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Pas de quartier pour les pauvres

- « Le Soir« , 28 mai 2009

L’ESSENTIEL : « Bruxelles-Midi, l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle » sort en librairie ce jeudi. | Une enquête richement étayée et sans concession pour la Région et Saint-Gilles. | Le ministre-président et bourgmestre empêché, le socialiste Charles Picqué, n’en sort pas indemne. | Plus jamais ça ?

Vingt ans, c’est l’âge de la Région bruxelloise, mais c’est aussi le temps que dure l’opération « revitalisation » du quartier de la gare du Midi.
Un projet qui, selon le journaliste Gwenaël Breës, ressemble, sous certains aspects, à un pitoyable remake du quartier Nord, en plus petit. Lui-même habitant du quartier durant plusieurs années, il nous livre, à travers son ouvrage Bruxelles-Midi, l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle, une critique acerbe de la manière dont les pouvoirs publics ont orchestré « l’un des plus grands fiascos urbanistiques de ces vingt dernières années », menant « une guerre d’usure contre les habitants ».

Ce n’est pas un hasard, ce livre juste avant les Régionales ?

Il est surtout lié aux 20 ans de la Région bruxelloise. L’histoire racontée dans ce livre commence en 1989 et la création de la Région, à ce moment-là, y joue un rôle prépondérant. Il est important de garder une mémoire de ce qui s’est passé et ne pas laisser nos politiques pavoiser quand, dans les mois prochains, ils inaugureront un hôtel ou des bureaux, sans rappeler la catastrophe sociale que cela a généré, souvent dans l’indifférence des médias.

Ce mutisme ou cette indifférence s’explique-t-elle aussi par le manque de relais dont auraient pu bénéficier ces habitants ?

Oui. On s’est attaqué à une population fragile, en grande partie une population immigrée, qui éprouve des difficultés à connaître ses droits et à les faire valoir. On n’aurait pas osé mettre le même type de dispositif en place à Uccle ou à Watermael-Boitsfort.

C’est un travail de mémoire mais aussi un livre politique ?

J’aborde aussi les questions juridiques, comme le nœud du problème dans ce dossier, à savoir la loi, inique, de 1962 sur les expropriations d’utilité publique et d’extrême urgence. Elle suspend des droits constitutionnels et est tellement peu réglementée qu’elle autorise toutes les dérives.

Vous évoquez un coup de poker des autorités publiques.

Elles ont voulu mener un projet, sans en avoir les moyens, en spéculant que l’arrivée du TGV allait aiguiser l’appétit des promoteurs, générer de la plus-value et puis des charges d’urbanisme. La Région a privatisé le développement urbanistique du quartier en le confiant à une société anonyme, la SA Bruxelles-Midi, sans la doter de moyens pour le réaliser.

L’intention de Picqué était de lutter contre « la contagion de la pauvreté ». Vous y voyez une entreprise de stigmatisation.

Pour quelqu’un qui se dit de gauche et selon qui le progrès social doit bénéficier à tous, lutter contre la pauvreté, ce n’est pas détruire les maisons des pauvres et les chasser du quartier mais se battre pour qu’ils soient moins pauvres. Sauf à considérer, quand il parle de « contagion », que les immigrés sont des gens qui produisent saleté et pourrissement du tissu urbain. Mais quand cette histoire a démarré, les étrangers n’avaient pas le droit de vote…

Sa politique censée mettre l’individu au centre des préoccupations serait une mystification ?

Oui. Charles Picqué et son entourage veulent être les maîtres de la dialectique et n’assument pas leurs responsabilités. Ils définissent ce qui est bon ou mauvais, qui est un spéculateur et qui ne l’est pas, qui est légitime ou pas.

Votre livre évoque un cumul malsain…

A qui vont bénéficier les rentrées financières (charges d’urbanisme, taxes bureaux…) ? À la commune de Saint-Gilles. Dès le départ, c’est une opération communale, qui est menée, à la Région, par le bourgmestre empêché de la commune. Ce n’est pas une opération d’intérêt régional. Il y a déjà, alors, surabondance de bureaux sur le territoire de la Région. Si on réfléchit au niveau régional, il n’y a pas de raison de détruire du logement pour construire du bureau pour accueillir des entreprises déjà sur le territoire de la Région. La confusion des pouvoirs est au cœur de cette histoire.

Vous évoquez aussi une étrange connivence avec certains promoteurs, comme Jean Thomas.

C’est étonnant : Jean Thomas est alors dans le consortium de promoteurs avec lequel Charles Picqué se dispute. Mais, à côté de la zone d’expropriation, le même Jean Thomas mène un projet, tout seul, et s’empare de 45 maisons en 7 ans sur un îlot d’habitat. La commune et la Région vont le récompenser en transformant l’affectation de l’îlot. Dans ce PPAS, le Fonsny II, dit de protection de l’habitat, on prévoit un îlot pour du bureau en disant qu’il va permettre de « protéger le reste de la zone de logement ». C’est d’autant plus troublant que, à l’époque, le financement de partis est encore légal et que Jean Thomas ne cache pas ses sympathies pour le PS – il a d’ailleurs figuré sur les listes. Certains, au parlement et à la commune de Saint-Gilles, ont parlé de délit d’initié.

• Fabrice Voogt

Bruxelles-Midi, l’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle | Un livre de Gwenaël Breës | Publié aux éditions Aden | Mai 2009 | 384 pages (dont 65 de documents et illustrations) | Prix de vente: 18 euros | ISBN: 9782805900037 | Diffusion et distribution: SDL Caravelle (Belgique et Luxembourg), Les belles lettres (France) | Achat en ligne: www.rezolibre.com

Retour à la revue de presse.

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L’affaire de l’hôpital militaire d’Ixelles paralysée

- Dépêche Belga, 26 novembre 2008

Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal.

Le procès des fraudes présumées lors de la réaffectation du site de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles est déjà paralysé ce mercredi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles par des problèmes de procédure. Il devait normalement s’ouvrir ce jour. Mais il est peu probable que le dossier soit réellement examiné.

Les débats portent notamment sur la langue de citation pour un prévenu et sur le nombre de juges qui doivent composer le tribunal. La réaffectation de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles en un vaste complexe d’appartements, de logements sociaux principalement, vaut à 7 prévenus de comparaître devant le tribunal correctionnel.

Il s’agit de Merry Hermanus, l’ancien président de la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), de son épouse, Mireille Francq, directrice générale la SDRB, d’Isi Halberthal, ancien administrateur de l’entreprise de construction De Waele, de Jacques Van Grimbergen, ancien chef de cabinet adjoint de Charles Picqué et de Paul Vermeylen, lui aussi conseiller du ministre-président de la Région bruxelloise.

