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Jean Nouvel va couvrir la gare du Midi
- « Le Soir », 5 janvier 2010
Le projet du célèbre architecte français Jean Nouvel ne se limitera pas aux bâtiments de l’avenue Fonsny. Un toit couvrira les quais. Les travaux de réaménagement de la gare sont postposés pour les intégrer dans le contrat de quartier.
Jean Nouvel, l’auteur de la tour Agbar de Barcelone, du Musée du quai Branly à Paris ou encore du futur écrin du Louvre d’Abou Dhabi, posera-t-il un geste architectural de nature à modifier le paysage bruxellois ?
Jusqu’à présent, le projet, révélé en juin dernier par Le Soir, de rénovation partielle de la gare du Midi ne visait que les bâtiments de l’avenue Fonsny. Une mission confiée au bureau de Jean Nouvel.
Selon nos informations, la rénovation de la vingtaine de quais d’accès aux trains qui devait débuter incessamment, a été reportée. Motif ? Le plan d’aménagement du quartier, actuellement en discussion entre la SNCB Holding (qui gère les gares), Euro Immo Star (sa filiale bruxelloise de développement immobilier) et la Région de Bruxelles-Capitale, prévoit que lesdits quais seront entièrement recouverts. Inutile de les rafraîchir si, quelques mois plus tard, une structure les recouvre entièrement…
Le projet de l’architecte français qui a reçu carte blanche de la part des commanditaires, ne se limiterait donc pas au seul versant Fonsny et embrasserait l’ensemble de cette gare-pont – « Bruxelles-Midi » est bâtie en hauteur. En fera-t-il une cathédrale, à l’instar de son collègue Calatrava pour les « Guillemins » à Liège ? Les Bruxellois semblent l’appeler de leurs vœux comme en témoigne une pétition, relayée ce lundi par La Capitale, circulant actuellement sur l’internet. Vu la pauvreté, en la matière, des dernières décennies, le paysage bruxellois ne pourra que remercier l’architecte français d’une telle attention…
Tags : bruxelles-midi | liège | jean nouvel | guillemins | contrat de quartier | sncb | gare du midi | avenue fonsny | région de bruxelles capitaleUne gare, ça change une ville !
- « Le Soir », 17 septembre 2009
La nouvelle gare de Liège, signée par Santiago Calatrava, est un geste architectural fort. Mais l’Espagnol le dit lui-même : une gare, comme un pont, cela façonne une ville tout entière. On ajoutera : et les gens qui y habitent…
L’inauguration de la « Cathédrale du XXIe siècle » qu’est la gare de Santiago Calatrava n’est pas pour Liège la fin de l’histoire : c’est un commencement. « Maintenant que la gare est là, tout l’enjeu pour Liège est dans ses conséquences », martèle un collectif d’associations et d’habitants du quartier, la « Plate-forme des Guillemins », qui s’est créé pour faire entendre une voix citoyenne dans le chaotique cheminement du dossier.
Car le « geste fort » de Calatrava a pris place dans un quartier densément peuplé, au cœur de la ville. Une chance, selon le promoteur immobilier ImmoQuest qui a réalisé une étude sur le développement immobilier autour des gares TGV et met en lumière l’échec de nombreuses « gares fantômes » françaises ex-urbanisées : « L’implantation de services tertiaires et le développement économique autour des gares n’est possible que dans un environnement économique favorable, où l’on dispose de gros bassins de clientèle et des facilités offertes par une ville. Comme à Liège. »
« Ce fut un de nos combats, confirme le ministre wallon Jean-Claude Marcourt (PS), habitant du quartier. Il fallait que cette gare soit un moteur de développement durable, reliée à l’autoroute mais au cœur de la ville. »
Mais en conséquence, l’implantation du « monument » Calatrava va bouleverser le paysage de tout un quartier. Tout est parti du déplacement de 200 mètres de la nouvelle gare par rapport à l’ancienne. Histoire de permettre aux trains de mieux vaincre le redoutable plan incliné de la montée vers Bruxelles. Un déplacement qui désaxe complètement l’ancienne voie d’accès à la gare, la rue des Guillemins, faisant craindre le pire aux très nombreux commerçants qui y travaillent. Un déplacement qui impose aussi la création d’une nouvelle place, triangulaire, devant la gare. Celle-ci fait, au passage, disparaître un bon morceau de la rue Varin, célèbre pour ses bars à néons roses. Un premier pas, qui sera suivi d’autres, dans l’éjection pure et simple des prostituées du centre-ville liégeois.
Mais pour beaucoup, cette place triangulaire manque d’ambition. Euro-Liège TGV, maître d’ouvrage de la gare, propose les « visions » de Santiago Calatrava d’une large artère monumentale entre la gare et la Meuse. Soutenue par de nombreux politiciens influents (Daerden, Marcourt, Reynders), la vision heurte par son ambition démesurée : 250 maisons disparaîtraient ! L’excès inverse…
« On a fait un mauvais procès à Santiago Calatrava, estime Jean-Claude Marcourt. Son intervention a fait avancer le dossier. » Indéniable : sans souscrire à la mégalomanie du projet, la Ville de Liège fait sienne cette idée de liaison à la Meuse et demande à l’architecte liégeois Daniel Dethier de transformer la place triangulaire en véritable esplanade jusqu’à la Meuse. Un projet désormais coulé dans un « Périmètre de remembrement urbain », qui bénéficiera de 53 millions d’euros de fonds Feder (Europe 60 %, Région 30 %, Ville 10 %). Il consiste à réaliser la place triangulaire ; raser le bâtiment des finances qui est dans le chemin (et qui sera reconstruit par Fedimmo au bout de l’esplanade) ; enterrer les voies rapides qui longent la Meuse ; construire une passerelle cyclo-pédestre au-dessus de la Meuse jusqu’au parc de la Boverie. Là, le Musée d’art moderne sera transformé en véritable Centre international d’art. Au-delà, on assurera le lien avec le centre commercial géant de la Médiacité, en voie d’achèvement, un bon kilomètre plus loin. Un « nouvel axe urbain du XXIe siècle », pour le bourgmestre Willy Demeyer. Et une véritable cascade d’investissements tous nés de l’arrivée de la gare.
Reste la question la plus épineuse : celle de la reconstruction autour de l’esplanade. Bureaux, hôtels, logement : un nouveau quartier doit sortir de terre sur les ruines de 70 maisons, grâce au privé, démarché par une société de développement créée par les propriétaires publics (Ville, SNCB, Région) des terrains.
L’immobilier privé ne cache pas son appétit pour un « quartier d’affaires ». Mais nombreux sont ceux qui estiment qu’il faut que le quartier reste un lieu de vie. L’enjeu est crucial pour Liège, « une ville traumatisée dans le passé par des chantiers interminables et le poids de sa dette », dixit Willy Demeyer. Beaucoup craignent en effet que la spéculation immobilière ne crée aux Guillemins un « syndrome » place Saint-Lambert, cœur de ville qui fut un chancre pendant vingt ans. « Il est temps de proposer un vrai projet aux Liégeois et de s’y tenir, fermement, estime la députée wallonne Ecolo Veronica Cremasco. Parce que jusqu’ici, ce dossier a avancé par petits pas, au gré des humeurs et interventions des uns et des autres. Liège ne réussira sa gare que si elle s’intègre dans une vraie réflexion urbanistique. »
Une gare à 110 millions ? « Mons le vaut bien ! », juge Di Rupo
Entretien
C’est l’un des dossiers exclusivement réservés au bourgmestre de Mons Elio Di Rupo (PS) qui, depuis son accession au mayorat, en avait fait une priorité, voire une obsession : Mons devait avoir une gare digne de ce nom. Et évidemment, une telle station se devait d’être… sur les rails pour 2015, l’année prévue du petit règne montois sur la culture européenne.
