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Charles Picqué veut mener le jeu TGV de la gare du Midi

JEAN-CLAUDE VANTROYEN – LE SOIR – Samedi 2.06.1990

La spéculation à très grande vitesse

Pas question d’offrir la viande aux promoteurs et de laisser la mauvaise graisse à la Région.

Avec l’arrivée du TGV en gare du Midi, c’est tout un train de changements qui va s’opérer dans le quartier. Un quartier en pleine dégradation. Côté St-Gilles, le bâti est léprosé et accueille une population socialement défavorisée et des activités économiques modestes. Côté Anderlecht, c’est hétérogène, tiers habitat, tiers entreprises d’une certaine ampleur, tiers activités administratives.

Un quartier déjà en plein encombrement: la gare, la poste, les fonctionnaires de la tour du Midi, les entreprises…

Et c’est là que s’abat aujourd’hui une spéculation assez extraordinaire. Les investisseurs privés veulent tous en être. On achète par-ci par-là espérant réaliser par la suite des affaires juteuses…

– Actuellement tout le monde se mêle de faire quelque chose au Midi, dénonce Charles Picqué. Si nous laissons chacun occuper le terrain, le quartier ne profitera pas d’une rénovation. Vous savez, l’espace public, ça n’intéresse personne parce que ça ne rapporte pas d’argent. Faute de planification, les investisseurs font tout ce qui est rentable et pas le reste. Nous disons non à cela, nous voulons éviter un processus qui donne la viande aux investisseurs privés et ne laisse que la mauvaise graisse à la Région. Alors nous désirons globaliser le risque, solidariser l’ensemble des acteurs. Il nous faut de la clarté.

Le président de la Région bruxelloise propose dès lors une formule de travail.

– Et une formule qui soit efficace. Nous prévoyons ceci. D’abord la création d’un syndicat d’études, formé de la Région, des communes concernées, de la SNCB, de la Stib et sans doute du Crédit communal que nous avons sollicité. Et, une fois tout mis au point, la création d’une société opérationnelle mixte investisseurs privés – autorités publiques, qui assurera la réalisation des tâches décidées.

La Région a confié à deux architectes-urbanistes, Jean de Salle et Christian Frisque, «l’élaboration d’un schéma de développement en vue de revitaliser les abords de la gare tant en ce qui concerne les activités économiques que la fonction logement et les équipements complémentaires». Après avoir identifié les problèmes et pris les options stratégiques, les architectes étudient maintenant les options d’aménagement et le schéma directeur. Celui-ci, ils devront le déposer début juillet à l’exécutif. L’enquête publique sur ce schéma directeur devra s’organiser début septembre. Devra: la SNCB veut commencer des travaux à l’été 91.

Quelles sont ces options? Les architectes veulent d’abord créer une porte à la ville, marquer ce noeud de communication qu’est la gare par un signal visible qui en souligne le caractère international. Il n’a pas encore de forme réelle mais il devrait s’installer entre la place de la Constitution et la rue de l’Argonne.

Ils veulent ensuite conforter les fonctions existantes, c’est-à-dire l’habitat, à l’est de la rue de Mérode et à l’ouest de la rue Bara.

Entre les deux, un quartier multifonctionnel: habitat, bureaux, commerces, horeca, équipements. Trois grands espaces publics seraient installés autour de la gare, côté Argonne (place Fonsny?), côté Fonsny (place de Hollande?), côté France (place de France?). Et trois liaisons est-ouest seraient créées: rue de l’Argonne piétonne, rue d’Angleterre prolongée jusqu’à la rue de Fiennes, rue Rossini prolongée vers la gare.

Les voiries contiguës à la gare seront débarrassées de leur trafic de transit; celui-ci sera regroupé sur le boulevard Industriel prolongé, la rue Bara partiellement élargie et le boulevard Jamar. La rue de Mérode retrouvera son double sens de circulation. Les transports de la Stib et de la SNCV seront regroupés avenue Fonsny.

– Attention, intervient Jacques Van Grimbergen, chef de cabinet adjoint de M. Picqué, ce ne sont que des options, pas encore des réalités.

Il n’empêche: c’est vers ce genre de pôle de développement que l’on s’achemine. Avec une Région bruxelloise qui veut fermement fixer les règles du jeu de ce dossier. Pas question de laisser faire. De toute façon, elle dispose d’un levier, d’une clef, d’une position de force: c’est elle qui délivre les permis de bâtir…


L’habitat déraille au Midi

DANIEL COUVREUR – LE SOIR – Vendredi 2.10.1992

La Région baisse la garde face aux spéculateurs du Midi. Inter-Environnement voit l’avenir du quartier en bureaux lacés d’autoroutes.

