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Quel avenir pour le quartier Midi?
- Télé Bruxelles, 11 février 2008
Entamée il y a près de 15 ans, la mutation du quartier Midi semble sans fin. Certes, la gare du Midi s’est dotée d’un terminal TGV, les bâtiments Côte d’Or ont disparu, de nouveaux hôtels ont vu le jour et les projets ne manquent pas pour l’avenir. Mais qu’en est-il des habitants promis à l’expulsion ?
Invités:
- Patrick Debouverie (MR), échevin du Développement du quartier Midi
- Isabelle Pauthier, directrice de l’Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU)
- Gwenaël Breës, porte-parole du Comité du quartier Midi
- Vincent Rongvaux, pour la S.A. Bruxelles Midi
Quand la SNCB fait de la spéculation
- « Politique » n°55, juin 2008
La mutation, durant les dernières décennies, des services publics en « entreprises publiques autonomes » a parfois de sérieux effets de bord. En imposant à la SNCB une politique agressive de valorisation de son patrimoine, l’Etat fédéral met à mal d’autres politiques publiques.
La SNCB est le plus gros propriétaire de réserves foncières en zones urbaines. De ces réserves foncières dépend notamment la politique de logement dont on sait l’urgence dans plusieurs villes du pays, et notamment en Région bruxelloise. Reste que l’utilisation de ces réserves foncières est tout sauf simple pour les organismes publics chargés de construire du logement. Son contrat de gestion impose en effet à la SNCB de vendre au plus offrant, imposant des prix sur lesquels ne savent pas toujours s’aligner les organismes publics. Mais au-delà des contraintes définies par le contrat de gestion, au-delà aussi d’une relative démission du pouvoir politique fédéral qui pourrait jouer son rôle d’actionnaire et rappeler la SNCB à plus de mesure, la SNCB elle-même fait manifestement des excès de zèle.
Arrivée du TGV à Bruxelles…
C’est dès la fin des années 1980 que se manifestent les premières prémisses de cette évolution larvée de l’objet social de la SNCB. En 1989, la décision d’implanter un terminal TGV à Bruxelles, annoncée par le ministre Herman De Croo (VLD) s’accompagna de l’obligation pour la SNCB, endettée, de rentabiliser les travaux par le développement de projets immobiliers aux abords de la gare du Midi. C’est aussi à cette période que la SNCB constitua la société Eurostation (filiale à 100%) : un bureau d’études destiné à réaliser des études architecturales et urbanistiques pour la conception et la réalisation des « terminaux ».
En publiant les esquisses d’un projet démesuré pour le terminal du Midi — en partie sur des terrains ne lui appartenant pas et en l’absence de toute concertation avec les pouvoirs locaux —, la SNCB a créé un appel d’air et a donné le coup d’envoi de la spéculation privée sur le quartier.
Une véritable bataille foncière s’ensuivit, opposant la SNCB et son bras immobilier d’une part, les promoteurs et la Région bruxelloise d’autre part, chacun ayant ses propres ambitions immobilières. La Région refusa d’octroyer les permis de bâtir à la SNCB, tandis que celle-ci riposta, soutenue par le Ministre Jean-Luc Dehaene, en menaçant de ne pas installer le terminal TGV au Midi. Eurostation finira même par exproprier plusieurs maisons du côté de la rue de France, ainsi que l’îlot de l’ancienne usine Côte d’Or,… pour des motifs « d’utilité publique », ça va de soi. La construction d’un gigantesque parking ainsi que d’importantes surfaces administratives venant s’ajouter à la suroffre de bureaux à Bruxelles, ces espaces furent finalement occupés par des ministères fédéraux. À cette occasion, on a pu assister à un épisode déplorable où la Région et la SNCB, qui ne se voyait pas comme « une oeuvre charitable »1, se sont renvoyés la responsabilité du relogement des habitants expulsés…
L’accalmie n’interviendra qu’en 1996. Aujourd’hui, Région bruxelloise et SNCB semblent avoir enterré la hache de guerre. En témoigne, un nouveau protocole de coopération récemment conclu entre les deux parties dans le cadre du Plan de développement international de Bruxelles. Ce document prévoit la restructuration complète de la gare du Midi et la construction de nouveaux bureaux à ses abords (Eurostation projette, en partenariat avec le promoteur Atenor, d’édifier une nouvelle tour du côté anderlechtois de la gare), donnant toute latitude d’action à la filiale de la SNCB pour réaliser le projet, en ce compris le réaménagement des espaces publics. Quand on sait qu’Eurostation véhicule une vision purement « ingénieurale » et fonctionnaliste de la ville, l’habiliter à agir comme développeur immobilier dans les quartiers jouxtant les gares est réellement problématique.