M. Di Rupo, où en est le dossier ?
La SNCB a pris la décision d’allouer 110 millions d’euros au projet qui a évolué depuis sa première présentation en 2006 de la simple passerelle vers la gare-passerelle. On a notamment remis la future gare des bus du côté de la place Léopold et non plus derrière la gare SNCB. Cela aurait nécessité la construction d’un pont pour les bus et l’enveloppe allouée par la Société régionale wallonne des transports (SRWT), entre 25 et 28 millions d’euros, n’aurait pas suffi. M. Calatrava a intégré cette donnée et a revu le projet. Désormais, tout le monde est d’accord sur le volet financier. Je sais notamment que la SNCB et la SRWT se sont parlé la semaine dernière et qu’une convention est sur le point d’être signée entre elles. L’idée est que la SNCB prenne à sa seule charge la réalisation de l’ouvrage pour un prix forfaitaire. J’ai bon espoir que d’ici un mois ou deux, tout le volet administratif et financier soit clos. L’objectif étant toujours une inauguration pour la fin de l’été ou l’automne 2014.
Quand on voit les dépassements à Liège, vous demeurez confiant sur le respect des délais pour le projet montois ?
Oui, à condition que l’on soit derrière en permanence. Nous allons constituer à cet effet une “Task force” qui regroupera les différents responsables du chantier et remettra un rapport sur l’avancement des travaux chaque mois.
Tout aussi confiant quant au respect de l’enveloppe budgétaire ?
Pour Mons, M. Calatrava va tenir compte des enseignements du projet liégeois. Et puis, je rappelle que la gare de Mons n’aura aucun coût pour les finances de la Ville, quel qu’en soit le prix final, serais-je tenté de dire.
Pourquoi est-ce si important à vos yeux que Mons dispose d’une telle gare ?
Parce que cette ville le vaut bien, non ? Toutes les gares des villes moyennes du pays avaient été rénovées sauf celles de Mons et de Malines. Je signale au passage que le projet malinois coûtera le double de celui de Mons.
Un mot sur M. Calatrava, l’architecte. Vous teniez à ce que « votre » gare porte la signature d’un grand. Pourquoi ?
Je rappelle quand même que M. Calatrava a été désigné au terme d’un concours européen. Ce type a gagné. C’est une grande signature mais son choix n’a pas été effectué a priori.
Non mais, a posteriori, que ce soit lui qui a été choisi n’est pas plus mal pour Mons…
Cet homme a fait preuve d’une grande implication dans le projet et ce, dès le départ. Il est venu à plusieurs reprises à Mons pour examiner la ville, sa Grand-Place et tenter de déterminer quelle gare serait la plus appropriée. Je l’ai aussi rencontré à plusieurs reprises dans ses bureaux à Zurich. La gare qu’il a réalisée à Liège restera comme l’un des ouvrages majeurs de l’époque contemporaine. Après, quand on a fait la tour Eiffel, il y eut aussi 1.001 contestations. Aujourd’hui, qui oserait seulement protester ?
Namur. En rade, la dalle de la gare pourrait accueillir les bus
La gare de Namur est aussi célèbre par son cachet totalement retrouvé il y a deux ans que par sa dalle. Comprenez : un vaste espace au-dessus des voies et derrière la façade qui n’est aujourd’hui, malgré les efforts de la SNCB Holding, qu’une couche de béton s’étendant sur quinze mille mètres carrés. Depuis plus de dix ans, les projets se succèdent et tombent ensuite aux oubliettes. Complexe cinématographique, galeries commerciales en tout genre, tous sont passés à la trappe. Mais voici qu’un rapport technique des ingénieurs de la SNCB offre une nouvelle option. La dalle pourrait accueillir une gare des bus en renforçant quelques structures.
Cette perspective arrange tout le monde. « Sur ce dossier, un dialogue s’est instauré entre la SNCB Holding, la Ville et la Société régionale wallonne du transport », explique Denis Ghesquière, chef de cabinet du bourgmestre namurois. « Le rapport conclut à la faisabilité du projet. À partir de là, se posent les questions de l’aspect architectural et de l’intégration du projet dans un ensemble qui est la revalorisation de tout un quartier ».
De longue date, la Ville veut joindre l’utile à l’esthétique. Si elle n’a pas vraiment la main dans ce dossier, elle peut bloquer un projet en refusant un permis au promoteur. Son veto de principe vis-à-vis d’une destination principalement commerciale de la dalle de la gare explique en partie que rien n’est encore construit en l’endroit.
L’actuelle gare des bus, située à une centaine de mètres de son homologue ferroviaire, est abritée dans un bâtiment qui mériterait un sérieux coup de neuf. Sur le plan urbanistique, la réalisation n’est pas très heureuse. Cet immeuble rhabillé pourrait, lui, devenir un complexe commercial sur une surface presque équivalente à celle de la dalle. Foruminvest est sur le coup. L’ensemble permettrait un autre coup d’œil sur le haut de la ville, que l’on se place à la sortie de la gare ou sur le dessus de la rue de Fer. En outre, l’idée d’une plate-forme multimodale dédiée aux transports en commun ne déplaît pas aux décideurs.
Reste le nerf de la guerre : le financement. Bonne nouvelle, la Ville est en fonds. « Il y a six mois, la Région accordait à Namur cinquante millions d’euros à affecter à des projets de mobilité », rappelle Denis Ghesquière. Un gros morceau est tout trouvé.
Libramont. Il aura suffi d’un arrêt de train pour exister
Un arrêt de train… Un simple petit arrêt de train il y a un siècle et voilà le sort d’un bourg ardennais bouleversé à jamais…
Au milieu du XIXº siècle, Libramont n’était qu’un petit hameau du gros village de Saint-Pierre, 200 habitants tout au plus. Aujourd’hui, le rapport de force s’est inversé, Libramont est la ville phare de sa région. Entre les deux époques, la ligne Bruxelles-Luxembourg a fait son œuvre. Lors de sa construction, au sud de Namur, pour des raisons politiques ou topographiques, le tracé a évité la plupart des localités un peu importantes : Rochefort, Marche, Neufchâteau… On a donc créé des gares au milieu de nulle part. Libramont est de celles-là. Située au milieu de la province de Luxembourg, elle s’est rapidement imposée comme un nœud ferroviaire, assurant des connexions avec Bertrix, Dinant, Virton, Bastogne…
Bientôt, la gare attire le voyageur et le cheminot, puis le commerçant, le chaland, l’artisan, le fonctionnaire, le touriste, l’industriel… Au fil des décennies, le hameau agricole prend l’allure d’une petite ville de province. Voici trente ans, l’arrivée de la E411 a achevé le tableau. Aujourd’hui, Libramont concentre des milliers d’habitants, des dizaines de moyennes surfaces, des centaines d’entreprises, administrations ou écoles. En fin de compte, il n’y a guère que le politique et la justice qui ne l’aient pas choisie pour jouer un rôle central dans la province.
