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On est toujours sans « Nouvel »

– « Le Soir », 9 mars 2010

Urbanisme. Les projets de la SNCB pour la gare du Midi de plus en plus critiqués.

Est-ce la catastrophe de Buizingen ? Ou les problèmes de financement ou de faisabilité à régler, côté de la SNCB ? Les silences qui entourent la nouvelle gare du Midi (la plus grande gare du pays) alimentent un débat qui a cruellement manqué, ces derniers mois. La divulgation officielle du projet est sans cesse retardée. Questions techniques ou malaise plus profond ?

En février, le site d’Euro Immostar a publié une image de son projet de reconstruction de la gare du Midi. Filiale d’Eurostation (elle-même filiale de la SNCB), Euro Immostar a fait appel à l’architecte français Jean Nouvel pour concevoir un « geste architectural » d’envergure. Cette dalle en « V » placée au-dessus des voies ferrées suscite plus de questions que de réponses. Y a-t-il d’autres projets qui font l’objet d’une concertation entre la SNCB et les pouvoirs publics, au sein d’un comité de pilotage présidé par Charles Picqué et dans lequel siègent notamment la Région bruxelloise et les communes d’Anderlecht et de Saint-Gilles ? Silence radio.

« Ce n’est pas l’ambition architecturale qui pose problème. C’est la méthode. » Ces propos émanent du Collectif Disturb, association qui réfléchit sur le devenir architectural de Bruxelles. Une gare est un lieu public et l’association estime que sa gestion privée (on impose un architecte, fût-il de renom) n’est pas la bonne réponse. « Il ne suffit pas d’avoir un bon architecte pour faire un bon projet. Il faut aussi une très bonne maîtrise d’ouvrage de la part du pouvoir public. Il fallait une procédure exemplaire pour ce projet. » A noter que du côté des architectes bruxellois, le choix de Jean Nouvel pose aussi problème. Philippe Verdussen (Archi 2000) déplore l’absence de concours.

Autre point de friction : Olivier Bastin, le « bouwmeester » (maître architecte), a été désigné en novembre dernier par la Région. La gare du Midi doit-elle échapper à sa sphère de gestion ? Le mois passé, au séminaire de Hemptinne, Olivier Bastin a exprimé son malaise : « La SNCB a offert une carte blanche à Jean Nouvel. C’est incohérent. » Ajoutons que le quartier du Midi doit s’intégrer dans le plan de développement international (PDI) de Bruxelles. Le « V » de Jean Nouvel répond-il aux demandes de la Région ?

• François Robert


Détours au Midi

Le quartier du Midi, 1989 – 2009 :
20 ans de « revitalisation urbaine »

L’exposition Détours au Midi, réalisée par le Comité du quartier Midi et présentée du 15 janvier au 15 mars 2009 à Bruxelles, est désormais consultable et téléchargeable gratuitement sur ce site (en français et en néerlandais) :

Panneaux thématiques
Ligne du temps 1989-2009
Cartes

>> Les panneaux sont également disponibles pour toute demande d’exposition. N’hésitez pas à nous contacter!

En 2009, cela faisait tout juste 20 ans que la Région de Bruxelles-Capitale fut créée. 20 ans que la SNCB donnait le coup de lancement de l’installation d’un terminal TGV en gare du Midi. 20 ans que la compagnie des chemins de fer, les promoteurs privés et les pouvoirs publics se disputaient le développement immobilier de ce quartier, promis à un avenir « international »…

Pour célébrer cet anniversaire, le Comité du quartier Midi réalisa une exposition, qui fut présentée pendant deux mois au centre culturel De Pianofabriek à Saint-Gilles. Elle repose sur une ligne du temps de l’histoire du quartier Midi et des principaux événements qui ont mené à son démantèlement social et urbanistique.

Le point de vue développé est celui des habitants, victimes d’une lutte pour la maîtrise du foncier, d’un jeu de Monopoly où les pouvoirs publics, non contents d’être impréparés et désargentés, fondèrent leur projet sur un phantasme (l’arrivée des investisseurs internationaux qui tardent encore à arriver), le lancèrent dans un contexte économique maussade, pour finir par se transformer eux-mêmes en développeurs immobiliers.

