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Zone Midi : Quatorze policiers inculpés

- « La Dernière Heure », 19 février 2010

Arrestations arbitraires, traitement dégrandants, usage non légitime de la force, vols avec violences, faux P-V, racisme…

Selon nos infos, confirmées par le 1er substitut Colpin, quatorze policiers fédéraux des chemins de fer, au terme d’une instruction menée par la juge bruxelloise Geneviève Tassin, sont inculpés et renvoyés, avec charges suffisantes, devant le tribunal correctionnel, pour y être jugés pour des faits répétés, pendant deux ans, d’exactions, “humiliations, violences et racisme”, ayant fait au total “au moins 15 victimes”, sur le site de la gare du Midi.

La police fédérale des chemins de fer est le service d’enquête en charge de la tragédie de Hal. En conséquence, les 14 inculpés – autant de femmes policiers que d’hommes – sont écartés, et leur procès, promet hier encore le parquet, s’ouvrira “avant l’été”.

C’est, de mémoire d’observateur, le dossier le plus lourd depuis les années 1980 à Bruxelles d’inconduite collective et de maltraitance policière.

Au départ, l’enquête de l’Inspection générale portait sur six policiers fédéraux ayant fait une demi-douzaine de victimes, pour la plupart des précarisés, des sans-abri, des séjours illégaux ou des suspects de vols à la tire dont ils volaient à leur tour le butin, ce qui justifie que deux sont poursuivis en outre pour vols avec violences.

Dans la liste, avoir rasé les cheveux d’une Tsigane de 12 ans et jeté ses tresses dans la cuvette d’un W-C, pour l’humilier.

Selon le parquet, toujours, les 14 policiers seront poursuivis pour “faux” (nombreux faux P-V pour couvrir leurs exactions et empêcher les victimes de porter plainte) et “usage”; “coups et blessures volontaires”; “traitements inhumains et dégradants”, à chaque fois avec la circonstance aggravante comme policier d’être investi de l’autorité, ainsi que : “usage de la force sans motif légitime”; “arrestation arbitraire”; “comportements de haine et mépris liés à la race, à la couleur de peau, etc.”; enfin “non-assistance à personne en danger”.

Les 14 policiers fédéraux inculpés sont : Audrey M., Christine L., Delphine L., Sylvie G., Anne F., Christelle T., Marie-Christine G. ainsi que leurs collègues Philippe M., Fabrice G., Frédéric D., Ludo C., Bjorn V., Michel G. et Benoît W qui, tous, étaient en poste au Midi.

Au départ, le scandale en visait qui furent tous suspendus par mesure d’ordre et mutés dans d’autres services (notamment à la police de la route). Nous ignorons si les huit qui s’ajoutent font l’objet des mêmes mesures.

L’affaire n’affecte en rien la nouvelle et performante police fédérale de la gare Midi, mais elle confirme qu’il était temps d’intervenir. À mettre d’ailleurs à l’actif de quelques collègues qui osèrent dénoncer ces faits qu’ignorait la direction, qui est restée la même.

Parmi d’autres sévices retenus : le passage à tabac collectif d’un Algérien dans les garages de la rue Couverte qu’occupait la police fédérale des chemins de fer; des interpellations non motivées de précarisés conduits au commissariat pour permettre aux femmes policiers de leur botter des coups dans les testicules; un SDF offert en cadeau d’anniversaire par un des policiers, Frédéric D., à sa maîtresse l’inspectrice Christine G., laquelle eut ainsi le plaisir de fouetter le cadeau humain avec du câble puis, ce dernier menotté dans le dos et jeté à terre, de sauter encore à pieds joints sur sa colonne vertébrale.

Gilbert Dupont

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Décrochez-moi ça!

Le 26 septembre 2007 vers 22 heures, quatre motards et deux véhicules de la police ont bloqué la circulation dans la rue de Russie, entre la rue de Mérode et l’avenue Fonsny, pour y faire pénétrer un camion-grue de 30 tonnes avec un bras de 50 mètres. Les voisins, qui n’avaient jamais vu pareil engin à l’action, se sont attroupés sur le trottoir, intrigués par les raisons de sa présence nocturne.

Selon « Le blog de Softeac », qui a immortalisé l’événement et en propose même une courte vidéo en ligne, ce camion a servi « à enlever un panneau d’information de 4 mètres sur 6 mètres fixé à 12 mètres de haut! » (voir photos plus bas). Ce panneau, qui trônait depuis une dizaine de jours au milieu d’un des chancres provoqués par l’opération communale-régionale de « revitalisation » du quartier Midi, indiquait simplement « Bienvenue à Saint-Gilles ».

