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Au Midi, pas de place pour l’espace public

- Comité du quartier Midi, 2 juillet 2009

L’aménagement d’un espace public bloqué par la mise à disposition à des sociétés privées d’un terrain faisant partie du domaine public régional, sans l’autorisation du propriétaire…?! C’est une nouvelle fois au quartier Midi qu’un tel nouvel imbroglio urbanistique se déroule. Un nouveau « cadeau » pour les promoteurs et un énième signe de mépris pour ce quartier, dont la « revitalisation » semble décidément condamnée à être chaotique jusqu’au bout.

En 2006, la Région bruxelloise a terminé d’exproprier et de démolir les maisons situées au coin de la rue de Hollande et de l’avenue Fonsny. Cette opération était motivée par la réalisation d’un espace public annoncé depuis le début de la première législature régionale1.

La place Marcel Broodthaers aurait dû être inaugurée au cours du premier semestre 2009. L’an dernier, le Gouvernement régional avait accordé le permis d’urbanisme et fait lancer les travaux d’aménagement, financés dans le cadre des Accords de coopération entre l’Etat fédéral et Bruxelles (Beliris). Les entrepreneurs travaillant pour le compte de Beliris avaient démarré les travaux au début de l’année 2009. Mais ils se sont vu empêchés de les finaliser: une moitié de la place est en effet occupée, en toute illégalité, par des baraquements de chantier et une grue placés là par les promoteurs immobiliers réalisant les bureaux et l’hôtel de l’îlot C (les sociétés BPI, Louis De Waele, Atenor…), ainsi qu’une pharmacie installée dans un container2 et des panneaux publicitaires de la société JC Decaux3

L’affaire, rendue publique fin juin 20094 suscite depuis plusieurs mois des remous au sein de l’administration et de certains cabinets ministériels de la Région bruxelloise.

Car ces occupations privatives, qui se font manifestement à titre gratuit (à l’exception des panneaux publicitaires) et sans aucune base légale, auraient été autorisées par la SA Bruxelles-Midi, qui n’est pourtant ni propriétaire des terrains ni maître d’oeuvre des chantiers. Cette société privée, créée en 1992 à l’initiative de la Région, a ainsi outrepassé ses droits.

La SA Bruxelles-Midi impose une situation de fait

Il semble que les cabinets des ministres Picqué et Smet aient donné instruction, début 2009, de faire vider la place pour permettre à Beliris de mener à bien son chantier. Ce qui avait donné lieu, selon nos informations, à des courriers envoyés en janvier 2009 par la Direction de la gestion et de l’entretien des voiries de l’Administration régionale à la SA Bruxelles-Midi, mettant celle-ci en demeure de régulariser la situation et de faire dégager les installations bloquant l’aménagement de la place. En voici des extraits:

Messieurs, J’ai l’honneur de porter à votre connaissance ce qui suit. En application de l’article 21 de la convention de gestion conclue entre la S.A. Bruxelles-Midi et la Région de Bruxelles-Capitale, l’Etat fédéral, par l’entremise de la S.A. de droit public Beliris, terminant le réaménagement de la partie orientale de la place de Hollande, va entreprendre, dès la fin du mois de février prochain, le réaménagement de sa partie occidentale. Or, cet aménagement ne pourra pas être entrepris tant qu’il n’aura pas été mis fin à l’occupation du terrain par vos baraquements de chantier et votre grue.
Or, sauf erreur de ma part, il appert que votre société occupe le terrain sans titre ni droit. Ce terrain, acquis par la Région en vue de l’aménagement d’une nouvelle voirie (la future place Broodthaers), fait partie du domaine public régional et son occupation à des fins privatives doit faire l’objet d’une autorisation délivrée par ma Direction. (…)
En vue d’éviter toute polémique inutile d’où qu’elle vienne, je me permets d’attirer votre attention sur les points suivants : le terrain, acquis par la Région en vue de l’aménagement d’une nouvelle voirie (la future place Broodthaers), fait partie du domaine public régional ; l’occupation du domaine public à des fins privatives doit faire l’objet d’une autorisation délivrée par le gestionnaire de ce domaine public; ce genre d’autorisation est frappée de précarité : il peut y être mis fin, à tout moment mais moyennant préavis, si l’intérêt général le requiert (ce qui est le cas de toute évidence!) ; le retrait s’effectue aussi sans indemnité (…)

