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Les quartiers des gares, entre développement urbain et détricotage social

« AlterEchos », 15 mai 2009

L’aménagement des gares révèle le pouvoir de la propriété foncière et la faiblesse des habitants. Face aux rapports de force structurellement inégaux entre acteurs de l’aménagement urbain, deux orientations à conjuguer : d’une part, renforcer la réglementation en faveur de la concertation et donner les moyens aux habitants d’exercer une citoyenneté active ; d’autre part exercer des pressions sur le Fédéral.

Les gares, bien que de moins en moins nombreuses, connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt dans les grandes villes. Pensées d’abord comme lieux d’arrivée, donc comme vitrines pour les visiteurs, leurs réaménagements sont conçus pour rivaliser sur le marché de la concurrence entre territoires. La priorité devient l’image, au détriment de la dimension structurante de la gare pour le tissu urbain environnant. Le peu de cas fait des activités voisinant les gares en rénovation et des riverains en est un indice. Un autre réside dans le manque d’intégration fonctionnelle, architecturale ou urbanistique de la gare dans la ville, soit qu’elle n’a pas été pensée, soit que la hiérarchie des priorités reporte dans le temps les autres aménagements requis.

Détricotage

Cette analyse est partagée par Inter-Environnement Bruxelles (IEB)1. Son secrétaire général, Mathieu Sonck, affine : « À Bruxelles, les politiques se sont rendu compte depuis quelques années qu’ils avaient surtout investi dans la rénovation urbaine (avec ses heurs et malheurs) et pas, ou très peu, dans des infrastructures de prestige. Malgré les récents mea culpa médiatiques de tout bord sur les excès de crédulité dans les bienfaits de la libéralisation, à Bruxelles, les politiques continuent de s’inscrire dans la logique de compétition entre villes et régions. Or comme il est plus difficile de faire passer des projets de prestige auprès des habitants, on en vient à détricoter les outils de concertation mis en place. »

Entre autres réductions de délais, la récente réforme du Code bruxellois de l’aménagement du territoire (Cobat), adoptée au printemps 20092 par la majorité PS-Écolo-CDH à Bruxelles, a ainsi instauré que la consultation des instances consultatives aurait lieu en même temps que se déroule l’enquête publique. La mesure permet de gagner du temps, certes, mais appauvrit la concertation postérieure et ultime en Commission régionale de développement, ont dénoncé tant IEB que l’Atelier de recherche et d’animation urbaine (Arau) et l’Association de la ville et communes bruxelloises (AVCB).

En Région wallonne, l’adoption du décret par autorisation régionale (DAR) s’inscrit dans la même logique : en confiant aux parlementaires le pouvoir d’octroyer des permis pour des projets d’intérêt régional, la majorité PS-CDH court-circuite le recours possible au Conseil d’État par des riverains. Les opposants au DAR, d’Écolo au MR en passant par Inter-Environnement Wallonie, avaient alors fustigé l’illisibilité du Code wallon de l’aménagement du territoire, en perpétuel chantier, comme cause première de la mauvaise qualité des projets d’aménagement et des fréquents recours qu’ils provoquent.

À Liège, la transformation de la gare des Guillemins, décidée en 1993, a précédé de longtemps tout projet urbanistique intégré. François Schreuer est journaliste et préside la toute jeune association urbAgora3. Celle-ci fait partie de la plate-forme Guillemins.be4 qui réunit plusieurs associations et comités liégeois concernés par les développements du quartier des Guillemins « qui se parlaient peu jusqu’alors. » Pour lui, « la gare n’est, non seulement, pas le résultat de la volonté des autorités municipales, mais elle n’a été intégrée par elles que très tardivement – en 2006 – comme l’élément phare d’un projet d’ensemble pour le quartier. »5

Cette récente intégration s’est faite à travers le projet dit « Dethier » – du nom de son architecte auteur – visant l’aménagement de la liaison entre la gare et la Meuse. Celui-ci ne prévoyait plus aucune expropriation et recueillait un assez large consensus tant auprès des habitants que des différentes forces politiques liégeoises. Depuis, il a déjà été modifié à deux reprises. D’abord à travers un plan de remembrement urbain (PRU), nouvel instrument urbanistique créé sous cette législature, censé privilégier les investissements en centre-ville plutôt qu’en périphérie. Il transfère le pouvoir d’octroi du permis au fonctionnaire délégué de la Région au détriment de la Ville et permet l’expropriation pour cause d’utilité publique. La deuxième évolution du projet a été signifiée lors de la présentation par la ville de Liège d’un nouveau projet d’aménagement de la place face à la gare (toujours élaboré par le bureau Dethier) où disparaît l’esplanade initialement prévue et où apparaissent de nouvelles expropriations, sans que l’ensemble du quartier soit couvert par le nouveau projet.

Maillon faible

Dans le quartier des Guillemins, les habitants ont commencé à s’organiser longtemps après que la décision de réaménagement de la gare fut prise. Aujourd’hui, si les associations et comités concernés reprennent un peu pied et influence dans le débat – « un peu », insiste François Schreuer – c’est en partie grâce à la plate-forme Guillemins.be qui les rassemble depuis un an. « Une façon d’allier légitimité locale, légitimité technique et légitimité médiatique », analyse le président d’urbAgora.

Il n’empêche, face à la menace de nouvelles expropriations, les habitants s’interrogent. « Aujourd’hui, il n’est plus possible d’invoquer l’intérêt public pour justifier de nouvelles expropriations. À moins d’utiliser le projet de tram. Or la Société régionale wallonne des transports estime qu’il doit passer non pas par la rue du Paradis (concernée par les expropriations évoquées) mais bien par la rue des Guillemins, parallèle et ancien accès principal à la gare avant que celle-ci soit déplacée de 150 mètres vers l’est à la faveur des travaux. » Et si la filiale de la SNCB, parvenant à instrumentaliser ainsi le projet de tram, réussissait à bénéficier de la manne régionale budgétée pour le tram et à financer ainsi le rachat des maisons expropriées, avant de les revendre plus tard à bon prix à des promoteurs immobiliers ?

