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Pourquoi tout le monde aime Charles Picqué ?

– « Le Soir », 24 août 2009

Cet apôtre du consensus entame son 4e mandat à la tête de Bruxelles-Capitale. Les secrets d’un record.
Le 7 juin dernier, 37.752 Bruxellois ont voté Charles Picqué. Certes, c’est 20.000 suffrages de moins.

Le 7 juin dernier, 37.752 Bruxellois ont voté Charles Picqué. Certes, c’est 20.000 suffrages de moins qu’il y a quatre ans. Mais cela s’est révélé amplement suffisant pour renvoyer son adversaire MR, Armand De Decker (28.359 voix de préférence), à son cher Sénat et, quelques semaines plus tard, signer un quatrième bail à la présidence de la Région-Capitale.

Avec Charles Picqué, la chronique politique bruxelloise en viendrait à prendre des accents de kermesse du Midi d’avant-guerre, quand le badaud était invité à tomber le gibus et à se mesurer au lutteur professionnel en maillot de corps : « A qui le tour ? Qui osera se mesurer au Grand Charles, à “Monsieur Bruxelles”, invaincu depuis vingt ans ? » Emerge alors dans notre imaginaire un chromo sépia de Jacques Simonet : silhouette longiligne et œil narquois derrière les binocles à montures rondes. Outre un répertoire inépuisable de blagues gauloises, le lascar avait en commun avec Picqué ce sens inné du contact, mâtiné d’une sorte de réalisme sans illusion…

Les régionales 2005 entre les deux hommes s’annonçaient grandioses. On ne fut pas déçu : 36.382 voix pour Simonet, assez pour devenir ministre-président en 2009. Mais 59.216 pour Picqué, son meilleur score à ce jour. Il n’y aura, hélas, jamais de match revanche.

Ce mano a mano fiévreux constitue sans doute l’acmé politique de Charles Picqué. C’est qu’à l’époque, l’homme jouait gros. Il ne se contentait pas de défier le petit jeune qui montait, il tentait un come-back. Picqué avait en effet quitté l’arène régionale en 1999, émoussé par deux mandats présidentiels de rang – singulièrement le second, très conflictuel, aux côtés d’Hervé Hasquin – pour devenir un commissaire du gouvernement fédéral chargé de la Politique des grandes villes, puis un ministre fédéral de l’Economie et de la Recherche scientifique assez décevant. Un homme du passé ? Jacques Simonet le clamait haut et fort dans les meetings libéraux, comme pour mieux s’en convaincre…

Ce n’est pas tant que Charles Picqué soit grand amateur de brocantes devant l’Eternel… C’est que, du « bon vieux temps », en privé, il parlait souvent. Des années héroïques, quand tout était à faire dans ce far-west bruxellois, à commencer par l’instauration de lois urbanistiques. Du premier gouvernement régional, installé en 1989, qui fit mentir tous les Cassandre qui avaient prédit que la jeune Région bicommunautaire, étriquée dans ses dix-neuf communes et sous-financée par le pouvoir fédéral, se révélerait promptement ingouvernable. Le seul fait que le FDF et la Volksunie aient pu cohabiter sans heurts majeurs durant six ans semble, de nos jours, tenir du miracle.

Le « miracle bruxellois ». Une expression peu à peu consacrée, dont Charles Picqué recueillit les dividendes politiques. Mais sa réussite ne surprit pas outre mesure ceux qui suivaient la politique locale…

L’homme s’était fait remarquer dès l’âge de 28 ans, en 1976, en tant que secrétaire général de l’organisation des fêtes du vingt-cinquième anniversaire du règne de Baudouin Ier. L’année suivante, il rentra à la Fondation Roi Baudouin, avec rang de premier conseiller.

Ses débuts politiques seront modestes : 138 petites voix de préférences sur la liste socialiste aux élections communales de 1982, à Saint-Gilles. Mais ce score maigrelet ne l’empêchera pas de devenir échevin de l’urbanisme.

Très vite, Picqué va se distinguer par une politique très volontariste de revitalisation du tissu urbain de sa commune paupérisée. Sous sa houlette, ce sont des centaines d’immeubles qui seront rachetés par la régie foncière, restaurés, puis remis en location à une population rajeunie. Vous avez dit « gentrification » ? Un mot par trop idéologique pour Picqué-le-pragmatique.

En 1985, quand le bourgmestre Corneille Barca se retire en pleine législature, il ceint provisoirement l’écharpe mayorale. Il ne la dénouera plus.

Au soir des élections communales de 1988, Charles Picqué a multiplié ses voix de préférence par cinquante (7.095 voix). La machine est lancée. La même année, il est élu député fédéral PS de Bruxelles et, dans la foulée, devient ministre de la Communauté française en charge des Affaires sociales et de la Santé, sur recommandation de Philippe Moureaux à Guy Spitaels, lassé des valses-hésitations de Roger Lallemand.

En 1989, quand vient l’heure de désigner les têtes de listes pour les premières élections régionales bruxelloises, tous les regards se tournent vers ledit Moureaux, l’homme qui, avec Jean-Luc Dehaene, a sorti la Région-Capitale du frigo institutionnel.

Mais il préfère rester vice-Premier au Fédéral et adoube Picqué, avec qui les points de frictions idéologiques sont pourtant nombreux. Pour mieux tirer les ficelles en coulisses ?

La rumeur d’un ministre-président sous influence circule depuis vingt ans dans le landerneau bruxellois. « Charles Picqué n’a pas toujours eu les plein pouvoirs par rapport à la Fédération socialiste et plus singulièrement son président, Philippe Moureaux, confirme ainsi le libéral Hervé Hasquin, ministre sous Picqué II. Il suffisait de voir les personnes qui travaillaient avec lui, dans son cabinet… »

Charles Picqué sous tutelle ? Philippe Moureaux dément. « Par rapport à la présidence de la Région, il a tout de suite pris son envol », glisse-t-il. Sans toutefois nier les divergences de vues : « On n’a pas la même sensibilité sur certains dossiers et il nous est arrivé d’avoir des frictions. » Une pointe d’accent populiste, parfois, qui a le don d’agacer le patron des socialistes bruxellois ? « Charles a effectivement parfois un côté populiste et c’est certainement un des points qui nous différencie, acquiesce Moureaux. Mais c’est un homme qui a une empathie exceptionnelle, une capacité à capter une importante popularité. C’est un unificateur. Neuf fois sur dix, c’est un avantage. Cela devient un désavantage dans les moments où il faut trancher. C’est peut-être pour cela que le couple Picqué-Moureaux a fonctionné : quand il faut utiliser le couperet, c’est plutôt moi qu’on appelle… »