Comme de nombreux navetteurs et touristes, le blog « Humeur allochtone » a heureusement immortalisé cette banderole avant l’expédition nocturne qui l’a ôtée au regard des passants. Dans le quartier, on en rigole. On a connu les autorités communales moins promptes à agir quand il est question de la sécurité des habitants, de clôturer les terrains vagues, fermer les maisons vides, reboucher les trous dans les trottoirs, rétablir l’éclairage public dans une rue (la rue de Norvège est restée trois mois sans éclairage), ou encore de faire retirer des panneaux de publicité illégaux… Mais manifestement, le Ministre-Président Charles Picqué est sensible à l’image que donne Bruxelles aux voyageurs sortant de la gare. Lui qui déclarait récemment au « Soir » (le 3 août 2007, à propos de la sculpture de bois que l’artiste Arne Quinze a érigé sur le chancre de l’ex-terrain Heron City, avenue de la Toison d’Or) que « lorsque l’on est confronté à la difficulté de mener à bien un projet, quelque chose d’éphémère peut faire oublier la notion du temps et promouvoir l’image de la Région », il s’est montré plus rapide à faire décrocher une oeuvre détournant le logo de la Région (10 jours) qu’à « rénover » le quartier du Midi (17 ans, et encore, c’est pas fini!)…






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L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint-Gilles mise en vente sur ebay par Les Diables Roses au profit des sinistrés du Quartier Midi

- « Diables Roses« , octobre 2007

Le mercredi 26 septembre vers 22h00 d’audacieux cambrioleurs équipés D’UNE GRUE AU BRAS TELESCOPIQUE DE 50 METRES, ont dérobé une oeuvre d’ Emmanuel Tête installée à l’initiative du groupe des Diables Roses au Quartier Midi. Cette œuvre était visible depuis le 19 septembre sur une façade borgne d’un immeuble particulier de la rue de Russie, dans l’îlot D du PPAS Fonsny 1. Cette installation était évidemment «temporaire» comme l’est l’opération immobilière de Démolition/Reconstruction qui dure depuis 15 ans.

Nous ne connaissons toujours pas les auteurs ni les mobiles de cet acte à l’évidence soigneusement prémédité, accompli nuitamment et au nez et à la barbe des forces de police pourtant présentes sur les lieux à l’heure du crime.

Cette oeuvre d’art devait être mise en vente publique dans un but humanitaire, afin d’alimenter un fonds d’aide aux victimes des projets d’internationalisation du Quartier Midi (PPAS Fonsny 1). Les Diables Roses ont décidé de maintenir cette vente, qui se déroulera sur le site www.ebay.be et lancent un appel pressant aux autorités communales, régionales et communautaires afin que les trafiquants d’art soient mis hors d’état de nuire et que l’œuvre volée soit restituée dans les meilleurs délais.

Télécharger le dossier de presse en pdf

Lire aussi: « Décrochez-moi ça!« 

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Opération spéciale gare du Midi

- « La Dernière Heure », 13 juillet 2007

La zone de police veut écarter les SDF du quartier à travers une action menée sur quatre semaines. Une première du genre.

Quatre semaines pour faire diminuer sensiblement le sentiment d’insécurité dans le quartier de la gare du Midi. C’est l’objectif que s’est fixé la zone Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) en collaboration notamment avec les autorités communales, l’Office national de l’emploi, la police fédérale, le parquet de Bruxelles et le service fédéral des Lois sociales. L’opération débutée la semaine dernière se divise en quatre phases. Après celle de la présence policière accrue, on est actuellement à celle des contrôles. « Toutes les personnes retrouvées en état d’ivresse aux alentours de la gare sont automatiquement emmenées au commissariat. La semaine prochaine, la phase d’intervention débutera. Plusieurs contrôles importants seront effectués notamment dans les établissements entourant la gare », précise la porte-parole de la zone Midi, Fanny Wellens. Des actions de propreté sont également au programme. Objectif : donner à la gare du Midi un autre visage que celui dont elle a trop longtemps souffert.

N. Ben.

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Le quartier Midi se retrouve à quai

- « Le Soir », 25 juin 2005

Saint-Gilles • Création d’un comité de quartier qui déplore les méthodes utilisées pour chasser les habitants.
Embarquement immédiat ! Les derniers habitants du quartier Midi doivent partir. Un comité nouvellement créé veut empêcher l’inévitable.