Parano ? Possiblement réaliste, à entendre Gwenaël Brees, l’un des piliers des luttes menées par les habitants du quartier du Midi à Bruxelles6. Pour lui, depuis que la SNCB est devenue une entreprise publique autonome, « son contrat de gestion lui impose, directement ou indirectement via ses filiales, de se comporter en véritable spéculateur avec ses réserves foncières. Quitte à mettre à mal d’autres politiques publiques. » Un comble.

À Bruxelles-Midi, c’est notamment le manque flagrant de moyens alloués à l’organisme public chargé de racheter les biens de la zone à réaménager qui l’a amené à se comporter comme un vulgaire promoteur immobilier, faute de pouvoir proposer un prix acceptable pour les expropriations.

Comment ? « En recourant à la loi fédérale régissant l’expropriation la moins favorable aux habitants, celle de 1962, votée dans la précipitation d’une fin de session parlementaire pour favoriser le développement des autoroutes », explique Gwenaël Brees. Cette loi permet d’invoquer l’extrême urgence pour raison d’utilité publique sans définir celle-ci et durant un laps de temps qui peut s’étendre de 10 à 30 ans, comme dans le quartier du Midi. Une menace permanente qui pèse sur les propriétaires concernés et exerce une pression à la baisse des prix.

Bien que la législation sur l’expropriation soit fédérale, les Régions sont concernées. « Elles utilisent la loi de 1962, très problématique pour les habitants, alors qu’existe aussi une loi de 1926 qui favorise plus la recherche d’un accord à l’amiable », estime Gwenaël Breës.

Participer, qu’ils disaient…

Le véritable pouvoir dans la production de la ville est dans les mains des propriétaires du foncier. Des acteurs de l’aménagement urbain, les habitants sont par définition toujours les plus faibles. Pour Mathieu Sonck, secrétaire général d’IEB, la ville ne se construit pas dans un consensus associant toutes les parties ; elle est le fruit du conflit, des rapports de force entre promoteurs, habitants, pouvoirs publics. « Trop souvent, la participation est instrumentalisée par le politique, estime-t-il. Là où les pouvoirs publics ne maîtrisent pas le foncier, ils instaurent de la participation pour tenter de modifier le rapport de force avec les promoteurs. Au risque d’épuiser les habitants dans des processus dont ceux-ci ressortent rarement vainqueurs. »

À Bruxelles, dès la création de la Région, des instruments ont été créés en réponse aux revendications des comités de quartier en matière de participation des habitants au développement de la ville. Les comités d’accompagnement installés à l’occasion des études d’incidence sur des projets d’aménagements accueillent des représentants des habitants. Le problème, analyse-t-on chez Inter-Environnement Bruxelles, c’est que les habitants, en particulier dans des quartiers défavorisés, s’impliquent peu dans ces structures faute de maîtrise suffisante de la langue, des codes implicites et explicites des rapports avec le monde politique, de connaissance des institutions. Bref, faute d’une culture de la citoyenneté active. Si les instruments de la participation existent formellement, les conditions requises pour y défendre efficacement leurs intérêts, de la part des habitants, font souvent défaut.

Tout en regrettant ne pouvoir suppléer à ces carences dans tous les dossiers d’aménagement bruxellois – IEB déclare n’avoir les moyens de s’impliquer que dans certains dossiers emblématiques, comme actuellement celui de l’aménagement d’une nouvelle voie ferrée à la gare du Nord, mettant en danger d’expulsion quelques dizaines de familles de la rue du Progrès qui jouxte le chemin de fer par l’ouest – la fédération environnementale estime que sa mission prioritaire et sa place se trouvent en deuxième ligne. Soit, en soutien fédératif des actions et des intérêts des associations et comités menant des actions autonomes dans ou à partir des quartiers. Et Mathieu Sonck d’exhumer une demande récurrente de la fédération aux politiques : renforcer les moyens mis à la disposition d’une éducation à la citoyenneté pour permettre aux habitants de véritablement se saisir de la chose publique. Concrètement, par exemple, en créant dans la réglementation sur les contrats de quartier un volet politique qui contrebalancerait la disparition du volet social au profit du volet socio-économique. Et permettrait aux habitants de se doter de « boîtes à outils » pour mener et renforcer leurs actions citoyennes.

Le renforcement de la réglementation en faveur de la participation et de la concertation plutôt que son détricotage, et plus de moyens pour le renforcement des capacités d’action des citoyens ne suffiront pas, estime Gwenaël Brees. L’exemple du Midi montre aussi les limites et les problèmes posés par la concentration du pouvoir, le bourgmestre empêché de Saint-Gilles étant également, en tant que Ministre-Président de la Région bruxelloise, le principal architecte du réaménagement du quartier du Midi. « In fine, les sommes dégagées du fédéral (accord Beliris) et du budget régional bénéficieront exclusivement à la commune de Saint-Gilles, grâce aux taxes d’urbanisme etc. Alors qu’une partie des activités qui s’installent dans le quartier du Midi se délocalisent au départ d’autres communes bruxelloises, le tout sur fond de sur-offre d’espaces de bureaux sur l’ensemble de la Région. » Dans l’architecture institutionnelle bruxelloise, chaque chapelle communale est tentée de jouer cavalier seul en appliquant les mêmes recettes d’un endroit à l’autre. Une logique de concurrence plutôt que de coopération. Vous avez dit « enjeu électoral ? »