Cent cinquante et un ans après l’arrêt du premier train, le quartier de la gare reste le centre névralgique de la cité. Il n’en a pas moins besoin d’un sérieux lifting. La commune a mis en place un plan de revitalisation urbaine qui permettrait de doper les investissements privés par des aménagements publics. Elle rêve notamment de relier la gare au centre traditionnel. De son côté, la SNCB semble enfin vouloir sortir de ses cartons le projet de rénovation de la gare : un bon million d’euros pour donner un air contemporain à cette station où le temps semble s’être arrêté. Les travaux devraient commencer fin 2010 et s’étaler sur 2 ans.
La SNCB toujours, va entamer un énorme chantier : la démolition-reconstruction du pont qui relie les deux parties de la ville. Premier coup de pioche début octobre. Remise en circulation à la fin du printemps prochain, clôture des travaux avec l’été 2010. De longs mois de déviations en perspective…
L’arrivée du TGV a entraîné la mutation à grande vitesse du Midi
La gare de Bruxelles-Midi est la plus grande gare du réseau ferroviaire belge et la seconde (derrière la gare Centrale à Bruxelles) en terme de voyageurs. Dès sa création, elle a attiré les industries (sur la commune d’Anderlecht) et une population relativement pauvre (dans le bas de Saint-Gilles). Ce profil sociologique existe toujours.
La percement de la jonction Nord-Midi, en 1952, a remis sur les rails le développement du quartier Midi. Mais la véritable révolution est entrée en gare en 1991. Elle tient en trois lettres : TGV. Elle a entraîné spéculation et mutation à grande vitesse.
L’arrivée du TGV a beaucoup apporté au quartier du Midi. Côté quais du TGV, on notera une galerie commerciale (la première dans une gare), la création d’une place (Victor Horta) et de tout un quartier de bureaux. La reconversion, côté rue Fonsny, a été bien plus laborieuse et n’est pas achevée. Lancée au début des années 1990, elle voulait museler la spéculation, en créant un acteur foncier public (la SA Bruxelles Midi) contrôlé par la Région bruxelloise. Mais le sous-financement et la lenteur des expropriations ont failli faire échouer le projet qui a pris dix ans de retard et monté une les petits propriétaires contre la Région, écœurés par les montants ridicules des expropriations.
La gare du Midi présente pour l’instant un aspect hybride, inachevé, pas très flatteur pour l’une des portes d’entrée de Bruxelles. Il fallait donc, pour corriger cette image, un geste architectural fort : c’est à l’architecte Français Jean Nouvel (le Musée Branly à Paris) qu’Eurostation, filiale de la SNCB, a demandé de dessiner les plans de la nouvelle gare, côté Fonsny.
Le projet s’inscrit dans la philosophie des dernières rénovations de gares portée par la SNCB. Alors, bientôt, une nouvelle « gare cathédrale » au Midi, à l’image de celle des Guillemins ? La SNCB s’est engagée à se concerter avec la Région bruxelloise et les communes concernées (Saint-Gilles, Anderlecht et Bruxelles-Ville). Ce projet doit s’intégrer en outre dans le PDI, plan international de développement bruxellois. Celui-ci considère la gare de Bruxelles-Midi comme un « pôle stratégique du développement » de la Région.
Eurostation devra développer un « master plan » de la gare. Une convention a été signée en 2008 entre la Région bruxelloise, la SNCB, les trois communes et Beliris (fédéral) qui finance à Bruxelles les infrastructures de dimension nationale et internationale. Le protocole stipule la mise en place d’un comité d’accompagnement. Cette convention est la colonne vertébrale du projet. Elle détermine la zone d’intervention et prévoit l’adaptation d’espaces publics, ainsi que le regroupement d’installations de la SNCB. Les premières esquisses de Jean Nouvel ont été vues par quelques rares privilégiés. On sait que les avis sont très partagés.
Eviter le train de retard
Commentaire
Une gare, c’est plus qu’une gare. Un bureau de poste, c’est plus qu’un bureau de poste – demandez donc aux habitants de Louvain-la-Neuve. Un bistrot de quartier, c’est plus qu’un bistrot. Une petite école de village, c’est plus qu’une école.
Comme la rivière et l’église autrefois, la gare, la poste, le bistrot ou l’école façonnent nos paysages et tissent les liens sociaux dans nos villes et nos campagnes, entre les humains qui y vivent, qui y travaillent et qui s’y amusent. Une gare est rénovée et voilà des commerces nouveaux qui s’agrippent à ce nouveau pôle. Un café d’habitués se meurt dans un quartier déshérité et voilà des habitants qui ne se croisent plus, qui ne se parlent plus, un coin de ville à l’agonie.
La gare conçue par Santiago Calatrava pour Liège, celle qu’il projette pour Mons ou les idées de Jean Nouvel pour le Midi sont donc bien plus que des gestes architecturaux forts.
Au-delà des questions esthétiques, qui font évidemment débat, ces mastodontes de béton, de pierre et de verre impriment leur silhouette sur toute une communauté et sur ses habitudes. Ils ont (ou ils auront) une influence déterminante sur nos déplacements. Mais pas uniquement : ils vont réécrire l’espace urbain, inciter les commerçants à investir, les gens du cru à habiter l’endroit. Finalement, la gare créera une ambiance, un climat et favorisera les rencontres.
En tout cas, si tout va bien… Du projet à sa concrétisation, il y a parfois un train de retard. Comme à Namur où la gare rénovée existe, mais où sa dalle, conçue comme un lieu de vie, se cherche encore un avenir.
• MOREL,PIERRE; DEFFET,ERIC; SAINTGHISLAIN,VALERY; SCHARES,LUC; ROBERT,FRANCOIS; BURGRAFF,ERIC
Tags : bruxelles-ville | gare du midi | liège | tgv | anderlecht | jean nouvel | saint-gilles | bruxelles-midi | bral | sncbLes quartiers des gares, entre développement urbain et détricotage social
- « AlterEchos », 15 mai 2009
L’aménagement des gares révèle le pouvoir de la propriété foncière et la faiblesse des habitants. Face aux rapports de force structurellement inégaux entre acteurs de l’aménagement urbain, deux orientations à conjuguer : d’une part, renforcer la réglementation en faveur de la concertation et donner les moyens aux habitants d’exercer une citoyenneté active ; d’autre part exercer des pressions sur le Fédéral.
Les gares, bien que de moins en moins nombreuses, connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt dans les grandes villes. Pensées d’abord comme lieux d’arrivée, donc comme vitrines pour les visiteurs, leurs réaménagements sont conçus pour rivaliser sur le marché de la concurrence entre territoires. La priorité devient l’image, au détriment de la dimension structurante de la gare pour le tissu urbain environnant. Le peu de cas fait des activités voisinant les gares en rénovation et des riverains en est un indice. Un autre réside dans le manque d’intégration fonctionnelle, architecturale ou urbanistique de la gare dans la ville, soit qu’elle n’a pas été pensée, soit que la hiérarchie des priorités reporte dans le temps les autres aménagements requis.