Les entrepreneurs, Philippe Blaton et Jean Thomas, sont également poursuivis. Tous répondent de faux en écriture et du détournement de quelque 13 millions d’euros.

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Table rase des immeubles dévastés d’un îlot du quartier Midi

ANNICK HENROTIN – LE SOIR – Vendredi 24.12.1993

Trente-cinq mille mètres carrés de bureaux à deux pas du TGV

Une bonne partie des habitations comprises entre les rues de Mérode, de Russie et l’avenue de la Porte de Hal viennent de disparaître, balayées par les bulldozers. Ce coin de Saint-Gilles, proche de la gare du Midi, était depuis des mois laissé à l’abandon. Des squatters rôdaient dans les maisons vides. Dernièrement, un meurtre commis dans l’un des bâtiments ajouta à la colère et à l’inquiétude des riverains scandalisés de voir cet îlot pourrir sur pied depuis tant de temps.

La compagnie immobilière De Waele, qui avait racheté le tout, attendait le plan particulier d’aménagement du sol (PPAS) pour pouvoir agir. Celui-ci, décidé il y a un an, autorise l’implantation de bureaux sur tout le périmètre.

Aujourd’hui, du moins, l’espoir de voir la situation évoluer est bien réel. Un projet, déposé par l’immobilière De Waele, a reçu l’aval communal le 6 octobre dernier. Dans ce cas-ci, la délivrance du permis d’urbanisme ne nécessitait aucune enquête publique puisque les plans de l’architecte respectent scrupuleusement les prescrits du PPAS.

Le projet porte sur la construction d’un complexe de bureaux de 35.000 m2. Du côté des rues de Mérode et de Russie, les bâtiments s’aligneront sur les gabarits des immeubles voisins. À front de boulevard, par contre, les immeubles seront plus imposants et avanceront en gradins jusqu’à un rez + 5 + toiture.

Encore faut-il que le détenteur du permis décide de le mettre en oeuvre. On connaît en effet la morosité actuelle du marché de l’immobilier en matière de bureaux. Si les PPAS voisins de la gare du Midi étaient acceptés par la tutelle, ce serait 400.000 m2 en plus de bureaux qu’il faudrait gérer. De quoi décourager le promoteur le plus optimiste.

Heureusement pour Jean Thomas, administrateur délégué de De Waele, Charles Picqué, ministre-président de la Région bruxelloise, est conscient du problème et a décidé de bloquer l’avancement des PPAS riverains (Fonsny 1 et Bara 2). De cette manière, l’offre aurait des chances de rattraper la demande… et l’immobilière De Waele aurait une belle longueur d’avance sur tous les autres futurs projets de bureaux lors de l’arrivée du TGV en gare du Midi. Une manière comme une autre d’encourager ce dernier à entamer sans délai la construction de son projet. Le quartier a bien besoin de retrouver un tissu urbain aujourd’hui déchiré.

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2005-2007

> 2007

Décembre 2007

- Promethee.blogspot.com, 31 décembre 2007:
Bruxellistan Express (suite et pas fin!)

- “Le Soir”, 24 décembre 2007:
Le projet South City s’installe au Midi

- TV Brussel, 23 décembre 2007:
Brussel Zuid

- “La Libre Belgique”, 22 décembre 2007:
La SDRB pose ses briques vertes

- CDQM, 20 décembre 2007:
Encore une victoire de “l’internationalisation” du quartier Midi

- « La Dernière Heure », 17 décembre 2007:
La fin des démons du Midi ?

- Dépêche Belga, 14 décembre 2007:
Saint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi

- “Le Soir”, 14 décembre 2007:
Le quartier du Midi en pleine confusion

- Télé Bruxelles, 13 décembre 2007:
Mobilisation contre l’expropriation

- BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 11 décembre 2007:
Expropriations au quartier du Midi : la politique de la Région
désavouée par ses propres fonctionnaires !

- “La Tribune de Bruxelles”, 6 décembre 2007:
La gentrification de Bruxelles : un phénomène en marche ?
+ Quartier Midi : Gentry or not ?

- “AlterEchos”, 5 décembre 2007:
Revendications sociales du Quartier Midi
+ « L’autocensure, c’est fini! »

- “De Standaard”, 3 december 2007:
Voor Zuidwijk begint toekomst vandaag

Novembre 2007

- « Le Soir », 29 novembre 2007:
« Quartier Midi » reprend la lutte

- Du 29 novembre au 2 décembre 2007:
La Semaine du Quartier Midi

- Télé-Bruxelles, 28 novembre 2007:
Le Midi en débat

- RTBF, 28 novembre 2007:
Reportage audio sur le nouveau plan d’expropriation

- BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 27 novembre 2007:
Le quartier Midi à l’heure du “PDI” :
“pôle bizness du futur”… Et aujourd’hui ?

- Promethee.blogspot.com, 27 novembre 2007:
« Bruxellistan Express »

- “La Dernière Heure”, 26 novembre 2007:
L’infernale Semaine du Midi

- Jean-Yves Huwart, 20 novembre 2007
“Victor Horta doit se retourner dans sa tombe!”

- “Le Soir”, 17 novembre 2007:
Ecrire aujourd’hui la ville de demain

- TV Brussel, 16 november 2007:
Verzet tegen onteigeningen De Mérodestraat

- Comité du quartier Midi, 13 novembre 2007:
La Région persiste dans ses pratiques

- Comité du quartier Midi, 12 novembre 2007:
“Si le Plan de développement international n’existait pas,
il faudrait l’inventer!”

- Comité du quartier Midi, 1er novembre 2007:
Un mémoire sur le quartier Midi

- « AlterEchos » et « Démocratie », novembre 2007:
Des habitants flexibles, des solutions concrètes ?

- Comité du quartier Midi, octobre – novembre 2007:
Nouveau plan d’expropriation en enquête publique

Octobre 2007

- “La Libre Belgique”, 27 octobre 2007:
Le grand réveil controversé du Midi

- “La Dernière Heure”, 26 octobre 2007:
Un “morceau de ville” en devenir

- “Le Soir”, 26 octobre 2007:
Le Midi va changer radicalement

- Télé Bruxelles, 25 octobre 2007:
Le quartier du Midi selon la commune

- Comité du quartier Midi, 25 octobre 2007:
Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles

- Dépêche Belga, 25 octobre 2007:
Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi

- « Diables Roses », octobre 2007:
L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint Gilles
mise en vente sur ebay par Les Diables Roses
au profit des sinistrés du Quartier Midi

- SDRB:
“Construction durable” rue de Suède

- “La Tribune de Bruxelles”, 4 octobre 2007:
Flux entrants et flux sortants

Septembre 2007

- Comité du quartier Midi, 27 septembre:
Décrochez-moi ça!

