objet du marketing de ville semble être… de sélectionner ces valeurs culturelles et de les “incarner” sous forme d’ “identité”. Autrement dit, les valeurs culturelles ne sont que ce que le marketing imposera…

On verra plus loin que pour sortir de ce dilemme, le PDI propose finalement d’imposer une identité exogène aux Bruxellois.

On en vient en tous cas au “contenu” de la marque Bruxelles. Il semble plus facile à définir en creux, ce qu’il n’est pas, ou plutôt ce qu’il ne doit pas être.

Si le “marketing” doit-être “ancré… dans l’identité locale de ses habitants”, il n’en demeure pas moins que le PDI doit être “tourné vers l’avenir et dans une approche internationale, globale, universelle et affranchie des identités réductrices.”

Ce sont ici particulièrement les classes populaires, majoritairement issues de l’immigration qui sont visées. En effet, il faut :

“Développer une stratégie d’image pour les quartiers (city marketing) afin de les caractériser, et notamment pour les quartiers les plus fragilisés afin les revaloriser et d’éviter que leur image négative ne dépasse les frontières et ne nuise au rayonnement international de la ville (effet « Bronx »).” (PDI p.72)

Et l’identité de “quartier” qu’il s’agit de développer est la suivante :

“Promotion des quartiers en leur donnant une identité spécifique : quartier de la mode, quartier de l’Art nouveau… » (PDI p.35)

Comme si les quartiers n’avaient pas déjà leur « image », sans même parler de leur identité, parfois même commerciale (prenons l’exemple de la Rue de Brabant)

Bien évidemment la promotion de l’image des « quartiers » pour lutter contre « l’effet Bronx » passe d’abord par la « sécurité ».

« Les Bruxellois et les visiteurs qu’ils soient belges ou internationaux ont parfois une perception de Bruxelles peu sécurisante. C’est un point critique car une ville qui a une réputation avérée d’insécurité met en péril son développement international. »

« Il s’agit non seulement de travailler sur l’image et l’avenir de certains quartiers, mais également de renforcer la présence publique afin de rassurer les usagers de la ville et de lutter contre les incivilités qui salissent et insécurisent celle-ci.” (PDI, p. 68)

Le rapport est d’ailleurs assez prolixe sur les moyens d’y parvenir, en comparaison avec ses autres chapitres tout au moins.

“la poursuite de la mise en oeuvre du Plan régional de sécurité, notamment par la mise en place d’une ligne téléphonique d’aide aux victimes et d’un observatoire régional de la sécurité (intégré dans le « monitoring des quartiers ») ;

L’encouragement des communes à sanctionner plus activement les auteurs d’actes d’incivilités.” (PDI, p.68)

Pour qui connait un peu le marketing sécuritaire, on notera cependant que les “lignes téléphoniques d’aide aux victimes” permettent surtout d’afficher dans l’espace publique la promotion du fameux numéro, renforçant éventuellement le sentiment d’insécurité dans certains “quartiers” sous couvert de passer au touriste de passage le message qu’il est bien protégé…

3. « Brussels : the Human Face of Europe ».

Le PDI utilise 235 fois en 100 pages le terme “Europe” (ou « européen »). C’est que nos brillants consultants ont identifié que le rôle de Bruxelles comme “Capitale de l’Europe” en constituait le principal gisement de notoriété. Notons au passage que le PDI reconnaît que cette notoriété est mondialement établie pour en conclure… qu’il est urgent de consacrer de gigantesques investissements à ce que ce fait soit connu !

« Il faut reconnaître que l’Europe est le principal avantage comparatif international de Bruxelles aujourd’hui. Ce statut de capitale européenne est un atout fabuleux, aujourd’hui de tirer parti. Pour ce faire, il faut assumer cette dimension essentielle de notre identité, et la regarder comme l’opportunité extraordinaire qu’elle constitue. » (PDI p.20)

Voici donc la fameuse “identité bruxelloise” , “globale et universelle, affranchie des identités réductrices” (qui justifie par ailleurs que toute la signalisation à Bruxelles devrait être également en anglais…)

Un seul problème mais de taille :