Détricotage
Cette analyse est partagée par Inter-Environnement Bruxelles (IEB)1. Son secrétaire général, Mathieu Sonck, affine : « À Bruxelles, les politiques se sont rendu compte depuis quelques années qu’ils avaient surtout investi dans la rénovation urbaine (avec ses heurs et malheurs) et pas, ou très peu, dans des infrastructures de prestige. Malgré les récents mea culpa médiatiques de tout bord sur les excès de crédulité dans les bienfaits de la libéralisation, à Bruxelles, les politiques continuent de s’inscrire dans la logique de compétition entre villes et régions. Or comme il est plus difficile de faire passer des projets de prestige auprès des habitants, on en vient à détricoter les outils de concertation mis en place. »
Entre autres réductions de délais, la récente réforme du Code bruxellois de l’aménagement du territoire (Cobat), adoptée au printemps 20092 par la majorité PS-Écolo-CDH à Bruxelles, a ainsi instauré que la consultation des instances consultatives aurait lieu en même temps que se déroule l’enquête publique. La mesure permet de gagner du temps, certes, mais appauvrit la concertation postérieure et ultime en Commission régionale de développement, ont dénoncé tant IEB que l’Atelier de recherche et d’animation urbaine (Arau) et l’Association de la ville et communes bruxelloises (AVCB).
En Région wallonne, l’adoption du décret par autorisation régionale (DAR) s’inscrit dans la même logique : en confiant aux parlementaires le pouvoir d’octroyer des permis pour des projets d’intérêt régional, la majorité PS-CDH court-circuite le recours possible au Conseil d’État par des riverains. Les opposants au DAR, d’Écolo au MR en passant par Inter-Environnement Wallonie, avaient alors fustigé l’illisibilité du Code wallon de l’aménagement du territoire, en perpétuel chantier, comme cause première de la mauvaise qualité des projets d’aménagement et des fréquents recours qu’ils provoquent.
À Liège, la transformation de la gare des Guillemins, décidée en 1993, a précédé de longtemps tout projet urbanistique intégré. François Schreuer est journaliste et préside la toute jeune association urbAgora3. Celle-ci fait partie de la plate-forme Guillemins.be4 qui réunit plusieurs associations et comités liégeois concernés par les développements du quartier des Guillemins « qui se parlaient peu jusqu’alors. » Pour lui, « la gare n’est, non seulement, pas le résultat de la volonté des autorités municipales, mais elle n’a été intégrée par elles que très tardivement – en 2006 – comme l’élément phare d’un projet d’ensemble pour le quartier. »5
Cette récente intégration s’est faite à travers le projet dit « Dethier » – du nom de son architecte auteur – visant l’aménagement de la liaison entre la gare et la Meuse. Celui-ci ne prévoyait plus aucune expropriation et recueillait un assez large consensus tant auprès des habitants que des différentes forces politiques liégeoises. Depuis, il a déjà été modifié à deux reprises. D’abord à travers un plan de remembrement urbain (PRU), nouvel instrument urbanistique créé sous cette législature, censé privilégier les investissements en centre-ville plutôt qu’en périphérie. Il transfère le pouvoir d’octroi du permis au fonctionnaire délégué de la Région au détriment de la Ville et permet l’expropriation pour cause d’utilité publique. La deuxième évolution du projet a été signifiée lors de la présentation par la ville de Liège d’un nouveau projet d’aménagement de la place face à la gare (toujours élaboré par le bureau Dethier) où disparaît l’esplanade initialement prévue et où apparaissent de nouvelles expropriations, sans que l’ensemble du quartier soit couvert par le nouveau projet.
Maillon faible
Dans le quartier des Guillemins, les habitants ont commencé à s’organiser longtemps après que la décision de réaménagement de la gare fut prise. Aujourd’hui, si les associations et comités concernés reprennent un peu pied et influence dans le débat – « un peu », insiste François Schreuer – c’est en partie grâce à la plate-forme Guillemins.be qui les rassemble depuis un an. « Une façon d’allier légitimité locale, légitimité technique et légitimité médiatique », analyse le président d’urbAgora.
Il n’empêche, face à la menace de nouvelles expropriations, les habitants s’interrogent. « Aujourd’hui, il n’est plus possible d’invoquer l’intérêt public pour justifier de nouvelles expropriations. À moins d’utiliser le projet de tram. Or la Société régionale wallonne des transports estime qu’il doit passer non pas par la rue du Paradis (concernée par les expropriations évoquées) mais bien par la rue des Guillemins, parallèle et ancien accès principal à la gare avant que celle-ci soit déplacée de 150 mètres vers l’est à la faveur des travaux. » Et si la filiale de la SNCB, parvenant à instrumentaliser ainsi le projet de tram, réussissait à bénéficier de la manne régionale budgétée pour le tram et à financer ainsi le rachat des maisons expropriées, avant de les revendre plus tard à bon prix à des promoteurs immobiliers ?
Parano ? Possiblement réaliste, à entendre Gwenaël Brees, l’un des piliers des luttes menées par les habitants du quartier du Midi à Bruxelles6. Pour lui, depuis que la SNCB est devenue une entreprise publique autonome, « son contrat de gestion lui impose, directement ou indirectement via ses filiales, de se comporter en véritable spéculateur avec ses réserves foncières. Quitte à mettre à mal d’autres politiques publiques. » Un comble.
À Bruxelles-Midi, c’est notamment le manque flagrant de moyens alloués à l’organisme public chargé de racheter les biens de la zone à réaménager qui l’a amené à se comporter comme un vulgaire promoteur immobilier, faute de pouvoir proposer un prix acceptable pour les expropriations.
Comment ? « En recourant à la loi fédérale régissant l’expropriation la moins favorable aux habitants, celle de 1962, votée dans la précipitation d’une fin de session parlementaire pour favoriser le développement des autoroutes », explique Gwenaël Brees. Cette loi permet d’invoquer l’extrême urgence pour raison d’utilité publique sans définir celle-ci et durant un laps de temps qui peut s’étendre de 10 à 30 ans, comme dans le quartier du Midi. Une menace permanente qui pèse sur les propriétaires concernés et exerce une pression à la baisse des prix.
Bien que la législation sur l’expropriation soit fédérale, les Régions sont concernées. « Elles utilisent la loi de 1962, très problématique pour les habitants, alors qu’existe aussi une loi de 1926 qui favorise plus la recherche d’un accord à l’amiable », estime Gwenaël Breës.
Participer, qu’ils disaient…
Le véritable pouvoir dans la production de la ville est dans les mains des propriétaires du foncier. Des acteurs de l’aménagement urbain, les habitants sont par définition toujours les plus faibles. Pour Mathieu Sonck, secrétaire général d’IEB, la ville ne se construit pas dans un consensus associant toutes les parties ; elle est le fruit du conflit, des rapports de force entre promoteurs, habitants, pouvoirs publics. « Trop souvent, la participation est instrumentalisée par le politique, estime-t-il. Là où les pouvoirs publics ne maîtrisent pas le foncier, ils instaurent de la participation pour tenter de modifier le rapport de force avec les promoteurs. Au risque d’épuiser les habitants dans des processus dont ceux-ci ressortent rarement vainqueurs. »
À Bruxelles, dès la création de la Région, des instruments ont été créés en réponse aux revendications des comités de quartier en matière de participation des habitants au développement de la ville. Les comités d’accompagnement installés à l’occasion des études d’incidence sur des projets d’aménagements accueillent des représentants des habitants. Le problème, analyse-t-on chez Inter-Environnement Bruxelles, c’est que les habitants, en particulier dans des quartiers défavorisés, s’impliquent peu dans ces structures faute de maîtrise suffisante de la langue, des codes implicites et explicites des rapports avec le monde politique, de connaissance des institutions. Bref, faute d’une culture de la citoyenneté active. Si les instruments de la participation existent formellement, les conditions requises pour y défendre efficacement leurs intérêts, de la part des habitants, font souvent défaut.