- « AlterEchos », 22 septembre 2007 :
Dossier Midi : nouveau plan d’expropriation pour quartier pauvre

- « Humeur allochtone », 19 septembre 2007 :
Quartier Midi : le mémoire accablant de deux mandataires Ecolo

- Comité du quartier Midi, 17 septembre :
Attention : “développement international” à l’horizon !

- En enquête publique jusqu’au 24 septembre:
Contrat de quartier « Fontainas »

- “La Dernière Heure”, & « La Libre Belgique », 6 & 7 septembre 2007:
Midi : ultime expropriation

- ImmoScan.be, 6 septembre 2007:
Midi : nouveau plan d’expropriation malmené

- Brussel Nieuws, 6 september 2007:
Sint-Gillis stemt over onteigeningsplan Zuidwijk

- Communiqué de presse, 5 septembre 2007:
Au nom du “Plan logement”, Saint-Gilles lance
son cinquième plan d’expropriation pour le quartier Midi !

Août 2007

- “De Morgen”, 31 août 2007:
Aanrandingen doen vragen rijzen over veiligheid Brussel-Zuidrenovatie

- « Le Soir », 25 août 2007:
Des bureaux surgiront de la caillasse

Juillet 2007

- Commune de Saint-Gilles, juillet 2007:
Avis de la commission de concertation sur les trois projets de l’îlot C

- “La Dernière Heure”, 13 juillet 2007:
Opération spéciale gare du Midi

- Parlement régional, 13 juillet 2007:
Charles Picqué : “Si des montants raisonnables sont exigés,
Bruxelles-Midi sera à même de faire face”
.

- “La Dernière Heure”, 11 juillet 2007:
Il faut que le Midi Respire…

- « Moniteur belge », 5 juillet 2007:
Nouveau plan d’expropriation publié au “Moniteur belge”

- ASBL Respire, 4 juillet 2007:
Pétition : Saint-Gilles sans pub !

- « Micro Cité », juillet 2007:
Emission de Radio Panik sur le quartier Midi (écouter)

Juin 2007

- Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Pour ne pas taxer les promoteurs,
Saint-Gilles revisite la définition de “l’abandon”

- Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Problèmes de sécurité dans le quartier Midi: la Commune démunie ?

- Compte-rendu de la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme
et de la politique foncière du Parlement bruxellois, 28 juin 2007:
Question orale au Ministre-Président Charles Picqué

- Dépêche Belga, 28 juin 2007:
Bxl-gare du Midi: on continuera à construire des bureaux (Picqué)

- ASBL Respire, 27 juin 2007:
Lettre aux autorités communales de Saint-Gilles
au sujet des dispositifs publicitaires du quartier Midi (îlot C)

- “Le Soir”, 27 juin 2007:
Une concertation sans doute favorable

- TV Brussel, 26 juin 2007:
Leefbaarheid van Zuidwijk in het gedrang

- Inter-Environnement & BRAL, 25 juin 2007:
Le quartier Midi bouge : oui, mais à contre-sens !

- Comité du quartier Midi, juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels en commission de concertation le 26 juin

- “Humeur allochtone”, 16 juin 2007:
Mohammed Mouniati : “Ce n’est pas catholique!”

- “Le Soir”, 15 juin 2007:
Bruxelles-Midi ira en appel

- “Des bulles”, 14 juin 2007:
Saint-Gilles, un “chantier” de plus pour Di Rupo

- “Chacun pour soi”, 14 juin 2007:
Le PS, ennemi des petites gens

- « The Bulletin », 14 juin 2007:
Midi Station neighbourhood makeover

- “Humeur allochtone”, 13 juin 2007:
Comment la Région chasse les pauvres de Saint-Gilles…

- “La Dernière Heure”, 13 juin 2007:
Indemnités six fois plus élevées

- “La Capitale”, 13 juin 2007:
La Région paie très cher ses lenteurs

- “Le Soir”, 13 juin 2007:
Région condamnée au quartier du Midi

- Comité du quartier Midi, 12 juin 2007:
La Région de Buxelles-Capitale sévèrement condamnée
pour sa “stratégie de pourrissement” du quartier Midi

- « Le Soir », 6 juin 2007:
Démolitions massives au Midi

- CEMAB, 5 juin 2007:
Quartier Midi: les démolitions continuent

- « AlterEchos », 1er juin 2007:
Rififi au quartier du Midi

Mai 2007

- « La Tribune de Bruxelles », 31 mai 2007:
Quartier Midi, quartier maudit ?

- Comité du quartier Midi, 31 mai 2007:
La Région joue l’intimidation

- Comité du quartier Midi, 29 mai 2007:
Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles

- Comité du quartier Midi, jusqu’au 11 juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels à l’enquête publique pour l’îlot C

- « La Dernière Heure », 21 mai 2007:
Le calvaire de la rue de Norvège

- Comité du quartier Midi, mai 2007:
Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

- Comité du quartier Midi, mai 2007:
Bruxelles-Midi réellement “hors-jeu” ?

- “La Tribune de Bruxelles”, 17 mai 2007:
Comment tuer un quartier populaire ?

- CEMAB, 1er mai 2007:
Comment démolir un quartier… et ses habitants

Avril 2007

- “Le Soir”, 20 avril 2007:
Entente ou favoritisme ?

- “La Tribune de Bruxelles”, avril 2007:
Le PS bruxellois dans l’oeil du cyclone

- “Le Soir” du 18 avril 2007
Brasier mortel au Midi
+ Recrudescence des squats dans le quartier

- Dépêche Belga, 17 avril 2007
L’incendie serait d’origine criminelle

- Comité du quartier Midi, 17 avril 2007:
Incendie mortel au quartier Midi: un drame prévisible…

- “Le Soir en ligne” / Belga, 17 avril 2007:
Incendie mortel à Saint-Gilles

- “Le Soir” du 16 avril 2007
Pas de pas de côté à Etterbeek

- Comité du quartier Midi, 15 avril 2007:
Le Président de la SA Bruxelles-Midi et un administrateur
d’Espace Midi parmi les inculpés d’une affaire de fraude

- Comité du quartier Midi, avril 2007:
PS et MR votent le nouveau plan d’expropriation

- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides

- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Une exposition “bien modeste” à l’Hôtel Ibis

- “Le Soir” du 14 avril 2007:
Des projets sur les rails du TGV

- « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Immobilier à Bruxelles: 7 inculpations

- « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Jean Thomas: le profil type du promoteur immobilier

- « Le Soir » du 11 avril 2007:
Mutation en marche au quartier du Midi

- « Le Soir » du 6 avril 2007:
Saint-Gilles sous perfusion régionale

- ImmoScan.be, 5 avril 2007:
Nouveau plan d’expropriation pour le quartier du Midi

- Comité du quartier Midi, avril – juin 2007:
Projections-débats autour de « Dans dix jours ou dans dix ans »,
un film sur la « revitalisation » du quartier Midi…

- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Le quartier Midi à l’horizon… 2012

Mars 2007

- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Reprise des démolitions dans l’îlot C:
comment mieux décourager les habitants?

- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Confusion et « concertation » à la saint-gilloise

- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Des pubs pour “lutter contre les squats”!?

- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Picqué en force au MIPIM 2007

- « Echanges et partenariats », mars 2007:
Chronique d’un quartier de Bruxelles:
quand Manhattan rencontre le Midi…

Janvier 2007

- Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Un échevin pour le quartier Midi!

- Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Birkiye débarqué, Jaspers débarque!

- 30 janvier 2007:
Avis de la Commission de concertation de la Commune de Saint-Gilles
(point n°3 en page 3) sur un projet de logements et parkings rue de
Russie (promoteur: Espace Midi).

- « AlterEchos » du 19 janvier 2007:
Quartier du Midi : un tournant
dans le développement du projet urbanistique ?

- « Le Soir » du 4 janvier 2007:
Au Midi, un nouveau plan d’expropriation

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> 2006

Novembre 2006

- « La Tribune de Bruxelles », 9 novembre 2006:
Expropriations au quartier Midi: plus de base légale!

- RBDH, novembre 2006:
Plan logement: où en est-on?

Octobre 2006

- « La Dernière Heure », 30 octobre 2006:
Nouveau projet au quartier Midi

Septembre 2006

- “Le Soir”, 12 septembre 2006
Divorce au sein de l’Atelier d’Art Urbain

- CEMAB, septembre 2006:
Le Quartier du Midi résiste !

- “La Tribune de Bruxelles”, septembre 2006 (spécial élections communales)
Saint-Gilles : quels aménagements aux abords de la gare du Midi?

Août 2006

- « Le Soir », 28 août 2006:
Quel avenir au Midi?

- « La Libre Belgique », 23 août 2006:
Bruyants travaux

- « La Capitale », 22 août 2006:
Les gens du Midi lancent un SOS

- « Le Soir », 22 août 2006:
Les habitants dénoncent les destructions!

- « La Dernière Heure », 22 août 2006:
Les travaux font trop de bruit

- Comité du quartier Midi, 21 août 2006:
Quartier Midi : “J’arrive plus à dormir”

Juillet 2006

- « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
« Pas facile mais il faut le faire »

- « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
Expropriations d’extrême urgence

- « Chacun pour soi », 28 juillet 2006:
Le fait du Prince

- « Le blog de Mateusz », 27 juillet 2006:
Exproprier ou ne pas exproprier?

- IEB et BRAL, 26 juillet 2006:
Conférence de presse d’Inter Environnement et du Bral:
positions communes sur le quartier Midi

Mai 2006

- Mai 2006:
Inauguration du commissariat « Midi » à Saint-Gilles

- « Respire », mai 2006:
La Place Broodthaers à Saint-Gilles

Avril 2006

- « La Libre Belgique », 1er avril 2006:
La SA Bruxelles-Midi passe la main

Mars 2006

- « Bruxelles en mouvements », 30 mars 2006:
Quartier du Midi: proposition indécente

- « La Tribune de Bruxelles », 16 mars 2006:
Le Midi perd le Nord

Janvier 2006

- Janvier/mars 2006:
Censure et « a(rt)ctivisme » au Centre culturel Jacques Franck

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> 2005

Août 2005

- Comité du quartier Midi, août 2005:
Le festival « PleinOPENair » passe par le Midi

Juillet 2005

- Comité du quartier Midi, 16 juillet 2005:
La Région bruxelloise crée la Société d’acquisition foncière (SAF)
sur le modèle de la SA Bruxelles-Midi

- « Le Soir », 16 juillet 2005:
Des logements, avenue Fonsny?

- « Le Soir », 15 juillet 2005:
Gare aux bureaux au quartier du Midi!

- Comité du quartier Midi, 13 juillet 2005:
Rencontre entre le Comité du quartier Midi et la SA Bruxelles-Midi

- Comité du quartier Midi, 6 juillet 2005:
Françoise Dupuis réagit à la proposition associative sur le Plan Logement

- Carte blanche publiée dans « Le Soir », 6 juillet 2005:
Les habitants du quartier Midi ne sont pas les pièces d’un puzzle…

- « Le Soir », 6 juillet 2005:
Remettre le logement sur les rails au Midi

- « La vie du net » (« Le Soir en ligne »), 5 juillet 2005:
Des voisins plutôt que des bureaux

- Comité du quartier Midi, 4 juillet 2005:
Des terrains à Bruxelles pour le Plan logement!

Juin 2005

- Comité du quartier Midi, 28 juin 2005:
La SA Bruxelles-Midi vend ses terrains sur l’îlot C

- « La Capitale », 25 juin 2005:
Appel à l’aide des gens du Midi (pas disponible)

- « La Dernière Heure », 25 juin 2005:
Le quartier Midi réagit (pas disponible)

- « Le Soir », 25 juin 2005:
Le quartier Midi se retrouve à quai + La rue de Norvège n’existe plus

- « Het Nieuwsblad », 25 juin 2005:
Bewoners Zuidwijk vechten tegen onteigening

- « Le Soir », 6 juin 2005:
Quartier du Midi: Ecolo s’inquiète

- « AlterEchos », 13 juin 2005:
Rénovation des abords de la gare du Midi: engtre spéculation et relance de l’action publique (pas disponible)

- « Brussel Deze Week », 9 juin 2005:
Tweede adem voor de Zuidwijk (pas disponible)

- « Het Laatste Nieuws », 7 juin 2005:
« Niemand wil bouwen op plaats waar stad onteigent » (pas disponible)

- « La Dernière Heure », 4 juin 2005:
Charles Picqué annonce un nouvel élan au réaménagement des abords de la gare

- « De Morgen », 4 juin 2005:
Brusselse Zuidwijk bouwt tegen beter weten in (pas disponible)

- « Le Soir », 2 juin 2005:
Fête des voisins, pas des bureaux !

- « La Dernière Heure », 1er juin 2005:
A Saint-Gilles, entre friches et chantiers (pas disponible)

- « De Morgen », 1er juin 2005:
Brusselse Zuidwijk geeft burenfeest met boodschap (pas disponible)

Mai 2005

- « Le Soir », 28 mai 2005:
Le quartier du Midi poursuit sa mutation

- Comité du quartier Midi, mai 2005:
La création du Comité du quartier Midi

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Entente ou favoritisme ?