FABRICE VOOGT

Il reste quelques fontaines et autres petits aménagements à apporter, mais on peut quand même dire que la gare et ses environs vont enfin être rendus aux habitants et cela mérite bien une grande fête. Ainsi s’exprimait-on voici un peu plus d’un an, du côté du cabinet de la ministre Laurette Onkelinx, lors de la fête célébrant la fin des travaux de l’espace public autour de la gare du Midi.

En conviant pour la première fois la presse, hier jeudi, dans l’un des immeubles de la rue de Mérode toujours en travaux, le nouveau comité de quartier Midi n’avait aucune fête à annoncer. La dernière en date, celle « des voisins » a d’ailleurs été détournée en « faites des voisins, pas du bureau ». Il s’agissait de rappeler que ce quartier est encore vivant, peuplé de locataires, de propriétaires et de commerçants qui subissent depuis trop longtemps les conséquences d’un plan d’expropriation mis en application dans la lenteur, l’opacité et le mépris des habitants, explique le comité Midi.

Leur combat n’en est pas vraiment un. Il ne s’agit pas, comme l’explique l’un de ses représentants, d’une lutte des gentils habitants contre les méchants spéculateurs, comme un village gaulois qui résisterait encore et toujours à l’envahisseur. L’objectif était de dresser un bilan des projets immobiliers menés dans leur quartier, ainsi que de leurs conséquences sociales et urbanistiques.

Pour le comité de quartier, les projets envisagés au début des années nonante par la Région de Bruxelles-Capitale sont basés sur des hypothèses non confirmées. Et de pointer l’inachèvement des projets imaginés sur les quatre premiers îlots (voir infographie) censés être le moteur de la « revitalisation » du bas de la commune de Saint-Gilles. Lancé en 1996, le plan d’expropriation arrive à son terme en juillet 2006, tandis qu’il reste de nombreux propriétaires particuliers, locataires et commerçants dans les îlots « A », « C » et « D ». Soutenus notamment par José Garcia, le président du Syndicat des locataires, les habitants revendiquent qu’un accompagnement social digne de ce nom soit octroyé à tous les habitants concernés par le plan d’expropriation. Comme le gouvernement régional vient d’abroger le Plan particulier d’affectation du sol Fonsny 2, on pourrait, comme le souhaite le comité de quartier, sortir du PPAS Fonsny 1.

Dans quel autre quartier de Bruxelles oserait-on faire vivre des habitants entre des maisons qu’on vide, qu’on mure et qu’on laisse se délabrer, au milieu de terrains vagues et de chantiers, dans des rues aux trottoirs non entretenus et délaissées par les services d’hygiène ? s’indigne le comité.

Ces expropriations ne sont pas une surprise, explique-t-on du côté du cabinet Picqué, qui rappelle les mesures d’accompagnement sociales prises au bénéfice des habitants.

Exact : ceux qui ne répondent pas aux conditions Adil (aides locatives pour quitter un logement insalubre vers un logement salubre) bénéficient d’une aide à l’aménagement de 350 euros et d’une aide au déménagement de 350 euros, plus une aide garantie locative de 3 mois de loyer (prêtée pendant 3 ans).

On ne va pas loin avec ça ? Si, mais les habitants du quartier Midi le savent, hors de Bruxelles.

La rue de Norvège n’existe plus

Inutile de chercher la rue de Norvège sur un plan, elle n’existe pas. Ou plutôt, elle n’existe plus. Ses habitants, pourtant, sont bien réels, mais ils ne sont plus là pour longtemps. En attendant que tombe l’avis d’expropriation, Nabila et sa famille tentent de mener une vie normale, même si elle a bien changé depuis 1976, quand la famille Arahou s’est installée dans le quartier, à une époque où la porte était toujours ouverte.

Une image d’Epinal à ranger dans un album avec l’arrivée du TGV, la spéculation immobilière qui l’accompagne et le plan régional censé « revitaliser » le quartier. Il se désagrège très vite, en dépit de la volonté affichée par les pouvoirs publics de ne pas reproduire les erreurs commises dans le quartier Nord : la Région crée « Bruxelles-Midi », une société mixte au sein de laquelle elle est majoritaire et qui sera notamment chargée, dès 1995, de lutter contre la spéculation. Et d’effectuer l’accompagnement social et l’aide au logement de ses habitants.