Si Charles Picqué est capable d’exprimer les sentiments des milieux populaires (définition neutre du populisme), dans le huis clos des conseils des ministres, Guy Vanhengel, le ci-devant ministre bruxellois et actuel vice-Premier fédéral VLD, lui connaît au contraire un petit côté technocrate. « C’est un type qui adore la réflexion, explique-t-il. Ce qui est typique chez lui, c’est de toujours vouloir tout maîtriser à fond, de multiplier les études… Selon moi, c’est une vieille habitude qui date de la Fondation Roi Baudouin… »

Une chose est claire dans l’esprit de Vanhengel : Picqué est un socialiste atypique. « Je le lui ai souvent dit : c’est un libéral qui s’ignore !, sourit notre interlocuteur. Et c’est parce qu’il n’est pas dogmatique, qu’il est au contraire très pragmatique dans ses approches des problèmes, qu’il a connu le succès. »

Hervé Hasquin nuance quelque peu le propos : « Il est socialiste, mais sans trop le montrer : c’est un socialiste qui ne fait pas peur au bourgeois. » Et de préciser qu’il connaît pas mal de libéraux qui, de temps en temps, votent pour lui… « Il est l’attrape-nigaud du Parti socialiste ! », tranche-t-il, en éclatant de rire.

S’il y a polémique autour de l’orthodoxie de son socialisme, chacun se retrouve sur un point : Charles Picqué est un rassembleur :

– « C’est quelqu’un qui n’aime pas le conflit, intervient l’ex-ministre FDF Didier Gosuin. Il cherche à trouver des solutions. Dans le modèle bruxellois, être consensuel est quelque chose de positif, même si c’est parfois au détriment de l’efficacité. Charles Picqué est un homme qui essaye de ne pas créer pas de remous. Même s’il n’en pense pas moins ; dans sa tête, il a beaucoup de recul, de détachement par rapport à la vie politique. »

– « Il cherche toujours à obtenir un consensus ; c’est sa très grande force, enchaîne la ministre Ecolo Evelyne Huytebroeck. Mais son besoin de consensus l’empêche parfois de trancher dans le vif. Pour faire bouger les choses, il faudrait parfois shooter dans la fourmilière… Et ça, Charles ne sait pas le faire ! »

Mais de louer le sens du contact du ministre-président : « Il ira dire bonjour au chauffeur de la même manière qu’il ira saluer un collègue ministre, poursuit Huytebroeck. Chez lui, cela n’a rien de “politicien”, ce n’est pas du chiqué. Les gens se sentent donc excessivement reconnus. Il a aussi ce côté paternel, qui rassure terriblement. »

– « Au moment de certaines crises que l’on a connues, à 3 heures du matin, alors que tout le monde s’arrache les cheveux, c’est le type qui est capable de lâcher une blague salace qui déride l’assemblée et permet de prendre du recul », glisse encore Gosuin.

En une phrase, Charles Picqué est un charmeur. Mais quand ses philtres ne fonctionnent pas ?… « Lors de mon tout premier conseil des ministres, on a essayé de me faire avaler la nomination d’un secrétaire général du ministère et d’un secrétaire général adjoint, se souvient Hervé Hasquin. Il ne fallait tout de même pas rire ! J’ai refusé. Picqué a piqué une colère comme je ne l’ai jamais vu en piquer. Il a pris ses dossiers, il les a claqués à terre et il est parti ! Ce fut ma première expérience ministérielle… »

Quand on lui relate cet incident, Charles Picqué tombe des nues. « Cela ne me dit rien. En revanche, je me rappelle très bien d’une scène de ce genre avec Hasquin lors des discussions sur le Plan régional d’affectation du sol… C’est arrivé aussi avec Verhofstadt. Mais bon, c’est tout de même très rare. »

Depuis 1989, la Région a beaucoup changé. Urbanistiquement tout d’abord, et en grande partie sous la houlette de Charles Picqué. A grands coups de Contrats de quartier, de Plan régional de développement et de Plan régional d’affectation du sol, la « bruxellisation » – ce néologisme internationalement adopté pour désigner tout ce qu’il convient de ne pas faire dans une ville – a été enrayée.

Sociologiquement, aussi. Voici à peine treize ans, la Région-Capitale était passée sous la barre des 950.000 habitants mais, depuis 1997, la tendance démographique est repartie à la hausse : plus 100.000 âmes en dix ans. L’immigration étrangère (19.524 personnes en 2007) explique en grande partie cela. Si l’on tient compte de la nationalité à la naissance, 46 % de la population bruxelloise n’est pas d’origine belge. Si l’on ajoute les enfants nés (belges) de parents immigrés, plus de la moitié des habitants de la capitale sont d’origine immigrée.

Charles Picqué a-t-il pris toute la mesure de cette réalité urbaine nouvelle et des défis qu’elle engendre en termes économiques, sociaux aussi bien qu’environnementaux ? Didier Gosuin s’interroge. « Son défaut, estime-t-il, et cela s’est marqué ces cinq dernières années, c’est d’être resté un sociologue de la ville un peu théorique.

Il croit que l’on change la ville uniquement par des investissements sur le terrain, par la rénovation du bâti, par le réaménagement des quartiers… Il n’a pas fait le lien avec, par exemple, les politiques d’enseignement, de culture, etc. Il n’a pas compris que dans une société, et une société urbaine en l’occurrence, l’individu a besoin d’autonomie, d’émancipation.

Alors, bien sûr, il faut aménager sa qualité de vie, son environnement, mais on doit surtout lui donner la possibilité d’être lui-même. C’est le grand échec de cette ville, et je reconnais que nous avons tous été blousés. »

– « Sur des problématiques comme les déplacements ou le développement durable, il a été longtemps très rétrograde, lâche pour sa part Evelyne Huytebroeck. Toutefois, depuis deux ans, j’ai le sentiment qu’il a commencé sa mutation ; il commence à comprendre ces choses. Peut-être sous mon influence… et celle ses enfants ? »

Alors que le gouvernement Picqué IV s’apprête à prendre son envol sans lui, Guy Vanhengel ne souhaite qu’une chose pour Bruxelles : que son ministre-président prenne enfin toute la mesure de la légitimité qui est la sienne et qu’il soit lui-même. « Soyons clairs : c’est encore une fois lui qui a sauvé le PS à Bruxelles, hein ! Ce sera probablement son dernier mandat. Alors, qu’est-ce qui pourrait encore lui arriver ?… A mon avis, il devrait désormais vraiment faire ce qu’il pense devoir faire, et ne plus trop se préoccuper du reste. »

Le champion de la longévité

Il est à la barre depuis la naissance de la Région bruxelloise en 1989. Et malgré l’intermède 1999-2004, où la ministre-présidence est revenue à la famille libérale, Charles Picqué fait figure de bête politique exceptionnellement « durable ». Toutes entités confondues, il détient le record de longévité à la tête d’un exécutif. En fin de législature, en 2014, il pourra même se targuer d’avoir connu un règne long de vingt ans…

Parce que Charles Picqué a duré et dure toujours, il a eu le temps de marquer son passage de façon tangible. Sa présence rassure et contraste avec le passage éphémère de ses détracteurs politiques. Pour rappel, entre 1999 et 2004, alors qu’il était monté au fédéral, Bruxelles a connu pas moins de trois ministres-présidents MR : François-Xavier de Donnea, Daniel Ducarme et Jacques Simonet.