En 1989, la SNCB annonçait l’arrivée du TGV au Midi, et son intention de financer l’opération par la construction de 350.000 m2 de bureaux. Immédiatement, une vague de spéculation submergeait le quartier. La Région a tenté de maîtriser les promoteurs et de limiter l’appétit immobilier de la SNCB à 160.000 m2. Dans cette voie, un schéma régional de développement fut arrêté par l’exécutif en mai 1991 pour garantir le bon aménagement des abords de la gare du Midi.

Ce schéma devait assurer la protection et la rénovation des habitations, l’équilibre entre le commerce, le logement et les nouvelles fonctions administratives, la restructuration des espaces publics, la modération du trafic automobile et la protection du patrimoine ancien. Vaste programme…

Aujourd’hui, les plans d’affectation des sols (PPAS) inspirés par le schéma régional sont à l’enquête publique. Inter-Environnement les a examinés avec horreur et stupéfaction. Selon son porte-parole, Jean-Michel Mary, la Région a tout cédé aux promoteurs. Les PPAS sont dessinés sur mesure pour les bâtisseurs de bureaux et les couleurs de bitume.

Le schéma promettait des petites places publiques conviviales, où le bureau n’étoufferait pas le logement. D’un côté de la gare, du côté de la rue Fonsny, le PPAS autorise 88.000 m2 de bureaux pour 29.000 m2 de logements et 15.000 m2 de commerces. De l’autre, côté rue de France, il y a 160.000 m2 de bureaux pour 10.000 m2 de logements. Inutile de dire que ces endroits seront particulièrement animés après 17 heures, conclut Inter-Environnement.

SIX MILLE HABITANTS EN SURSIS

En outre, constate l’association, la rue Bara devient une voie de pénétration reliant la petite ceinture au ring de Bruxelles. Elle est élargie à 30 m et comptera cinq bandes de circulation. Le passage des piétons se fera en souterrain. De quoi modérer le trafic assurément… Par ailleurs, rien n’a été entrepris pour reloger les habitants dont les maisons doivent être rasées pour construire les bureaux. Le comité de défense de Saint-Gilles ne sait plus à quel saint immobilier se vouer. Son président assure que 70.000 m2 de logements modestes sont déjà condamnés.

Six mille personnes habitent dans le quartier Fonsny, explique le comité. Le 22 septembre, nous avons rencontré les responsables de l’urbanisme de Saint-Gilles. Quelques millions ont été inscrits dans le budget communal au titre d’aide au relogement. C’est dérisoire compte tenu du niveau des prix immobiliers. Et puis, la majorité des gens refusent de quitter le quartier. Nous avons parfois l’impression qu’on cherche simplement à se débarrasser de nous.

Sur l’autre quai de la gare, rue de France, c’est Cureghem qui désespère. Peu de gens seront expropriés mais l’élargissement de la rue Bara va transformer le quartier en zone de transit.

Quinze familles vont être mises à la rue et des petites entreprises expulsées, expliquent les riverains. Et surtout, le plan de circulation ne tient aucun compte de l’intérêt local. La Région a ressorti le plan d’autoroute de pénétration contre lequel nous nous sommes battus en 1979. Nous disons non.

RIEN SINON LA GARE TGV

Inter-Environnement demande par conséquent l’arrêt de tous les plans d’aménagement qui ne concernent pas directement le terminal TGV. Selon Jean-Michel Mary, l’utilité publique des expropriations est tout à fait contestable dans les îlots de la rue Fonsny. Techniquement, il est possible d’accueillir le TGV sans construire des milliers de mètres carrés de bureaux. Les plans d’affectation des sols, ajoute Inter-Environnement, n’ont d’autre utilité que de valoriser la spéculation des promoteurs.

Certaines astuces dans les PPAS frisent même la malhonnêteté, précise l’association. Ainsi, par exemple, l’autorisation faite, dans un îlot contrôlé par l’immobilière Louis Dewaele, de construire à 15 m sous corniche… avec une hauteur sous faîte de 33 m. Autrement dit, les façades des bureaux auront un gabarit correspondant à ceux de la rue (15 m) mais le toit culminera à 48 m!

Les victimes de ces «tripotages»? Les Bruxellois forcés de quitter le quartier par la flambée des prix et les autres qui seront bientôt expulsés, répond Inter-Environnement. Pour redresser le tir, il faudrait d’urgence élaborer un plan de relogement global et d’accompagnement social pour ces populations.

Charles Picqué planche dessus et pense le mettre sur rails la semaine prochaine.

Chaque mètre carré de bureaux coûtera cher aux promoteurs

Au cabinet de Charles Picqué, le directeur-adjoint Jacques Van Grimbergen est convaincu de la fidélité des nouveaux plans particuliers d’affectation des sols (PPAS) au schéma de développement des abords de la gare du Midi. À ses yeux, les PPAS ne font pas la part belle aux promoteurs, que du contraire: pour chaque mètre carré de bureau construit, la Région imposera des charges d’urbanisme, dont le montant permettra d’aménager des logements de compensation ou d’améliorer l’espace public.