“Les Bruxellois eux-mêmes ne visualisent pas toujours les aspects positifs que l’Europe leur apporte (emplois, dynamique commerciale, …) et se focalisent sur les effets négatifs de la présence européenne en matière de logement et d’urbanisme notamment. Même si les choses évoluent positivement depuis 10 ans, il y a encore du chemin à faire pour faire accepter l’Europe à l’ensemble des Bruxellois. Ce déficit d’image Bruxelles/Europe en termes de contenu est pénalisant alors que ce qui fait principalement la notoriété de Bruxelles à l’étranger, c’est l’Europe.” (PDI p. 32)

Le PDI, qui confond d’ailleurs l’Europe (ne citant jamais la tradition humaniste malgré la présence notamment du musée Erasme) et l’Union européenne, ne se propose à aucun moment de s’attaquer aux causes du “déficit de sentiment européen”, mais bien d’imposer ce “sentiment” ou cette identité :

« Un important travail d’appropriation du fait européen par les bruxellois doit encore être entrepris, notamment à travers le city marketing.” (PDI p. 21)

Le “City marketing” prend dès lors toute sa dimension comme instrument de propagande dirigé contre les Bruxellois aux “identités réductrices”, afin de leur faire assimiler leur “identité européenne”, potentiellement riche de retours sur l’investissement que constituerait un lavage des cerveaux.

Le PDI ne fait ici que reprendre à son compte les pires recettes de propagande de la Commission européenne.

Suite au rejet du projet de traité constitutionnel par les électeurs français et hollandais et dans les premiers mois qui suivirent l’entrée en fonction de la nouvelle Commission Barroso, la Commissaire Margot Wallström avait réuni l’ensemble des responsables des médias européens dans le but de trouver des solutions au “déficit d’image de l’Union européenne”. Son conseiller pour les projets audiovisuels spéciaux (sic), analysait avec sobriété les causes de ce “déficit” dans les termes suivants :

« Les chiffres révèlent […] l’existence d’une appétence extrêmement forte pour le fait européen et la construction européenne, avec des sentiments d’une nature globalement positive. Le revers de la médaille, c’est que l’Europe que souhaitent les citoyens ne semble pas être exactement celle que les autorités ou les décideurs sont en train de mettre en place » ; qui poursuit : 70 % des personnes interrogées considèrent « que leur opinion n’est pas entendue par les décideurs et qu’elles se trouveront donc mises à l’écart du processus, quelle que soit la façon dont celui-ci sera fondé. La démocratie telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui ne leur est pas perceptible car ces citoyens se sentent exclus du processus lui-même ».

Toute ressemblance avec la perception des “aspects négatifs”, notamment de l’urbanisme européen à Bruxelles…

Et la solution proposée était exactement la même que celle des rédacteurs du PDI.

Loin de préconiser une démocratisation des institutions de l’Union, la Commission mettait en avant une stratégie de « communication et d’information » et aussi de « dialogue avec le citoyen », le tout basé sur le seul postulat que celui-ci est mal éduqué et mal informé : « Combattre l’ignorance et l’indifférence est aujourd’hui devenu une nécessité pour l’Union européenne. ». Affirmant élégamment au passage que selon des « études de l’OCDE sur l’illettrisme ou sur le niveau d’éducation, […] plus de 40 % de la population européenne connaît des difficultés de lecture, c’est-à-dire que les personnes concernées ne sont pas capables de lire et de comprendre un texte simple et relatif à des faits de la vie courante » [6]

Revenons au PDI :

« C’est donc l’ancrage européen qui est une des cartes principales à jouer pour Bruxelles dans le présent Plan de Développement International et dans une approche de city marketing plus dynamique et agressive. Mais en donnant un contenu humain et chaleureux à ce concept et contenant « Bruxelles Europe ». Et avec un projet de ville qui en priorité humanise l’Europe pour les Bruxellois et Bruxelles pour les Européens.” (PDI, p. 32)

Si on comprend bien, une approche citymarketing plus aggressive pour humaniser…

4.Vers le triomphe de la “culture européenne” à Bruxelles ?