Assise sur le rebord de sa fenêtre, dont les châssis sont recouverts de papier collant pour faire obstacle à une poussière insidieuse qui oblige sa mère à nettoyer le hall d’entrée tous les jours, Nabila se souvient de cette période comme d’un tournant. Le bruit, les destructions des maisons d’en face, la crasse et la violence ont progressivement gangrené les alentours de sa maison. Les maisons vidées ont très vite attiré les squatteurs. La police ne venait même plus. On nous a aussi privés d’éclairage dans le quartier.

Un jour, Nabila appelle sa mère pour lui montrer à travers la fenêtre ce qu’elle croit être des lapins. Ce ne sont pas des lapins, mais des rats. J’en ai longtemps fait des cauchemars.

Depuis quinze jours, malgré la chaleur, sa fenêtre de rue reste close. Mais les sons émanant de la cour, où l’on entend s’ébattre les enfants de la crèche voisine, ne couvrent pas ceux des travaux. Ça commence vers six heures. Ils travaillent parfois aussi le week-end pour rattraper le retard.

La famille Arahou va bientôt devoir s’en aller. Sans doute plus pour Bruxelles. Que vont-ils nous proposer ? Ce n’est pas les murs, fissurés à cause des travaux, qu’il faut évaluer, mais la situation géographique avantageuse de notre habitation.

F. V.

Vous avez l’image, Nabila Arahou et les habitants du quartier Midi ont aussi le bruit. Photo M.C. (st.)

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Rififi au quartier du Midi

- “AlterEchos”, 1er juin 2007

Le quartier de la gare du Midi est en pleine mutation. La gare, qui accueillera des liaisons directes vers Francfort, Cologne et Amsterdam dès 2009, est devenue une véritable porte d’entrée dans la capitale de l’Europe avec toute l’internationalisation qui s’ensuit. De nouveaux enjeux pas toujours évidents à concilier avec la vie des habitants au sein de ce quartier…

Dans un communiqué, les habitants des derniers îlots non expropriés du versant saint-gillois de la gare du Midi font part de leur mécontentement. Insécurité, incendies, chantiers, dépôts d’immondices, coupures de l’éclairage public… le comité d’habitants (1) estime que les autorités expropriantes emploient le temps comme une arme destinée à «les faire craquer et accepter une offre de rachat à bon compte». Pour Patrick Debouverie (2), échevin MR en charge de la coordination des projets de développement dans le quartier, il s’agit là d’accusations injustifiées. «La commune investit beaucoup dans le quartier et nous sommes attentifs à son développement», explique-t-il, en nous détaillant le plan de ce territoire qui trône dans son bureau. «Nous avons un centre d’entreprises. Une maison de l’emploi va ouvrir…». Quant à l’insécurité, l’échevin assure que la police patrouille régulièrement dans le quartier, même s’il ne nie pas que les problèmes existent notamment au niveau des immeubles vides qui devraient être murés : «Nous nous battons pour que ce soit fait au plus vite mais il faut respecter certaines procédures. Par exemple, nous ne pouvons pas murer un immeuble avant que certaines inspections aient été réalisées notamment au niveau de la détection de l’amiante…»

De réelles lenteurs

Le plan d’expropriation qui couvrait depuis dix ans l’ensemble de la zone, à savoir quatre îlots dits A, B, C et D, qui comprennent des habitations et des commerces, est arrivé à échéance en octobre 2006. Divers bâtiments sont pourtant toujours debout et abritent des propriétaires qui se demandent s’ils pourront rester dans leurs habitations. La réponse de la commune est claire : «Des projets existent à ces endroits et nous avons des investisseurs. Les choses vont donc aller très vite.» Avant de mettre en oeuvre un plan d’expropriation, la commune préfère poursuivre des négociations à l’amiable via le comité d’acquisition qui a repris le dossier. Ce comité géré par le service du ministère des Finances a reçu des moyens supplémentaires alloués par la Région afin de négocier pour les propriétaires de meilleurs prix que les offres insatisfaisantes et clairement sous-évaluées faites par le passé par la société anonyme Bruxelles-Midi. Pour les membres du comité de riverains, le comité d’acquisition n’a toutefois rien changé puisque, selon eux, il n’emploie pas de pratiques plus cordiales et plus justes. Le comité s’indigne aussi du fait que «quand les propriétaires sont contactés pour un éventuel rachat de leur maison, le représentant du Comité d’acquisition se présente en compagnie d’une employée de Bruxelles-Midi quand ce n’est pas uniquement des représentants de Bruxelles-Midi qui se présentent pour faire des offres de rachat.» «Le représentant de Bruxelles-Midi est un expert, répond Patrick Debouverie. Il accompagne mais le montant reste fixé de manière indépendante par le comité. Il ne s’agit absolument pas d’intimider les gens.»