A l’aide de photos, de textes et d’autres documents, l’exposition met en parallèle les décisions politiques, les plans urbanistiques, les acquisitions et expropriations, la dégradation du quartier, l’incertitude et la précarité de plus en plus pesantes pour les habitants.

Le sujet intéressera d’un point de vue historique. Comment un pouvoir public, censé incarner les espoirs d’une ville faite pour ses habitants, a-t-il pu mener un aussi mauvais coup sans jamais changer son fusil d’épaule, ni tirer les leçons de ce ratage?

Mais la situation exposée ici renvoie également vers des situations actuelles. Celles d’habitants du Midi, dont le sort n’est toujours pas réglé 20 ans après le début de l’opération. Celles d’autres zones de Bruxelles, également promises (en autres via le « Plan de dévelopemment international ») à un « développement international ».

Revue de presse

– RTBF, 16 janvier 2009:
Quartier du Midi : 20 ans de grosse galère pour les habitants [ Ecouter ]

7sur7.be et Infomonde.be, 20 janvier 2009:
L’expo « Détours au Midi » exprime 20 ans de gâchis

– « La Tribune de Bruxelles », 27 janvier 2009:
Détours au Midi

– « La Dernière Heure », 10 février 2009:
Détours à la cité perdue

– Radio 1, 15 januari 2009:
20 jaar geknoei in de Brusselse Zuidwijk [ Luister ]

– FM Brussel, 15 januari 2009:
Zuidwijk [ Luister ]

– TV Brussel, 22 januari 2009:
Tentoonstelling over Zuidwijk [ Kijken ]

– De Standaard, 2 februari 2009:
« In de Zuidwijk is een waar spelletje Monopoly gespeeld »


Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi

« Télé Moustique », 18 novembre 2009

L’arrivée du TGV à la gare du Midi a profondément changé l’apparence de ce quartier bruxellois. Son âme aussi. Bien sûr, personne ne regrettera la disparition d’un café comme « Le Zottegem », devenu plaque tournante de la traite des Blanches.

Et la vision d’immeubles flambant neufs est sans doute plus rassurante que celle d’îlots d’habitations délabrés. Mais, du côté saint-gillois de la gare, cette activité immobilière cache mal des blessures béantes. Devoir d’enquête revient, ce soir, sur ce « fiasco urbanistique ».

Comment nommer autrement ce plan d’expropriation, de 176 habitations réparties sur quatre îlots, annoncé dès 1992, adopté en 1996 et seulement appliqué depuis cinq ans, faute de moyens? Un délai durant lequel les propriétaires, souvent habitants et parfois commerçants, ne savaient pas si cela valait la peine d’encore s’occuper du bien qu’ils allaient, tôt ou tard, devoir abandonner. Derrière cet historique de la situation, il y a des drames individuels, comme celui de la famille Demirtas. Autrefois propriétaire de l’établissement le Samovar qui marchait, elle est aujourd’hui ruinée pour avoir suivi les conseils du « camarade Picqué ».

Il y a aussi toutes ces personnes à qui on n’a proposé qu’une bouchée de pain comme indemnité d’expropriation et qui n’ont pas supporté longtemps les pressions les poussant à accepter. Ceux qui sont restés malgré tout n’ont pas été beaucoup mieux lotis: ils ont vécu pendant une dizaine d’années au milieu d’un immense chantier. Avec, en plus, la crainte des immenses engins de destruction qui ne font pas dans le détail.

Il y a quelque temps, une vidéo, tournant sur Internet, montrait une grosse pelle mécanique en train de détruire une habitation, emportant au passage le mur d’une maison encore habitée.

Elle sert d’image finale à cette enquête qui laisse, effectivement, une vilaine impression de « fiasco », autant humain qu’urbanistique. La justice doit encore se prononcer dans les prochaines années. La Région bruxelloise estime que le juge de paix de Saint-Gilles a été trop généreux quand, dans certains cas, il a revu et augmenté les indemnités d’expropriation.

Elle a donc demandé une révision de ces jugements au tribunal de Bruxelles. Si les juges lui donnent raison, des remboursements seront demandés. On n’a pas fini de parler de ce chantier.