La dimension orwellienne de ce projet apparaît dans toute sa splendeur lorsque les auteurs du PDI se risquent à envisager la création d’un lieu susceptible d’incarner la “culture européenne” à Bruxelles, s’appuyant pour cela sur les voeux du Pt Barroso, soutenu en la circonstance par Umberto Eco :

« L’Europe manque dramatiquement d’un lieu où les visiteurs puissent ressentir l’évolution du projet européen, comme lieu d’une des premières réussites historiques en matière de paix, de démocratie et de liberté. » (PDI, p.42)

Les auteurs ne trouvent en effet rien de mieux que d’aller chercher l’inspiration européenne… aux Etats-unis :

« Un lieu d’exposition permanente, permettant au visiteur de se confronter à l’idée européenne dans sa dimension essentielle, sorte de Ellis Island de l’Europe.” (PDI, p. 43 )

Une note précise alors, pour qu’on comprenne bien la pertinence historique du parallèle :

“Ellis Island est l’île située face à Manhattan, voisine de celle où est érigée la statue de la Liberté. C’est par cette île que transitaient les candidats immigrants aux USA, jusqu’en 1954. Depuis, elle a été transformée en en lieu d’exposition, sorte de musée interactif, visant à faire ressentir au visiteur l’expérience de l’immigration, fondatrice de la nation américaine. Il s’agit donc d’un lieu initiatique.”

On mesure le mélange d’ignorance crasse et de cynisme qui peut présider à une telle comparaison. Car l’”Europe” ne manque pas à l’heure actuelle de “lieux initiatiques… visant à faire ressentir l’expérience de l’immigration”. Au même moment, divers collectifs européens s’adressaient en effet aux parlementaires au sujet de ce qu’ils appelaient justement la “Directive de la honte” prévoyant :

La durée legale maximum de rétention à 18 mois 5 annees d interdiction de territoire en cas d’expulsion 5 années de prison en cas de refus d’embarquement.

L’esthétique européenne

L’Union européenne ne manque en fait pas de “monuments” emblématiques de la place qu’elle accorde à la culture dans le cadre des Partenariats Publics Privés (PPP) qu’elle promeut à tout-va, à l’instar du PDI.

D’abord son urbanisme si caractéristique et tellement citoyen, l’Etat belge ayant laissé les mains libres à une oligopole de promoteurs pour fournir à la CEE les centaines de milliers de m2 de bureaux dont elle avait besoin, sans le moindre souci urbanistique, éradiquant un quartier entier. Et cela à l’époque déjà au nom de la compétition entre villes que l’UE encourage désormais ouvertement à travers le benchmarking.

Un âge d’or dont certains architectes-urbanistes bien en cour à la Région, se frottent les mains en anticipant le retour… grâce à l’Europe et son « humanisation » bien évidemment :

« Lorsque l’Europe sera posée comme entité politico-économique (avec ou sans la Turquie et l’Ukraine), elle pourra alors, comme à Washington, décider de gestes forts. On démolira alors (sans regret) nos bâtiments actuels devenus, entre-temps, probablement totalement obsolètes. Une telle évolution sera sans doute radicale mais elle répondra d’un autre besoin de développement. Les pelleteuses d’aujourd’hui et de demain auront remplacé les incendies, les tremblements de terre ou les guerres de jadis » (Michel Jaspers)

Parions qu’il y a là un risque que les Bruxellois puissent continuer à se focaliser à l’avenir sur les « aspects négatifs comme l’urbanisation et le logement »…

Notons enfin que le PDI préconise, sans aucune ironie, la création d’un

« axe est-ouest, celui reliant le parc du Cinquantenaire, le Parc Léopold, la place et la rue du Luxembourg et Trône (extension possible vers le Mont des Arts) destiné à devenir un axe culturel et touristique” (PDI, p.56)

Après la quasi complète destruction du Quartier Leopold et la construction des autoroutes urbaines Béliard et Loir, il est en effet grand temps d’y penser…

Sur une partie de cet axe s’affichent d’ores et déjà dans l’espace public en format géant quelques “monuments” de l’iconographie dont l’UE a le secret, à grand renfort de banques d’images et de PPP [7].

Mais pour trouver le principe générateur de la destruction de la culture à travers son entière soumission au marketing (de ville ou autre) que favorise l’UE, à Bruxelles comme ailleurs [8], notamment à travers les PPP, il est bon de méditer, pensant à l’avenir de “Bruxelles, Capitale de l’Europe”, sur ces monuments pompiers que sont les sculptures du Parlement Européen.