Nous n’avons pas envie de répéter les erreurs du quartier Nord, déclare Jacques Van Grimbergen. Notre démarche est cohérente. Et si dans certains îlots, il y a beaucoup de bureaux, c’est sur l’ensemble du quartier que l’équilibre des fonctions doit être jugé.

Des places publiques désertes à la tombée de la nuit? Jacques Van Grimbergen n’y croit pas. Les plans seront affinés pour l’éviter.


Table rase des immeubles dévastés d’un îlot du quartier Midi

ANNICK HENROTIN – LE SOIR – Vendredi 24.12.1993

Trente-cinq mille mètres carrés de bureaux à deux pas du TGV

Une bonne partie des habitations comprises entre les rues de Mérode, de Russie et l’avenue de la Porte de Hal viennent de disparaître, balayées par les bulldozers. Ce coin de Saint-Gilles, proche de la gare du Midi, était depuis des mois laissé à l’abandon. Des squatters rôdaient dans les maisons vides. Dernièrement, un meurtre commis dans l’un des bâtiments ajouta à la colère et à l’inquiétude des riverains scandalisés de voir cet îlot pourrir sur pied depuis tant de temps.

La compagnie immobilière De Waele, qui avait racheté le tout, attendait le plan particulier d’aménagement du sol (PPAS) pour pouvoir agir. Celui-ci, décidé il y a un an, autorise l’implantation de bureaux sur tout le périmètre.

Aujourd’hui, du moins, l’espoir de voir la situation évoluer est bien réel. Un projet, déposé par l’immobilière De Waele, a reçu l’aval communal le 6 octobre dernier. Dans ce cas-ci, la délivrance du permis d’urbanisme ne nécessitait aucune enquête publique puisque les plans de l’architecte respectent scrupuleusement les prescrits du PPAS.

Le projet porte sur la construction d’un complexe de bureaux de 35.000 m2. Du côté des rues de Mérode et de Russie, les bâtiments s’aligneront sur les gabarits des immeubles voisins. À front de boulevard, par contre, les immeubles seront plus imposants et avanceront en gradins jusqu’à un rez + 5 + toiture.

Encore faut-il que le détenteur du permis décide de le mettre en oeuvre. On connaît en effet la morosité actuelle du marché de l’immobilier en matière de bureaux. Si les PPAS voisins de la gare du Midi étaient acceptés par la tutelle, ce serait 400.000 m2 en plus de bureaux qu’il faudrait gérer. De quoi décourager le promoteur le plus optimiste.

Heureusement pour Jean Thomas, administrateur délégué de De Waele, Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise, est conscient du problème et a décidé de bloquer l’avancement des PPAS riverains (Fonsny 1 et Bara 2). De cette manière, l’offre aurait des chances de rattraper la demande… et l’immobilière De Waele aurait une belle longueur d’avance sur tous les autres futurs projets de bureaux lors de l’arrivée du TGV en gare du Midi. Une manière comme une autre d’encourager ce dernier à entamer sans délai la construction de son projet. Le quartier a bien besoin de retrouver un tissu urbain aujourd’hui déchiré.


Piocher l’avenir dans le quartier du TGV à la gare du Midi

GUY BERNARD,DANIEL COUVREUR ET MICHELLE LAMENSCH – LE SOIR – Mercredi 21.9.1994

Charles Picqué est entré dans l’histoire bruxelloise pour avoir ravalé l’image de sa commune. La rénovation urbaine, c’est lui. Avant son accession à l’hôtel de ville de Saint-Gilles, personne n’avait tenté d’en essuyer les plâtres.
Mais rien n’est jamais acquis. Le ministre-président-bourgmestre en fait aujourd’hui la douloureuse expérience. La commune rêvait de moderniser ses bas-quartiers d’un coup de baguette à grande vitesse. L’effet TGV devait redynamiser les abords de la gare du Midi au bâti déficient. Des grands projets hygiénistes de réurbanisation allaient redorer les environs de l’avenue Fonsny… Le rêve n’est pas devenu réalité.

La perspective de la manoeuvre immobilière a aiguisé les appétits. Des promoteurs ont reniflé le festin de plus-values. Des maisons qui se négociaient pour deux briques se sont envolées à 16 millions. Les entreprises Dewaele, les Suédois de Nordic Construction, les majors belges CFE, Maurice Delens, Van Rymenant, la Compagnie immobilière de Belgique, la Société belge des bétons se sont rués au Midi. Le TGV a fait mousser le foncier et les pouvoirs publics ont été impuissants à maîtriser les marchandages en cours.