• Emmanuel De Loeul

1. Un amendement significatif, adopté, fait que cette réforme n’entrera en vigueur qu’en 2010. De quoi maintenir l’espoir d’une réforme de la réforme si une autre majorité politique devait prendre ses responsabilités à Bruxelles à l’issue du 7 juin ?
2. Inter Environnement Bruxelles : -contact : Mathieu Sonck secrétaire général
– adresse : rue d’Edimbourg, 26 à 1050 Bruxelles , Belgique26 rue d’Edimbourg 1050 Bruxelles Belgique
– voice02 893 09 09
– info@ieb.be
– site : www.ieb.be
3. François Schreuer, président, urbAgora asbl
– adresse : rue Pierreuse, 19/21 à 4000 Liège , Belgique19/21 rue Pierreuse 4000 Liège Belgique
– voice04 265 60 86
– secretariat@urbagora.be;
– site : http://urbagora.be
4. Site : http://guillemins.be/
5. François Schreuer, « Une gare hors sol », in Bauwelt (revue berlinoise), 9 avril 2009.
6. Comité de quartier du Midi
– comite@quartier-midi.be
– site : www.quartier-midi.be


Inter-Environnement Bruxelles remet sa Palme 2007 au Comité du quartier Midi

Inter-Environnement Bruxelles, 20 mai 2008

En lui attribuant la Palme 2007, Inter-Environnement Bruxelles tient à saluer le courage du comité de quartier du Midi dans sa lutte pour les droits les plus élémentaires des derniers habitants mais aussi dans sa capacité à interroger la question de la responsabilité des pouvoirs publics, à informer le public au travers de leur site internet et rendre possible la prise de conscience nécessaire des processus à l’œuvre au Midi pour éviter qu’ils se reproduisent ailleurs.

Le 26 mai 1991, les comités de quartiers Défense de Saint-Gilles, Cureghem, Défense Saint-Denis – Forest, Général d’Action des Marolles, l’ARAU et Inter-Environnement tenaient une conférence de presse dans le cadre de l’enquête publique sur le schéma directeur des abords de la gare du Midi.

A l’époque, il était question de définir les grandes options d’aménagement des abords de la gare du Midi en relation avec l’arrivée du TGV. Bien qu’on ne parle pas encore d’expropriation, les associations pointaient déjà les risques de voir les habitants (locataires) expulsés par le mécanisme du marché et aucune garantie que les expulsés soient relogés.

On l’apprendra très vite, le schéma directeur désignera 4 îlots à «rénover» du côté saint-gillois de la gare. Immédiatement, les promoteurs rachètent ces terrains à tour de bras, certains petits propriétaires se voyant offrir parfois jusqu’à vingt fois le prix d’achat de leur maison. Ce contexte spéculatif est l’un des principaux facteurs qui déterminera leur choix de mettre en place un dispositif «public-privé» afin d’«encadrer la spéculation». Ce projet se concrétisera en trois volets: un plan particulier d’aménagement du sol, un plan d’expropriation et la création d’une société anonyme à capital majoritairement public: Bruxelles-Midi.
Dès 1991, la Commune de Saint-Gilles n’hésite pas à affirmer à des propriétaires souhaitant effectuer des travaux ou des rénovations dans leur maison qu’ils sont situés dans une zone «susceptible d’expropriation». Tout se met en place pour stopper la spéculation privée et… intensifier la dégradation du quartier.
Malgré tout, il reste encore un problème de taille. Les prix pratiqués lors des ventes récentes dans les 4 îlots font légalement référence en cas d’expropriation. Ils sont exorbitants pour la Région qui n’a pas les moyens de racheter ou d’exproprier. Et commence une descente en enfer dont les habitants ne sont toujours pas sortis aujourd’hui, 17 ans plus tard.

• Après un premier plan d’expropriation en 1992, qui s’est avéré être vicié (les propriétaires n’ayant pas été avertis, ce dont la Région mettra 3 ans à se rendre compte), les autorités adoptent un second plan en 1996.
• En 2001, les autorités confirment «l’extrême urgence» du plan de 1996.
• Mais elles l’ont laissé expirer, au terme de 10 ans, en 2006… sans avoir réglé le sort d’une trentaine de maisons et de leurs habitants.
• En juin 2005, en réaction à l’expulsion des locataires de plusieurs maisons de l’îlot D, les habitants décident de former le Comité du quartier Midi.
• En 2006, Commune et Région reprenaient un plan pour… une maison (dans l’îlot A2), dont l’expropriation en mars 2007 donnera lieu à un jugement sévère pour les autorités publiques.
Le jugement dénonce «un modèle d’administration mal conçue et malfaisante» coupable de «harcèlement administratif systématique et continu» à l’égard des expropriés, de «manœuvres dilatoires» et d’«attitudes injurieuses» dans le chef de la Région et de la société privée qu’elle a mise en place pour gérer ce dossier, la SA Bruxelles-Midi.
• En juillet 2007, un autre plan était entériné pour… 4 maisons (îlot C).
• En décembre 2007, un cinquième plan était adopté pour 22 maisons (17 dans l’îlot A2, 5 dans l’îlot D)… et ce, alors que la Région n’a même pas fini d’exproprier les 4 maisons du précédent plan!
• En avril 2008, la Commune de Saint-Gilles et la Région de Bruxelles-Capitale sont attaquées en Justice par 25 propriétaires et habitants du quartier Midi.