Avec le retour de Charles Picqué, Bruxelles a repris du poil de la bête. Homme de prospective, sa principale réussite est la pérennité de l’institution régionale. Il a fait même beaucoup mieux en lui donnant une ambition internationale : Bruxelles concurrence désormais les autres grandes villes européennes ; dans la plupart des études internationales, elle occupe l’une des cinq premières places du classement. Avec un gros bémol, cependant : le souci du consensus ne lui a pas permis de modifier en profondeur le statut de Bruxelles et surtout de remédier à son sous-financement structurel.

Charles Picqué est un orfèvre en matière d’aménagement du territoire. Grâce à ses ambitieux programmes de rénovation et d’accompagnement, il a pu contenir la fracture sociale qui a déchiré bien d’autres métropoles : Bruxelles n’a jamais connu les émeutes des banlieues parisiennes, ni les explosions de violence des suburbs de Birmingham.

Ceci dit, les deux décennies Picqué n’ont pu enrayer le fait démographique urbain. D’une part, la capitale a continué à accueillir massivement les populations immigrées (plus d’un enfant sur deux, à Bruxelles, est aujourd’hui d’origine étrangère). D’autre part, un flux migratoire vers la périphérie des Belges de souche ne s’est pas tari. Bruxelles est aujourd’hui devenue une Région paradoxale : c’est la plus riche du pays par son PIB (produit intérieur brut), mais elle est la plus pauvre en termes de revenus par habitant.

Si sa rénovation urbaine est clairement une réussite, elle n’a pas fonctionné partout de la même façon. Dans le quartier du Midi (situé pourtant à Saint-Gilles, son fief), son ambitieux plan de rénovation s’est embourbé dans les méandres du temps, de la complexité administrative et des expropriations interminables.

Autre plume à son chapeau : l’intégration de l’Europe dans Bruxelles. Aujourd’hui, le développement de l’Union est sous contrôle et s’est petit à petit adapté aux règles d’urbanisme en vigueur. Ici encore, la méthode Picqué, consensuelle, a été efficace.

Au chapitre des échecs, le bilan n’est guère positif en matière d’emploi. Ses deux premiers mandats ont été marqués par une nette détérioration de l’emploi des Bruxellois au profit des navetteurs flamands et wallons. La chute a été stabilisée depuis, mais il reste encore à réaliser de très gros efforts en matière de formation.

FRANCOIS ROBERT, WILLIAM BOURTON, FRANCIS DUBOIS

Son parcours

1er novembre 1948. Naissance à Etterbeek.

1982-1985. Echevin de l’urbanisme à Saint-Gilles.

1985. Bourgmestre de Saint-Gilles.

1988-1991. Député de Bruxelles.

1988-1989. Ministre des Affaires sociales et de la Santé à la Communauté Française.

1989-1995. Ministre de la Culture de la Communauté française.

1989-1999. Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale.

1999-2000. Commissaire du gouvernement fédéral chargé de la Politique des grandes villes.

2000-2003. Ministre fédéral de l’Economie et de la Recherche scientifique, chargé de la Politique des grandes villes.

2004-2009. Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale.

2009-2014. Ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale.


Encore une victoire de « l’internationalisation »
du quartier Midi !

– Comité du quartier Midi, 20 décembre 2007

Les promoteurs lancent les travaux préléminaires à la reconstruction de l’îlot C, en face de la gare du Midi. Ils annoncent avoir trouvé un premier occupant pour leurs futurs immeubles de bureaux : Smals, une ASBL parastatale belge… Est-ce là le « développement international », vecteur de nouveaux emplois et de taxes, auquel est promis le quartier Midi depuis les années 90 ?

Dans un communiqué de presse, la société Atenor annonce « une évolution positive » dans l’avancement du « South City Office & Hotel » qu’elle compte bâtir pour fin 2009 sur l’îlot C (avenue Fonsny, rue d’Angleterre, rue de Mérode, rue de Hollande), en partenariat avec Espace Midi et BPI. Soit quelques 32.700 m2 de bureaux et un hôtel de 142 chambres.

« Ce projet ambitieux contribue à concrétiser la vision des autorités communales et régionales pour le redéveloppement des abords de l’avenue Fonsny, alliant renouveau architectural et souci du respect de l’environnement », dit le communiqué d’Atenor. Le « renouveau architectural » sera signé par Michel Jaspers et le bureau A2RC. De facture « moderne », il contrastera avec l’architecture des bâtiments construits par l’Atelier d’Art Urbain sur les îlots B (« Swiss Life ») et A (actuellement encore en chantier). Une architecture autrefois encouragée par le PPAS Fonsny n°1, mais aujourd’hui jugée « pastiche ».

Soudain, l’extrême urgence !

Atenor (qui vient par ailleurs d’annoncer un accord avec Eurostation pour le lancement d’un nouveau projet immobilier de l’autre côté de la gare, à Anderlecht), BPI et Espace Midi ont obtenu de la Commune de Saint-Gilles leurs permis de construire voilà déjà plusieurs mois. Ils sont propriétaires du terrain depuis 2005… Sauf de quelques maisons. Celles-ci, menacées depuis 1992, n’avaient jamais été acquises ni expropriées par la Région bruxelloise. En vendant l’îlot, en juin 2005, la Région avait refusé que les promoteurs traitent eux-mêmes avec les propriétaires des dernières maisons : s’imposer comme intermédiaire lui permet en effet d’engranger des plus-values foncières, c’est l’un des objectifs de cette opération.