Mais la « paix des braves » est toute relative, d’autant qu’elle est sujette aux conflits politiques entre différents niveaux de pouvoir. « Le fédéral reprend d’une main ce qu’il donne de l’autre » explique un expert proche du dossier. L’Etat finance en effet la Région bruxelloise via les fonds Beliris (gérés par la Ministre Laurete Onkelinkx, PS), mais anéantit cette aide en faisant payer le prix fort pour les terrains SNCB. De sorte que des outils publics en viennent à jouer les uns contre les autres.
Ainsi en va-t-il du combat qui a lieu autour du site de Schaerbeek-Formation, la plus importante réserve foncière de Bruxelles, appartenant à la SNCB. Pour tenter d’acquérir ces terrains, la Région a créé en 2005 la Société d’acquisition foncière (SAF). En 2007, le gouvernement régional (PS-CDH-Ecolo) décidait — bien que Schaerbeek-Formation soit inscrite comme une « zone d’intérêt régional à développement différé » — qu’il convenait d’y construire un stade de football… avec l’argent de Beliris. Mais c’était sans compter sur l’intervention du Fonds des infrastructures ferroviaires (FIF), créé il y a quelques années pour sortir la SNCB du poids de sa dette historique. Présidé par une proche de Didier Reynders (MR), le FIF a récemment lancé son propre appel à candidatures en vue de désigner un ou plusieurs partenaires pour le développement de Schaerbeek-Formation. Pas opposé à l’idée d’un stade, le FIF souhaite aussi y voir ériger un centre commercial, des infrastructures événementielles et touristiques, un musée d’art contemporain, des bureaux et des logements…
… et à Liège
À Liège, Euro Liège TGV, la filiale de la SNCB, a exproprié à tout va, ainsi que l’y autorise l’invocation de « l’intérêt public », autour de la nouvelle gare des Guillemins conçue par la star internationale de l’architecture Santiago Calatrava. Motif de ces expropriations ? Les « nécessités du chantier ». Reste qu’une rue entière — la rue Bovy — a notamment été expropriée par Euro Liège TGV, rue dont les maisons restent à ce jour debout alors que les travaux de la gare touchent à leur fin. Les nécessités du chantier ont bon dos.
Dans le même temps, forte du poids dans le dossier que lui donnent ces expropriations, Euro Liège TGV a engagé un bras de fer avec les autorités communales en vue d’imposer un plan d’aménagement du quartier que la plupart des urbanistes considèrent comme antédiluvien2 : selon ce projet, dessiné lui aussi par Calatrava, il s’agirait rien moins que de raser tout le quartier situé entre la gare et le fleuve pour construire un plan d’eau monumental bordé de deux barres d’immeubles. Au-delà de son projet lui-même, de la négation du quartier existant qu’il représente, c’est la méthode qui interpelle : en cherchant à imposer ses vues dans le débat urbanistique, la société ferroviaire sort là encore clairement de son rôle — celui de transporter des voyageurs.
Quoi qu’il arrive, cependant, là comme ailleurs, la SNCB devrait sortir gagnante de l’opération. Selon toute vraisemblance, le prix de l’immobilier connaîtra en effet une sérieuse envolée et, désormais principale propriétaire des terrains situés aux alentours de la nouvelle gare, la SNCB sera la première à en profiter.
• Gwenaël Breës et François Schreuer
- « Premiers expropriés en gare du TGV », in Le Soir, 30 janvier 1992. [↩]
- Lire Philippe Bodeux, « Les urbanistes français stupéfiés », in Le Soir, mercredi 15 novembre 2006. [↩]
Un sénateur-député publie un rapport
sur le « fiasco » du quartier Midi
- 1er février 2008
Après un mémoire de 200 pages publié il y a quelques mois par Véronique Gailly et Alain Maron, deux conseillers communaux Ecolo de Saint-Gilles, c’est au tour du sénateur-député Alain Destexhe, le « franc tireur » du Mouvement Réformateur (MR, le même parti que celui de Patrick Debouverie, « échevin du développement du quartier Midi »), de rendre public un rapport réalisé sur le « fiasco urbanistique et politique » et la « gestion catastrophique » menés depuis plus de 17 ans par la Région bruxelloise et la Commune de Saint-Gilles au quartier Midi.
