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Un ratage magistral au Midi ?

– « Le Soir », 5 février 2008

L’échevin libéral Patrick Debouverie réagit fermement.

Saint-Gilles. La descente d’Alain Destexhe en terre saint-gilloise n’a pas été appréciée par la commune, qui lui reproche ses « oublis ».

Pas contente du tout, la commune de Saint-Gilles, après la visite d’Alain Destexhe (MR) dans le quartier du Midi, la semaine passée. Le sénateur et député bruxellois, fustigeant 17 années de non-décision, n’a pas été tendre avec les autorités publiques : selon lui, le quartier du Midi est un magistral raté urbanistique.

Faut-il voir là une attaque contre le gouvernement de Charles Picqué (jamais désigné nommément), par ailleurs bourgmestre empêché de Saint-Gilles ? L’échevin saint-gillois Patrick Debouverie (MR), qui supervise le réaménagement de la zone, voit en tout cas rouge… Et dire que le très libéral Alain Destexhe appartient à sa propre famille politique…

D’où la déclaration de guerre, de l’échevin : « Les propos tenus par le sénateur Alain Destexhe m’obligent à m’interroger sur sa connaissance des dossiers en cours dès lors qu’il évoque nombre de propositions qui font actuellement l’objet de projets concrets en chantier et en perspective. »

Quelques oublis

Le bouillant parlementaire n’a effectivement pas relevé certains faits que se charge de lui remettre en mémoire M. Debouverie : « Sont oubliés le chantier de bureaux sur l’îlot A (rues Fonsny et Merode), les logements dans l’îlot B, le début des travaux dans l’îlot C et les dernières expropriations en cours pour l’îlot D. » Et de rappeler aussi le lancement du contrat de quartier Fontainas, d’un autre pour le commerce et de la création de quatre nouveaux hôtels, sans compter l’aménagement de l’Atrium de la place Horta (architecte Pinto) en enquête publique. « Les travaux de la place Broodthaers débuteront dans quelques jours et l’esplanade de l’Europe fait l’objet d’un vaste plan concerté entre la Région et la commune. Un comité de pilotage réunissant Région, SNCB et commune travaille sur un plan de rénovation de la gare et de ses abords. » Bref, selon Patrick Debouverie, M. Destexhe a ignoré dans sa présentation 480 logements, 500 chambres d’hôtel et 92.000 m2 de bureaux et les nombreux investissements…

Voilà pour la controverse intra-MR. Ceci dit, le « one man show » d’Alain Destexhe n’est pas construit sur le vide, comme l’admet l’échevin. Les premiers plans d’expropriation datent d’une quinzaine d’années et rien ou presque ne s’était réalisé jusqu’en 2004. La conjoncture économique n’est pas l’unique coupable. Les erreurs du passé sont d’ailleurs identifiées, comme l’a noté Charles Picqué lors d’un récent débat sur le sujet au Parlement bruxellois : il s’agit du sous-financement public des procédures d’expropriation et de la faiblesse de la structure SA Bruxelles-Midi chargée de planifier le redéploiement du quartier.

Notons enfin un grand absent de ce débat : le Comité d’habitants Midi.

• FRANCOIS ROBERT


Paul-Henri Spaak se pose au Midi

– « Le Soir », 29 janvier 2008

Saint-Gilles. Inauguration d’une stèle dédiée au père fondateur de l’Union européenne sur la place Horta, face à la gare.

Manifestation sobre et digne, ce lundi, sur le coup de midi, à la place Horta, point de convergence de l’entrée internationale de la gare du Midi et de l’esplanade de l’Europe. Les autorités communales saint-gilloises y ont inauguré un buste dédié à Paul-Henri Spaak, père fondateur de l’Union européenne. Y assistaient notamment le ministre-président de la Région Charles Picqué (PS), le vice-président de la Commission européenne Sim Kallas, le vicomte Etienne Davignon, l’échevin en charge du quartier du Midi Patrick Debouverie (MR) et bien entendu Antoinette Spaak.

Pourquoi la place Horta ? Elle symbolise le renouveau d’un quartier qui connaît toujours des modifications radicales, dans le sillage de l’entrée en gare du Midi du TGV. La manifestation entendait souligner la volonté de Saint-Gilles de concilier les dimensions internationale et locale du quartier.