Tout en regrettant ne pouvoir suppléer à ces carences dans tous les dossiers d’aménagement bruxellois – IEB déclare n’avoir les moyens de s’impliquer que dans certains dossiers emblématiques, comme actuellement celui de l’aménagement d’une nouvelle voie ferrée à la gare du Nord, mettant en danger d’expulsion quelques dizaines de familles de la rue du Progrès qui jouxte le chemin de fer par l’ouest – la fédération environnementale estime que sa mission prioritaire et sa place se trouvent en deuxième ligne. Soit, en soutien fédératif des actions et des intérêts des associations et comités menant des actions autonomes dans ou à partir des quartiers. Et Mathieu Sonck d’exhumer une demande récurrente de la fédération aux politiques : renforcer les moyens mis à la disposition d’une éducation à la citoyenneté pour permettre aux habitants de véritablement se saisir de la chose publique. Concrètement, par exemple, en créant dans la réglementation sur les contrats de quartier un volet politique qui contrebalancerait la disparition du volet social au profit du volet socio-économique. Et permettrait aux habitants de se doter de « boîtes à outils » pour mener et renforcer leurs actions citoyennes.
Le renforcement de la réglementation en faveur de la participation et de la concertation plutôt que son détricotage, et plus de moyens pour le renforcement des capacités d’action des citoyens ne suffiront pas, estime Gwenaël Brees. L’exemple du Midi montre aussi les limites et les problèmes posés par la concentration du pouvoir, le bourgmestre empêché de Saint-Gilles étant également, en tant que Ministre-Président de la Région bruxelloise, le principal architecte du réaménagement du quartier du Midi. « In fine, les sommes dégagées du fédéral (accord Beliris) et du budget régional bénéficieront exclusivement à la commune de Saint-Gilles, grâce aux taxes d’urbanisme etc. Alors qu’une partie des activités qui s’installent dans le quartier du Midi se délocalisent au départ d’autres communes bruxelloises, le tout sur fond de sur-offre d’espaces de bureaux sur l’ensemble de la Région. » Dans l’architecture institutionnelle bruxelloise, chaque chapelle communale est tentée de jouer cavalier seul en appliquant les mêmes recettes d’un endroit à l’autre. Une logique de concurrence plutôt que de coopération. Vous avez dit « enjeu électoral ? »
• Emmanuel De Loeul
1. Un amendement significatif, adopté, fait que cette réforme n’entrera en vigueur qu’en 2010. De quoi maintenir l’espoir d’une réforme de la réforme si une autre majorité politique devait prendre ses responsabilités à Bruxelles à l’issue du 7 juin ?
2. Inter Environnement Bruxelles : -contact : Mathieu Sonck secrétaire général
– adresse : rue d’Edimbourg, 26 à 1050 Bruxelles , Belgique26 rue d’Edimbourg 1050 Bruxelles Belgique
– voice02 893 09 09
– info@ieb.be
– site : www.ieb.be
3. François Schreuer, président, urbAgora asbl
– adresse : rue Pierreuse, 19/21 à 4000 Liège , Belgique19/21 rue Pierreuse 4000 Liège Belgique
– voice04 265 60 86
– secretariat@urbagora.be;
– site : http://urbagora.be
4. Site : http://guillemins.be/
5. François Schreuer, « Une gare hors sol », in Bauwelt (revue berlinoise), 9 avril 2009.
6. Comité de quartier du Midi
– comite@quartier-midi.be
– site : www.quartier-midi.be
Guillemins : en toute opacité
- "Le Soir", 14 novembre 2008
Liège. Et si le tram passe par la place à construire, on détruit ? Sous-informés, les acteurs du quartier se fédèrent.
Le désarroi teinté de colère n’a pas disparu chez les habitants du quartier des Guillemins. Mais à la patience passive succède aujourd’hui un élan fédérateur. Ce jeudi, cinq associations (lire ci-dessous) ont présenté la plateforme « guillemins.be » qui entend porter la voix et les réflexions des gens vivant dans le quartier. L’élément déclencheur de ce mouvement ? Le projet de nouvelle place devant la gare qui sera soumis à enquête publique début décembre. « La question du passage du tram est complètement absente du projet soumis à l’avis des habitants. Or, c’est une hypothèse bien réelle », déclare Lino Polegato qui représente les riverains de la rue Paradis. Gérard Debraz, président du comité de quartier Fragnée-Guillemins a vu le plan de la nouvelle place devant la gare déposé par la Ville. La rue Paradis apparaît telle quelle, son front bâti n’est pas modifié. Mais une ligne, plus large que la place dessinée, a retenu son attention et, devant la commission de rénovation urbaine du quartier, il s’en est inquiété auprès de l’échevin de l’urbanisme Michel Firket. « Il m’a répondu que cela correspondait à 60 nouvelles expropriations allant du coin de la place des Guillemins au terrain Balteau (en face du parking des finances) envisagées par d’“autres” ». « Oui, confirme l’échevin, certains continuent d’envisager de nouvelles expropriations rue Paradis ». Qui ? L’échevin qui paraît de plus en plus isolé sur ce dossier préfère se taire.
« Assez des travaux »
« Nous voulons des informations fiables sur le devenir de tout le quartier, poursuit Gérard Debraz. C’est en partie à ça que servira la plateforme ». « L’opacité plane à nouveau sur les aménagements prévus alors qu’on croyait que la Ville avait définitivement repris la main sur le dossier », ajoute Lino Polegato. « La Ville dépose un permis pour une place alors que le tram va peut-être tout chambouler dans les années qui viennent. Où est la stratégie globale ?, interroge François Schreuer, responsable de l’association Urbagora, qui a trouvé là un nouveau cheval de bataille. Qui est aujourd’hui le pilote de l’opération d’aménagement des Guillemins ? La Ville ? La Région ? La SNCB qui fait de la spéculation immobilière ? » « Nous en avons assez des travaux à la petite semaine, fulmine Julien Timmermans, responsable de l’association des commerçants de la rue des Guillemins. Durant plus d’un an et demi nous avons souffert des travaux. Pour quoi ? Nous retrouver avec une dalle en béton au centre de la rue dont on ne connaît toujours pas la fonction. Elle aurait été prévue pour le tram mais finalement ne serait pas assez costaude. Ça suffit ! Nous réclamons une vision globale, allant du plan incliné à la place Général Leman, articulée autour du passage du tram. Sinon, ça va être du “on construit, on casse, on recommence”. »
PHILIPPE BODEUX
Repères
Plateforme des acteurs du quartier. Hébergée sur le site www.guillemins.be, la plateforme a pour ambition, selon ses membres, « de clarifier les intentions – parfois fort floues – des différents acteurs du dossier et ce, dans un contexte de profonde incertitude sur l’avenir du quartier des Guillemins ».
Membres. Cinq associations font partie de la plateforme : Urbagora, une association de réflexion sur les aménagements urbains liégeois, l’association des commerçants de la rue des Guillemins, le comité de quartier Fragnée-Blonden, l’association RespirO qui regroupe des professionnels de l’architecture et de l’urbanisme et, enfin, l’association des riverains de la rue Paradis.