Autre son de cloche dans le chef du juge de paix du canton de Saint-Gilles, dans son jugement du 7 mars dernier relatif à une expropriation dans le quartier. Le juge, statuant contradictoirement et en dernière instance, a fustigé la gestion des autorités publiques dans ce dossier. Selon notre confrère Mehmet Koksal dans un article publié dans La Tribune de Bruxelles de ce 31 mai 2007, le juge de paix confirme que le faux plan d’expropriation de 1992 constitue «une lourde faute équipollente à la mauvaise foi du pouvoir public», que «l’intermédiaire créé par le pouvoir public, étant le véhicule Bruxelles Midi, créa de surcroît par sa seule existence un brouillard et une équivoque de nature à installer le trouble dans l’esprit des citoyens concernés» et que le système mis en oeuvre est un «modèle d’administration mal conçue et malfaisante». C’est pourquoi, le juge précise que «la faute grave continue de l’expropriante causa […] un dommage moral et matériel certain». En plus d’éponger la faillite d’une société privée, la Région devra donc se préparer à payer de conséquents dommages et intérêts aux derniers propriétaires expropriés de la Gare du Midi, écrit le journaliste. Si toutefois elle finit, enfin, par mettre ses menaces à exécution…
En attendant, la Région est à présent chargée de voter un nouveau plan d’expropriation limité à quatre immeubles.

Un problème de communication ?

Pour l’échevin MR, un des problèmes majeurs dans ce dossier réside dans sa complexité et donc dans la difficulté de donner une information claire et précise aux habitants. Un état de fait contre lequel il entend se battre puisqu’une communication est en cours de rédaction. Pour la rentrée de septembre, les habitants du quartier du Midi seront informés des évolutions que va connaître le lieu. «Nous avons maintenant de nombreux éléments en main pour montrer ce qui va se passer. Des panneaux didactiques seront installés dans le quartier, un numéro de téléphone d’information sera mis en place…» À travers ces explications, la commune entend décrire aux habitants sa vision de leur futur quartier. «On y retrouvera une grande mixité sociale et un bon équilibre entre le côté international et le côté local. Il y aura des commerces et des services pour les résidents. Nous ne voulons pas d’une zone morte en soirée et durant le weekend mais d’une symbiose entre quartiers anciens et contemporains».

Entre délocalisation et création d’emplois

Reste la question de l’emploi réellement créé dans le quartier. Les nouveaux bureaux résultent en effet souvent d’un déménagement d’un coin à l’autre de Bruxelles. Patrick Debouverie ne le nie pas mais assure que tous les nouveaux bureaux sont à présent occupés. Même s’il reconnaît certaines lenteurs, dues notamment aux nombreux intervenants et aux procédures parfois très lourdes, il promet qu’à présent, les choses vont aller vite et avance le délai de fin 2007, début 2008. «Il est un peu prématuré de donner des chiffres mais rien que pour les hôtels on aura environ 600 emplois. De nouveaux investisseurs arrivent et des commerces seront créés suite à l’arrivée des bureaux mais aussi des habitants. Le problème c’est qu’on se focalise toujours sur quatre îlots alors que c’est plus vaste. On a eu 230 logements supprimés dont certains étaient de véritables taudis mais on oublie qu’on en a créé 500 nouveaux sur l’ensemble du secteur. Un contrat de quartier a été mis en place et nous sommes attentifs à un aménagement lié au bien-être des habitants.»

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Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles

Au Collège des Bourgmestre et Echevins
Commune de Saint-Gilles
Place Van Meenen 39
1060 Bruxelles

Bruxelles, le 29 mai 2007

Monsieur le Bourgmestre empêché,
Madame la Bourgmestre faisant fonction,
Monsieur l’Echevin du développement du quartier du Midi,

Depuis une quinzaine d’années, les autorités communales et régionales mènent dans 4 îlots du quartier Midi un projet de rénovation urbaine, visant notamment l’implantation d’immeubles d’hôtels et de bureaux. Depuis 1992, ce projet implique la démolition de toutes les maisons et l’expropriation « en extrême urgence » (ce qui signifie théoriquement l’expropriation judiciaire en 10 jours à peine) de tous les propriétaires, habitants et commerçants de ces îlots.

Ce projet a tellement traîné que le second plan d’expropriation pris par les autorités, en 1996, a expiré il y a quelques mois. Sans que tous les propriétaires n’aient encore été expropriés, et sans que les habitants ne sachent quand ils verraient la détérioration de leur quartier s’arrêter et leur propre situation de précarité enfin s’achever.