Mais pendant des mois, la SA Bruxelles-Midi n’a pas répondu à cette demande et les deux ministres n’ont pas jugé utile d’insister. Il faut noter que le président de la SA Bruxelles-Midi, Jacques Van Grimbergen, est un ancien directeur de cabinet-adjoint du Ministre-Président Charles Picqué (de 1989 à 1995), ex-directeur de cabinet du Ministre Pascal Smet (de 1999 à 2004), et fut jusque très récemment le directeur-général de l’Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement (de 1995 à 1999 et de 2004 à 2009)5. Sa position semble avoir aidé la SA Bruxelles-Midi à imposer cette situation de fait qui, selon « Le Soir »6, va même être entérinée et légalisée.

Un statu quo rentable pour certains, mais coûteux pour les autorités

Si Beliris vient bien de terminer une partie des travaux, la seconde moitié de la Place Broodthaers ne verra vraisemblablement pas le jour avant 2010 ou 2011.

L’arrêt des travaux ne sera pas sans impact financier pour les pouvoirs publics. Si l’entrepreneur travaillant pour Beliris semble ne pas demander d’indemnisation, l’aménagement de la place va devoir s’effectuer en deux phases, ce qui nécessitera d’importants surcoûts.

Les seuls à profiter de la situation semblent être la société Decaux (qui peut ainsi proposer à ses clients un emplacement publicitaire face à la gare du Midi) et surtout les promoteurs privés qui font ainsi d’importantes économies: ils évitent à la fois de s’acquitter de la location d’emplacements de bureaux de chantier, d’une taxe d’occupation sur l’espace public et des frais de déplacement de leur infrastructure de chantier.

Merci qui?

  1. La Place Marcel Broodthaers est prévue depuis 1991 dans les plans d’aménagement. Elle était autrefois annoncée sous le nom de « Place de Hollande ». []
  2. Il faut noter que le pharmacien est de toute bonne foi. Il a conclu cet accord d’occupation « temporaire » (il professe dans son container depuis tout de même 2 années, et ce n’est pas fini) dans le cadre de négociations avec la SA Bruxelles-Midi, lorsque celle-ci procédait à l’expropriation « amiable » de son bien. Son espoir était tout simplement d’obtenir la possibilité de rouvrir sa pharmacie dans les futurs bâtiments de la Place Broodthaers, ce qu’il dut ensuite négocier avec les promoteurs immobiliers. []
  3. Lire à ce sujet notre article de mars 2006: Des pubs pour “lutter contre les squats”!? []
  4. A l’occasion d’une question posée au Conseil communal de Saint-Gilles, le 25 juin dernier, par le conseiller communal Alain Maron (Ecolo) à l’Echevin Patrick Debouverie (MR). []
  5. Il se trouve même des mauvaises langues pour rappeller que Jacques Van Grimbergen est inculpé dans l’affaire de l’ancien Hôpital militaire d’Ixelles, au même titre que certains dirigeants des sociétés immobilières De Waele et BPC, celles-là même qui bénéficient aujourd’hui de cette situation inédite sur la Place Broodthaers. Lire notre article du 15 avril 2007: « Le Président de la SA Bruxelles-Midi et un administrateur d’Espace Midi parmi les inculpés d’une affaire de fraude ». []
  6. Lire l’article du « Soir » du 2 juillet 2009: « La place Broodthaers attendra encore un an ». []
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L’affaire de l’hôpital militaire d’Ixelles paralysée

- Dépêche Belga, 26 novembre 2008

Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal.

Le procès des fraudes présumées lors de la réaffectation du site de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles est déjà paralysé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles par des problèmes de procédure. Il devait normalement s’ouvrir ce jour. Mais il est peu probable que le dossier soit réellement examiné.

Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal. La réaffectation de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles en un vaste complexe d’appartements, de logements sociaux principalement, vaut à 7 prévenus de comparaître devant le tribunal correctionnel.

Il s’agit de Merry Hermanus, l’ancien président de la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), de son épouse, Mireille Francq, directrice générale la SDRB, d’Isi Halberthal, ancien administrateur de l’entreprise de construction De Waele, de Jacques Van Grimbergen, ancien chef de cabinet adjoint de Charles Picqué et de Paul Vermeylen, lui aussi conseiller du ministre-président de la Région bruxelloise.