Documents. Sur le site, on peut trouver une chronologie du dossier, les documents de référence concernant l’aménagement de la place ainsi que des témoignages vidéo d’habitants ainsi que d’hommes politiques.
Tags : architecture | liège | expropriation | enquête publique | gare du midi | guillemins | sncb | spéculationQuand la SNCB fait de la spéculation
- « Politique » n°55, juin 2008
La mutation, durant les dernières décennies, des services publics en « entreprises publiques autonomes » a parfois de sérieux effets de bord. En imposant à la SNCB une politique agressive de valorisation de son patrimoine, l’Etat fédéral met à mal d’autres politiques publiques.
La SNCB est le plus gros propriétaire de réserves foncières en zones urbaines. De ces réserves foncières dépend notamment la politique de logement dont on sait l’urgence dans plusieurs villes du pays, et notamment en Région bruxelloise. Reste que l’utilisation de ces réserves foncières est tout sauf simple pour les organismes publics chargés de construire du logement. Son contrat de gestion impose en effet à la SNCB de vendre au plus offrant, imposant des prix sur lesquels ne savent pas toujours s’aligner les organismes publics. Mais au-delà des contraintes définies par le contrat de gestion, au-delà aussi d’une relative démission du pouvoir politique fédéral qui pourrait jouer son rôle d’actionnaire et rappeler la SNCB à plus de mesure, la SNCB elle-même fait manifestement des excès de zèle.
Arrivée du TGV à Bruxelles…
C’est dès la fin des années 1980 que se manifestent les premières prémisses de cette évolution larvée de l’objet social de la SNCB. En 1989, la décision d’implanter un terminal TGV à Bruxelles, annoncée par le ministre Herman De Croo (VLD) s’accompagna de l’obligation pour la SNCB, endettée, de rentabiliser les travaux par le développement de projets immobiliers aux abords de la gare du Midi. C’est aussi à cette période que la SNCB constitua la société Eurostation (filiale à 100%) : un bureau d’études destiné à réaliser des études architecturales et urbanistiques pour la conception et la réalisation des « terminaux ».
En publiant les esquisses d’un projet démesuré pour le terminal du Midi — en partie sur des terrains ne lui appartenant pas et en l’absence de toute concertation avec les pouvoirs locaux —, la SNCB a créé un appel d’air et a donné le coup d’envoi de la spéculation privée sur le quartier.
Une véritable bataille foncière s’ensuivit, opposant la SNCB et son bras immobilier d’une part, les promoteurs et la Région bruxelloise d’autre part, chacun ayant ses propres ambitions immobilières. La Région refusa d’octroyer les permis de bâtir à la SNCB, tandis que celle-ci riposta, soutenue par le Ministre Jean-Luc Dehaene, en menaçant de ne pas installer le terminal TGV au Midi. Eurostation finira même par exproprier plusieurs maisons du côté de la rue de France, ainsi que l’îlot de l’ancienne usine Côte d’Or,… pour des motifs « d’utilité publique », ça va de soi. La construction d’un gigantesque parking ainsi que d’importantes surfaces administratives venant s’ajouter à la suroffre de bureaux à Bruxelles, ces espaces furent finalement occupés par des ministères fédéraux. À cette occasion, on a pu assister à un épisode déplorable où la Région et la SNCB, qui ne se voyait pas comme « une oeuvre charitable »1, se sont renvoyés la responsabilité du relogement des habitants expulsés…
L’accalmie n’interviendra qu’en 1996. Aujourd’hui, Région bruxelloise et SNCB semblent avoir enterré la hache de guerre. En témoigne, un nouveau protocole de coopération récemment conclu entre les deux parties dans le cadre du Plan de développement international de Bruxelles. Ce document prévoit la restructuration complète de la gare du Midi et la construction de nouveaux bureaux à ses abords (Eurostation projette, en partenariat avec le promoteur Atenor, d’édifier une nouvelle tour du côté anderlechtois de la gare), donnant toute latitude d’action à la filiale de la SNCB pour réaliser le projet, en ce compris le réaménagement des espaces publics. Quand on sait qu’Eurostation véhicule une vision purement « ingénieurale » et fonctionnaliste de la ville, l’habiliter à agir comme développeur immobilier dans les quartiers jouxtant les gares est réellement problématique.
Mais la « paix des braves » est toute relative, d’autant qu’elle est sujette aux conflits politiques entre différents niveaux de pouvoir. « Le fédéral reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre » explique un expert proche du dossier. L’Etat finance en effet la Région bruxelloise via les fonds Beliris (gérés par la Ministre Laurete Onkelinkx, PS), mais anéantit cette aide en faisant payer le prix fort pour les terrains SNCB. De sorte que des outils publics en viennent à jouer les uns contre les autres.
Ainsi en va-t-il du combat qui a lieu autour du site de Schaerbeek-Formation, la plus importante réserve foncière de Bruxelles, appartenant à la SNCB. Pour tenter d’acquérir ces terrains, la Région a créé en 2005 la Société d’acquisition foncière (SAF). En 2007, le gouvernement régional (PS-CDH-Ecolo) décidait — bien que Schaerbeek-Formation soit inscrite comme une « zone d’intérêt régional à développement différé » — qu’il convenait d’y construire un stade de football… avec l’argent de Beliris. Mais c’était sans compter sur l’intervention du Fonds des infrastructures ferroviaires (FIF), créé il y a quelques années pour sortir la SNCB du poids de sa dette historique. Présidé par une proche de Didier Reynders (MR), le FIF a récemment lancé son propre appel à candidatures en vue de désigner un ou plusieurs partenaires pour le développement de Schaerbeek-Formation. Pas opposé à l’idée d’un stade, le FIF souhaite aussi y voir ériger un centre commercial, des infrastructures événementielles et touristiques, un musée d’art contemporain, des bureaux et des logements…
… et à Liège
À Liège, Euro Liège TGV, la filiale de la SNCB, a exproprié à tout va, ainsi que l’y autorise l’invocation de « l’intérêt public », autour de la nouvelle gare des Guillemins conçue par la star internationale de l’architecture Santiago Calatrava. Motif de ces expropriations ? Les « nécessités du chantier ». Reste qu’une rue entière — la rue Bovy — a notamment été expropriée par Euro Liège TGV, rue dont les maisons restent à ce jour debout alors que les travaux de la gare touchent à leur fin. Les nécessités du chantier ont bon dos.
Dans le même temps, forte du poids dans le dossier que lui donnent ces expropriations, Euro Liège TGV a engagé un bras de fer avec les autorités communales en vue d’imposer un plan d’aménagement du quartier que la plupart des urbanistes considèrent comme antédiluvien2 : selon ce projet, dessiné lui aussi par Calatrava, il s’agirait rien moins que de raser tout le quartier situé entre la gare et le fleuve pour construire un plan d’eau monumental bordé de deux barres d’immeubles. Au-delà de son projet lui-même, de la négation du quartier existant qu’il représente, c’est la méthode qui interpelle : en cherchant à imposer ses vues dans le débat urbanistique, la société ferroviaire sort là encore clairement de son rôle — celui de transporter des voyageurs.