Justice • Les soupçons qui ont mené aux inculpations de l’ex-hôpital militaire. Entente ou favoritisme?
Vaguelettes politiques : Halberthal reste échevin à Etterbeek et Hermanus fait de même, à Jette. Pour l’instant.

ROBERT, FRANCOIS

- « Le Soir », 20 avril 2007

Isi Halberthal (PS) reste échevin (voir page 5). Merry Hermanus, à Jette, également. L’affaire de l’ex-Hôpital militaire ne produit pas pour l’instant de soubresauts. N’empêche : à 50 jours des élections, il suffit d’allumer la mèche. Sauf si le délai raisonnable est objectivement dépassé. La Justice fait preuve ici d’une extrême lenteur.

L’affaire se joue dans un triangle formé par la Région, la SDRB et le promoteur Bâtipont-Dewael. Les motifs d’inculpations ? Faux, usage de faux et détournement des deniers publics, au profit de Bâtipont-Dewael. Sont inculpés les fonctionnaires mêlés à l’affaire : Merry Hermanus (président de la SDRB à l’époque), Mireille Francq (directrice de la SDRB), Paul Vermeylen et Jacques van Grimbergen (cabinet Picqué). Et les dirigeants de Bâtipont-Dewael de l’époque (Jean Thomas et Isi Halberthal).

Tout tourne autour de la rédaction du cahier des charges et de l’appel d’offres. En 1990, la Région bruxelloise lance la rénovation de l’ex-hôpital militaire (700 logements). Le gouvernement Picqué confie la mission à la SDRB. D’importants subsides sont à la clef : 415 millions de FB. Sans eux, pas de partenariat privé-public. En 1990, le logement n’intéressait plus les promoteurs, car jugé non rentable.

La Région engage un architecte, Philémon Wachtelaer du bureau Tylliard, chargé de réaliser une étude de faisabilité et le cahier des charges. Celui-ci fait l’objet de deux versions. Il est approuvé en mai 1991 par la SDRB, si l’on en croit Merry Hermanus, le seul inculpé à avoir abordé la presse. Apparemment, les précautions ont été prises : le cahier a fait l’objet de remarques internes et de trois consultations externes : M. Dardenne, responsable du service des marchés publics du Premier ministre, M e Flamme et M e Rigault, deux spécialistes. Tous les avis sont positifs.

Appels d’offre

Le 17 juillet 1991, le gouvernement approuve le cahier et lance un appel d’offres européen et national. L’appel européen est un flop. Bizarre : un tel chantier aurait dû susciter l’intérêt grâce aux subsides. Le cahier des charges faisait-il apparaître l’existence de ces aides ? L’appel d’offres belgo-belge ne donne pas grand-chose non plus. Sept sociétés demandent le cahier des charges mais deux offres sont faites. L’une est considérée comme vide. L’autre, émanant de Bâtipont-Dewael, est bonne à « 95 % », selon Merry Hermanus. Finalement, on s’entend pour des négociations de gré à gré. Et Bâtipont-Dewael décroche le marché.

Pourquoi une seule offre valable ? Opacité des procédures ? Pourquoi des subsides à la rénovation ont-ils été affectés à la viabilité du site et non au logement moyen, leur raison d’être ? Trois hypothèses. Un : il n’y a pas eu de collusion, mais une entente de circonstance avec le promoteur. Après tout, on expérimentait le partenariat public-privé. Deux : on a tenté de favoriser Bâtipont-Dewael en cachant des informations aux concurrents, par affinités politiques PS. Trois : il y a eu volonté délibérée, tricherie de la part de la Région et/ou de la SDRB, pour privilégier une offre.

Prudence néanmoins : dans les inculpations, les politiques n’y sont pas. Pas de « complot » de pratiques couvertes d’en haut. Ni Charles Picqué ni Didier Gosuin (qui reprend le dossier en 1995) ne sont cités. Enfin, il n’y a pas de « corruption » dans les chefs d’accusation. Et puis, seize ans, c’est long.

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Le PS bruxellois dans l’oeil du cyclone

— « La Tribune de Bruxelles », avril 2007.

La Cour d’appel de Bruxelles a confirmé l’inculpation, pour faux et détournement, de 7 personnes dans le cadre de l’attribution du marché de réhabilitation de l’hôpital militaire d’Ixelles, le site de 6 hectares de l’avenue de la Couronne. Parmi les inculpés, plusieurs personnalités du parti socialiste sont mises en cause.

De gauche à droite et de haut en bas: Merry Hermanus, Mireille Francq, Isi Halberthal, Jacques Van Grimbergen, Philippe Blaton, Jean Thomas.

Les faits visés par l’inculpation remontent au début des années nonante. Ils concernent une intervention régionale, dans la construction de logements à prix déterminés, estimée à l’époque à 417 millions d’anciens francs belges par un bureau d’étude. Le marché avait été attribué à l’association momentanée formée entre Bâtipont Immobilier et l’Immobilière Louis De Waele. Cette dernière a été reprise en 1992 par la sa Immomills qui a, à son tour, été absorbée par la Compagnie immobilière de Belgique en 2005. L’association momentanée Bâtipont et De Waele aurait bénéficié pour décrocher le marché d’une sous-information de ses concurrents et aurait reçu la jolie somme de 10 à 12,5 millions d’euros octroyés par la surévaluation du coût d’achat et de construction.
Sont donc mis en cause la SDRB et le gouvernement bruxellois.

Cahier des charges imposé ?

L’échevin socialiste de Jette Merry Hermanus (par ailleurs condamné deux fois par la Cour de Cassation) ex-patron de la SDRB, tout comme son épouse Mireille Franck, font partie des inculpés.
L’échevin socialiste de Jette Merry Hermanus (par ailleurs condamné deux fois par la Cour de Cassation) ex-patron de la SDRB, tout comme son épouse Mireille Franck, font partie des inculpés.
Il s’est dit très étonné en précisant que “la SDRB n’a ni réalisé le cahier des charges, ni rédigé les termes essentiels de la convention”. Il a souligné qu’il avait agi sur des instructions du gouvernement bruxellois et que le cahier des charges avait été imposé par le gouvernement de Charles Picqué comme l’atteste une note ministérielle de 1995 qui avait été signée par Didier Gosuin, alors ministre régional.
Deux conseillers de l’ancien cabinet du ministre-président bruxellois Charles Picqué sont également visés : Paul Vermeylen et Jacques Van Grimbergen, chef de cabinet adjoint et aujourd’hui “big boss” de l’administration de l’Aménagement du territoire…