L’ensemble de la production symbolique de l’Union européenne a en effet un petit air de famille que certains qualifient à juste titre de « réalisme néolibéral », à l’image de cette sculpture en fonte, plantée à l’entrée du Parlement, représentant une femme brandissant un « € »… qui fut sponsorisée par une entreprise sidérurgique « soucieuse de s’affirmer comme société européenne ». Le cahier des charges remis au sculpteur ne consistait en rien d’autre que la trivialité suivante : utiliser le matériau emblématique produit par cette entreprise pour représenter les symboles de l’Union européenne ; un projet qui se voulait « la concrétisation d’un accord particulier conclu entre les mondes de l’art, de la politique et de l’économie en vue de la réalisation en commun d’un projet profitable à tous »… Le discours d’inauguration précisait : « Une telle initiative ne s’intègre-t-elle pas dans les perspectives ambitieuses auxquelles nous convie l’Europe ? […] À savoir l’expansion des entreprises et leur coopération à l’échelle communautaire, l’amélioration de l’environnement et l’aspiration à une société tournée vers l’homme et la culture. » [9]

Affiche réalisée pour l’exposition A(rt)ctivisme (censurée par la société JC Decaux [10])

Telle est bien l’inspiration du PDI et toute ressemblance avec cette sculpture emblématique des politiques « publiques » en PPP, urbaines ou non, ne saurait être fortuite. Un PDI qui n’est finalement lui-même qu’un pur produit de marketing élaboré par des professionnels dépourvus dans leur discipline du moindre talent, qui ne doivent d’avoir pu refiler leur pensum pour une somme prohibitive à la Région, qu’à la propre crédulité du commanditaire (qui a pour elle toute la force de la doxa néolibérale, tout membre du PS qu’il soit). Il n’est sans doute pas non plus anodin de rappeler que Charles Picqué a occupé, entre deux mandats régionaux, les fonctions de Ministre de la Culture de la Communauté française dont la production, au moins dans le domaine des arts plastiques, a parfois un air de famille avec les élans pompiers du PDI…

• Benoît EUGENE, éditions Agone

Notes

[1] Voir le dossier consacré au PDI (y compris le document lui-même) sur le site du Comité du Quartier Midi

[2] A l’exception d’une remarque laissant entendre que la répartition communautaire des compétences rend difficile toute coordination. Passant évidemment sous silence que cette répartition permet en partie aux acteurs culturels de préserver une certaine autonomie vis à vis du politique en jouant des diverses sources de financement.

[3] Lire Mathieu Van Crieckingen, « La ville où les riches vivront heureux. La gentrification comme projet total », Revue Agone 38-39, à paraître avril 2008.

[4] De ce point de vue, l’expérience de la métropole concurrente, Lille aurait sans doute été plus utile que les manuels stéréotypés américains. Lire Bendy Glu, « La Culture comme propagande totale. Lille 2004, Capitale européenne de la culture », in Revue Agone, n°34, 2005.

[5] www.mariageartetentreprise.be

[6] Cité in Benoit EUGENE, « La politique de communication de l’UE », Revue Agone, n°34.

[7] Plus d’images : http://europa-museum.org/expo2.htm

[8] Le premier acte de politique culturelle de l’UE, dotée de compétences en ce domaine par le traité de Maastricht, fut de financer la mise en réseau des agences de rapprochement de la culture et de l’entreprise (type Art&Business, voir plus haut) sous le nom de CEREC (Comité européen pour le rapprochement de l’économie et de la culture) dont le secrétariat est assuré par la Fondation Promethea (Bruxelles)

[9] Plus de sculptures à l’adresse http://europa-museum.org/art_public/art_public.htm

[10] www.diablesroses.be


Actualités 2008-2010

Textes, articles et communiqués de presse des années 2008 à 2010.
Voir aussi les actualités 2005-2007 et 1990-2004.

> 2010

Mars 2010

– Comité du quartier Midi, mars 2010:
Le quartier Midi en téléchargement libre

– « Le Soir », 12 mars 2010:
Le projet Jean Nouvel sur une voie de garage?

– Télé Bruxelles, 10 mars 2010:
Gare du Midi: quelle Nouvel?

– « Le Soir », 9 mars 2010:
On est toujours sans « Nouvel »

– Comité du quartier Midi, 9 mars 2010:
Hutchinson scandalisé par l’afflux de milliardaires au Midi

– « La Libre Belgique », 3 mars 2010:
Trop secrète nouvelle gare du Midi

Février 2010

– Comité du quartier Midi, février 2010:
Des images de la future gare du Midi ?