Les entrepreneurs, Philippe Blaton et Jean Thomas, sont également poursuivis. Tous répondent de faux en écriture et du détournement de quelque 13 millions d’euros.

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Condamnation confirmée

- « La Dernière Heure », 7 mai 2008

Onze proprios et habitants du quartier Midi poursuivent la Région et la commune en justice

SAINT-GILLES • Le tribunal de première instance de Bruxelles est saisi d’une procédure en dommages et intérêts, introduite par 11 propriétaires et habitants du bas de Saint-Gilles, a révélé le Trends Tendances, début mai. Depuis quelque quatre législatures, en effet, pèse sur ceux-là une menace d’expropriation d’extrême urgence, jamais aboutie.

Des indemnités, de l’ordre de 1,5 million d’euros, pour troubles de jouissance, chômage locatif et dommage moral, sont au centre de la procédure dont ils espèrent le jugement fin décembre 2008.

Représentant du comité de quartier du Midi, auteur d’un 89 minutes, « Dans 10 jours ou dans 10 ans… », tournant pas mal ces jours-ci, Gwenaël Breës se fait fort de rappeler que l’unique offre écrite de rachat jamais reçue par les plaignants date de décembre 2005. Et que 22 maisons (des îlots A et D) ne sont toujours pas expropriées.

En parallèle à ces griefs, on a également appris que la Région venait d’être une seconde fois condamnée par la justice de paix de Saint-Gilles. Il y a un an déjà, elle avait été condamnée, ni plus ni moins que pour atteinte aux droits de l’homme.

« Cela signifie que le juge suit le même raisonnement concernant la gestion malfaisante de la Région, les pratiques de harcèlement, de désinformation et d’intimidation », commente Isabelle Pauthier, présidente de l’Arau. L’Atelier de recherche et d’action urbaines, qui soutient le comité du quartier Midi, voit aussi dans cette mise à mal de la thèse du « cas isolé » défendue par la Région, l’éventualité de porter les faits jusqu’à la Cour européenne de justice.

« Des éléments pour ce faire, alors qu’il y a quelques années, les riverains étaient désemparés », étaye Isabelle Pauthier. « Le dépassement du délai raisonnable; la définition même de l’utilité publique lorsqu’on fait 70 % de bureaux et la valeur d’avenir des terrains. Une jurisprudence du Conseil de l’Europe a condamné des autorités publiques ayant changé l’affectation de logements sociaux en des objectifs plus rentables. »

Pas plus Jacques Van Grimbergen (président de la SA Bruxelles-Midi) que Patrick Debouverie (PS, échevin saint-gillois du Développement économique) ne se prononceront sur l’assignation en cours.

Simplement le premier rappellera-t-il que la Région conteste des jugements antérieurs ayant offert à des proprios jusqu’à six fois le montant proposé par la SA. Le deuxième, lui, assure qu’au niveau communal, tout suit son cours.

• Guy Bernard

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La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi

- Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008

Ce matin, mardi 15 janvier 2008, les Editions Agone tenaient une conférence de presse intitulée : « Les Editions Agone contraintes de quitter le Quartier Midi ».

Un de nos collaborateurs dispose en effet en location d’un bureau et d’un atelier au 53, rue de Mérode, utilisé pour la rédaction en chef de la Revue Agone.

L’expropriation de cet immeuble a été prononcée le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St-Gilles.

Les locataires ont été avisés du transfert de propriété le 14 janvier, suite au paiement tardif par la Région des indemnités d’expropriation au propriétaire.

En arrivant sur les lieux vers 10h00 ce matin, notre collaborateur, Benoît EUGENE, rédacteur en chef de la Revue Agone, a constaté que la porte donnant sur la rue avait été enfoncée.

La salle préparée pour la conférence de presse avait été saccagée, les livres exposés ayant été jetés au sol et recouverts de gravas.

Dans le même temps, la société publique Vivaqua, compagnie des eaux, déconnectait le bâtiment du réseau d’eau potable.

La Conférence de presse a tout de même eu lieu dans ces conditions très difficiles.

C’est la société privée SA Bruxelles-Midi, société mixte à capital régional dirigée par M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur de l’urbanisme à la Région de Bruxelles Capitale, qui est selon nos informations à l’initiative de ce saccage.

Cette conférence de presse entendait témoigner des violences et intimidations exercées sur les habitants du quartier par les autorités régionales, déjà condamnées pour la violation de plusieurs Droits de l’Homme dans le dossier du Quartier Midi.