Immobilier et politique

Parmi les autres personnes qui ont été inculpées figurent Jean Thomas, surnommé le pape de l’immobilier bruxellois (un comble pour un franc-maçon pur jus…) actuellement à la tête de la Compagnie immobilière de Belgique (CIB) et candidat sur la liste PS de Bruxelles-Ville aux dernières communales, l’échevin socialiste d’Etterbeek Isi Halberthal , anciennement administrateur de la société… Louis De Waele (fort affecté par l’affaire, il prendra une décision ce jeudi sur son futur politique) et enfin Philippe Blaton, ancien patron de Bâtipont, désormais à la tête des sociétés Philippe Blaton et Amart.
Rappelons toutefois que tous bénéficient de la présomption d’innocence dans cette affaire de fraude. Qui est loin d’être classée…

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Le Président de la SA Bruxelles-Midi
et un administrateur d’Espace Midi
parmi les inculpés d’une affaire de fraude

Dans son édition du 14 avril 2007, « La Libre Belgique » dévoile le nom des 7 personnes inculpées de faux et de détournement par la Cour d’Appel de Bruxelles dans le dossier immobilier de la réhabilitation de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles, parmi lesquelles plusieurs personnalités du Parti Socialiste. A côté du très médiatisé Merry Hermanus (en tant qu’ancien dirigeant de la Société de Développement de la Région bruxelloise), figurent d’autres noms moins connus. Certains promoteurs immobiliers par ailleurs actifs dans la SA Espace Midi, dont l’échevin d’Etterbeek Isi Halberthal, mais aussi le Président de la SA « de droit public » Bruxelles-Midi, Jacques Van Grimbergen, font partie de la liste. Charles Picqué a également été cité dans ce dossier de fraude… où l’on retrouve quelques-uns des principaux protagonistes de la nébuleuse immobilière qui agit depuis 15 ans au quartier Midi. Quelques liens intéressants à souligner, pour se rappeler que certaines pratiques de cumul et de confusion des pouvoirs politico-immobiliers ne sont pas isolées.

Pourquoi cette information mérite-t-elle d’être relevée ici? Pourquoi mettre en parallèle l’histoire de l’Hôpital Militaire d’Ixelles avec celle du PPAS Fonsny 1 à Saint-Gilles, des plans d’expropriation successifs qui en ont découlé et de l’opération « Bruxelles-Midi » qui jette le trouble sur ce quartier depuis une quinzaine d’années…?

Parce que l’époque à laquelle ont démarré ces deux projets est la même, c’est celle où s’élaborent les premiers outils urbanistiques de la jeune Région balbutiante. Coïncidence? Nous sommes en présence de plusieurs acteurs publics et privés identiques. Ceux-ci, à l’époque, commencent à échaffauder ensemble différents projets immobiliers à Bruxelles placés sous le sceau du « partenariat public-privé ».

« Ma conception de la ville repose sur une dynamique entre les secteurs privé et public. Le partenariat s’impose », expliquait Charles Picqué en 1992 déjà, à propos des dispositifs que son équipe mettait en place au quartier Midi.

Si les pratiques utilisées dans ces deux dossiers ne sont pas exactement les mêmes, elles semblent relever de cette même conception pour le moins singulière de la ville et de l’intérêt public. D’une même capacité qu’ont certains décideurs politiques et administratifs à ériger leurs propres règles, cumulant les rôles et les intérêts, se choisissant un entourage qui cautionne leurs agissements… Et se persuadant qu’ils sont dans leur bon droit.

L’affaire de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles

L’affaire remonte au début des années ’90. A cette époque, la Région bruxelloise rénove le site de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles: 6 hectares à transformer en un petit millier de logements. Charles Picqué (PS) est alors ministre-Président et il a la tutelle sur la SDRB, qui gérait les rénovations. Contrat est passé avec l’association de promoteurs Batipont-De Waele… Ce marché a-t-il été surévalué, permettant aux promoteurs d’empocher plusieurs millions d’euros d’aides déguisées? Selon « La Libre Belgique », on soupçonne le cabinet Picqué et la Société de Développement de la Région bruxelloise (SDRB) d’avoir favorisé l’association momentanée De Waele-Bâtipont en 1992 « en sous-informant ses concurrents lors de l’attribution des travaux, en permettant le saucissonage de certains marchés, en faussant la loi d’attribution des subsides et enfin en lui octroyant sans raison licite une somme de 10 à 12,5 millions d’euros par la surévaluation du coût d’achat et de construction ». C’est en tout cas ce que flaire la Cour des Comptes, qui a porté plainte au Parquet de Bruxelles à la fin des années ’90.

En 2006, le quotidien économique flamand « De Tijd » avait resorti l’affaire et mis en cause Charles Picqué, Ministre-Président de la Région bruxelloise, pour le rôle qu’il a joué dans cette affaire de contrats publics douteux. Et aujourd’hui, on apprend que la Justice a inculpé dans ce dossier 7 personnes pour « faux, usage de faux et détournement de deniers publics ». Charles Picqué ne fait finalement pas partie de la liste, mais deux de ses collaborateurs de l’époque (où il exerçait déjà la fonction de Ministre-Président) en sont, d’après « La Libre Belgique ».

Qui sont les inculpés?

• Il y a d’abord Paul Vermeylen, urbaniste et architecte, maître en management public, consultant auprès de la Commission européenne, ancien Directeur de Cabinet adjoint du Ministre-Président, et actuellement Vice-président de Ramboll Management Brussels. Il est notamment l’auteur de « Pour Bruxelles », un livre d’entretiens avec Charles Picqué.

• Parmi ses co-inculpés, on retrouve un autre ancien Chef de Cabinet-adjoint de Mr Picqué: Jacques Van Grimbergen, un socialiste flamand, échevin de la commune de Bierbeek, qui est devenu depuis lors Directeur de l’Administration régionale de l’Aménagement du Territoire et du Logement).
Mr Van Grimbergen est l’une des chevilles-ouvrières du PPAS Fonsny 1 qui a condamné 4 îlots au quartier Midi. Il a été placé aux commandes de Bruxelles-Midi, la « société anonyme de droit public » mise-en-place par Mr Picqué en 1991-1992 pour « réurbaniser les abords de la gare du Midi » (lire la présentation de Bruxelles-Midi). Ce qu’il tenta réaliser avec des pratiques très contestées et le résultat catastrophique que l’on sait.

• Autres inculpés membres du Parti Socialiste et occupant ou ayant occupé des fonctions publiques importantes: Mery Hermanus, actuel échevin PS à Jette, déjà connu pour avoir été l’une des vedettes du feuilleton Agusta, et qui fut directeur de la Société de Développement Régional de Bruxelles (SDRB) de 1989 à 1996… Et sa femme, Mireille Francq-Hermanus, elle-même Présidente du CPAS de Jette et « Administrateur général » de la SDRB. La SDRB qu’on connaît pour ses nombreux projets à Bruxelles, dont quelques-uns dans les 4 îlots du PPAS Fonsny 1.