Littéralement coincés depuis 1992, il est interdit aux habitants de rénover leur maison (ni refaire la toiture, ni changer les châssis…), ils subissent les démolitions, les maisons vidées, les tentatives de cambriolage, les nuisances des chantiers, et vivent dans l’angoisse permanente d’une expropriation «d’extrême urgence». Cette situation est contraire au droit à l’habitat comme au droit de propriété. Elle est contraire aux droits de l’homme, comme l’a confirmé le jugement rendu au cours du premier semestre 2007. Menaçant les propriétaires à tout instant, imposant des délais de citation extrêmement courts, un plan d’expropriation a une validité de 10 ans!

En décembre 2007, à l’occasion de l’adoption par le conseil communal de Saint-Gilles du dernier plan d’expropriation, la commune de Saint-Gilles s’était engagée à briser l’incertitude des habitants quant à leur sort et à mettre fin à leur calvaire à court terme: «quelques mois», selon l’Echevin de l’urbanisme monsieur Patrick Debouverie. Selon Monsieur Vincent Rongvaux, administrateur de la S.A. Bruxelles Midi [8], c’est la région qui devrait directement se porter acquéreur des maisons restantes par l’intermédiaire des services du comité d’acquisition. Et l’opération devrait se finaliser d’ici la fin 2008.

En réalité, après 17 ans de calvaire, les habitants n’ont toujours pas de certitudes sur un planning précis qui engage les autorités publiques. Ils continuent donc à vivre avec une épée de Damoclès qui peut les expulser de leur logement, manu militari, et ce, pendant une période de 10 ans.

Attribuer la palme au comité de quartier du Midi, c’est aussi l’occasion d’élargir la réflexion sur les ambitions du gouvernement quant au développement futur de la Région de Bruxelles. Un développement qui semble trop souvent motivé par des intérêts privés. Tout semble se passer comme si l’action de nos autorités était mue par une sorte de fascination pour le monde des promoteurs immobiliers, unique sauveur possible du sous-financement chronique de la Région et de certaines de ses communes. Car faut-il le rappeler, très vite, il est apparu que la principale motivation du premier gouvernement de la région, dirigé de 1989 à 1993 par Charles Picqué, par ailleurs bourgmestre empêché de la commune de Saint-Gilles était d’implanter sur les îlots expropriés des immeubles de bureaux, censés attirer des entreprises multinationales intéressées par la proximité avec le terminal TGV tout proche. Aujourd’hui, on ne peut pas dire que les candidats locataires internationaux se soient précipités pour occuper les premiers immeubles sortis de terre. Ils sont restés inoccupés pendant de nombreux mois. Et si le taux d’occupation peut maintenant être considéré comme satisfaisant, c’est exclusivement grâce à l’installation d’organismes parastataux ou d’entreprises bruxelloises qui se sont délocalisées depuis d’autres communes.

Voilà qui n’augure rien de bon lorsqu’on nous annonce dans le Plan de Développement International de Bruxelles (PDI), récemment présenté par la Région bruxelloise au Mipim, que parmi les 10 projets d’envergure sensés assurer le nouveau développement de la ville, le quartier du Midi est toujours considéré comme le «pôle bizness du futur», susceptible d’attirer des entreprises dépendantes de la sphère d’influence économique internationale [9].

Lire le dossier de presse complet des Palmes et Chardon 2007.


2005-2007

> 2007

Décembre 2007

– Promethee.blogspot.com, 31 décembre 2007:
Bruxellistan Express (suite et pas fin!)

– “Le Soir”, 24 décembre 2007:
Le projet South City s’installe au Midi

– TV Brussel, 23 décembre 2007:
Brussel Zuid

– “La Libre Belgique”, 22 décembre 2007:
La SDRB pose ses briques vertes

– CDQM, 20 décembre 2007:
Encore une victoire de “l’internationalisation” du quartier Midi

– « La Dernière Heure », 17 décembre 2007:
La fin des démons du Midi ?

– Dépêche Belga, 14 décembre 2007:
Saint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi

– “Le Soir”, 14 décembre 2007:
Le quartier du Midi en pleine confusion

– Télé Bruxelles, 13 décembre 2007:
Mobilisation contre l’expropriation

– BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 11 décembre 2007:
Expropriations au quartier du Midi : la politique de la Région
désavouée par ses propres fonctionnaires !

– “La Tribune de Bruxelles”, 6 décembre 2007:
La gentrification de Bruxelles : un phénomène en marche ?
+ Quartier Midi : Gentry or not ?

– “AlterEchos”, 5 décembre 2007:
Revendications sociales du Quartier Midi
+ « L’autocensure, c’est fini! »

– “De Standaard”, 3 december 2007:
Voor Zuidwijk begint toekomst vandaag

Novembre 2007

– « Le Soir », 29 novembre 2007:
« Quartier Midi » reprend la lutte

– Du 29 novembre au 2 décembre 2007:
La Semaine du Quartier Midi

– Télé-Bruxelles, 28 novembre 2007:
Le Midi en débat

– RTBF, 28 novembre 2007:
Reportage audio sur le nouveau plan d’expropriation

– BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 27 novembre 2007:
Le quartier Midi à l’heure du “PDI” :
“pôle bizness du futur”… Et aujourd’hui ?

– Promethee.blogspot.com, 27 novembre 2007:
« Bruxellistan Express »

– “La Dernière Heure”, 26 novembre 2007:
L’infernale Semaine du Midi

– Jean-Yves Huwart, 20 novembre 2007
“Victor Horta doit se retourner dans sa tombe!”

– “Le Soir”, 17 novembre 2007:
Ecrire aujourd’hui la ville de demain

– TV Brussel, 16 november 2007:
Verzet tegen onteigeningen De Mérodestraat

– Comité du quartier Midi, 13 novembre 2007:
La Région persiste dans ses pratiques

– Comité du quartier Midi, 12 novembre 2007:
“Si le Plan de développement international n’existait pas,
il faudrait l’inventer!”