Mais la Région a laissé le temps s’écouler. Le temps que le second plan d’expropriation (celui de 1996) expire, en novembre 2006. Le temps qu’un nouveau soit entériné, en juillet dernier. Puis le temps de se décider à agir… en décembre 2007. Les 4 dernières maisons viennent d’être expropriées « en extrême urgence » (2 d’entre elles) ou acquises « à l’amiable » (les 2 autres). Après avoir fait pourrir la situation pendant 15 années, la Région a donné un mois aux habitants pour quitter leur maison ! En plein hiver, ceux-ci ont jusqu’au 31 décembre pour faire leurs valises. Et accessoirement, pour trouver un logement…

Des emplois pour la Région et des taxes pour Saint-Gilles, vraiment ?

Désormais, les promoteurs semblent pressés. Atenor se dit confiante. Un premier bail pour 12.200 m2, soit un tiers des surfaces à bâtir, vient d’être conclu pour 27 ans avec un occupant. Surprise : c’est une association sans but lucratif, Smals, qui en sera locataire. Smals est « une communauté permanente d’intérêts que les membres ont créée pour soutenir la mise sur pied de l’e-government ». Une ASBL dont les membres sont essentiellement les institutions publiques de sécurité sociale, la Banque Carrefour de la Sécurité Sociale, les services publics fédéraux chargés de l’application de la sécurité sociale et l’association Egov…

Smals n’a pas vraiment le profil du « bizness international » auquel est promis le quartier… mais qui ne semble pas s’y ruer. On se souviendra que c’est l’ONSS et le Ministère de la Santé qui se sont installés dans les bâtiments de la SNCB, que c’est la SNCB qui a acquis l’îlot construit par la SA Louis De Waele le long de l’avenue de la Porte de Hal… Quant aux immeubles douloureusement accouchés dans le cadre de l’opération régionale « Bruxelles-Midi », ils n’ont pour l’instant attiré que des sociétés déjà présentes à Bruxelles:

– Test Achats (qui était déjà implantée dans le quartier et s’est agrandie),
– Swiss Life (qui a déménagé de la rue de la Loi),
– Securex (qui va déménager d’Evere)…

Aujourd’hui, Smals fait de même. Occupant depuis quelques mois 2 étages dans le bâtiment de la société « Swiss Life » (îlot B), son installation dans le bâtiment d’Atenor, voisin, vise probablement le regroupement dans le quartier de certains de ses services… qu’il s’agira de déménager d’Ixelles, d’Anderlecht ou d’Etterbeek.

On peut donc se poser de sérieuses questions sur l’impact qu’aura cette opération dans la création des 9000 emplois annoncés par la Commune… 9000 emplois qui doivent théoriquement être générés par la construction des bureaux et des hôtels, et qui ont surtout servis comme argument pour justifier la fermeture de nombreux commerces, l’éviction des habitants, la démolition des maisons…

De plus, l’arrivée de tels types d’occupants dans les bureaux du quartier risque de mettre en péril les ambitions financières de la Commune. Celle-ci a fait du Midi son « arme secrète » pour renflouer ses caisses. Or, des associations parastatales comme Smals ne sont-elles pas sujettes à la fameuse « mainmorte » (qui empêche les autorités de prélever les taxes sur les bureaux) ?…

A cet égard comme à d’autres, l’histoire du Midi offre décidément de tristes similitudes avec celle du quartier Nord…


Rich Europe in poor Brussels

– « Bruxelles en mouvements », 22 novembre 2007

Entre 1990 et 2001, de multiples études ont été réalisées sur les « retombées socio-économiques de la présence des institutions européennes et internationales sur la Région de Bruxelles-Capitale » . Ces études concluaient notamment par un constat paradoxal : oui, la présence de l’Union Européenne en Région bruxelloise contribue pour une part importante à sa richesse en termes de produit intérieur brut, et non, cette richesse ne semble pas bénéficier à ses habitants, puisque beaucoup (trop) d’indicateurs sociaux bruxellois sont en négatif.

Les effets urbanistiques désastreux de la présence de l’UE à Bruxelles… Une autre conclusion permettait de constater que les effets de cette internationalisation étaient très différents selon le point de vue considéré. Si en 2000 les retombées étaient bénéfiques pour l’Etat belge (entre autres par le biais de la TVA), elles étaient déjà plus mitigées pour la Région de Bruxelles-Capitale qui se voit contrainte de « mendier » des moyens auprès du fédéral pour financer les défis de son internationalisation (e.a. par le biais de l’accord Beliris). En revanche, au niveau local, ces effets sont franchement négatifs pour les quartiers de Bruxelles-Ville, Etterbeek et Ixelles proches de la zone européenne. Leur patrimoine se voit progressivement et inexorablement squatté par des bureaux (lobbys, représentations régionales, presse….). Leur espace public est inondé par l’auto omniprésente et aspirée par les nombreux parkings autorisés des immeubles de bureaux. Leur population quitte les lieux notamment pour cause des coûts prohibitifs des logements.

Ville, sois belle et tais toi ! Sur le contenu, ce Plan de Développement International (PDI) est « au profit de tous, usagers et habitants de la Ville-Région ». Il s’adresse aux habitants, aux visiteurs, au monde des affaires, aux acteurs institutionnels. A voir les propositions prodiguées, il fera leur bonheur à tous ! D’intérêts divergents, de rapports de force, il n’y est nullement question… Tout le monde sera gagnant !!! Rien d’étonnant alors de voir émerger un PDI sans statut réel et un Xème plan un peu « fourre tout », sans choix clairs et plein de bonnes intentions. Mais quand on lit, par exemple, qu’il faut « vendre chaque quartier à des investisseurs et à des nouveaux habitants (sous-entendu la « classe moyenne »), il y a de quoi s’inquiéter. Heureusement -on croirait y voir la main correctrice de celui qui veut quelque peu arrondir les angles- on est soulagé en lisant la suite : on vendra le quartier, mais, « tout en stabilisant les anciens habitants ». Investisseurs, nouveaux habitants, anciens habitants, même combat !!! Force est de constater, entre les lignes, que la compétitivité entre villes européennes est devenu le mot d’ordre : « villes, positionnez vous sur la carte mondiale ». Cette lutte pour la meilleure place n’a apparemment pas de prix. Il faut attirer les investisseurs, les visiteurs et rendre la ville attractive et belle. Il faut travailler à son image, élaborer un plan de « marketing » après un « bench marking » soigneux. Il faut éviter ce côté « bronx » (sic) de certains quartiers qui pourraient déteindre sur l’image globale de la ville. C’est le développement exogène que ce PDI privilégie. A aucun moment, il ne se soucie de savoir comment veiller à ce que les retombées positives de cette présence puissent bénéficier réellement au développement dans les quartiers en difficultés, comment améliorer les conditions de vie des occupants actuels pour éviter de devoir en attirer des plus riches. Bref, le concept du développement endogène y est totalement absent.