Cette double dimension se retrouve aussi chez Paul-Henri Spaak. Le père fondateur de l’Europe fut aussi conseiller communal et bourgmestre de la commune en 1953. Saint-Gilles n’a pas oublié cette ascendance, en lui dédiant deux de ses places. L’une à sa mère Marie Janson, première femme sénatrice belge, et à son grand-père Paul Janson. La stèle a été réalisée par la maçonnerie Espace Formation, à partir de l’œuvre du sculpteur Oscar Nemon.

• François Robert

C’est avec émotion qu’Antoinette Spaak a assisté à l’inauguration de la stèle dédiée à son père, place Horta, à Saint-Gilles. © HERWIG VERGULT/belga.


La fin des démons du Midi ?

– « La Dernière heure », 17 décembre 2007

Accord sur les 22 ultimes expropriations du bas de Saint-Gilles. Dixit les habitants, après une concertation « rarissime ».

SAINT-GILLES • L’expropriation des 22 dernières demeures (de l’îlot A et D) du quartier du Midi a été définitivement adoptée par le conseil communal saint-gillois, jeudi passé. « On arrive au bout des opérations ! », analyse Patrick Debouverie, l’échevin libéral du Développement économique. « Il restera encore les permis à délivrer. » Il est grand temps que touche à sa fin la redynamisation du bas de Saint-Gilles, promise par la région il y a quinze ans de cela.

On se souviendra des très vives critiques, formulées par le comité de quartier, à l’encontre de plans d’expropriation jamais appliqués ou de propositions de rachat, scandaleusement basses, des biens appelés à être rasés, en vue de logements.

Consécutivement à la commission de concertation (présidée par Patrick Debouverie) du 27 novembre, le même comité de quartier a, à nouveau, lâché tout son fiel. « Tous les fonctionnaires se sont abstenus sur cette cinquième salve d’expropriations visant les habitants », prouvant par cela même « qu’à part les parties prenantes (commune, région et SA Bruxelles-Midi), plus personne ne cautionne ce plan. » Ses revendications ? Elles sont au nombre de cinq : rénover sans détruire, reloger tous les locataires, proposer un planning concret d’expropriation de maximum six mois, respecter la loi et mettre fin aux incertitudes pesant sur les habitants.

« Il est normal que Saint-Gilles et la région s’abstiennent en concertation », rectifie le mandataire. « Par contre, le conseil communal devait motiver sa délibération. » Pour ce qu’il en est des délais, la secrétaire d’État au Logement, Françoise Dupuis (PS), a chargé l’opérateur (la Srib, NDLR) de préparer le dossier de demande de permis. Le plan logement, lui, doit encore être publié. « On a toutes les garanties demandées, puisque les fonds du plan logement régional sont là aussi », a ajouté Patrick Debouverie. Lequel rappelle que, sur 470 logements au Midi, « on dépassera les 130 logements sociaux ».

Guy Bernard


Le quartier du Midi en pleine confusion

– « Le Soir », 14 décembre 2007

Saint-Gilles. Les ultimes expropriations avalisées au cours d’une commission de concertation… surréaliste.

La commission de concertation relative à l’expropriation de 22 maisons dans le quartier du Midi a donné lieu à un vote étonnant : tous les votants se sont abstenus, y compris les représentants de Saint-Gilles et de la Région… demanderesses des expropriations ! La politique de la Région est désavouée par ses propres fonctionnaires ! » Ce commentaire émane du Comité du Quartier Midi qui tire à boulets rouges sur la politique régionale dans le quartier. Ce vote rarissime (qui n’a cependant qu’une valeur d’avis) n’a pas empêché le conseil communal de Saint-Gilles d’adopter hier soir les 22 expropriations réclamées par la Région.

Dans le sillage du TGV, la Région a décidé voici quinze ans de redynamiser le quartier du Midi par un ambitieux plan de développement. Pour encadrer l’opération et éviter les dérives spéculatives, elle créa une structure, Bruxelles-Midi, qui a procédé massivement aux expropriations (plus de 170). La mauvaise conjoncture retarda hélas les projets immobiliers et les expropriations se déroulèrent dans des conditions déplorables, avec des prix dérisoires et des délais anormalement longs.

Quinze ans plus tard, le quartier est meurtri. Le comité du Midi exige que les dernières expropriations se fassent correctement : à savoir l’arrêt des démolitions, le relogement automatique des locataires, l’engagement par la commune d’une procédure limitée à six mois et des indemnités justes pour les propriétaires.

Vote sanction ou désaveu ?