Quoi qu’il arrive, cependant, là comme ailleurs, la SNCB devrait sortir gagnante de l’opération. Selon toute vraisemblance, le prix de l’immobilier connaîtra en effet une sérieuse envolée et, désormais principale propriétaire des terrains situés aux alentours de la nouvelle gare, la SNCB sera la première à en profiter.
• Gwenaël Breës et François Schreuer
- « Premiers expropriés en gare du TGV », in Le Soir, 30 janvier 1992. [↩]
- Lire Philippe Bodeux, « Les urbanistes français stupéfiés », in Le Soir, mercredi 15 novembre 2006. [↩]
Actualités 2008-2010

Textes, articles et communiqués de presse des années 2008 à 2010.
Voir aussi les actualités 2005-2007 et 1990-2004.
> 2010
Mars 2010
- Comité du quartier Midi, mars 2010:
Le quartier Midi en téléchargement libre
- « Le Soir », 12 mars 2010:
Le projet Jean Nouvel sur une voie de garage?
- Télé Bruxelles, 10 mars 2010:
Gare du Midi: quelle Nouvel?
- « Le Soir », 9 mars 2010:
On est toujours sans « Nouvel »
- Comité du quartier Midi, 9 mars 2010:
Hutchinson scandalisé par l’afflux de milliardaires au Midi
- « La Libre Belgique », 3 mars 2010:
Trop secrète nouvelle gare du Midi
Février 2010
- Comité du quartier Midi, février 2010:
Des images de la future gare du Midi ?
- « La Libre Belgique », 11 février 2010:
“Moratoireke” : non peut-être
- « Le Soir », 11 février 2010:
Pas de moratoire sur les bureaux
Janvier 2010
- « Le Soir », 5 janvier 2010:
Jean Nouvel va couvrir la gare du Midi
- « La Capitale », 4 janvier 2010:
Bruxelles : une pétition contre la gare du Midi
____________
> 2009
Novembre 2009
- La Belgosphère, 26 novembre 2009:
Charles, te rappelles-tu d’Erdogan?
- Comité du quartier Midi, 25 novembre 2009:
« Les emmurés du Midi » sur la RTBF
- « Télé Moustique », 18 novembre 2009:
Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi
Octobre 2009
- BRAL, octobre 2009:
« Participez à la ville! »
Septembre 2009
- « Le Soir », 17 septembre 2009:
Une gare, ça change une ville !
Août 2009
- « Le Soir », 24 août 2009:
Pourquoi tout le monde aime Charles Picqué ?
Juillet 2009
- « Immo-Soir », 23 juillet 2009:
Les derniers défis de la gare du Midi
- « La Libre Belgique », 3 juillet 2009:
Le Midi : plus jamais ça ?
- Comité du quartier Midi, 2 juillet 2009:
Au Midi, pas de place pour l’espace public
- « Le Soir » , 2 juillet 2009:
La place Broodthaers attendra encore un an
- Belga, 7 mai & 1er juillet 2009:
Nouveaux hôtels prévus au Midi
Juin 2009
- “Le Soir”, 27 juin 2009:
Un vent nouveau souffle sur le Midi
- Télé Bruxelles, 26 juin 2009:
Journal télévisé
- Brussel deze week, 24 juin 2009:
De leerling-tovenaar van de Zuidwijk
- Parlemento.com, 6 juin 2009:
Bruxelles-Midi: destruction populaire et censure socialiste
- « Le Pan », 3 juin 2009:
Censure d’une grosse brique ?
- BxlBlog, 3 juin 2009:
Quelques lectures à caractère politique ou citoyen
Mai 2009
- « La Dernière Heure », 30 mai 2009:
« Plus jamais » la saga du Midi
- Brusselnieuws, 29 mei 2009:
Bruxelles-Midi, de Zuidwijk te boek
- “Le Soir”, 28 mai 2009:
Pas de quartier pour les pauvres
- « Trends-Tendances », 28 mai 2009:
Picqué et « Les Bronzés font de l’immobilier »
- Aden, 28 mai 2009:
Soirée de présentation du livre « Bruxelles-Midi,
l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle »
- “AlterEchos”, 15 mai 2009:
Les quartiers des gares, entre développement urbain et détricotage social
Avril 2009
- Journal de la Confédération des organisations de jeunesse (COJ), avril 2009:
Bruxelles Midi : quand nettoyage et mixité font bon ménage
- “Le Soir”, 23 avril 2009:
Le Progrès arrêtera-t-il le RER ?
+ La lente « extrême urgence » du quartier Midi
Mars 2009
- “La chronique de la Ligue des droits de l’homme” n°131, mars 2009:
Le démon du Midi : pas de quartier pour les habitants
Février 2009
- « La Dernière Heure », 10 février 2009:
Détours à la cité perdue
- « Solidaire », 3 février 2009:
Les détours du quartier du Midi
- De Standaard, 2 februari 2009:
« In de Zuidwijk is een waar spelletje Monopoly gespeeld »
Janvier 2009
- « La Tribune de Bruxelles », 27 janvier 2009:
Détours au Midi
- TV Brussel, 22 januari 2009:
Tentoonstelling over Zuidwijk
- 7sur7.be et Infomonde.be, 20 janvier 2009:
L’expo « Détours au Midi » exprime 20 ans de gâchis
- RTBF, 16 janvier 2009:
Quartier du Midi : 20 ans de grosse galère pour les habitants
- Radio 1, 15 januari 2009:
20 jaar geknoei in de Brusselse Zuidwijk
- FM Brussel, 15 januari 2009:
Zuidwijk
- Exposition au Pianofabriek du 15/01 au 15/03/2009
Tentoonstelling in Pianofabriek van 15/01 tot 15/03/2009:
Le quartier du Midi, 1989 – 2009 : 20 ans de “revitalisation urbaine”
De Brusselse Zuidwijk van 1989 tot 2009 : 20 jaar “heropwaardering”
____________
> 2008
Décembre 2008
- « Le Soir », 16 décembre 2008:
Un quartier d’affaires au Midi
- La chronique de Paul Hermant, RTBF, 11 décembre 2008:
Vive les droits de l’homme d’affaires
- “La Dernière Heure”, 10 décembre 2008:
Le Midi a un Prix
- JT RTBF, 9 décembre 2008:
Le « Comité du Quartier Midi », à Bruxelles, a reçu
le prix « Régine Orfinger-Karlin »
- Dépêche Belga, 9 décembre 2008:
Le comité de quartier du Midi récompensé
par la Ligue des Droits de l’Homme
- Ligue des droits de l’homme, communiqué de presse, 9 décembre 2008:
Le comité du quartier Midi lauréat du prix Régine Orfinger
de la Ligue des droits de l’homme 2008
- Bxl.blog, 6 décembre 2008:
Quartier Midi: la faillite de l’urbanisme
- Dépêche Belga, 26 novembre 2008:
L’affaire de l’hôpital militaire d’Ixelles paralysée
- « Le Soir », 14 novembre 2008:
Guillemins : en toute opacité
- Marseille 2008, 12 novembre 2008:
Une spéculation publique dans la Capitale de l’Europe
Octobre 2008
- “Le Soir”, 30 octobre 2008:
Il ne reste que vingt familles au Midi
- « Le Soir », 29 octobre 2008:
Ce qui reste de l’îlot A sera démoli
- Communiqué de presse (Comité du quartier Midi, BRAL, IEB & RBDH),
28 octobre 2008:
Rénovation de l’îlot A : un nouveau feuilleton à rebondissements
dans le quartier du Midi
- Le blog d’Ariane, d’Ulysse, d’Ibrahima… et le kabar, 13 octobre 2008:
Bruxelles et le quartier Léopold perdent un de leurs plus généreux
emmerdeurs
- Comité du quartier Midi, 5 octobre 2008:
Le PDI, acte III. Mais quid de la “zone prioritaire” du Midi?