Mais si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est pour attirer votre attention sur le fait qu’au fil de ces longues années, le quartier (et donc le cadre de vie des habitants) s’est fortement dégradé. Depuis quelques mois, la situation d’insécurité s’est très sensiblement aggravée:

- Des maisons sont laissées vides, abandonnées, pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Trois incendies (dont l’un fut criminel et coûta la vie à deux personnes) sont survenus dans les îlots en l’espace d’à peine quelques semaines.

- Les îlots C (Fonsny-Hollande-Mérode-Angleterre) et D (Fonsny-Angleterre-Mérode-Russie) sont éventrés, ouverts à tous vents. Résultat: des intrus pénètrent dans les maisons – y compris celles qui sont habitées -, des tentatives de cambriolage ont lieu en pleine nuit. Aujourd’hui, les palissades qui étaient censées sécuriser les abords de ces terrains vagues ont disparu avec les dernières démolitions de maisons.

- Dans l’îlot A (Claes-Mérode-Suède-Norvège), les trois dernières familles habitant la rue de Norvège, déjà exposées depuis de longs mois aux nuisances de l’énorme chantier qui se poursuit à quelques mètres de leurs maisons, sont à présent plongées dans le noir à la tombée de la nuit, privées d’éclairage public…

- Sans oublier les dépôts d’immondices qui s’accumulent aux abords des terrains vagues, les bris de vitres, etc.

En mars, la Commune de Saint-Gilles a voté un nouveau plan d’expropriation pour les 4 dernières maisons de l’îlot C: le snack « L’entracte », l’épicerie « Shopwell » et deux maisons d’habitation. Mais, alors que ce plan censé entraîner « l’extrême urgence » n’est pas encore entré en vigueur, voilà déjà que de nouvelles démolitions sont prévues à proximité immédiate des maisons habitées. Pourquoi démolir les maisons mitoyennes à celles qui sont censées être bientôt expropriées en « extrême urgence »? Aucun permis de bâtir n’est encore octroyé pour cet îlot. Ces démolitions ne vont servir qu’à une chose: rendre la vie des habitants encore plus pénible et insécurisante.

C’est pourquoi nous nous adressons aujourd’hui à la Commune de Saint-Gilles. Nous savons que la commune n’a pas tous les pouvoirs dans ce dossier, mais nous n’ignorons pas qu’elle a aussi des compétences d’urbanisme, de police, de propreté et qu’elle s’est même dotée récemment d’un échevinat dédié au quartier Midi… C’est elle qui a initié le « PPAS Fonsny n°1″ dont les effets sont à l’oeuvre aujourd’hui, qui a élaboré les différents plans d’expropriation et qui interdit aux propriétaires du quartier de rénover leur maison. C’est encore la commune qui octroie aux promoteurs des permis de démolir (même en l’absence de projets de construction) et qui permet à des sociétés commerciales de placer des panneaux publicitaires et des palissades censés « sécuriser » les terrains vagues. C’est elle, enfin, qui exempte ces mêmes promoteurs de payer la taxe sur les immeubles vides et les terrains à l’abandon. La Commune de Saint-Gilles a incontestablement une importante responsabilité dans ce dossier, dans l’état dans lequel se trouve le quartier et dans tout incident qui pourrait survenir aux habitants à cause de cette situation.

Tant que les autorités compétentes, ou leurs mandataires privés, n’auront pas trouvé de solution juste pour les derniers habitants, propriétaires et commerçants du quartier, la commune devra prendre en considération qu’il reste de la vie dans les îlots en question. Que ces habitants ne sont pas la cause du problème, qu’au contraire ils subissent. Que leur présence dans le quartier est parfaitement légitime et qu’à ce titre ils ont droit à la tranquilité et à la sécurité. Nous demandons donc à la Commune de Saint-Gilles de prendre immédiatement les mesures qui s’imposent pour garantir ces droits élémentaires.

Cette lettre peut être signée au magasin Shopwell, 51 rue de Mérode à 1060 Saint-Gilles.

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Brasier mortel au Midi

- « Le Soir », 18 avril 2007

Saint-Gilles • L’immeuble était voué à la démolition
Deux squatteurs périssent dans les flammes. Le comité de quartier estime que ce drame était prévisible.