A ces violations s’ajoute aujourd’hui celle de la liberté de la presse.

Les Editions Agone condamnent les actes de saccage menés ce matin au 53, rue de Mérode et demandent que les responsables soient sanctionnés. Les locataires ont de leur côté déposé plainte.

http://agone.org

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Expédition punitive de la SA Bruxelles Midi au Rue de Mérode, 53

- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008

On se souvient que le 9 janvier, la SA Bruxelles Midi, se prétendant indûment propriétaire du Rue de Mérode, 53 à St Gilles auprès de la société publique Vivaqua avait demandé à cette société de déconnecter l’immeuble, encore habité, du réseau d’eau potable. Suite à l’intervention du propriétaire en titre, cette voie de fait avait pu être empéchée.

Le 14 janvier 2008, les locataires étaient avisés par huissier du transfert de propriété consécutif à l’expropriation de l’immeuble prononcée le 3 décembre par le Juge de Paix de St-Gilles, suite à la consignation du paiement de son achat par la Région de Bruxelles Capitale.

Le 15 janvier, les locataires en cours de déménagement constataient que la porte de rue avaient été défoncée, et une pièce saccagée laquelle avait été préparée pour une conférence de presse des éditions Agone. Les casseurs ont déclaré travailler pour la firme De Meuter et que « l’ordre » de défoncer la porte avait été donné par la SA Bruxelles Midi.

Les locataires ont porté plainte. Ils considèrent qu’il s’agit là d’une expédition punitive (rappelons que l’un des locataires avait mis à disposition son atelier pour les réunions du Comité du Quartier Midi et pour la Semaine du Quartier Midi) et d’une violation grave du droit à la vie privée reconnu par la Convention Européenne des Droits de l’Homme. En effet, les lieux étaient occupés légalement et aucune procédure, ni à l’amiable, ni juridique, n’avait été engagée par la Région en vue de fixer une date de départ pour les locataires. La Région n’a, à aucun moment, pris contact avec les locataires et le jugement d’expropriation ne fixait aucune date de départ.

Quoi qu’il en soit, un propriétaire ne peut forcer la porte de la maison de ses locataires et se livrer à des actes de vandalisme, fût-il public, ce qui est une circonstance particulièrement aggravante. Les locataires possèdent toujours des biens dans l’immeuble mis en danger par la démolition de la porte d’entrée et les actes de vandalisme commis.

Ces pratiques illégales et violentes rappellent celles utilisées par l’Eglise de scientologie pour expulser les occupants du 103 Bld de Waterloo, qui étaient eux, soutenus par des Bourgmestres socialistes…

Par ailleurs MM. Pirotte, Van Grimbergen et Mme Caty Marcus se sont livrés à des déclarations mensongères rapportées dans la presse ce mercredi 16 janvier. Aucun locataire n’a été « relogé dans le centre de St-Gilles », les locataires se sont relogés tous seuls quand c’est le cas. Aucune proposition n’a été refusée puisqu’aucune proposition n’a été faite. M. Eugène n’occupe pas illégalement le bâtiment, il est titulaire d’un bail en bonne et due forme et quoique non résident il bénéficie de la citoyenneté européenne l’autorisant à séjourner pour des périodes de trois mois en Belgique. Le 53, rue de Mérode n’est pas sa résidence, située en France, et il est absent de Bruxelles une bonne partie de l’année.

Dans leur précédent communiqué, les locataires réclamaient que la secrétaire exécutive de Bruxelles Midi SA soit démise de ses fonctions pour avoir demandé la coupure d’eau en usurpant le titre de propriétaire à des fins d’intimidation. Le Pt de cette société, M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur Régional de l’Urbanisme, avait été informé de ces faits.

Il apparait aux locataires que la SA Bruxelles Midi continue ses pratiques de harcèlement et viole délibéremment les lois. Qu’elle poursuivra ses agissements contre les locataires et les petits propriétaires du Quartier Midi dans le cadre du nouveau plan d’expropriation des îlots A et D que la Région s’apprête à adopter.

Ces pratiques sont indignes de pouvoirs publics et violent les droits fondamentaux. Nous exigeons qu’elles cessent immédiatement. Nous demandons à cette fin la démission immédiate de M. Jacques Van Grimbergen de toutes ses fonctions.