Jean Thomas, tout puissant promoteur, actuellement à la tête de la Compagnie Immobilière de Belgique (CIB – Immobel) et anciennement de l’Immobilière Louis De Waele, fait également partie des inculpés. Jean Thomas, qui dit avoir « le coeur à gauche », appartient au Parti Socialiste dont il est membre de la section de Bruxelles-Ville. « Mais ce qui caractérise plus précisément son parcours professionnel, le personnage », selon « La Libre Belgique », « c’est sa faculté à marier les intérêts de ses entreprises à ceux de l’Etat, des collectivités et des parastataux. Familier du pouvoir politique, il s’est même présenté sur la liste PS à Bruxelles-Ville aux dernières élections communales. Avec succès. On chuchote (bruyamment) que cette démarche politique lui a surtout permis de renforcer son pouvoir dans les marchés immobiliers à Bruxelles. »
A Saint-Gilles on connaît la SA Immomills – Louis De Waele Development, notamment pour sa spectaculaire spéculation sur l’îlot désormais appelé « Midi Atrium ». Anciennement constitué d’habitations, cet îlot a été transformé en bureaux avec la bénédiction du bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué, qui a accepté d’en modifier l’affectation pour permettre au promoteur d’y bâtir 56.180 m2 de bureaux et de parkings. L’opération s’est néanmoins soldée par un échec cuisant pour la Commune: après avoir été mis en vente sur le marché international, le « Midi Atrium » a finalement été acquis par la SNCB, un organisme public dispensé des taxes sur les bureaux. Mr Picqué s’est toujours défendu d’avoir encouragé ou récompensé, dans cette affaire, la spéculation initiée par la société de Jean Thomas (lire “Mr Picqué réinvente le sens du mot spéculation”).
Via la SA Louis De Waele, le groupe CIB est aussi l’un des actionnaires d’Espace Midi: ce consortium est l’un des principaux promoteurs privés auxquels la SA Bruxelles-Midi revend des terrains dans le quartier Midi — terrains expropriés par la Région bruxelloise grâce aux plans de la Commune de Saint-Gilles.

• Notons que les mêmes acteurs immobiliers présents au sein d’Espace Midi (lire la présentation d’Espace Midi) se retrouvent dans un autre “partenariat public-privé” à Bruxelles: la société Espace Rolin, qui réalise un important projet à Etterbeek. Commune dont l’ancien Echevin des Finances, Isi Halberthal (PS), ayant actuellement en charge la Culture, l’Enseignement et la Cohésion sociale, est aussi « consultant » auprès d’Immobel, selon ses propres déclarations dans « Le Soir » du 16 avril 2007. Les rapports annuels 2001 et 2002 du groupe Immobel le présentent comme administrateur (« director » dans la version anglaise) à l’immobilière Immomills – Louis De Waele Development (celle-là même qui a spéculé sur l’îlot « Midi Atrium » avec la bénédiction de Charles Picqué).
D’aucuns disent qu’à ce titre, Mr Halberthal a été impliqué dans certaines opérations immobilières d’envergure au quartier européen (sur le territoire d’Ixelles, pas d’Etterbeek) ainsi qu’au projet que le groupe suédois Eurobalken tenta de mener à bien sur l’îlot A du PPAS Fonsny 1. C’est aussi en tant que représentant de Louis De Waele Development qu’il est devenu administrateur de la SA Espace Midi, regroupant différents promoteurs ayant spéculé dans le quartier Midi au début des années ’90.
Curieux cumuls en tout cas, qui ne sont pas sans rappeler les pratiques de la Région et de Saint-Gilles dans le dossier du quartier Midi. Cumuls que ce mandataire PS proche de Charles Picqué se garde bien de détailler dans le curriculum vitae qu’il présente sur son site internet, où il précise tout de même être « avant tout un socialiste gestionnaire, un homme de réalisations concrètes. Les prophéties sur le déclin imminent du capitalisme, la rhétorique du grand soir, ce n’est pas vraiment son truc. Mais sa passion d’administrer occulte son côté idéaliste »… Aujourd’hui, Isi Halberthal fait partie des inculpés de l’affaire de l’ancien Hôpital Militaire d’Ixelles.

• Enfin, la liste se termine par un autre « gros poisson » de l’immobilier bruxellois. Il s’agit de Philippe Blaton, ancien patron de Bâtipont, désormais à la tête des sociétés Philippe Blaton et Amart, actives dans la construction et la rénovation. Bâtipont Immobilier, alias BPI, est la filiale de développement immobilier du groupe BPC, appartenant lui-même à CFE (Vinci). CFE est également l’un des actionnaires d’Espace Midi.
BPI est depuis 2005 copropriétaire de « l’îlot C » du PPAS Fonsny 1 (encore virtuellement pour certaines maisons appartenant toujours à des propriétaires particuliers, menacés d’expropriation depuis 15 ans), en consortium avec le groupe Atenor. Ils vont y construire 39.595 mètres carrés de bureaux et un hôtel de 142 chambres. Conformément à la volonté politique de la Région et de Saint-Gilles inscrite dans le PPAS Fonsny 1.

Entre l’Hôpital Militaire et le PPAS Fonsny 1, les liens apparents s’arrêtent là. Autre quartier, autres enjeux. Autre commune, autres moyens… Mais outre les liens personnels qui apparaissent à travers cette petite mise-en-perspective (et qui apparaîtraient sans doute plus encore si nous élargissions notre champ d’intérêt à d’autres projets immobiliers à Bruxelles), ces projets semblent animés, en toute complicité, par une même volonté d’élaborer des opérations de « win-win » privés-publics. Sur le dos de la collectivité.

Lire aussi:
L’article de « La Libre Belgique » sur les inculpations
L’article de « La Libre Belgique » sur Jean Thomas
L’article du « Soir » sur Isi Halberthal

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Jean Thomas: le profil type
du promoteur immobilier

- « La Libre Belgique », 13 avril 2007

L’administrateur délégué de la CIB construit et vend des immeubles, principalement pour l’Etat.

Jean Thomas est né dans l’immobilier. Fils d’un des actionnaires familiaux du groupe Louis De Waele, il entre dans la gestion active de celui-ci au milieu des années 70. Une période difficile pour le groupe. Il travaille pourtant avec succès au redressement de la situation et occupe dès 1979 le poste d’administrateur délégué dans les deux bras de l’entreprise. C’est que l’homme n’est pas sans ressources dans ce monde qu’il connaît bien, nanti qu’il est d’une licence en Sciences économiques (ULB).