La pensée institutionnelle opposée à la logique humaine. A aucun endroit du rapport n’apparaît une évaluation critique de fond sur la façon dont les grandes institutions, comme l’UE, s’installent à Bruxelles. Nous évoquerons trois exemples flagrants : 1. les écoles européennes, « ghetto » pour enfants riches ? 2. l’immeuble Lex 2000, le syndrome sécuritaire contre la mixité ! 3. le Parlement européen, une tour d’ivoire totalement coupée de son quartier.

La mixité sociale… dans les deux sens s.v.p. ! Pour le PDI, il s’agit d’ « éviter le confinement de la pauvreté dans des ghettos sociaux ». D’une part, tous les auteurs sérieux affirmeront qu’à Bruxelles il n’existe pas de ghetto à proprement parler. D’autre part, on ne retrouvera à aucun endroit du document le raisonnement dans l’autre sens : « éviter le confinement de la richesse dans certains lieux ». Et pourtant des « ghettos » pour riches il y en a… mais est-on prêt à les reconnaître ? Les écoles européennes en sont un exemple probant et discret. La Région bruxelloise préférera investir par exemple dans une 4e école européenne pour assurer au public international un enseignement de qualité. A aucun moment elle ne semble prétendre vouloir rehausser la qualité de l’ensemble des écoles existantes à Bruxelles (avec l’aide des institutions européennes) afin d’éviter que ce public international ne ressente plus le besoin de se construire pour elle-même des écoles d’élite.

La mixité fonctionnelle : faites ce que je dis, mais ne dites pas ce que je fais Lors de la construction de l’immeuble LEX 2000 situé à l’intersection de la rue de la Loi, de la gare Schuman et de la chaussée d’Etterbeek, l’occasion était rêvée d’y implanter à son pied un ensemble multifonctionnel sur trois niveaux de magasins, de lieux de récréation (cinéma, …), d’équipements collectifs. Ce type d’infrastructures fait cruellement défaut dans ce quartier tant pour les usagers et travailleurs que les habitants des quartiers voisins. La mixité fonctionnelle, tant réclamée dans tous les discours officiels dont ceux des institutions européennes, pouvait enfin y trouver son expression. Ce quartier pouvait devenir le laboratoire de l’urbanisme et de la mobilité durable. Et bien non : les impératifs sécuritaires l’ont emporté. On a préféré y implanter un immeuble monofonctionnel et sur-protégé pour le Conseil des Ministres. La même logique institutionnelle a présidé à l’élaboration du programme des immeubles du Parlement européen. Avant son implantation dans le quartier Léopold, les habitants avaient une poste dans la gare Luxembourg. Aujourd’hui, elle a été déménagée dans l’immeuble du Parlement européen et est devenue totalement inaccessible aux habitants. Lorsque les demandes de permis d’urbanisme des immeubles du Parlement européen ont été introduits, il a fallu constater que l’institution -dans sa logique à elle- avait tout prévu pour ses occupants : les parkings, le restaurant, la poste, la crèche, l’école, le vendeur de journaux, le coiffeur… Bref, tout pour ne pas donner à l’occupant des lieux l’envie de se frotter à la ville, et à ses habitants ; tout pour créer une ville duale : le palais impérial et à ses pieds, les quartiers « tellement insécures, Monsieur !!! »…. C’est en amont, au stade de l’élaboration du programme qu’il y a lieu d’intervenir, car c’est à ce stade que se concrétise une vision sur la façon dont ces institutions veulent s’intégrer ou non à la ville. Aujourd’hui, donc il y a du pain sur la planche pour sortir des vieux réflexes conditionnés. Encore faut-il vouloir les reconnaître !!!

Etienne Christiaens, urbaniste


2005-2007

> 2007

Décembre 2007

– Promethee.blogspot.com, 31 décembre 2007:
Bruxellistan Express (suite et pas fin!)

– “Le Soir”, 24 décembre 2007:
Le projet South City s’installe au Midi

– TV Brussel, 23 décembre 2007:
Brussel Zuid

– “La Libre Belgique”, 22 décembre 2007:
La SDRB pose ses briques vertes

– CDQM, 20 décembre 2007:
Encore une victoire de “l’internationalisation” du quartier Midi

– « La Dernière Heure », 17 décembre 2007:
La fin des démons du Midi ?

– Dépêche Belga, 14 décembre 2007:
Saint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi

– “Le Soir”, 14 décembre 2007:
Le quartier du Midi en pleine confusion

– Télé Bruxelles, 13 décembre 2007:
Mobilisation contre l’expropriation

– BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 11 décembre 2007:
Expropriations au quartier du Midi : la politique de la Région
désavouée par ses propres fonctionnaires !

– “La Tribune de Bruxelles”, 6 décembre 2007:
La gentrification de Bruxelles : un phénomène en marche ?
+ Quartier Midi : Gentry or not ?

– “AlterEchos”, 5 décembre 2007:
Revendications sociales du Quartier Midi
+ « L’autocensure, c’est fini! »

– “De Standaard”, 3 december 2007:
Voor Zuidwijk begint toekomst vandaag

Novembre 2007

– « Le Soir », 29 novembre 2007:
« Quartier Midi » reprend la lutte

– Du 29 novembre au 2 décembre 2007:
La Semaine du Quartier Midi

– Télé-Bruxelles, 28 novembre 2007:
Le Midi en débat

– RTBF, 28 novembre 2007:
Reportage audio sur le nouveau plan d’expropriation

– BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 27 novembre 2007:
Le quartier Midi à l’heure du “PDI” :
“pôle bizness du futur”… Et aujourd’hui ?

– Promethee.blogspot.com, 27 novembre 2007:
« Bruxellistan Express »

– “La Dernière Heure”, 26 novembre 2007:
L’infernale Semaine du Midi

– Jean-Yves Huwart, 20 novembre 2007
“Victor Horta doit se retourner dans sa tombe!”

– “Le Soir”, 17 novembre 2007:
Ecrire aujourd’hui la ville de demain

– TV Brussel, 16 november 2007:
Verzet tegen onteigeningen De Mérodestraat

– Comité du quartier Midi, 13 novembre 2007:
La Région persiste dans ses pratiques

– Comité du quartier Midi, 12 novembre 2007:
“Si le Plan de développement international n’existait pas,
il faudrait l’inventer!”

– Comité du quartier Midi, 1er novembre 2007:
Un mémoire sur le quartier Midi

– « AlterEchos » et « Démocratie », novembre 2007:
Des habitants flexibles, des solutions concrètes ?