Septembre 2008
- “Humo”, 9 september 2008:
“Onze wijk is dood. Vermoord door de overheid en de speculanten”
Août 2008
- “Le Soir”, 22 août 2008:
Projet majeur face à la gare du Midi
- “La Libre Belgique”, 21 août 2008:
Nouveau projet gare du Midi
Juillet 2008
- Parlement régional bruxellois, 16 juillet 2008:
Interpellation concernant la décision de rénover l’îlot A
du quartier Midi (pdf)
- “Le Soir”, 8 juillet 2008:
L’îlot A du quartier du Midi ne sera pas démoli
- “La Dernière Heure”, 8 juillet 2008:
La rue de Mérode sera un peu moins défigurée
- “La Libre Belgique”, 8 juillet 2008:
Midi, l’heure de la “rénovation”
- Dépêche Belga, 7 juillet 2008:
Bxl-Midi: Picqué et l’ARAU d’accord pour rénover plutôt que démolir
- Communiqué de presse Charles Picqué & ARAU, 7 juillet 2008:
Rénover plutôt que démolir (doc)
- Comité du quartier midi, 3 juillet 2008:
Le quartier Midi dans votre salon !
Juin 2008
- “Politique” n°55, juin 2008:
Quand la SNCB fait de la spéculation
- “La Libre Belgique”, 12 juin 2008:
“Eviter un quartier du Midi bis !”
- “Le Soir”, 12 juin 2008:
Expropriations massives
Mai 2008
- Parlement régional bruxellois, 29 mai 2008:
Interpellation concernant le « protocole de coopération » (entre la Région,
les communes de Saint-Gilles et Anderlecht, la SNCB et sa filiale
Eurostation) concernant le réaménagement de la gare du Midi
et de ses abords (pdf)
- “Le Soir”, 21 mai 2008:
Le comité Midi honoré
- “La Dernière Heure”, 21 mai 2008:
Un chardon à la mobilité du quartier européen
- Dépêche Belga, 20 mai 2008:
Palme au Comité Midi. Chardon au futur Quartier européen.
- Inter-Environnement Bruxelles, 20 mai 2008:
Inter-Environnement Bruxelles remet sa Palme 2007
au Comité du quartier Midi
- “Brussel deze week”, 14 mei 2008:
De ziel uit de Zuidwijk
- “Le Soir”, 9 mai 2008:
Saga Midi : un film et un jugement
- “La Libre Belgique”, 8 mai 2008:
Quartier Midi : “La Région doit changer d’attitude”, selon l’Arau
- “Le Soir”, 7 mai 2008:
Les plaies du Midi se referment mal
- “La Dernière Heure”, 7 mai 2008:
Condamnation confirmée
- Dépêche Belga, 6 mai 2008:
La Région doit changer d’attitude
- Communiqué de presse, ARAU & Comité du quartier Midi, 6 mai 2008:
La saga du quartier Midi continue devant les tribunaux
- Communiqué de presse, ARAU & Comité du quartier Midi, 6 mai 2008:
La Région de Bruxelles-Capitale à nouveau condamnée
pour ses pratiques au quartier Midi
- « Trends-Tendances », 1er mai 2008:
Les propriétaires lésés du quartier du Midi réclament justice (pdf)
Avril 2008
- Comité du quartier Midi, avril 2008:
En mai, le quartier Midi s’affiche à Saint-Gilles…
Mars 2008
- La Première, 15 mars 2008:
Emission “Transversales” sur le quartier Midi
- « La Dernière Heure », 14 mars 2008:
La saga imagée du Midi + Des toilettes vues 280.000 fois !
- Comité du quartier Midi, 1er mars 2008:
Voir ou revoir “Dans 10 jours ou dans 10 ans…”
Février 2008
- Comité du quartier Midi, 19 février 2008:
Nouvel incendie dans une maison de la Région bruxelloise à Saint-Gilles
- “Le Soir”, 18 février 2008:
« On ne casse pas du pauvre »
- “Le Soir”, jeudi 14 février 2008:
On ne prête qu’aux riches
- Comité du quartier Midi, février 2008:
Rapport de la Cour des comptes sur la politique fédérale des grandes villes
- Télé Bruxelles, 11 février 2008:
Le débat: quel avenir pour le quartier Midi?
- “Moniteur belge”, 11 février 2008:
Parution du nouvel arrêté d’expropriation
- Février 2008:
Avis de la Commission de concertation sur le nouveau plan d’expropriation
- “La Tribune de Bruxelles”, 7 février 2008:
“Sinistre et sale”
- “Le Soir”, 5 février 2008:
Un ratage magistral au Midi ?
- Comité du quartier Midi, 1er février 2008:
Un sénateur-député publie un rapport sur le “fiasco” du quartier Midi
- “La Libre Belgique”, 1er février 2008:
“Mettre fin à cette triste saga”, dit Alain Destexhe
- “La Dernière Heure”, 1er février 2008:
“Sauver ce qui peut l’être…”
- “Le Soir”, 1er février 2008:
Destexhe descend (sur) le Midi
- DailyMotion, 1er février 2008:
Bruxelles: saccage au quartier Midi
Janvier 2008
- Alain Destexhe, 31 janvier 2008:
Quartier du Midi: Welcome in Brussels!
- RTL, 31 janvier 2008:
Le lifting du quartier du Midi, sinistre et sale, est un échec
- Réseau Nov-Vox, 30 janvier 2008:
Quartier Midi : telle n’est pas la capitale de l’Europe que nous voulons
- “Le Soir”, 29 janvier 2008:
Paul-Henri Spaak se pose au Midi
- SkynetActu, 29 janvier 2008:
Un buste de Paul-Henri Spaak dévoilé à Bruxelles-Midi
- Télé Bruxelles, 28 janvier 2008:
Paul-Henri Spaak honoré
- “Une tribune pour Bruxelles” (Baudouin Peeters), 23 janvier 2008:
Gare du Midi, quel gâchis !
- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008:
Expédition punitive de la SA Bruxelles Midi au Rue de Mérode, 53
- “Le Soir”, 16 janvier 2008:
« Rénover c’est chasser »
- « La Libre Belgique », 16 janvier 2008:
Les Editions Agone expulsées
- “La Dernière Heure”, 16 janvier 2008:
Expropriées manu militari
- BrusselNieuws, 15 januari 2008:
Drukkerij Agone boos om onteigening in Zuidwijk
- Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008:
La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi
- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008:
La société mixte régionale SA Bruxelles Midi persiste
dans ses pratiques de harcèlement
- Coordination anti-démolition des quartiers populaires, 9 janvier 2008:
Quartier Midi : telle n’est pas la capitale de l’Europe que nous voulons
- Parlement régional bruxellois, 8 janvier 2008:
Françoise Dupuis: “c’est de loin le dossier le plus compliqué,
et probablement le plus lent, que nous suivions actuellement”