• Les locataires du 53, rue de Mérode.

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Les Editions Agone expulsées

- « La Libre Belgique », 16 janvier 2008

• La porte du 53 rue de Mérode a été enfoncée hier, sans ménagement.

• La commune de Saint-Gilles déplore, elle, la mauvaise foi du locataire.

C’est avec effroi que Benoît Eugène, rédacteur en chef de la revue Agone, a découvert hier matin le trottoir ouvert et la porte enfoncée de son bureau de liaison des éditions françaises Agone, au 53 rue de Mérode, dans le quartier du Midi à Saint-Gilles. “Ce matin (NdlR : mardi), la SA Bruxelles Midi, société d’économie mixte (NdlR : qui a pour mission d’acquérir, d’assainir et de mettre en valeur les terrains du quartier du Midi, et dont la Région est le principal actionnaire) a fait enfoncer la porte manu militari afin, dans un premier temps, de retirer les cheminées”, déclare en colère Benoît Eugène. Triste spectacle en effet au rez-de-chaussée : chaises bousculées, livres jetés à terre, morceaux de plâtres éparpillés, cheminée éventrée et marbre mutilé. “Cet acte intervient alors que nous avions prévu ce mardi une conférence de presse pour dénoncer les conditions d’expropriation dans le quartier. Ce lieu est aussi le siège du comité de quartier Midi. Ce n’est pas anodin”, clame le rédacteur en chef.
Un jugement datant du 3 décembre dernier stipulait pourtant que Benoît Eugène devait quitter les lieux pour le 31 décembre au plus tard.Car cette expropriation intervient en “extrême urgence” et “pour cause d’utilité publique”. “L’immeuble a fait l’objet d’une expropriation judiciaire, précise Jacques Van Grimbergen, président de la SA Bruxelles Midi. La SA Bruxelles Midi n’a pas de pouvoir expropriant. C’est la Région, via le comité d’acquisition, dépendant du ministère des Finances, qui a sollicité le juge de paix pour l’expropriation.”
“En un mois, on ne peut pas se reloger, ne décolère pas Benoît Eugène. J’avais donc prévu de quitterBruxelles ce jeudi.”

Spéculation

Pour mémoire, il est décidé fin des années 80 d’implanter un terminal TGV à la gare du Midi.Une profonde mutation des abords de la gare et du quartier du Midi est alors entreprise afin d’en faire un vaste centre administratif et une vitrine internationale de Bruxelles. En 1992, le Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) “Fonsny 1” fixe le sort de quatre îlots – les îlots A, B, C et D – sis entre l’avenue Fonsny et la rue de Mérode, ainsi qu’entre la rue Claes et la rue de Russie. Commence alors une vague d’expropriations de ces quatre îlots de maisons dans le bas de Saint-Gilles.
L’immeuble occupé au rez-de -chaussée et au premier étage par l’antenne des Editions Agone appartient à l’îlot C, délimité par l’avenue Fonsny et les rues de Hollande, d’Angleterre et de Mérode. “Je suis locataire depuis neuf ans et il y a eu des intimidations dans le quartier, tel que bloquer les rues, ne pas enlever les immondices, couper l’eau, etc. Le but ? Inciter les propriétaires à partir et à vendre leur bien à la Région bruxelloise au plus bas prix. Celle-ci pourra par-après le revendre au prix fort. C’est de la spéculation”, tient à dénoncer le rédacteur en chef.