– Comité du quartier Midi, octobre – novembre 2007:
Nouveau plan d’expropriation en enquête publique

Octobre 2007

– “La Libre Belgique”, 27 octobre 2007:
Le grand réveil controversé du Midi

– “La Dernière Heure”, 26 octobre 2007:
Un “morceau de ville” en devenir

– “Le Soir”, 26 octobre 2007:
Le Midi va changer radicalement

– Télé Bruxelles, 25 octobre 2007:
Le quartier du Midi selon la commune

– Comité du quartier Midi, 25 octobre 2007:
Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

– Dépêche Belga, 25 octobre 2007:
Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi

– « Diables Roses », octobre 2007:
L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint Gilles
mise en vente sur ebay par Les Diables Roses
au profit des sinistrés du Quartier Midi

– SDRB:
“Construction durable” rue de Suède

– “La Tribune de Bruxelles”, 4 octobre 2007:
Flux entrants et flux sortants

Septembre 2007

– Comité du quartier Midi, 27 septembre:
Décrochez-moi ça!

– « AlterEchos », 22 septembre 2007 :
Dossier Midi : nouveau plan d’expropriation pour quartier pauvre

– « Humeur allochtone », 19 septembre 2007 :
Quartier Midi : le mémoire accablant de deux mandataires Ecolo

– Comité du quartier Midi, 17 septembre :
Attention : “développement international” à l’horizon !

– En enquête publique jusqu’au 24 septembre:
Contrat de quartier « Fontainas »

– “La Dernière Heure”, & « La Libre Belgique », 6 & 7 septembre 2007:
Midi : ultime expropriation

– ImmoScan.be, 6 septembre 2007:
Midi : nouveau plan d’expropriation malmené

– Brussel Nieuws, 6 september 2007:
Sint-Gillis stemt over onteigeningsplan Zuidwijk

– Communiqué de presse, 5 septembre 2007:
Au nom du “Plan logement”, Saint-Gilles lance
son cinquième plan d’expropriation pour le quartier Midi !

Août 2007

– “De Morgen”, 31 août 2007:
Aanrandingen doen vragen rijzen over veiligheid Brussel-Zuidrenovatie

– « Le Soir », 25 août 2007:
Des bureaux surgiront de la caillasse

Juillet 2007

– Commune de Saint-Gilles, juillet 2007:
Avis de la commission de concertation sur les trois projets de l’îlot C

– “La Dernière Heure”, 13 juillet 2007:
Opération spéciale gare du Midi

– Parlement régional, 13 juillet 2007:
Charles Picqué : “Si des montants raisonnables sont exigés,
Bruxelles-Midi sera à même de faire face”
.

– “La Dernière Heure”, 11 juillet 2007:
Il faut que le Midi Respire…

– « Moniteur belge », 5 juillet 2007:
Nouveau plan d’expropriation publié au “Moniteur belge”

– ASBL Respire, 4 juillet 2007:
Pétition : Saint-Gilles sans pub !

– « Micro Cité », juillet 2007:
Emission de Radio Panik sur le quartier Midi (écouter)

Juin 2007

– Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Pour ne pas taxer les promoteurs,
Saint-Gilles revisite la définition de “l’abandon”

– Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Problèmes de sécurité dans le quartier Midi: la Commune démunie ?

– Compte-rendu de la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme
et de la politique foncière du Parlement bruxellois, 28 juin 2007:
Question orale au Ministre-Président Charles Picqué

– Dépêche Belga, 28 juin 2007:
Bxl-gare du Midi: on continuera à construire des bureaux (Picqué)

– ASBL Respire, 27 juin 2007:
Lettre aux autorités communales de Saint-Gilles
au sujet des dispositifs publicitaires du quartier Midi (îlot C)

– “Le Soir”, 27 juin 2007:
Une concertation sans doute favorable

– TV Brussel, 26 juin 2007:
Leefbaarheid van Zuidwijk in het gedrang

– Inter-Environnement & BRAL, 25 juin 2007:
Le quartier Midi bouge : oui, mais à contre-sens !

– Comité du quartier Midi, juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels en commission de concertation le 26 juin

– “Humeur allochtone”, 16 juin 2007:
Mohammed Mouniati : “Ce n’est pas catholique!”

– “Le Soir”, 15 juin 2007:
Bruxelles-Midi ira en appel

– “Des bulles”, 14 juin 2007:
Saint-Gilles, un “chantier” de plus pour Di Rupo

– “Chacun pour soi”, 14 juin 2007:
Le PS, ennemi des petites gens

– « The Bulletin », 14 juin 2007:
Midi Station neighbourhood makeover

– “Humeur allochtone”, 13 juin 2007:
Comment la Région chasse les pauvres de Saint-Gilles…

– “La Dernière Heure”, 13 juin 2007:
Indemnités six fois plus élevées

– “La Capitale”, 13 juin 2007:
La Région paie très cher ses lenteurs

– “Le Soir”, 13 juin 2007:
Région condamnée au quartier du Midi

– Comité du quartier Midi, 12 juin 2007:
La Région de Buxelles-Capitale sévèrement condamnée
pour sa “stratégie de pourrissement” du quartier Midi

– « Le Soir », 6 juin 2007:
Démolitions massives au Midi

– CEMAB, 5 juin 2007:
Quartier Midi: les démolitions continuent

– « AlterEchos », 1er juin 2007:
Rififi au quartier du Midi

Mai 2007

– « La Tribune de Bruxelles », 31 mai 2007:
Quartier Midi, quartier maudit ?

– Comité du quartier Midi, 31 mai 2007:
La Région joue l’intimidation

– Comité du quartier Midi, 29 mai 2007:
Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles

– Comité du quartier Midi, jusqu’au 11 juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels à l’enquête publique pour l’îlot C

– « La Dernière Heure », 21 mai 2007:
Le calvaire de la rue de Norvège

– Comité du quartier Midi, mai 2007:
Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

– Comité du quartier Midi, mai 2007:
Bruxelles-Midi réellement “hors-jeu” ?

– “La Tribune de Bruxelles”, 17 mai 2007:
Comment tuer un quartier populaire ?

– CEMAB, 1er mai 2007:
Comment démolir un quartier… et ses habitants

Avril 2007

– “Le Soir”, 20 avril 2007:
Entente ou favoritisme ?