Mais le coup d’éclat qui le fait réellement sortir de l’ombre, c’est en 1991 qu’il le réussit, en collaboration avec Philippe Bodson (ex-patron de Tractebel). Il s’agit de la fusion de Louis De Waele et de la Compagnie immobilière de Belgique, la CIB, plus connue sous le nom Immobel. Il est actuellement toujours administrateur délégué de cette société cotée en Bourse de Bruxelles, a réussi à accumuler les mandats au sein du groupe, et il figure dans un nombre impressionnant de conseils d’administration d’autres sociétés actives dans le secteur de la promotion immobilière. Il cumule aussi une flopée de mandats au sein d’organismes sans but lucratif, et il est notamment cofondateur du Cercle d’éthique. Pour le reste, c’est un promoteur « pur jus », réputé pour sa combativité dans ce secteur. Mais ce qui caractérise plus précisément son parcours professionnel, le personnage, c’est sa faculté à marier les intérêts de ses entreprises à ceux de l’Etat, des collectivités et des parastataux. Familier du pouvoir politique, il s’est même présenté sur la liste PS à Bruxelles-Ville aux dernières élections communales. Avec succès. On chuchote (bruyamment) que cette démarche politique lui a surtout permis de renforcer son pouvoir dans les marchés immobiliers à Bruxelles. Un exemple ? Le dossier chaud des terrains de l’Université libre de Bruxelles à Ixelles, qui dépendent de… Bruxelles-Ville. Si c’était le but, il a été atteint. Les spécialistes du secteur retiennent essentiellement de la réussite de Jean Thomas ses achats de biens de l’Etat, ses constructions suivies de vente ou de location à l’Etat ou aux parastataux, toujours en bonne entente avec les responsables politiques. Et à ce propos, des bruits circulent, jamais vérifiés jusqu’à présent. Il est actuellement présent dans la rénovation de la Cité administrative à Bruxelles, et on ne compte plus ses réalisations occupées par l’administration dans la capitale.

P. V.C.
© La Libre Belgique 2007

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Immobilier à Bruxelles: 7 inculpations

Roland Planchar

- La Libre Belgique, 13 avril 2007

Le ministre-Président Charles Picqué aura senti passer le vent du boulet… Mais Jean Thomas, Philippe Blaton, Merry Hermanus et Jacques Van Grimbergen, eux, sont bel et bien visés pour faux et détournement. Le dossier sera bientôt clos.

La gestation de l’affaire de l’ancien hôpital militaire d’Ixelles aura été longue, mais pas creuse. Le début de l’enquête sur ce dossier de fraude supposée aux subsides remonte aux années 90. A la suite des recherches d’un inspecteur des Finances, la Cour des Comptes avait averti le parquet de Bruxelles que le dossier de la réurbanisation des 6 hectares occupés par le vieil édifice, au bord de l’avenue de la Couronne et où devaient se bâtir 260 logements à prix libres, 422 à loyer modéré et 253 de type social, semblait vicié.

10 à 12,5 millions d’euros

En cause : l’association momentanée De Waele-Bâtipont, en tant que promoteur; la SDRB (Société de développement pour la Région de Bruxelles-Capitale, institution publique pararégionale chargée de l’expansion économique et de la rénovation urbaine), en tant que gestionnaire du projet; enfin, le cabinet de l’ancien (et actuel) ministre-Président de la Région Bruxelloise, Charles Picqué (PS). Les deux derniers auraient, pour faire simple, favorisé le premier en 1992 en sous-informant ses concurrents lors de l’attribution des travaux, en permettant le saucissonage de certains marchés, en faussant la loi d’attribution des subsides et enfin en lui octroyant sans raison licite une somme de 10 à 12,5 millions d’euros par la surévaluation du coût d’achat et de construction.

Or « La Libre » a appris vendredi que la cour d’appel de Bruxelles, saisie du dossier parce que la suspicion a aussi visé le ministre-Président lui-même, est prête à clôturer l’instruction.

Et que le conseiller Yves Van der Steen, agissant comme magistrat instructeur, a signifié à la fin du mois de mars sept inculpations, par courrier. Inculpations que l’avocat général Pierre Morlet nous a confirmées vendredi matin, précisant qu’elles visent des faits de faux et de détournement – mais pas de corruption, comme on l’avait envisagé après que les intéressés eurent été entendus voici quelques mois, M. Picqué compris.

Mais qui sont-ils ? Côté entrepreneurs : Jean Thomas (ancien patron de De Waele; actuellement à la tête de la « Compagnie immobilière de Belgique » ou CIB qui n’est pas directement concernée); Philippe Blaton (fils d’Ado Blaton; ancien patron de Bâtipont; désormais à la tête des sociétés « Philippe Blaton » et « Amart », actives dans la construction et la rénovation); Isi Halberthal (ancien administrateur de De Waele; actuellement consultant à la CIB; échevin PS de la Culture à Etterbeek).

Côté politique : deux membres de l’ancien cabinet de M. Picqué qui étaient intervenus personnellement dans le marché de l’hôpital militaire au début des années 90, soit Paul Vermeylen (en tant que son conseiller lors des faits supposés) et Jacques Van Grimbergen (ancien chef de cabinet adjoint). Ce dernier, réputé intègre et ancien chef de cabinet de plusieurs ministres bruxellois, est à la différence du second resté actif dans le domaine, puisqu’il est l’actuel directeur général de l’administration de l’Aménagement du territoire et du Logement de la Région bruxelloise.

Côté SDRB : Merry Hermanus (ancien président) et son épouse Mireille Franck (alors directrice générale, avant de devenir administratrice déléguée). M. Hermanus (par ailleurs condamné dans les affaires Inusop et Dassault) s’est déjà prononcé pour dire que « le cahier des charges avait été imposé à la SDRB par le gouvernement bruxellois ».

Retour en première instance

Que faut-il attendre de la procédure ? Sous réserve d’éventuelles demandes de devoirs complémentaires, « le dossier pourrait être communiqué au procureur général avant les vacances judiciaires », nous explique M. Morlet. Astuce : « S’il constate qu’aucune charge n’existe contre une personne exerçant ou ayant exercé une fonction ministérielle, l’affaire pourrait être envoyée au procureur du Roi pour un traitement dans les formes ordinaires, en première instance ».

Restera alors à attendre le règlement de la procédure pour ces sept personnes qui, à ce stade, sont présumées innocentes.

Reste aussi à relever que M. Picqué échappe donc, à la différence de ses collaborateurs, à la forte houle que ce dossier va générer si le ressac l’entraîne jusqu’en correctionnelle. Questionné en juillet 2006 sur le sujet, il disait pourtant lui-même assumer « pleinement la procédure de marché choisie » « répondre de ses collaborateurs » . Il y aurait donc un « hic » si cette procédure devait être jugée non conforme…

© La Libre Belgique 2007

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