L’angoisse s’est insinuée dans le bas de Saint-Gilles. Le syndrome des expulsions du quartier Nord rôdait. Près de 200 petites entreprises et 450 familles se sentaient menacées de déménagement. Fin 1992, une quarantaine d’immeubles de l’avenue Fonsny étaient déjà partiellement ou totalement déserts. Rue de Mérode, une trentaine d’autres cédaient à l’abandon. Plus de 50 % de la population des îlots concernés par les rumeurs d’expropriation était constituée de personnes âgées. Ces pensionnés tremblaient à l’idée d’un déracinement. Dans leur esprit, le grand chambardement du TGV se transformait en petite mort. Écolo hurlait à la catastrophe sociale, tandis que la Région mettait sur pied la société d’économie mixte Bruxelles-Midi pour tenter de calmer la spéculation.

L’IMMOBILIER EN VEILLEUSE

Pendant deux ans, Bruxelles-Midi va étudier l’avenir du quartier, négocier des charges d’urbanisme et des compensations logements auprès des promoteurs, réfléchir aux aménagements urbains et à la circulation. Une structure d’accueil et d’information des habitants sera mise en place. Les compensations et les taxes sur les bureaux devaient générer 200 millions pour créer des logements sociaux. En échange, des espaces de bureaux supplémentaires et non conformes au schéma directeur de la Région seraient accordés aux promoteurs.

Le crash international de l’immobilier, le tassement des valeurs bruxelloises et les retards de la SNCB dans le projet TGV viendront déstabiliser Bruxelles-Midi. Début 94, la société est mise en veilleuse. Aujourd’hui, tous les plans d’aménagement sont gelés pour cause de stagflation foncière et d’enquête publique du plan régional de développement (PRD). Charles Picqué espère la reprise et attend l’approbation du PRD pour fixer l’avenir du quartier du Midi. Ce répit doit permettre à la population d’exprimer clairement son point de vue sur le futur de la zone TGV.

Le seul projet dont le plan particulier d’aménagement a déjà été approuvé concerne l’îlot de la rue de Russie, où un promoteur développe un vaste projet de bureaux. Le dossier en est au stade de la demande de permis d’environnement. Seule l’expropriation d’un vieil hôtel de passe fait encore obstacle au chantier. Pourtant, l’immense terrain vague qui entoure cette maison close effraye les riverains. La crainte de voir tout le quartier basculer dans la jachère s’enracine…

Charles Picqué est conscient que l’échec de la rénovation au Midi pourrait compromettre dix ans d’efforts urbains à Saint-Gilles. Il avoue que les précédentes opérations de revitalisation ont tracé un véritable «cordon sanitaire» autour du quartier. Avant de laisser parler les pioches, il veut être certain de l’aboutissement des projets et de la volonté d’engagement des investisseurs privés. C’est le plus important programme d’aménagement jamais entrepris à Saint-Gilles. Ça passe ou ça casse et c’est l’enjeu majeur de la prochaine législature.

Dans sept ou huit ans, si le Midi se donne une nouvelle façade positive, la commune aura gagné à la fois des habitants et des taxes. Le quartier TGV peut contribuer au redressement humain et financier de Saint-Gilles, à condition d’en maîtriser l’évolution.

[Extrait du dossier originellement titré : Les urnes Saint-Gilloises brunes de honte. L’effet Picqué fera-t-il oublier les affaires socialistes? Quel sera le score de l’extrême droite? La démocratie est en question à Saint-Gilles.]


Contrat de quartier « Fontainas »

Tout autour du périmètre d’expropriation du PPAS Fonsny n°1, la Commune de Saint-Gilles a dessiné un nouveau contrat de quartier, dont les contours vont jusqu’au Parvis de Saint-Gilles.

Le schéma de base du Plan de développement international de Bruxelles nous apprend que ce contrat de quartier, “qui a pour ambition le redéploiement de la Gare vers le centre de Saint-Gilles”, s’inscrit dans une perspective plus large: celle de faire du Midi « le Pôle business du futur ».

Le périmètre provisoire d’étude est délimité par :
Rue de Mérode, rue de Russie, avenue Fonsny, avenue de la Porte de Hal, avenue Jean Volders, Parvis Saint-Gilles, rue de l’Eglise Saint-Gilles, rue d’Andenne, rue Vanderschrick, chaussée de Forest, rue Théodore Verhaegen, Place de Bethléem, rue Joseph Claes.

Il concerne en tout où en partie, les rues suivantes :
Rue d’Argonne, rue d’Angleterre, rue de Hollande, rue de Suède, Cité Fontainas, rue Fontainas, rue César Depaepe, rue des Vieillards, rue Vlogaert, Square Jacques Franck.

Le contrat de quartier est en enquête publique du 10 au 24 septembre. Il sera débattu en commission de concertation le 2 octobre.

Lire la brochure de présentation publiée par la Commune de Saint-Gilles.


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