– “La Tribune de Bruxelles”, avril 2007:
Le PS bruxellois dans l’oeil du cyclone

– “Le Soir” du 18 avril 2007
Brasier mortel au Midi
+ Recrudescence des squats dans le quartier

– Dépêche Belga, 17 avril 2007
L’incendie serait d’origine criminelle

– Comité du quartier Midi, 17 avril 2007:
Incendie mortel au quartier Midi: un drame prévisible…

– “Le Soir en ligne” / Belga, 17 avril 2007:
Incendie mortel à Saint-Gilles

– “Le Soir” du 16 avril 2007
Pas de pas de côté à Etterbeek

– Comité du quartier Midi, 15 avril 2007:
Le Président de la SA Bruxelles-Midi et un administrateur
d’Espace Midi parmi les inculpés d’une affaire de fraude

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
PS et MR votent le nouveau plan d’expropriation

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Une exposition “bien modeste” à l’Hôtel Ibis

– “Le Soir” du 14 avril 2007:
Des projets sur les rails du TGV

– « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Immobilier à Bruxelles: 7 inculpations

– « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Jean Thomas: le profil type du promoteur immobilier

– « Le Soir » du 11 avril 2007:
Mutation en marche au quartier du Midi

– « Le Soir » du 6 avril 2007:
Saint-Gilles sous perfusion régionale

– ImmoScan.be, 5 avril 2007:
Nouveau plan d’expropriation pour le quartier du Midi

– Comité du quartier Midi, avril – juin 2007:
Projections-débats autour de « Dans dix jours ou dans dix ans »,
un film sur la « revitalisation » du quartier Midi…

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Le quartier Midi à l’horizon… 2012

Mars 2007

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Reprise des démolitions dans l’îlot C:
comment mieux décourager les habitants?

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Confusion et « concertation » à la saint-gilloise

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Des pubs pour “lutter contre les squats”!?

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Picqué en force au MIPIM 2007

– « Echanges et partenariats », mars 2007:
Chronique d’un quartier de Bruxelles:
quand Manhattan rencontre le Midi…

Janvier 2007

– Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Un échevin pour le quartier Midi!

– Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Birkiye débarqué, Jaspers débarque!

– 30 janvier 2007:
Avis de la Commission de concertation de la Commune de Saint-Gilles
(point n°3 en page 3) sur un projet de logements et parkings rue de
Russie (promoteur: Espace Midi).

– « AlterEchos » du 19 janvier 2007:
Quartier du Midi : un tournant
dans le développement du projet urbanistique ?

– « Le Soir » du 4 janvier 2007:
Au Midi, un nouveau plan d’expropriation

____________

> 2006

Novembre 2006

– « La Tribune de Bruxelles », 9 novembre 2006:
Expropriations au quartier Midi: plus de base légale!

– RBDH, novembre 2006:
Plan logement: où en est-on?

Octobre 2006

– « La Dernière Heure », 30 octobre 2006:
Nouveau projet au quartier Midi

Septembre 2006

– “Le Soir”, 12 septembre 2006
Divorce au sein de l’Atelier d’Art Urbain

– CEMAB, septembre 2006:
Le Quartier du Midi résiste !

– “La Tribune de Bruxelles”, septembre 2006 (spécial élections communales)
Saint-Gilles : quels aménagements aux abords de la gare du Midi?

Août 2006

– « Le Soir », 28 août 2006:
Quel avenir au Midi?

– « La Libre Belgique », 23 août 2006:
Bruyants travaux

– « La Capitale », 22 août 2006:
Les gens du Midi lancent un SOS

– « Le Soir », 22 août 2006:
Les habitants dénoncent les destructions!

– « La Dernière Heure », 22 août 2006:
Les travaux font trop de bruit

– Comité du quartier Midi, 21 août 2006:
Quartier Midi : “J’arrive plus à dormir”

Juillet 2006

– « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
« Pas facile mais il faut le faire »

– « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
Expropriations d’extrême urgence

– « Chacun pour soi », 28 juillet 2006:
Le fait du Prince

– « Le blog de Mateusz », 27 juillet 2006:
Exproprier ou ne pas exproprier?

– IEB et BRAL, 26 juillet 2006:
Conférence de presse d’Inter Environnement et du Bral:
positions communes sur le quartier Midi

Mai 2006

– Mai 2006:
Inauguration du commissariat « Midi » à Saint-Gilles

– « Respire », mai 2006:
La Place Broodthaers à Saint-Gilles

Avril 2006

– « La Libre Belgique », 1er avril 2006:
La SA Bruxelles-Midi passe la main

Mars 2006

– « Bruxelles en mouvements », 30 mars 2006:
Quartier du Midi: proposition indécente

– « La Tribune de Bruxelles », 16 mars 2006:
Le Midi perd le Nord

Janvier 2006

– Janvier/mars 2006:
Censure et « a(rt)ctivisme » au Centre culturel Jacques Franck

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> 2005

Août 2005

– Comité du quartier Midi, août 2005:
Le festival « PleinOPENair » passe par le Midi

Juillet 2005

– Comité du quartier Midi, 16 juillet 2005:
La Région bruxelloise crée la Société d’acquisition foncière (SAF)
sur le modèle de la SA Bruxelles-Midi

– « Le Soir », 16 juillet 2005:
Des logements, avenue Fonsny?

– « Le Soir », 15 juillet 2005:
Gare aux bureaux au quartier du Midi!

– Comité du quartier Midi, 13 juillet 2005:
Rencontre entre le Comité du quartier Midi et la SA Bruxelles-Midi

– Comité du quartier Midi, 6 juillet 2005:
Françoise Dupuis réagit à la proposition associative sur le Plan Logement

– Carte blanche publiée dans « Le Soir », 6 juillet 2005:
Les habitants du quartier Midi ne sont pas les pièces d’un puzzle…

– « Le Soir », 6 juillet 2005:
Remettre le logement sur les rails au Midi

– « La vie du net » (« Le Soir en ligne »), 5 juillet 2005:
Des voisins plutôt que des bureaux

– Comité du quartier Midi, 4 juillet 2005:
Des terrains à Bruxelles pour le Plan logement!

Juin 2005

– Comité du quartier Midi, 28 juin 2005:
La SA Bruxelles-Midi vend ses terrains sur l’îlot C

– « La Capitale », 25 juin 2005:
Appel à l’aide des gens du Midi (pas disponible)

– « La Dernière Heure », 25 juin 2005:
Le quartier Midi réagit (pas disponible)

– « Le Soir », 25 juin 2005:
Le quartier Midi se retrouve à quai + La rue de Norvège n’existe plus

– « Het Nieuwsblad », 25 juin 2005:
Bewoners Zuidwijk vechten tegen onteigening

– « Le Soir », 6 juin 2005:
Quartier du Midi: Ecolo s’inquiète

– « AlterEchos », 13 juin 2005:
Rénovation des abords de la gare du Midi: engtre spéculation et relance de l’action publique (pas disponible)

– « Brussel Deze Week », 9 juin 2005:
Tweede adem voor de Zuidwijk (pas disponible)

– « Het Laatste Nieuws », 7 juin 2005:
« Niemand wil bouwen op plaats waar stad onteigent » (pas disponible)

– « La Dernière Heure », 4 juin 2005:
Charles Picqué annonce un nouvel élan au réaménagement des abords de la gare

– « De Morgen », 4 juin 2005:
Brusselse Zuidwijk bouwt tegen beter weten in (pas disponible)

– « Le Soir », 2 juin 2005:
Fête des voisins, pas des bureaux !