– Comité du quartier Midi, 1er novembre 2007:
Un mémoire sur le quartier Midi

– « AlterEchos » et « Démocratie », novembre 2007:
Des habitants flexibles, des solutions concrètes ?

– Comité du quartier Midi, octobre – novembre 2007:
Nouveau plan d’expropriation en enquête publique

Octobre 2007

– “La Libre Belgique”, 27 octobre 2007:
Le grand réveil controversé du Midi

– “La Dernière Heure”, 26 octobre 2007:
Un “morceau de ville” en devenir

– “Le Soir”, 26 octobre 2007:
Le Midi va changer radicalement

– Télé Bruxelles, 25 octobre 2007:
Le quartier du Midi selon la commune

– Comité du quartier Midi, 25 octobre 2007:
Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

– Dépêche Belga, 25 octobre 2007:
Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi

– « Diables Roses », octobre 2007:
L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint Gilles
mise en vente sur ebay par Les Diables Roses
au profit des sinistrés du Quartier Midi

– SDRB:
“Construction durable” rue de Suède

– “La Tribune de Bruxelles”, 4 octobre 2007:
Flux entrants et flux sortants

Septembre 2007

– Comité du quartier Midi, 27 septembre:
Décrochez-moi ça!

– « AlterEchos », 22 septembre 2007 :
Dossier Midi : nouveau plan d’expropriation pour quartier pauvre

– « Humeur allochtone », 19 septembre 2007 :
Quartier Midi : le mémoire accablant de deux mandataires Ecolo

– Comité du quartier Midi, 17 septembre :
Attention : “développement international” à l’horizon !

– En enquête publique jusqu’au 24 septembre:
Contrat de quartier « Fontainas »

– “La Dernière Heure”, & « La Libre Belgique », 6 & 7 septembre 2007:
Midi : ultime expropriation

– ImmoScan.be, 6 septembre 2007:
Midi : nouveau plan d’expropriation malmené

– Brussel Nieuws, 6 september 2007:
Sint-Gillis stemt over onteigeningsplan Zuidwijk

– Communiqué de presse, 5 septembre 2007:
Au nom du “Plan logement”, Saint-Gilles lance
son cinquième plan d’expropriation pour le quartier Midi !

Août 2007

– “De Morgen”, 31 août 2007:
Aanrandingen doen vragen rijzen over veiligheid Brussel-Zuidrenovatie

– « Le Soir », 25 août 2007:
Des bureaux surgiront de la caillasse

Juillet 2007

– Commune de Saint-Gilles, juillet 2007:
Avis de la commission de concertation sur les trois projets de l’îlot C

– “La Dernière Heure”, 13 juillet 2007:
Opération spéciale gare du Midi

– Parlement régional, 13 juillet 2007:
Charles Picqué : “Si des montants raisonnables sont exigés,
Bruxelles-Midi sera à même de faire face”
.

– “La Dernière Heure”, 11 juillet 2007:
Il faut que le Midi Respire…

– « Moniteur belge », 5 juillet 2007:
Nouveau plan d’expropriation publié au “Moniteur belge”

– ASBL Respire, 4 juillet 2007:
Pétition : Saint-Gilles sans pub !

– « Micro Cité », juillet 2007:
Emission de Radio Panik sur le quartier Midi (écouter)

Juin 2007

– Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Pour ne pas taxer les promoteurs,
Saint-Gilles revisite la définition de “l’abandon”

– Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Problèmes de sécurité dans le quartier Midi: la Commune démunie ?

– Compte-rendu de la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme
et de la politique foncière du Parlement bruxellois, 28 juin 2007:
Question orale au Ministre-Président Charles Picqué

– Dépêche Belga, 28 juin 2007:
Bxl-gare du Midi: on continuera à construire des bureaux (Picqué)

– ASBL Respire, 27 juin 2007:
Lettre aux autorités communales de Saint-Gilles
au sujet des dispositifs publicitaires du quartier Midi (îlot C)

– “Le Soir”, 27 juin 2007:
Une concertation sans doute favorable

– TV Brussel, 26 juin 2007:
Leefbaarheid van Zuidwijk in het gedrang

– Inter-Environnement & BRAL, 25 juin 2007:
Le quartier Midi bouge : oui, mais à contre-sens !

– Comité du quartier Midi, juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels en commission de concertation le 26 juin

– “Humeur allochtone”, 16 juin 2007:
Mohammed Mouniati : “Ce n’est pas catholique!”

– “Le Soir”, 15 juin 2007:
Bruxelles-Midi ira en appel

– “Des bulles”, 14 juin 2007:
Saint-Gilles, un “chantier” de plus pour Di Rupo

– “Chacun pour soi”, 14 juin 2007:
Le PS, ennemi des petites gens

– « The Bulletin », 14 juin 2007:
Midi Station neighbourhood makeover

– “Humeur allochtone”, 13 juin 2007:
Comment la Région chasse les pauvres de Saint-Gilles…

– “La Dernière Heure”, 13 juin 2007:
Indemnités six fois plus élevées

– “La Capitale”, 13 juin 2007:
La Région paie très cher ses lenteurs

– “Le Soir”, 13 juin 2007:
Région condamnée au quartier du Midi

– Comité du quartier Midi, 12 juin 2007:
La Région de Buxelles-Capitale sévèrement condamnée
pour sa “stratégie de pourrissement” du quartier Midi

– « Le Soir », 6 juin 2007:
Démolitions massives au Midi

– CEMAB, 5 juin 2007:
Quartier Midi: les démolitions continuent

– « AlterEchos », 1er juin 2007:
Rififi au quartier du Midi

Mai 2007

– « La Tribune de Bruxelles », 31 mai 2007:
Quartier Midi, quartier maudit ?