– « La Libre Belgique », 11 février 2010:
“Moratoireke” : non peut-être

– « Le Soir », 11 février 2010:
Pas de moratoire sur les bureaux

Janvier 2010

– « Le Soir », 5 janvier 2010:
Jean Nouvel va couvrir la gare du Midi

– « La Capitale », 4 janvier 2010:
Bruxelles : une pétition contre la gare du Midi

____________

> 2009

Novembre 2009

– La Belgosphère, 26 novembre 2009:
Charles, te rappelles-tu d’Erdogan?

– Comité du quartier Midi, 25 novembre 2009:
« Les emmurés du Midi » sur la RTBF

– « Télé Moustique », 18 novembre 2009:
Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi

Octobre 2009

– BRAL, octobre 2009:
« Participez à la ville! »

Septembre 2009

– « Le Soir », 17 septembre 2009:
Une gare, ça change une ville !

Août 2009

– « Le Soir », 24 août 2009:
Pourquoi tout le monde aime Charles Picqué ?

Juillet 2009

– « Immo-Soir », 23 juillet 2009:
Les derniers défis de la gare du Midi

– « La Libre Belgique », 3 juillet 2009:
Le Midi : plus jamais ça ?

– Comité du quartier Midi, 2 juillet 2009:
Au Midi, pas de place pour l’espace public

– « Le Soir » , 2 juillet 2009:
La place Broodthaers attendra encore un an

– Belga, 7 mai & 1er juillet 2009:
Nouveaux hôtels prévus au Midi

Juin 2009

– “Le Soir”, 27 juin 2009:
Un vent nouveau souffle sur le Midi

– Télé Bruxelles, 26 juin 2009:
Journal télévisé

– Brussel deze week, 24 juin 2009:
De leerling-tovenaar van de Zuidwijk

– Parlemento.com, 6 juin 2009:
Bruxelles-Midi: destruction populaire et censure socialiste

– « Le Pan », 3 juin 2009:
Censure d’une grosse brique ?

– BxlBlog, 3 juin 2009:
Quelques lectures à caractère politique ou citoyen

Mai 2009

– « La Dernière Heure », 30 mai 2009:
« Plus jamais » la saga du Midi

– Brusselnieuws, 29 mei 2009:
Bruxelles-Midi, de Zuidwijk te boek

– “Le Soir”, 28 mai 2009:
Pas de quartier pour les pauvres

– « Trends-Tendances », 28 mai 2009:
Picqué et « Les Bronzés font de l’immobilier »

– Aden, 28 mai 2009:
Soirée de présentation du livre « Bruxelles-Midi,
l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle »

– “AlterEchos”, 15 mai 2009:
Les quartiers des gares, entre développement urbain et détricotage social

Avril 2009

– Journal de la Confédération des organisations de jeunesse (COJ), avril 2009:
Bruxelles Midi : quand nettoyage et mixité font bon ménage

– “Le Soir”, 23 avril 2009:
Le Progrès arrêtera-t-il le RER ?
+ La lente « extrême urgence » du quartier Midi

Mars 2009

– “La chronique de la Ligue des droits de l’homme” n°131, mars 2009:
Le démon du Midi : pas de quartier pour les habitants

Février 2009

– « La Dernière Heure », 10 février 2009:
Détours à la cité perdue

– « Solidaire », 3 février 2009:
Les détours du quartier du Midi

– De Standaard, 2 februari 2009:
« In de Zuidwijk is een waar spelletje Monopoly gespeeld »

Janvier 2009

– « La Tribune de Bruxelles », 27 janvier 2009:
Détours au Midi

– TV Brussel, 22 januari 2009:
Tentoonstelling over Zuidwijk

7sur7.be et Infomonde.be, 20 janvier 2009:
L’expo « Détours au Midi » exprime 20 ans de gâchis

– RTBF, 16 janvier 2009:
Quartier du Midi : 20 ans de grosse galère pour les habitants

– Radio 1, 15 januari 2009:
20 jaar geknoei in de Brusselse Zuidwijk

– FM Brussel, 15 januari 2009:
Zuidwijk

– Exposition au Pianofabriek du 15/01 au 15/03/2009
Tentoonstelling in Pianofabriek van 15/01 tot 15/03/2009:
Le quartier du Midi, 1989 – 2009 : 20 ans de “revitalisation urbaine”
De Brusselse Zuidwijk van 1989 tot 2009 : 20 jaar “heropwaardering”

____________

> 2008

Décembre 2008

– « Le Soir », 16 décembre 2008:
Un quartier d’affaires au Midi

– La chronique de Paul Hermant, RTBF, 11 décembre 2008:
Vive les droits de l’homme d’affaires