C’est dans ce contexte que la Région a lancé les dernières expropriations. Elles ont fait l’objet d’une concertation (c’est la procédure) puis d’une adoption par le conseil communal. La concertation a accouché d’un vote bizarre. Les délégués de la SDRB, de l’IBGE et des Monuments et sites se sont abstenus (c’est fréquent). La commune a fait de même. Rien d’anormal : lorsqu’elle est impliquée dans le projet, il est de tradition qu’elle s’abstienne. Plus incompréhensible par contre a été l’attitude de la Région. Erreur de vote ? Toujours est-il que ce résultat a quelque chose de surréaliste : voilà un projet soutenu par la Région et Saint-Gilles… qui ne recueille pas une seule voix favorable ! S’il ne s’agit pas d’un vote sanction (il n’y a pas eu de votes négatifs), c’est néanmoins un terrible désaveu.

Quid des dernières expropriations ? Celles (il y en avait quatre sur l’îlot C) décidées en juin dernier se sont déroulées en six mois, laps de temps correct. L’échevin compétent Patrick Debouverie (MR) est persuadé que la fin du tunnel est proche. Ces 22 expropriations concernent deux projets de logement. L’un de la SDRB (construction de 90 logements moyens) et l’autre de la SRIB (30 appartements sociaux). Tout sera fait pour mener en front la procédure d’expropriation et la délivrance des permis. « Personne n’a envie de faire traîner les choses, ajoute l’échevin. Il est temps que ce triste chapitre soit refermé. »

François Robert


Le Midi entre chaos et espoirs

ANNE-CECILE HUWART – LE SOIR – 12/3/2003

Les rues sont toujours sinistres mais les chantiers du Midi progressent. On annonce de nouvelles démolitions. Le bout du tunnel en 2008 ?

L’hôtel Ibis, Test-Achat, Swiss Life… petit à petit, les abords du terminal TGV reprennent vie

Nous n’avons pas voulu commettre les mêmes erreurs qu’à la gare du Nord, explique Jacques Van Grimbergen, président de la SA Bruxelles-Midi. Nous avons préféré la douceur. Avec un accompagnement pour les expulsés. Mais, bien sûr, cela prend du temps…

La SA Bruxelles-Midi est une société mixte créée en 1992 dans le but de réhabiliter le quartier du Midi, victime de la spéculation depuis des décennies. Son rôle est d’exproprier, de reloger et de trouver des investisseurs pour les îlots bordant la gare.

Mais voilà déjà plus de dix ans que les navetteurs, les hommes d’affaires, les touristes et surtout les riverains attendent la fin du calvaire aux abords du terminal TGV.

Car si le « train à grande vitesse » est entré en gare dans les temps, celui des rénovations des quartiers voisins tient plutôt de l’omnibus. Surtout dans les quatre blocs compris entre la rue de Merode et l’avenue Fonsny où les chancres se succèdent interminablement.

Mais si les choses ne se perçoivent pas sur le terrain (lire ci-dessous), en coulisse, pourtant, elles bougent. Fin 2001, l’hôtel Ibis a intégré un bâtiment le long de l’avenue Fonsny. Le taux d’occupation y est d’environ 70 %. Test Achat, Swiss Life ont fait leur apparition dans l’îlot B, entre les rues de Suède et de Hollande. Tout comme le Foyer saint-gillois dont les quarante appartements sont déjà remplis.

Le problème de ce quartier est qu’il compte énormément d’intervenants, explique Patrick Debouverie, échevin des classes moyennes à Saint-Gilles : le fédéral, la SNCB, Bruxelles-Midi, les partenaires privés… Tout ce monde ralentit les projets et contribue à donner cette impression de chaos. Mais les chantiers sont en bonne voie. Les abords immédiats de la gare sont terminés et le marché du Midi a gagné 12 % d’ambulants en 2002.

A terme, près de 140.000 m2 de bureaux et 25.000 m2 de logements seront installés au Midi. Des milliers d’habitants (davantage qu’il y a quinze ans, selon Van Grimbergen) et d’employés fréquenteront quotidiennement les commerces et les restaurants du coin.

En janvier 2002, un guichet d’économie locale a fait son apparition pour venir en aide aux petits indépendants. Un centre d’entreprise communal devrait voir le jour prochainement. Son but sera de catalyser et de soutenir le développement économique dans le bas de Saint-Gilles.

En 1997, Hervé Hasquin, alors ministre de l’Urbanisme à la Région bruxelloise, avançait : Il y a deux ans, le quartier Nord était encore un coupe-gorge. Aujourd’hui, les investisseurs s’y précipitent. Je prédis la même chose au Midi…

Aujourd’hui, Jacques Van Grimbergen promet le bout du tunnel pour 2008.·


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