ROBERT,FRANCOIS; DELEPIERRE,FREDERIC

Des flammes qui jaillissent d’un immeuble abandonné à deux pas de l’une des gares les plus fréquentées du pays. De l’autre côté du trottoir, un hôtel d’une chaîne internationale. Ce mardi matin, le quartier de la gare du Midi a connu un moment de franche ébullition, qui a finalement coûté la vie à deux squatteurs.

Il était 8 h 10 ce mardi quand les pompiers de Bruxelles ont reçu un appel leur signalant un incendie dans une habitation située rue d’Angleterre, près du coin formé par l’avenue Fonsny à Saint-Gilles. Désaffectée depuis de longs mois, la maison de quatre étages était connue pour être visitée par des squatteurs.

« Le rez-de-chaussée était muré mais, comme pour chaque intervention, nous avons reconnu tous les étages même si nous savions que l’électricité et le gaz étaient coupés, commente Francis Boileau. Et, à notre arrivée, les flammes partaient du rez-de-chaussée et atteignaient le troisième étage. C’est là que nous avons découvert les deux victimes. »

Ces deux squatteurs, un Russe et un Polonais, sont décédés par asphyxie avant d’être calcinés. À bonne source, sans vouloir divulguer l’identité des deux victimes, on confirme que le ressortissant russe était sorti de prison voici un mois.

S’il a provoqué pas mal d’embarras de circulation, l’incendie n’a toutefois pas nécessité l’évacuation de l’hôtel voisin ; le vent soufflant dans le sens opposé. Quant à la cause du sinistre, la police de la zone Midi penche pour la thèse criminelle. « Un seul foyer a été découvert, dit un porte-parole. Au rez-de-chaussée et près de la cage d’escalier. »

Si l’incendie a une origine criminelle, le comité de quartier parle, lui, de drame annoncé. Il dénonce depuis deux ans la situation d’insécurité qui règne dans le quartier pour les habitants, « obligés de vivre entre maisons vides et terrains vagues en attendant les expropriations promises depuis plus de dix ans ». Le comité affirme que la maison était laissée ouverte à tous vents, ce qui est en contradiction avec les dires de la commune et du propriétaire, la société Bruxelles-Midi.

La bourgmestre ff a fait accélérer la procédure de démolition (une question de jours). « Mais, constate Martine Wille (PS), on peut prendre toutes les précautions que l’on veut, si un squatteur veut rentrer dans une maison vide, il y arrivera toujours ».

Recrudescence des squats dans le quartier

ROBERT,FRANCOIS

Le quartier du Midi est en pleine mutation. Y voisinent immeubles neufs et taudis innommables. La rénovation des quatre îlots longeant la rue Fonsny est intégrée dans un plan d’aménagement, dont l’opérateur est la société mixte Bruxelles-Midi. Elle acquiert les taudis qui sont alors démolis afin de faire sortir de terre de nouveaux immeubles (logements, bureaux et commerces).

Jusqu’à l’an passé, le plan d’expropriation a pris un énorme retard, mais il se résorbe. Il n’y a plus que quelques maisons dans le quartier à exproprier. L’immeuble qui a flambé fait partie d’un de ces lots. Ses anciens propriétaires y tenaient une épicerie. Expropriés en juillet 2006, ils ont pu demeurer dans les murs jusqu’à ce qu’ils trouvent un logement à Anderlecht. L’immeuble a été vidé le 19 mars. Bruxelles-Midi a pris les mesures nécessaires en vue de la démolition. Les accès ont été fermés par des planches, mais il a fallu permettre un accès aux experts chargés de préparer la démolition (il y a des risques pour les maisons avoisinantes). Cette démolition était prévue pour les jours à venir, précise-t-on à la commune.

Selon la police et les stewards qui sillonnent le quartier, on constate une recrudescence du nombre de sans-abri et squatteurs dans le quartier, venant de la gare du Midi. Un phénomène difficile à maîtriser, d’autant qu’il y a parmi eux des professionnels du squat bien outillés qui viennent à bout des meilleures serrures. En cas de squat avéré, les occupants sont délogés par la police.

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Incendie mortel à Saint-Gilles

- « Le Soir en ligne », mardi 17 avril 2007 (d’après Belga)

Un incendie s’est déclaré vers 8h10 dans une habitation située à l’angle de la rue d’Angleterre et de l’avenue Fonsny à Saint-Gilles. Deux personnes sont décédées et l’incendie a provoqué d’importants problèmes de circulation dans le quartier de la gare du Midi.

L’immeuble a été ravagé par les flammes qui étaient visibles tant à l’avant qu’à l’arrière du bâtiment. Les flammes sortaient des fenêtres du premier et deuxième étages.