Lire:
- Le rapport (72 pages) et le communiqué de presse d’Alain Destexhe
- La revue de presse
- L’interpellation parlementaire d’Alain Destexhe à Charles Picqué le 31 janvier 2008
Un ratage magistral au Midi ?
- « Le Soir », 5 février 2008
L’échevin libéral Patrick Debouverie réagit fermement.
Saint-Gilles. La descente d’Alain Destexhe en terre saint-gilloise n’a pas été appréciée par la commune, qui lui reproche ses « oublis ».
Pas contente du tout, la commune de Saint-Gilles, après la visite d’Alain Destexhe (MR) dans le quartier du Midi, la semaine passée. Le sénateur et député bruxellois, fustigeant 17 années de non-décision, n’a pas été tendre avec les autorités publiques : selon lui, le quartier du Midi est un magistral raté urbanistique.
Faut-il voir là une attaque contre le gouvernement de Charles Picqué (jamais désigné nommément), par ailleurs bourgmestre empêché de Saint-Gilles ? L’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), qui supervise le réaménagement de la zone, voit en tout cas rouge… Et dire que le très libéral Alain Destexhe appartient à sa propre famille politique…
D’où la déclaration de guerre, de l’échevin : « Les propos tenus par le sénateur Alain Destexhe m’obligent à m’interroger sur sa connaissance des dossiers en cours dès lors qu’il évoque nombre de propositions qui font actuellement l’objet de projets concrets en chantier et en perspective. »
Quelques oublis
Le bouillant parlementaire n’a effectivement pas relevé certains faits que se charge de lui remettre en mémoire M. Debouverie : « Sont oubliés le chantier de bureaux sur l’îlot A (rues Fonsny et Merode), les logements dans l’îlot B, le début des travaux dans l’îlot C et les dernières expropriations en cours pour l’îlot D. » Et de rappeler aussi le lancement du contrat de quartier Fontainas, d’un autre pour le commerce et de la création de quatre nouveaux hôtels, sans compter l’aménagement de l’Atrium de la place Horta (architecte Pinto) en enquête publique. « Les travaux de la place Broodthaers débuteront dans quelques jours et l’esplanade de l’Europe fait l’objet d’un vaste plan concerté entre la Région et la commune. Un comité de pilotage réunissant Région, SNCB et commune travaille sur un plan de rénovation de la gare et de ses abords. » Bref, selon Patrick Debouverie, M. Destexhe a ignoré dans sa présentation 480 logements, 500 chambres d’hôtel et 92.000 m2 de bureaux et les nombreux investissements…
Voilà pour la controverse intra-MR. Ceci dit, le « one man show » d’Alain Destexhe n’est pas construit sur le vide, comme l’admet l’échevin. Les premiers plans d’expropriation datent d’une quinzaine d’années et rien ou presque ne s’était réalisé jusqu’en 2004. La conjoncture économique n’est pas l’unique coupable. Les erreurs du passé sont d’ailleurs identifiées, comme l’a noté Charles Picqué lors d’un récent débat sur le sujet au Parlement bruxellois : il s’agit du sous-financement public des procédures d’expropriation et de la faiblesse de la structure SA Bruxelles-Midi chargée de planifier le redéploiement du quartier.
Notons enfin un grand absent de ce débat : le Comité d’habitants Midi.
• FRANCOIS ROBERT
Tags : mr | bruxelles-midi | expropriation | sncb | contrat de quartier | gare du midi | charles picqué | alain destexhe | saint-gilles | patrick debouverie“Sauver ce qui peut l’être…”
- « La Dernière Heure », 1er février 2008
SAINT-GILLES • Alain Destexhe fustige le quartier du Midi. En un opus suggérant quelques pistes pour sortir de la bruxellisation.