• Pascal De Gendt

25 novembre: 20h20 LA UNE Devoir d’enquête: Les emmurés du Midi


Les derniers défis de la gare du Midi

« Immo-Soir », 23 juillet 2009

Le quartier du Midi à Bruxelles a longtemps cherché sa place dans la ville. La principale gare du pays n’a pas fini de changer, pour être plus ouverte et plus transparente.

S’installer à une petite table de Midi Station, le restaurant « branché » d’Antoine Pinto, est un magnifique poste d’observation pour tester l’animation qui règne aux alentours de la gare du Midi, à Bruxelles. Le beau temps étant de la partie, de petites échoppes de fruits et fromages s’installent, de passants déambulent calmement. Il est vrai que l’on est en période de vacances, du moins pour certains.

La mutation de la gare du Midi et de ses quartiers avoisinants, entamée en 1992, semble avoir franchi une nouvelle étape. L’étude urbanistique d’Euro Immo Star, qui devrait être bientôt approuvée, sera prochainement dévoilée. Son objectif : faire de la gare, le véritable cœur du quartier. Plus qu’un simple centre de transit, elle entend réaliser un équilibre entre son caractère international et son quartier local.

Approche à petite échelle

« Les villes se distinguent de plus en plus par leur gare, explique Herwig Persoons, administrateur délégué d’Euro Immo Star. C’est une tendance forte. Une gare doit être intégrée dans son tissu urbain. Elle ne peut plus être conçue comme un bâtiment isolé. Nous allons ouvrir la gare du Midi en créant deux nouveaux couloirs transversaux qui permettront le passage de part en part, d’aérer le bâtiment de manière optimale. Bref, de créer une gare ouverte, transparente, lisible ».

Au départ, l’approche à petite échelle avait été privilégiée. « Nous nous sommes inspirés d’exemples étrangers et avons reconsidéré notre philosophie, poursuit Herwig Persoons. Nous avons construit un premier bloc pour accueillir l’Eurostar, puis un second comprenant des activités horeca et des parkings. Une place animée a été créée à l’endroit où se trouvaient les anciennes usines Côte d’Or ».

Quartiers en devenir

Restent des endroits plus délicats à gérer tels ceux situés du côté de la rue Fonsny. La SNCB a revendu à Eurostation certains terrains autour de la gare et plusieurs de ses bâtiments administratifs. Un nouvel immeuble pourrait être construit au-dessus des voies, ce qui permettrait de libérer des surfaces. « En faisant appel à à l’architecte français Jean Nouvel, nous avons voulu lancer une nouvelle étape pour vraiment dynamiser le quartier du Midi, explique Herwig Persoons. Nous entendons privilégier une approche de très haut niveau, impliquant une intervention créative, monumentale dans le bon sens du mot, pour vraiment attirer l’attention sur la gare et son environnement ».

Le célèbre architecte se concentrera, non pas sur la gare mais sur les immeubles et les espaces qui l’entourent. Quelle intervention proposera-t-il ? Difficile à dire mais connaissant sa créativité, on peut s’attendre à ce qu’il privilégie un geste architectural fort, un signal déterminant, un véritable « landmark ». Actuellement, c’est le silence radio. La présentation du projet est attendue pour mi-septembre.

Ce que l’on sait déjà, c’est qu’il n’aura pas entièrement carte blanche, il devra intégrer son projet dans l’environnement existant. « Bruxelles est Bruxelles et le Midi, c’est le Midi. Jean Nouvel travaillera avec nos équipes et se référera au plan d’urbanisme établi par l’architecte paysagiste Guido Stegen sous la guidance d’un groupe de pilotage et la présidence du ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué », note Herwig Persoons.

Restera aussi à intégrer l’autre côté de la gare et notamment l’ancien bâtiment de la Poste. Sera-t-il maintenu, intégré, reconstruit ?

Privilégier la mixité

L’idée est à terme de réaliser un centre urbain mixte équilibrant les différentes fonctions de la ville : logements, commerces, loisirs… « Du logement (entre 50.000 et 100.000 m2) plutôt de haut niveau, par exemple des “services flats” pouvant accueillir des fonctionnaires européens, un manière de réaliser un équilibre par rapport aux logements existants actuellement à Saint-Gilles et dans le quartier de Cureghem. Mais moins d’immeubles de bureaux. Il y a en déjà beaucoup. Le danger de privilégier des fonctions administratives est d’être confrontés à des quartiers vides, le soir. Nous préférons un quartier actif jour et nuit », ajoute l’administrateur délégué d’Euro Immo Star.