Locataires relogés

A la commune de Saint-Gilles, en revanche, on déplore la “mauvaise foi” de Benoît Eugène. “L’ASBL Cafa, qui dépend du CPAS de Saint-Gilles, est chargée tout spécifiquement du relogement des locataires des quatre îlots concernés par l’expropriation”, explique Olivier Pirotte, chef de cabinet du bourgmestre Charles Picqué (PS), également ministre-Président de la Région bruxelloise. “M. Eugène n’a pas accepté cet accompagnement et n’a jamais demandé de délai supplémentaire à Bruxelles Midi pour déménager. La plupart des personnes concernées par le plan d’expropriation de 1996 ont déjà trouvé une solution de relogement depuis longtemps.” “M. Eugène occupe illicitement l’immeuble car il n’est pas inscrit au registre de la population à Saint-Gilles. Les “vrais” locataires ont été aidés aurelogement et sontdéjà partis”, fait remarquer pour sa part Jacques Van Grimbergen. A ce jour, “trente ménages effectifs sur les îlots A et D sont encore domiciliés”, précise M. Pirotte. Quand bien même le 53 rue de Mérode compte un brave irréductible, les travaux de démolition des autres immeubles de l’îlot C ont déjà débuté. “Il y a quelques mois, quatre immeubles de l’îlot C restaient encore à acquérir. Entre-temps, deux ont été acquis par voie amiable et les deux autres par voie d’expropriation”, explique M. Van Grimbergen. Quelle sera l’affectation de l’îlot ? Du côté de l’avenue Fonsny et de la place Broodthaerts seront construits des bureaux (Atenor groupe SA). Le côté avenue Fonsny, rue d’Angleterre et rue de Mérode verra également des bureaux (Espace Midi SA) sortir de terre tandis que les rues de Mérode et de Hollande accueilleront un hôtel. Tous les permis ont été délivrés le 21 novembre dernier. Les travaux de fondation devraient commencer sous peu.
Quant à Benoît Eugène, il a décidé de repartir à Marseille dès cette fin de semaine, “le temps de réfléchir si je vais garder une activité à Bruxelles”.

Stéphanie Bocart

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La société mixte régionale SA Bruxelles Midi persiste dans ses pratiques de harcèlement

- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008

Le 53, rue de Mérode a été exproprié le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St Gilles. Les autorités régionales avaient laissé généreusement aux locataires jusqu’au 31/12 pour quitter les lieux.

Mais à ce jour, la Région n’ayant pas consigné le prix de cession, le transfert de propriété n’a donc pas encore eu lieu.

Outre que la Région, qui ignore sans doute ce qu’est un planning, n’a pas précisé, ni aux propriétaires, ni aux locataires, la date à laquelle elle compte s’acquitter du prix de ses emplettes, elle lance aujourd’hui son bras armé, la SA Bruxelles Midi, à l’assaut du 53.

Elle a ainsi demandé à la société Vivaqua de déconnecter le 53 du réseau d’eau potable, se prétendant auprès de la Cie des eaux propriétaire depuis le 1er janvier 2008, ce qui est faux. Vivaqua avait programmé la déconnexion dès ce jeudi 10 janvier, sans aucun avis auprès des locataires. Ce n’est que par hasard que les locataires se sont aperçus de l’imminence de la coupure en voyant un panneau de chantier. Suite à l’intervention du propriétaire en titre, cette coupure n’aura sans doute pas lieu. Mais on ignore si la même demande n’aurait pas été faite pour l’électricité.

Toujours est-il que les locataires, disposant pourtant de baux (annulés par le prononcé d’expropriation), s’étant vus donné initialement 4 semaines pour quitter les lieux, pour certains sans la moindre indemnité, sont clairement harcelés par les autorités régionales alors qu’ils organisent avec les moyens du bord leur déménagement et relogement.

Les habitants du 53, rue de Mérode demandent que la secrétaire exécutive de la SA Bruxelles-Midi, agissant sous l’autorité de M. Jacques Van Grimbergen, Pt de cette société et Directeur de l’Urbanisme à la Région, et qui a pris l’initiative de demander la coupure d’eau en se prétendant ususfruière de l’immeuble, soit immédiatement démise de ses fonctions pour faute grave et que le déménagement puisse se dérouler selon un calendrier raisonnable. Par ailleurs nous demandons le relogement de tous les locataires présents dans les zones d’expropriation, au besoin en mettant à contribution la Régie Foncière de St Gilles.

Contact : Benoit EUGENE, rue de Mérode 53, 1060 St Gilles. Tel : 02 537 95 88

bendyglu@bruxxel.org

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Expropriées manu militari

- « La Dernière Heure », 16 janvier 2008:

Le 53 rue de Mérode vidé de ses locataires via effraction. L’extrême urgence a prévalu, au Midi.