– “La Dernière Heure”, 10 décembre 2008:
Le Midi a un Prix

– JT RTBF, 9 décembre 2008:
Le « Comité du Quartier Midi », à Bruxelles, a reçu
le prix « Régine Orfinger-Karlin »

– Dépêche Belga, 9 décembre 2008:
Le comité de quartier du Midi récompensé
par la Ligue des Droits de l’Homme

– Ligue des droits de l’homme, communiqué de presse, 9 décembre 2008:
Le comité du quartier Midi lauréat du prix Régine Orfinger
de la Ligue des droits de l’homme 2008

– Bxl.blog, 6 décembre 2008:
Quartier Midi: la faillite de l’urbanisme

Novembre 2008

– Dépêche Belga, 26 novembre 2008:
L’affaire de l’hôpital militaire d’Ixelles paralysée

– « Le Soir », 14 novembre 2008:
Guillemins : en toute opacité

– Marseille 2008, 12 novembre 2008:
Une spéculation publique dans la Capitale de l’Europe

Octobre 2008

– “Le Soir”, 30 octobre 2008:
Il ne reste que vingt familles au Midi

– « Le Soir », 29 octobre 2008:
Ce qui reste de l’îlot A sera démoli

– Communiqué de presse (Comité du quartier Midi, BRAL, IEB & RBDH),
28 octobre 2008:
Rénovation de l’îlot A : un nouveau feuilleton à rebondissements
dans le quartier du Midi

– Le blog d’Ariane, d’Ulysse, d’Ibrahima… et le kabar, 13 octobre 2008:
Bruxelles et le quartier Léopold perdent un de leurs plus généreux
emmerdeurs

– Comité du quartier Midi, 5 octobre 2008:
Le PDI, acte III. Mais quid de la “zone prioritaire” du Midi?

Septembre 2008

– “Humo”, 9 september 2008:
“Onze wijk is dood. Vermoord door de overheid en de speculanten”

Août 2008

– “Le Soir”, 22 août 2008:
Projet majeur face à la gare du Midi

– “La Libre Belgique”, 21 août 2008:
Nouveau projet gare du Midi

Juillet 2008

– Parlement régional bruxellois, 16 juillet 2008:
Interpellation concernant la décision de rénover l’îlot A
du quartier Midi
(pdf)

– “Le Soir”, 8 juillet 2008:
L’îlot A du quartier du Midi ne sera pas démoli

– “La Dernière Heure”, 8 juillet 2008:
La rue de Mérode sera un peu moins défigurée

– “La Libre Belgique”, 8 juillet 2008:
Midi, l’heure de la “rénovation”

– Dépêche Belga, 7 juillet 2008:
Bxl-Midi: Picqué et l’ARAU d’accord pour rénover plutôt que démolir

– Communiqué de presse Charles Picqué & ARAU, 7 juillet 2008:
Rénover plutôt que démolir (doc)

– Comité du quartier midi, 3 juillet 2008:
Le quartier Midi dans votre salon !

Juin 2008

– “Politique” n°55, juin 2008:
Quand la SNCB fait de la spéculation

– “La Libre Belgique”, 12 juin 2008:
“Eviter un quartier du Midi bis !”

– “Le Soir”, 12 juin 2008:
Expropriations massives

Mai 2008

– Parlement régional bruxellois, 29 mai 2008:
Interpellation concernant le « protocole de coopération » (entre la Région,
les communes de Saint-Gilles et Anderlecht, la SNCB et sa filiale
Eurostation) concernant le réaménagement de la gare du Midi
et de ses abords
(pdf)

– “Le Soir”, 21 mai 2008:
Le comité Midi honoré

– “La Dernière Heure”, 21 mai 2008:
Un chardon à la mobilité du quartier européen

– Dépêche Belga, 20 mai 2008:
Palme au Comité Midi. Chardon au futur Quartier européen.