Les deux victimes, qui n’ont pas été identifiées, ont été trouvées carbonisées au troisième étage. Elles sont probablement décédées d’asphyxie selon les pompiers.

D’après les premiers éléments de l’enquête, l’incendie se serait déclaré au rez-de-chaussée de l’habitation. L’origine exacte n’est pas connue. La cage d’escalier de la maison a été complètement détruite.

Un expert du parquet de Bruxelles ainsi qu’un médecin légiste sont attendus sur place.

Les deux corps ne sont pas identifiables à première vue. Ils se trouvaient toujours dans l’habitation en fin de matinée et devraient être retirés au moyen d’un élévateur. Les deux victimes sont probablement des personnes sans domicile fixe qui squattaient les lieux.

Les anciens occupants de l’habitation avaient été contraints de quitter les lieux il y a une quinzaine de jours en raison de l’expropriation du bien. Celui-ci devait être démoli le mois prochain.

Le raccordement au gaz et à l’électricité avait été coupé à la suite de l’expropriation des occupants. Les baies de porte et de fenêtre du rez-de-chaussée avaient, elles, été murées. Les victimes ne sont pas les anciens occupants des lieux, selon la police.

L’habitation voisine, qui abrite au rez-de-chaussée un café, a été épargnée par les flammes.

Les pompiers et la police étaient toujours sur place vers midi. Deux autopompes et trois camions échelles ont été envoyés sur les lieux. Un périmètre de sécurité limité a été installé par la police.

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Gare aux bureaux au quartier du Midi!

FRANÇOIS ROBERT – « Le Soir » – vendredi 15.07.2005

Une fanfare alternative sur le parvis. La réurbanisation du quartier traîne. Les habitants perdent patience et réclament un accompagnement social.

Faites des voisins, pas des bureaux. Le slogan frappe fort. On l’a entendu prononcer hier par l’ASBL City Mine(d), férue d’urbanisme, qui a pris fait et cause pour les habitants menacés d’expulsion dans le quartier de la gare du Midi, à Saint-Gilles. Ainsi, ce jeudi en soirée, elle avait invité une fanfare alternative, baptisée « La Fanfare infernale », à faire la fête sur le parvis de Saint-Gilles. Histoire de maintenir la pression sur les autorités…

Bruxelles a déjà connu quelques fiévreuses batailles politico-urbanistiques dans le passé récent. Le quartier du Midi sera-t-il le prochain ? Les habitants, bien organisés en comité de quartier, et relayés par des associations toujours plus nombreuses, semblent décidés à se battre.

Le quartier du Midi est amené à devenir un pôle administratif. Le Pras, le plan régional d’affectation du sol, dit explicitement que les zones autour des gares sont dévolues aux bureaux. Un choix logique, qui traduit la politique de mobilité du gouvernement (favoriser les déplacements par les transports en commun).

Naquit ainsi, voici 13 ans, un plan ambitieux pour le quartier et maîtrisant la destination foncière des terrains, afin d’éviter la spéculation immobilière. La Région créa l’outil « Bruxelles Midi », chargé de piloter des projets mixtes (public-privé). Le plan fut complété par une série de mesures sociales (expropriations et relogements). Sur le papier, c’était parfait. Mais Bruxelles-Midi, sous-financé, n’a pas tenu ses promesses. Les projets ont pris du retard. Le marché immobilier est déprimé et les investisseurs boudent pour l’instant la zone Midi au profit du quartier Nord. En bordure de la rue Fonsny, s’est créée une sorte de no man’s land, à l’insécurité grandissante.

Cette situation, certes transitoire, est de plus en plus mal vécue par les habitants. Ils estiment en outre le volet social de l’opération Midi insuffisant.

À la commune de Saint-Gilles, on suit avec inquiétude la détérioration du climat social dans le quartier. Des mesures de police ont été récemment prises et des terrains vagues ont été nettoyés. Mais la vraie réponse à cette crise latente est foncière, déclare Martine Wille, bourgmestre faisant fonction. Nous avons des assurances de la part de la Région. Elle veut réussir la réurbanisation du quartier du Midi et ne plus traîner. Par ailleurs, il est clair que la fonction logement devra être pleinement prise en compte dans le développement du quartier.

Cela dit, il ne faudrait pas trop noircir le tableau : de l’autre côté de la gare (rue de France), les aménagements vont bon train, si l’on ose dire. L’aménagement de la place Horta (financé par Beliris) et la venue de nombreux établissements horeca augurent bien du devenir du quartier.

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