La cible était facile. En 72 pages, le sénateur Alain Destexhe (MR-PRL) tire à boulets rouges sur “17 années de fiasco urbanistique et politique”, ce quartier du Midi, “sinistre, lugubre et sale”. La nouveauté ? Des propositions et une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut.
“Horta doit se retourner dans sa tombe !”, sourit doucement le député bruxellois en pointant du doigt le décor offert, place Horta, aux 350.000 voyageurs transitant par ce soi-disant
pôle urbain convivial et moderne. “L’harmonieux mélange entre logements, commerces et affaires“ a débouché sur “des chantiers, des terrains vagues, des maisons abandonnées et de rares immeubles à l’esthétique discutable”. Et le franc-tireur d’Auderghem de montrer cette galerie, commerçante que de nom, non loin du buste de Paul-Henri Spaak.
Rien de trop neuf dans ce constat. Erreurs, “retards kafkaïens”, trois PPAS, un opérateur (la SA Bruxelles-Midi) sous-financé, etc. : telles sont les causes qu’Alain Destexhe identifie.
Son ironique « Welcome in Brussels! », il l’agrémente d’une comparaison avec Lille : soit 400.000 m2 d’affaires et de commerces pour 7.000 emplois, 200.000 m2 de logements, un parc de 7 ha, etc. Un succès français né “d’un trio gagnant : le soutien politique constant de Pierre Mauroy, un seul gestionnaire et de la créativité, issue d’un concours international”.
La capitale européenne peut-elle corriger le tir ? Oui, à en croire les 1.500 exemplaires d’une brochure qui atterrira dans les boîtes de tous les acteurs. Comment ? “En utilisant tous les budgets (les 500 millions de Beliris pour 2004-2006 n’ont été utilisés
qu’à 28 %); en étant soutenu par les pouvoirs publics; en simplifiant les procédures; en mettant la priorité sur l’audace et la créativité.”
Ses suggestions ? Un marché couvert, la reconversion de l’esplanade de l’Europe, des coins verts, un éclairage valorisant ou un meilleur partage de l’espace public.
• Guy Bernard
Tags : lille | gare du midi | bruxelles-midi | logement | saint-gilles | alain destexhe | espace public | mr | ppas | prlDestexhe descend (sur) le Midi
- « Le Soir », 1er février 2008
Saint-Gilles / « Welcome in Brussels »
Septante-deux pages pour analyser « 17 années de fiasco urbanistique et politique ». Le franc-tireur du MR Alain Destexhe descend sur le quartier du Midi pour dénoncer la « gestion catastrophique » d’un ambitieux projet de rénovation urbaine, né en 1990 de l’arrivée du TGV à Bruxelles. « Cela fait plusieurs mois que je me promène dans le coin. C’est toujours dégueulasse ». L’agent 007 flingue d’entrée et sans silencieux.
Mais comment en est-on arrivé là ? Le sénateur et député bruxellois dénonce dans son rapport deux péchés originaux. Un, l’absence de projet fédérateur et le morcellement du quartier en trois blocs (deux gérés par la Région et un par la SNCB). Deux, la sous-capitalisation : « Avec 75 millions de francs belges au départ, l’opérateur Bruxelles-Midi n’a jamais eu les moyens de se rendre maître du foncier alors que l’ambition de Charles Picqué, ministre-président en 1990, était d’éviter les erreurs du quartier Nord ».
En repoussoir, Alain Destexhe présente en modèle le projet lillois, lancé à la même époque : « Le TGV est arrivé en 1990 et un quartier est sorti de terre en 96… » Parce que porté par la volonté politique permanente et constante de Pierre Mauroy ; parce que géré par un seul acteur, Euralille ; parce qu’ouvert à la créativité qu’insufflent les appels d’offres internationaux.
Au départ du constat affligeant qu’il dresse du dossier Midi, le chevalier blanc du MR se tourne vers l’avenir – il pense au PDI – et en appelle à « une réflexion collective pour arriver à mener à bien des chantiers ambitieux dans des délais raisonnables ». Il préconise aussi de miser sur la créativité des architectes et urbanistes via des concours contrôlés par des jurys réellement indépendants. Par son travail de synthèse, Alain Destexhe se replace aussi sur un échiquier bruxellois dont il était singulièrement absent. 2009 n’est pas loin.