Les éditions françaises Agone ont eu, jusqu’à hier matin, une antenne à Saint-Gilles. Au 53, rue de Mérode. Jusqu’à hier, parce que l’expropriation en extrême urgence et pour cause d’utilité publique adoptée le 3 décembre 2007 a produit ses effets. Sous la forme, prétend Eugène Benoît, le rédacteur en chef de la maison d’édition, d’une porte d’accès fracturée par des ouvriers, à la demande de la SA Bruxelles-Midi, laquelle répondait aux injonctions du tout nouveau proprio, la région. Et le résident du bas de Saint-Gilles de l’avoir mauvaise. Très mauvaise. Parce que son bail de neuf ans n’a pas été résilié. Et parce que la manière, il la juge inacceptable : ”Cela fait deux mois que je ne travaille plus avec cette histoire ! C’est totalement inhumain, un non-sens économique absolu. Et sans excuses…”
Leur déménagement, ces éditeurs d’une quinzaine de bouquins par an l’ont entamé début janvier. Et comptaient le finaliser jeudi, le versement au propriétaire n’ayant été réalisé qu’avant-hier. Mardi matin donc, c’est la porte qui était fracturée; la cheminée, en partie démontée. Dans une ambiance glaciale.
”Ce projet public inspiré par l’idéologie néolibérale ne pouvait mener qu’au désastre économique, urbanistique et humain. Il aura provoqué la perte de dizaines d’emplois via la fermeture de petits commerces.” “Le juge de paix a prononcé l’expropriation. Ils ont été accompagnés pour le relogement”, tempère Jacques Van Grimbergen, président de la SABruxelles-Midi. Cathy Marcus (PS), échevine locale du Logement, signale un refus d’aide d’Eugène Benoît : “Les autres locataires ont été relogés dans le centre de Saint-Gilles”.
In fine, cettemaison demaître de l’îlot C a été vendue 650.000 €. Jusqu’à une deuxième audience, fixée au 4 février. Aux yeux de Gwen Brees, du comité de quartier du Midi, la manière est “illégale”.

Guy Bernard

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La Région persiste dans ses pratiques

- 13 novembre 2007

Scène surréaliste ce matin dans le quartier Midi: tandis que des entrepreneurs enlèvents les palissades « protégeant » le terrain vague et les dernières maisons habitées de l’îlot C, la société Demeuter procède à la démolition des maisons mitoyennes. Discutant avec des habitants, les ouvriers avouent ne pas être au courant que les maisons voisines sont encore occupées. Quelques mètres plus loin, les entrepreneurs rencontrés sur le chantier disent ne pas comprendre pourquoi ils lancent des travaux alors qu’une partie du terrain est encore occupée par des maisons habitées…

Contacté par téléphone, le responsable de chantier auprès de la société Demeuter ne donne pas d’explication à la démolition de ces maisons. Bien évidemment, aucun chantier ne pourra prendre place à cet endroit du terrain, tant que toutes les maisons n’auront pas été rachetées et démolies. La société demeuter confirme qu’elle agit sur commande de la SA Bruxelles-Midi, créée par Charles Picqué au début des années ’90 et pilotée par son ancien directeur de cabinet-adjoint Jacques Van Grimbergen, également Directeur de l’Administration de l’Aménagement du territoire et du Logement de la Région.

Malgré les revers judiciaires et les plaintes des habitants, les bonnes vieilles recettes de harcèlement utilisées par les autorités publiques continuent donc dans le quartier Midi… Le 25 octobre, nous publiions un article à ce sujet: la Région entamait alors des démolitions dans l’îlot C, juste à côté des 4 maisons encore habitées que les autorités n’ont pas acquises ni expropriées au terme de 16 années de procédures.

C’est pourtant déjà en juin 2005 que la Région vendait l’îlot C à un consortium immobilier (Atenor-BPI) pour y construire hôtels et bureaux. Malgré le caractère indéniablement rentable de cette opération, la Région a empêché les promoteurs d’acquérir eux-mêmes les dernières maisons. La Région veut engranger des plus-values dans la revente de ces parcelles. Pourtant, elle ne procéda ni au rachat ni à l’expropriation de ces maisons dans les délais qui lui étaient impartis: elle attendit un an et laissa expirer le plan d’expropriation de 1996.

Un nouveau plan d’expropriation fut publié au Moniteur en juillet 2007… seulement pour les 4 maisons de l’îlot C. Depuis lors, seule une de ces maisons a été rachetée « à l’amiable » et une autre est actuellement en procédure d’expropriation. Cela n’a pas empêché les autorités, dans l’intervalle, d’autoriser la démolition de maisons mitoyennes et le lancement des chantiers d’Espace Midi et d’Atenor-BPI. Jouant ainsi avec la sécurité des habitants…

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Charles Picqué veut mener le jeu TGV de la gare du Midi

JEAN-CLAUDE VANTROYEN – LE SOIR – Samedi 2.06.1990

La spéculation à très grande vitesse

Pas question d’offrir la viande aux promoteurs et de laisser la mauvaise graisse à la Région.