– Inter-Environnement Bruxelles, 20 mai 2008:
Inter-Environnement Bruxelles remet sa Palme 2007
au Comité du quartier Midi

– “Brussel deze week”, 14 mei 2008:
De ziel uit de Zuidwijk

– “Le Soir”, 9 mai 2008:
Saga Midi : un film et un jugement

– “La Libre Belgique”, 8 mai 2008:
Quartier Midi : “La Région doit changer d’attitude”, selon l’Arau

– “Le Soir”, 7 mai 2008:
Les plaies du Midi se referment mal

– “La Dernière Heure”, 7 mai 2008:
Condamnation confirmée

– Dépêche Belga, 6 mai 2008:
La Région doit changer d’attitude

– Communiqué de presse, ARAU & Comité du quartier Midi, 6 mai 2008:
La saga du quartier Midi continue devant les tribunaux

– Communiqué de presse, ARAU & Comité du quartier Midi, 6 mai 2008:
La Région de Bruxelles-Capitale à nouveau condamnée
pour ses pratiques au quartier Midi

– « Trends-Tendances », 1er mai 2008:
Les propriétaires lésés du quartier du Midi réclament justice (pdf)

Avril 2008

– Comité du quartier Midi, avril 2008:
En mai, le quartier Midi s’affiche à Saint-Gilles…

Mars 2008

– La Première, 15 mars 2008:
Emission “Transversales” sur le quartier Midi

– « La Dernière Heure », 14 mars 2008:
La saga imagée du Midi + Des toilettes vues 280.000 fois !

– Comité du quartier Midi, 1er mars 2008:
Voir ou revoir “Dans 10 jours ou dans 10 ans…”

Février 2008

– Comité du quartier Midi, 19 février 2008:
Nouvel incendie dans une maison de la Région bruxelloise à Saint-Gilles

– “Le Soir”, 18 février 2008:
« On ne casse pas du pauvre »

– “Le Soir”, jeudi 14 février 2008:
On ne prête qu’aux riches

– Comité du quartier Midi, février 2008:
Rapport de la Cour des comptes sur la politique fédérale des grandes villes

– Télé Bruxelles, 11 février 2008:
Le débat: quel avenir pour le quartier Midi?

– “Moniteur belge”, 11 février 2008:
Parution du nouvel arrêté d’expropriation

– Février 2008:
Avis de la Commission de concertation sur le nouveau plan d’expropriation

– “La Tribune de Bruxelles”, 7 février 2008:
“Sinistre et sale”

– “Le Soir”, 5 février 2008:
Un ratage magistral au Midi ?

– Comité du quartier Midi, 1er février 2008:
Un sénateur-député publie un rapport sur le “fiasco” du quartier Midi

– “La Libre Belgique”, 1er février 2008:
“Mettre fin à cette triste saga”, dit Alain Destexhe

– “La Dernière Heure”, 1er février 2008:
“Sauver ce qui peut l’être…”

– “Le Soir”, 1er février 2008:
Destexhe descend (sur) le Midi

– DailyMotion, 1er février 2008:
Bruxelles: saccage au quartier Midi

Janvier 2008

– Alain Destexhe, 31 janvier 2008:
Quartier du Midi: Welcome in Brussels!

– RTL, 31 janvier 2008:
Le lifting du quartier du Midi, sinistre et sale, est un échec

– Réseau Nov-Vox, 30 janvier 2008:
Quartier Midi : telle n’est pas la capitale de l’Europe que nous voulons

– “Le Soir”, 29 janvier 2008:
Paul-Henri Spaak se pose au Midi

– SkynetActu, 29 janvier 2008:
Un buste de Paul-Henri Spaak dévoilé à Bruxelles-Midi

– Télé Bruxelles, 28 janvier 2008:
Paul-Henri Spaak honoré

– “Une tribune pour Bruxelles” (Baudouin Peeters), 23 janvier 2008:
Gare du Midi, quel gâchis !

– Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008:
Expédition punitive de la SA Bruxelles Midi au Rue de Mérode, 53

– “Le Soir”, 16 janvier 2008:
« Rénover c’est chasser »

– « La Libre Belgique », 16 janvier 2008:
Les Editions Agone expulsées

– “La Dernière Heure”, 16 janvier 2008:
Expropriées manu militari

– BrusselNieuws, 15 januari 2008:
Drukkerij Agone boos om onteigening in Zuidwijk

– Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008:
La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi

– Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008:
La société mixte régionale SA Bruxelles Midi persiste
dans ses pratiques de harcèlement

– Coordination anti-démolition des quartiers populaires, 9 janvier 2008:
Quartier Midi : telle n’est pas la capitale de l’Europe que nous voulons

– Parlement régional bruxellois, 8 janvier 2008:
Françoise Dupuis: “c’est de loin le dossier le plus compliqué,
et probablement le plus lent, que nous suivions actuellement”












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