• FRANCIS DUBOIS
Tags : charles picqué | bruxelles-midi | saint-gilles | mr | lille | rénovation urbaine | quartier nord | gare du midi | PDI | tgvLe lifting du quartier du Midi, sinistre et sale, est un échec
- RTL, 31 janvier 2008
Les environs de la gare du Midi sont loin de donner une image ‘glamour’ de notre pays. Le panorama qu’offre actuellement le quartier qui jouxte la gare aux 350.000 personnes, dont 100.000 visiteurs étrangers, en guise de porte d’entrée dans la capitale de l’Europe, est sinistre, lugubre et sale.
Tel est le constat que dresse ce jeudi le député régional et sénateur Alain Destexhe (MR). Dix-sept ans après le début du réaménagement des environs de la gare du Midi, la réalisation de ce projet est un échec.
Selon le libéral, il faut dès lors tirer les leçons de cet échec pour les futurs grands chantiers qui se profilent dans la capitale.
Les solutions de Destexhe
Comment ? Au-delà d’une série de recommandations pour y corriger ce qui peut encore l’être, Alain Destexhe a prôné une rupture avec le passé pour la gestion des futurs grands chantiers bruxellois.
Cela doit passer, selon lui, par une centralisation des responsabilités des grands chantiers emblématiques aujourd’hui aux mains de la Région, du fédéral et des communes.
Il faut aussi mobiliser suffisamment de moyens financiers suffisants, et organiser des concours d’architecture ouverts aux plus grands noms de ce monde, a-t-il dit.
Tags : gare du midi | architecture | alain destexhe | mr« Mettre fin à cette triste saga », dit Alain Destexhe
- « La Libre Belgique », 1er février 2008
Aménagement du territoire – quartier du Midi
Pour Alain Destexhe (MR), il faut tirer les leçons de l’échec du réaménagement de la gare.
Dix-sept ans après le début des travaux, le réaménagement des environs de la gare du Midi est un échec dont il faut tirer les leçons pour les futurs grands chantiers dans la capitale, a affirmé jeudi le député régional et sénateur Alain Destexhe (MR).
Le panorama qu’offre actuellement le quartier qui jouxte cette gare aux 350 000 visiteurs, dont 100 000 étrangers, qui entrent chaque semaine dans la capitale, est « sinistre, lugubre et sale », a-t-il fait observer, lors d’une visite sur place. Pourtant, l’objectif affiché par le ministre-Président bruxellois Charles Picqué (PS), à l’annonce de l’arrivée du train à grande vitesse, était de « redonner une âme au quartier, de créer un pôle urbain moderne et convivial ».
Pour Alain Destexhe, l’échec du projet est flagrant. Le visiteur qui arrive dans la première gare internationale du pays ne peut en retirer qu’une impression qui contraste avec l’image qu’il retire du pourtour d’une station comme celle de Lille Europe, en France. Cela s’explique, selon lui, par l’absence d’un projet unique, soutenu activement par tous les pouvoirs publics, par une multiplication de plans d’aménagement, en lieu et place d’un schéma de développement unique, et par un schéma financier inadapté aux objectifs fixés. Le député libéral a estimé qu’il importait à présent de mettre un terme à « cette triste saga », notamment en accélérant l’acquisition des derniers immeubles moyennant une indemnisation équitable des propriétaires et en recréant de la convivialité dans un quartier administratif sans âme. Cela devrait notamment passer par le réaménagement complet de l’esplanade de l’Europe, la première place publique que découvrent les touristes en sortant de la gare.
Au-delà d’une série d’autres recommandations pour y corriger ce qui peut encore l’être, Alain Destexhe a prôné une rupture avec le passé pour la gestion des futurs grands chantiers bruxellois. Cela doit passer, selon lui, par une centralisation, au gouvernement régional, des responsabilités de ces grands chantiers emblématiques de la capitale aujourd’hui aux mains à la fois de la Région, du fédéral et des communes. Il faut aussi mobiliser plus de moyens financiers, ceux qui existent via Beliris, et ceux que l’on pourrait trouver dans des partenariats public-privé. Le député MR a enfin prôné l’organisation plus systématique de concours d’architecture ouverts aux plus grands noms de ce monde, a-t-il dit. (Belga)
Tags : gare du midi | lille | alain destexhe | mr | charles picqué | architecturePaul-Henri Spaak se pose au Midi
- « Le Soir », 29 janvier 2008
Saint-Gilles. Inauguration d’une stèle dédiée au père fondateur de l’Union européenne sur la place Horta, face à la gare.