– Comité du quartier Midi, 31 mai 2007:
La Région joue l’intimidation

– Comité du quartier Midi, 29 mai 2007:
Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles

– Comité du quartier Midi, jusqu’au 11 juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels à l’enquête publique pour l’îlot C

– « La Dernière Heure », 21 mai 2007:
Le calvaire de la rue de Norvège

– Comité du quartier Midi, mai 2007:
Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

– Comité du quartier Midi, mai 2007:
Bruxelles-Midi réellement “hors-jeu” ?

– “La Tribune de Bruxelles”, 17 mai 2007:
Comment tuer un quartier populaire ?

– CEMAB, 1er mai 2007:
Comment démolir un quartier… et ses habitants

Avril 2007

– “Le Soir”, 20 avril 2007:
Entente ou favoritisme ?

– “La Tribune de Bruxelles”, avril 2007:
Le PS bruxellois dans l’oeil du cyclone

– “Le Soir” du 18 avril 2007
Brasier mortel au Midi
+ Recrudescence des squats dans le quartier

– Dépêche Belga, 17 avril 2007
L’incendie serait d’origine criminelle

– Comité du quartier Midi, 17 avril 2007:
Incendie mortel au quartier Midi: un drame prévisible…

– “Le Soir en ligne” / Belga, 17 avril 2007:
Incendie mortel à Saint-Gilles

– “Le Soir” du 16 avril 2007
Pas de pas de côté à Etterbeek

– Comité du quartier Midi, 15 avril 2007:
Le Président de la SA Bruxelles-Midi et un administrateur
d’Espace Midi parmi les inculpés d’une affaire de fraude

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
PS et MR votent le nouveau plan d’expropriation

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Une exposition “bien modeste” à l’Hôtel Ibis

– “Le Soir” du 14 avril 2007:
Des projets sur les rails du TGV

– « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Immobilier à Bruxelles: 7 inculpations

– « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Jean Thomas: le profil type du promoteur immobilier

– « Le Soir » du 11 avril 2007:
Mutation en marche au quartier du Midi

– « Le Soir » du 6 avril 2007:
Saint-Gilles sous perfusion régionale

– ImmoScan.be, 5 avril 2007:
Nouveau plan d’expropriation pour le quartier du Midi

– Comité du quartier Midi, avril – juin 2007:
Projections-débats autour de « Dans dix jours ou dans dix ans »,
un film sur la « revitalisation » du quartier Midi…

– Comité du quartier Midi, avril 2007:
Le quartier Midi à l’horizon… 2012

Mars 2007

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Reprise des démolitions dans l’îlot C:
comment mieux décourager les habitants?

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Confusion et « concertation » à la saint-gilloise

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Des pubs pour “lutter contre les squats”!?

– Comité du quartier Midi, mars 2007:
Picqué en force au MIPIM 2007

– « Echanges et partenariats », mars 2007:
Chronique d’un quartier de Bruxelles:
quand Manhattan rencontre le Midi…

Janvier 2007

– Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Un échevin pour le quartier Midi!

– Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Birkiye débarqué, Jaspers débarque!

– 30 janvier 2007:
Avis de la Commission de concertation de la Commune de Saint-Gilles
(point n°3 en page 3) sur un projet de logements et parkings rue de
Russie (promoteur: Espace Midi).

– « AlterEchos » du 19 janvier 2007:
Quartier du Midi : un tournant
dans le développement du projet urbanistique ?

– « Le Soir » du 4 janvier 2007:
Au Midi, un nouveau plan d’expropriation

____________

> 2006

Novembre 2006

– « La Tribune de Bruxelles », 9 novembre 2006:
Expropriations au quartier Midi: plus de base légale!

– RBDH, novembre 2006:
Plan logement: où en est-on?

Octobre 2006

– « La Dernière Heure », 30 octobre 2006:
Nouveau projet au quartier Midi

Septembre 2006

– “Le Soir”, 12 septembre 2006
Divorce au sein de l’Atelier d’Art Urbain

– CEMAB, septembre 2006:
Le Quartier du Midi résiste !

– “La Tribune de Bruxelles”, septembre 2006 (spécial élections communales)
Saint-Gilles : quels aménagements aux abords de la gare du Midi?

Août 2006

– « Le Soir », 28 août 2006:
Quel avenir au Midi?

– « La Libre Belgique », 23 août 2006:
Bruyants travaux

– « La Capitale », 22 août 2006:
Les gens du Midi lancent un SOS

– « Le Soir », 22 août 2006:
Les habitants dénoncent les destructions!

– « La Dernière Heure », 22 août 2006:
Les travaux font trop de bruit

– Comité du quartier Midi, 21 août 2006:
Quartier Midi : “J’arrive plus à dormir”

Juillet 2006

– « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
« Pas facile mais il faut le faire »

– « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
Expropriations d’extrême urgence

– « Chacun pour soi », 28 juillet 2006:
Le fait du Prince

– « Le blog de Mateusz », 27 juillet 2006:
Exproprier ou ne pas exproprier?

– IEB et BRAL, 26 juillet 2006:
Conférence de presse d’Inter Environnement et du Bral:
positions communes sur le quartier Midi

Mai 2006

– Mai 2006:
Inauguration du commissariat « Midi » à Saint-Gilles

– « Respire », mai 2006:
La Place Broodthaers à Saint-Gilles

Avril 2006

– « La Libre Belgique », 1er avril 2006:
La SA Bruxelles-Midi passe la main

Mars 2006

– « Bruxelles en mouvements », 30 mars 2006:
Quartier du Midi: proposition indécente

– « La Tribune de Bruxelles », 16 mars 2006:
Le Midi perd le Nord

Janvier 2006

– Janvier/mars 2006:
Censure et « a(rt)ctivisme » au Centre culturel Jacques Franck

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> 2005

Août 2005

– Comité du quartier Midi, août 2005:
Le festival « PleinOPENair » passe par le Midi

Juillet 2005

– Comité du quartier Midi, 16 juillet 2005:
La Région bruxelloise crée la Société d’acquisition foncière (SAF)
sur le modèle de la SA Bruxelles-Midi

– « Le Soir », 16 juillet 2005:
Des logements, avenue Fonsny?