Avec l’arrivée du TGV en gare du Midi, c’est tout un train de changements qui va s’opérer dans le quartier. Un quartier en pleine dégradation. Côté St-Gilles, le bâti est léprosé et accueille une population socialement défavorisée et des activités économiques modestes. Côté Anderlecht, c’est hétérogène, tiers habitat, tiers entreprises d’une certaine ampleur, tiers activités administratives.

Un quartier déjà en plein encombrement: la gare, la poste, les fonctionnaires de la tour du Midi, les entreprises…

Et c’est là que s’abat aujourd’hui une spéculation assez extraordinaire. Les investisseurs privés veulent tous en être. On achète par-ci par-là espérant réaliser par la suite des affaires juteuses…

- Actuellement tout le monde se mêle de faire quelque chose au Midi, dénonce Charles Picqué. Si nous laissons chacun occuper le terrain, le quartier ne profitera pas d’une rénovation. Vous savez, l’espace public, ça n’intéresse personne parce que ça ne rapporte pas d’argent. Faute de planification, les investisseurs font tout ce qui est rentable et pas le reste. Nous disons non à cela, nous voulons éviter un processus qui donne la viande aux investisseurs privés et ne laisse que la mauvaise graisse à la Région. Alors nous désirons globaliser le risque, solidariser l’ensemble des acteurs. Il nous faut de la clarté.

Le président de la Région bruxelloise propose dès lors une formule de travail.

- Et une formule qui soit efficace. Nous prévoyons ceci. D’abord la création d’un syndicat d’études, formé de la Région, des communes concernées, de la SNCB, de la Stib et sans doute du Crédit communal que nous avons sollicité. Et, une fois tout mis au point, la création d’une société opérationnelle mixte investisseurs privés – autorités publiques, qui assurera la réalisation des tâches décidées.

La Région a confié à deux architectes-urbanistes, Jean de Salle et Christian Frisque, «l’élaboration d’un schéma de développement en vue de revitaliser les abords de la gare tant en ce qui concerne les activités économiques que la fonction logement et les équipements complémentaires». Après avoir identifié les problèmes et pris les options stratégiques, les architectes étudient maintenant les options d’aménagement et le schéma directeur. Celui-ci, ils devront le déposer début juillet à l’exécutif. L’enquête publique sur ce schéma directeur devra s’organiser début septembre. Devra: la SNCB veut commencer des travaux à l’été 91.

Quelles sont ces options? Les architectes veulent d’abord créer une porte à la ville, marquer ce noeud de communication qu’est la gare par un signal visible qui en souligne le caractère international. Il n’a pas encore de forme réelle mais il devrait s’installer entre la place de la Constitution et la rue de l’Argonne.

Ils veulent ensuite conforter les fonctions existantes, c’est-à-dire l’habitat, à l’est de la rue de Mérode et à l’ouest de la rue Bara.

Entre les deux, un quartier multifonctionnel: habitat, bureaux, commerces, horeca, équipements. Trois grands espaces publics seraient installés autour de la gare, côté Argonne (place Fonsny?), côté Fonsny (place de Hollande?), côté France (place de France?). Et trois liaisons est-ouest seraient créées: rue de l’Argonne piétonne, rue d’Angleterre prolongée jusqu’à la rue de Fiennes, rue Rossini prolongée vers la gare.

Les voiries contiguës à la gare seront débarrassées de leur trafic de transit; celui-ci sera regroupé sur le boulevard Industriel prolongé, la rue Bara partiellement élargie et le boulevard Jamar. La rue de Mérode retrouvera son double sens de circulation. Les transports de la Stib et de la SNCV seront regroupés avenue Fonsny.

- Attention, intervient Jacques Van Grimbergen, chef de cabinet adjoint de M. Picqué, ce ne sont que des options, pas encore des réalités.

Il n’empêche: c’est vers ce genre de pôle de développement que l’on s’achemine. Avec une Région bruxelloise qui veut fermement fixer les règles du jeu de ce dossier. Pas question de laisser faire. De toute façon, elle dispose d’un levier, d’une clef, d’une position de force: c’est elle qui délivre les permis de bâtir…

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