Manifestation sobre et digne, ce lundi, sur le coup de midi, à la place Horta, point de convergence de l’entrée internationale de la gare du Midi et de l’esplanade de l’Europe. Les autorités communales saint-gilloises y ont inauguré un buste dédié à Paul-Henri Spaak, père fondateur de l’Union européenne. Y assistaient notamment le ministre-président de la Région Charles Picqué (PS), le vice-président de la Commission européenne Sim Kallas, le vicomte Etienne Davignon, l’échevin en charge du quartier du Midi Patrick Debouverie (MR) et bien entendu Antoinette Spaak.
Pourquoi la place Horta ? Elle symbolise le renouveau d’un quartier qui connaît toujours des modifications radicales, dans le sillage de l’entrée en gare du Midi du TGV. La manifestation entendait souligner la volonté de Saint-Gilles de concilier les dimensions internationale et locale du quartier.
Cette double dimension se retrouve aussi chez Paul-Henri Spaak. Le père fondateur de l’Europe fut aussi conseiller communal et bourgmestre de la commune en 1953. Saint-Gilles n’a pas oublié cette ascendance, en lui dédiant deux de ses places. L’une à sa mère Marie Janson, première femme sénatrice belge, et à son grand-père Paul Janson. La stèle a été réalisée par la maçonnerie Espace Formation, à partir de l’œuvre du sculpteur Oscar Nemon.
• François Robert

C’est avec émotion qu’Antoinette Spaak a assisté à l’inauguration de la stèle dédiée à son père, place Horta, à Saint-Gilles. © HERWIG VERGULT/belga.
Tags : mr | tgv | patrick debouverie | charles picqué | saint-gilles | gare du midiSaint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi
- Dépêche Belga, 14 décembre 2007
Le conseil communal de Saint-Gilles a adopté un nouveau plan d’expropriations de 22 maisons. Moyennant la décision de la Région, il rendra possible la poursuite de la mise en oeuvre du réaménagement des abords de la gare du Midi, côté avenue Fonsny.
Jeudi soir, la majorité PS-MR a voté en faveur de ce plan contesté par plusieurs riverains et par des associations. Ces dernières ont été échaudées par les conditions dans lesquelles d’autres vagues d’expropriations ont été effectuées par le passé dans ce quartier en pleine mutation, à la suite de l’implantation du terminal TGV de la capitale.
Ecolo a voté contre. Le cdH s’est abstenu, son chef de groupe Vincent Hendrickx indiquant, vendredi, que l’on ne pouvait non plus se tourner indéfiniment vers le passé du quartier.
Cette cinquième vague d’expropriations a suscité pas mal d’interrogations, tel qu’en atteste le taux d’abstention des fonctionnaires représentant les différentes administrations publiques régionales et communale, sur l’avis de la commission de concertation réunie le 27 novembre dernier.
Le Comité du Quartier Midi, n’a pas manqué de rappeler vendredi que cela faisait plus de 20 ans que le quartier subissait des spéculations de toutes sortes, 9 ans que plusieurs propriétaires sont dans l’attente d’une expropriation, et qu’il ne sont plus autorisés ni à transformer leur habitation, ni à bénéficier de primes de rénovation.
Cela fait aussi quelques années que plusieurs habitations ont été rasées et remplacées par un terrain toujours vague.
Le 27 novembre dernier, habitants et associations ont revendiqué la rénovation d’un certain nombre d’habitations existantes, plutôt que leur démolition. Ils demandent aussi le relogement décent des locataires expulsés.
Histoire de ne pas assister à des expropriations abusives, ils auraient voulu que la commune conditionne son feu vert à un engagement de la Région à planifier les expropriations dans un délai maximum de 6 mois.
Le comité exige enfin toujours une « juste indemnisation » des propriétaires et des commerçants.
JDD/MVM
Tags : saint-gilles | relogement | avenue fonsny | spéculation | logement | mr | commission de concertation | expropriation | tgv | ecolo« Page précédente — Page suivante »