– « Le Soir », 15 juillet 2005:
Gare aux bureaux au quartier du Midi!

– Comité du quartier Midi, 13 juillet 2005:
Rencontre entre le Comité du quartier Midi et la SA Bruxelles-Midi

– Comité du quartier Midi, 6 juillet 2005:
Françoise Dupuis réagit à la proposition associative sur le Plan Logement

– Carte blanche publiée dans « Le Soir », 6 juillet 2005:
Les habitants du quartier Midi ne sont pas les pièces d’un puzzle…

– « Le Soir », 6 juillet 2005:
Remettre le logement sur les rails au Midi

– « La vie du net » (« Le Soir en ligne »), 5 juillet 2005:
Des voisins plutôt que des bureaux

– Comité du quartier Midi, 4 juillet 2005:
Des terrains à Bruxelles pour le Plan logement!

Juin 2005

– Comité du quartier Midi, 28 juin 2005:
La SA Bruxelles-Midi vend ses terrains sur l’îlot C

– « La Capitale », 25 juin 2005:
Appel à l’aide des gens du Midi (pas disponible)

– « La Dernière Heure », 25 juin 2005:
Le quartier Midi réagit (pas disponible)

– « Le Soir », 25 juin 2005:
Le quartier Midi se retrouve à quai + La rue de Norvège n’existe plus

– « Het Nieuwsblad », 25 juin 2005:
Bewoners Zuidwijk vechten tegen onteigening

– « Le Soir », 6 juin 2005:
Quartier du Midi: Ecolo s’inquiète

– « AlterEchos », 13 juin 2005:
Rénovation des abords de la gare du Midi: engtre spéculation et relance de l’action publique (pas disponible)

– « Brussel Deze Week », 9 juin 2005:
Tweede adem voor de Zuidwijk (pas disponible)

– « Het Laatste Nieuws », 7 juin 2005:
« Niemand wil bouwen op plaats waar stad onteigent » (pas disponible)

– « La Dernière Heure », 4 juin 2005:
Charles Picqué annonce un nouvel élan au réaménagement des abords de la gare

– « De Morgen », 4 juin 2005:
Brusselse Zuidwijk bouwt tegen beter weten in (pas disponible)

– « Le Soir », 2 juin 2005:
Fête des voisins, pas des bureaux !

– « La Dernière Heure », 1er juin 2005:
A Saint-Gilles, entre friches et chantiers (pas disponible)

– « De Morgen », 1er juin 2005:
Brusselse Zuidwijk geeft burenfeest met boodschap (pas disponible)

Mai 2005

– « Le Soir », 28 mai 2005:
Le quartier du Midi poursuit sa mutation

– Comité du quartier Midi, mai 2005:
La création du Comité du quartier Midi


Quartier Midi : positions communes Bral – IEB

Conférence de presse 26 juillet 2006.

Lire aussi sur le site d’Inter Environnement Bruxelles.

Après dix années de procédures chaotiques, le projet immobilier de la Région bruxelloise dans le quartier du Midi soulève de nombreuses interrogations. Tant sur la procédure que sur la pertinence du projet en lui-même. En six interrogations, Inter-Environnement Bruxelles et le Bral font le point de la situation et prennent position.

1. L’utilité publique ?

Le plan d’expropriation a été approuvé par un arrêté du 18 juillet 1996 qui stipule qu’il est indispensable pour cause d’utilité publique de prendre immédiatement possession des parcelles figurant au plan. Un arrêté de 2001 confirme les expropriations liées au plan, toujours au nom de l’intérêt public. Toutefois cette notion reste vague et n’est pas définie plus avant par les arrêtés.
– La réalisation d’un plan d’urbanisme ne constitue pas en tant que telle une cause d’utilité publique. Qu’est-ce qui amène la Région à invoquer l’utilité publique alors que l’îlot dont l’immeuble de certains expropriés fait partie est destiné à recevoir des logements et des commerces de détail ? L’autorité publique a choisi de procéder à la rénovation du quartier en mettant tout le monde dehors alors que le projet aurait parfaitement pu se réaliser en rénovant les maisons. Concernant les bureaux, ceux qui sont déjà construits se remplissent avec difficultés, les promoteurs ne se bousculent pas au portillon pour la construction des autres immeubles et les caisses de la SA Bruxelles-Midi restent vides.
– Jusqu’à quel point peut-on sacrifier les intérêts des citoyens sur l’autel de l’intérêt public surtout lorsque celui-ci est défini de façon aussi vague ? Les expropriations pour cause d’utilité publique doivent être réalisées en préservant une proportionnalité entre la mesure adoptée et l’objectif poursuivi. Un rapport raisonnable doit exister entre l’expropriation envisagée et le but visé ; il doit apparaître que les options politiques prises ont été évaluées. Le principe de proportionnalité exige en effet que soient examinés l’ensemble des moyens alternatifs possibles pour atteindre l’objectif visé : il faut maximiser la réalisation du but tout en minimisant les inconvénients. Or c’est au nom de cet intérêt public malmené que la Région passe aujourd’hui à la vitesse supérieure en recourant à des expropriations judiciaires forcées.