– « La Dernière Heure », 1er juin 2005:
A Saint-Gilles, entre friches et chantiers (pas disponible)

– « De Morgen », 1er juin 2005:
Brusselse Zuidwijk geeft burenfeest met boodschap (pas disponible)

Mai 2005

– « Le Soir », 28 mai 2005:
Le quartier du Midi poursuit sa mutation

– Comité du quartier Midi, mai 2005:
La création du Comité du quartier Midi


Bruxelles-Midi réellement « hors-jeu »?

Un malaise supplémentaire s’ajoute au dossier des expropriations au quartier Midi. Malgré les déclarations de Charles Picqué en mars 2006 au Parlement bruxellois, répétées à la presse et toujours affirmées aujourd’hui par la Commune de Saint-Gilles, la SA Bruxelles-Midi ne semble absolument pas avoir été mise « hors-jeu » pour les rachats de maison « à l’amiable » dans l’ex-périmètre d’expropriation. A présent, la menace brandie par la Région et la Commune n’est plus de recourir à l’expropriation judiciaire, mais au contraire de ne pas y recourir aussi longtemps que possible! Les autorités laissent pourrir la situation dans le quartier.

En laissant traîner pendant 10 ans les expropriations dans le quartier du Midi pour finalement proposer, à quelques mois de l’expiration du plan d’expropriation, des sommes dérisoires aux propriétaires concernés, la SA Bruxelles-Midi s’était discréditée. Et Charles Picqué avait contribué à jeter ce discrédit quand, interpellé au Parlement bruxellois en mars 2006, il avait fait porter en partie la responsabilité de cet échec à Bruxelles-Midi et avait reconnu que les offres faites par cette société avaient été « sous-évaluées », manière diplomatique de reconnaître qu’il y avait eu spéculation à la baisse. Un parlementaire déclarait avec moins d’ambages que « confier ce genre de mission à une SA est un abus de droit. Cette société a manifestement été créée pour acheter des biens à vils prix. Il faut aussi ajouter que Bruxelles-Midi a voulu intimider les derniers propriétaires, ce qui est inacceptable pour une société mandatée par les pouvoirs publics ».

Dans sa réponse, Mr Picqué avait alors affirmé qu’il confierait au Comité d’acquisition d’immeubles (un service du Ministère des finances, fédéral) la suite des opérations concernant le rachat des maisons dans le quartier. Le Président de la SA Bruxelles-Midi Mr Jacques Van Grimbergen, proche de Charles Picqué, temporisa ce discrédit en déclarant que « C’est une procédure tout à fait normale. Quand la procédure arrive à une fin de non-recevoir, comme c’est le cas maintenant, on met en oeuvre le plan d’expropriation. L’autorité, ici la Région bruxelloise, demande au notaire officiel de l’Etat, le Comité d’acquisition, de reprendre le dossier ».

Entretemps, trois maisons ont été expropriées en plein été, quelques autres ont été rachetées, le plan d’expropriation de 1996 a expiré et, en avril 2007, Mr Van Grimbergen a été inculpé de fraude dans une autre affaire immobilière (liée aux contrats de construction sur le site de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles). Malgré cette inculpation, il n’a été démis ni de ses fonctions dans la SA Bruxelles-Midi, ni de son poste de Directeur de l’Administration de l’Aménagement du Territoire, des Monuments et Sites et du Logement de la Région bruxelloise. Il faut dire que les autres mandataires publics inculpés dans cette affaire (Merry Hermanus à Jette, Isi Halberthal à Etterbeek), eux aussi socialistes, n’ont pas montré l’exemple et ont continué à exercer leurs fonctions.

Pourquoi les autorités expropriantes évitent-elles la Justice?

Réputé plus « impartial » que Bruxelles-Midi, le Comité d’acquisition n’a pas pour autant des pratiques plus cordiales et plus justes envers les petits propriétaires menacés. Et quand ceux-ci sont contactés pour un éventuel rachat de leur maison, le représentant du Comité d’acquisition se présente en compagnie d’une employée de Bruxelles-Midi. Dans certains cas, ce sont même uniquement des représentants de Bruxelles-Midi qui se présentent pour faire des offres de rachat. Cela n’a pour effet, ni de clarifier la situation, ni de rassurer les propriétaires sur l’impartialité et la rapidité qui leur sont promises.

D’autant que lors de ces visites de courtoisie, parfois impromptues, souvent « informelles », l’expropriation judiciaire est brandie comme une menace envers les propriétaires qui refuseraient un accord « amiable »… Au contraire, cette procédure devant la Justice de paix abouti systématiquement à une indemnisation plus juste pour les expropriés. Ce n’est pas pour rien qu’elle n’a été utilisée qu’à 6 reprises tout au long des 10 années du plan d’expropriation. Et ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui, seules 4 maisons de l’îlot C font l’objet d’un nouveau plan d’expropriation. Pour ces terrains-là, un promoteur attend, il faut aller vite. Pour les autres maisons, situées dans les îlots A et D, les autorités ont encore un peu de temps. Tant qu’elles peuvent, elles vont donc continuer à jouer avec ce temps désespérément long… avec cette incertitude qui plane depuis 15 ans pour les habitants et qui est d’autant plus insupportable désormais que, s’il n’y a effectivement plus aucune base légale pour les exproprier, les autorités continuent à affirmer qu’elles feront partir tout le monde. La menace n’est plus aujourd’hui de recourir à l’expropriation judiciaire, mais au contraire de ne pas y recourir aussi longtemps que possible!

Pour le Comité du quartier Midi, la SA Bruxelles-Midi doit réellement, comme l’a affirmé Charles Picqué, être « déchargée » de sa mission. Elle n’est plus crédible. La seule manière de clarifier la situation et de mettre fin rapidement au désarroi des locataires, propriétaires et commerçants du quartier, serait que la Commune de Saint-Gilles et la Région bruxelloise décident soit d’abandonner les projets d’expropriations (et ainsi permettre la rénovation des maisons), soit de prendre et d’exécuter immédiatement par voie judiciaire un nouveau plan d’expropriation pour l’ensemble des parcelles.


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