2. L’extrême urgence ?

Tant l’arrêté de 1996 que celui de 2001 qui confirme le plan d’expropriation, invoque l’extrême urgence qu’il y a à procéder aux expropriations. Nous sommes en juillet 2006 et une trentaine de personnes doivent être encore expropriées. L’arrêté de 2001 invoque, à l’appui de l’urgence, la sauvegarde de la sécurité et de la salubrité publique dès lors que certains immeubles constituent de véritables chancres urbains. La faute à qui ? La Région peut-elle invoquer l’urgence d’une situation qu’elle a créée par sa propre inertie ?
De plus, l’extrême urgence sur laquelle se fonde la Région doit exister au moment de la requête en expropriation. Est-ce encore le cas lorsqu’on attend 10 ans ? Le recours à cette procédure doit demeurer exceptionnel et ne peut être admis qu’en cas d’imminence du péril qu’elle a pour objet de prévenir. Peut-on parler d’extrême urgence lorsque, dès l’origine, le pouvoir expropriant ne dispose pas des moyens financiers pour réaliser son programme ? Certaines voix n’hésitent pas à affirmer que le plan d’expropriation a été reconduit jusque 2011. Quid de l’extrême urgence ?

3. La juste indemnité ?

Les retards démesurés pris dans ce dossier ont eu pour conséquence première le dépérissement du quartier et la diminution drastique de la valeur de ses immeubles. La commune a interdit tous nouveaux aménagements immobiliers à partir de 1996. Suffit-il au pouvoir public de faire preuve d’inertie pour réduire le montant des indemnités qu’il a à payer à des habitants expropriés au nom de la préservation de l’intérêt public ? C’est au pouvoir public qu’il appartient d’offrir une indemnité juste et suffisante et non aux habitants de se battre pour arracher ce qui leur revient de plein droit. De plus, dès le départ, les dés étaient pipés dès lors que le montant des indemnités proposées allaient être cadenassé par les moyens très limités mis à la disposition de la SA Bruxelles-Midi et par la dépendance des capacités d’expropriation ultérieure aux résultats des opérations financières antérieures. Signalons que la législation est muette sur le calcul des indemnités et facilite ainsi la tâche du pouvoir expropriant dans ses offres au rabais. Les montants initialement proposés par la SA Bruxelles-Midi (80.000 à 125.000 euros) étaient largement inférieurs aux prix du marché. Face aux refus de certains habitants, les offres ont quasiment doublé (autour de 170.000 euros), preuve de l’indécence des montants initiaux, sans compter que ces offres révisées restent nettement en deçà de la réalité moyenne du marché qui flirte avec les 300.000 euros pour un bâti similaire dans le quartier. Rappelons qu’entre 1990 et 2005, le prix des maisons à Bruxelles a connu une hausse de 125%. Rappelons également que, si la valeur d’une maison à démolir tend vers zéro, la valeur de remplacement pour celui qui est exproprié suit bien le cours du marché.
Les indemnités doivent permettre aux personnes expulsées de trouver un autre logement qui convient à leurs besoins à Bruxelles.

4. Des conditions humaines d’expropriation ?

Ne relève-t-il pas également de l’utilité publique que les personnes expropriées soient relogées dans des conditions décentes ? Les propriétaires dont les maisons sont devenues invendables en raison du pourrissement du quartier se sont retrouvés acculés à vivre pendant des années dans un environnement ravagé. Les dommages subis depuis 10 années par les expropriés n’ont à ce jour pas fait l’objet du moindre dédommagement. Les propriétaires et locataires subissent non seulement les dommages de l’expropriation mais également les manquements des autorités publiques. Les initiatives prises par la SA Bruxelles-Midi dans ce domaine sont loin d’être satisfaisantes et ne s’adressaient qu’à certaines catégories de locataires. A plusieurs reprises le Comité Midi et les habitants ont revendiqué la création d’un groupe permanent de concertation associant les pouvoirs publics, les promoteurs et les propriétaires, sans résultat. Il n’y a jamais eu de réelles concertations sur les indemnités. Les offres faites aux habitants ont toujours été trop peu motivées pour permettre d’apprécier in concreto si le montant proposé correspondait à la juste indemnité exigée par la loi.

5. Le rôle de la SA Bruxelles-Midi ?

La SA Bruxelles Midi s’est vue attribuer un double rôle : gérer le projet de réaménagement du Quartier Midi selon les prescriptions du PPAS Fonsny 1 tout en permettant le relogement des habitants du périmètre, le tout en étant doté d’un objectif lucratif. Il semble que face à ses obligations cornéliennes (réparer intégralement les dommages causés par les expropriations tout en cherchant à maximiser ses bénéfices), la SA Bruxelles-Midi ait donné en pâture le chou à la chèvre en acquérant les immeubles à bas prix pour faire augmenter ses plus-values immobilières.

6. Et pour l’avenir ?

Au vu des résultats décevants concernant la demande très faible de bureaux dans le quartier, ne serait-il pas temps que la Région prenne ses responsabilités et requestionne l’utilité publique qu’il y a encore à exproprier 10 ans après des habitants alors que Bruxelles connaît une crise du logement sans précédent ?

En admettant que cette utilité publique existe encore, celle-ci devrait être plus clairement explicitée quant aux projets envisagés sur les îlots concernés et la notion d’extrême urgence considérée comme obsolète au regard des délais écoulés. Il serait pertinent, en tout état de cause, de maintenir et rénover les maisons situées dans les superficies affectées au logement.

Les expropriations encore à venir devraient faire l’objet d’une réelle concertation sur le montant juste des indemnités à proposer en tenant compte de l’entièreté du préjudice subi depuis 10 ans par les propriétaires du lieu et en partant des conditions réelles du marché immobilier bruxellois.












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