L’aspect commercial occupera lui aussi une place décisive. La « Galerie » greffée à la gare, qui accueille 46 commerces vient de fêtes ses cinq ans. Au fil du temps, elle a évolué vers un mélange plus équilibré. Les vendeurs de hot dogs ont laissé la place à des enseignes moyen de gamme.

Quid du financement ? SNCB Holding se chargera des investissements liés à la gare ; Infrabel, des viaducs, quais, escalators ; Eurostation et Euro Immo Star, des bâtiments et espaces avoisinants, une activité qui devrait être « selfsupporting ».

La mobilité, un véritable enjeu

Quelque 100.000 voyageurs prennent chaque jour le train. Environ 50.000 personnes traversent la gare. La mobilité est une question importante. « L’accessibilité est actuellement catastrophique, constate Herwig. Persoons. Nous avons trois gares de bus : celle de la Stib, de De Lijn et des Tec. Nous allons essayer de les rassembler dans une grande gare plus lisible et plus dynamique. Les autobus occupent des surfaces importantes. Or, dans cette zone, les emplacements sont trop onéreux pour qu’on les gaspille. Nous allons revoir l’approche urbanistique ».

Le temps est compté

Relier des communes comme Saint-Gilles et Anderlecht n’est pas toujours évident. Les sensibilités sont souvent fort différentes. Les habitants entendent eux aussi avoir leur mot à dire. Plus de vingt ans d’expropriations, de travaux,… cela use comme le rappelle le livre de Gwenaël Breës1.

Le défi est donc de réussir ces projets ambitieux rapidement. « Si l’on tarde trop, on risque de faire souffrir davantage la ville. Il faut aller vite ! », conclut Herwig Persoons.

• Brigitte De Wolf-Cambier

Télécharger l’article d’Immo-Soir en PDF.

  1. Bruxelles-Midi : L’urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle, Gwenaël Breës, 2009, Editions Aden. []

Omwegen in de Zuidwijk

De Brusselse Zuidwijk van 1989 tot 2009 :
20 jaar « heropwaardering »

Tentoonstelling van 15 januari tot 15 maart 2009 in de Pianofabriek, Fortstraat 35, 1060 Brussel. Van maandag tot vrijdag, 9u tot 22u. Zaterdag, 13u tot 20u. Gratis inkom.

Het zal dit jaar in 2009, net 20 jaar geleden zijn dat het Brussels Hoofdstedelijk Gewest geboren werd. Het startschot voor de aanleg van de HogeSnelheidsTrein terminal in het Zuidstation valt hier mooi mee samen. De NMBS, private bouwpromotoren en de gemeentelijke overheid van St Gillis betwisten sedert 20 jaar wie de ontwikkeling van de vastgoedsector in de aanpalende wijk in handen krijgt. Haar « internationale » toekomst staat al 20 jaar op de agenda.

De tentoonstelling, gemaakt door het Zuidwijk comité vertrekt van een tijdslijn die de geschiedenis van de wijk herneemt. Het is het verhaal van een gemeente die het verschil tussen haar arm en rijk gedeelte nooit heeft weten oplossen. We gaan in op de belangrijkste gebeurtenissen die geleid hebben tot de stedelijke en sociale kaalslag van de Zuidwijk. Doorheen het spelletje Monopoly dat hier gespeeld werd, veranderde de publieke overheid zichzelf en eerder onvoorbereid, in een vastgoedontwikkelaar… met veel te weinig financiele armslag. Uitgaand van de veronderstelling dat de inplanting van een belangrijk zakenkwartier rondom het station, net als in Sint Joost, de gemeentelijke kas flink wat zou helpen aanzuiveren, deed zij dit binnen een slechte economische conjunctuur en baseerde zich bovendien op een fantasme: een blijde schare internationale investeerders zou, door de bouw van een belanrijke zone niewe kantoren, aangetrokken worden om mee te spelen.

Het standpunt dat in deze tentoonstelling ontwikkeld wordt, is dat van de mensen die hier wonen, opgeofferd in de strijd om de vastgoedsector onder controle te houden. Met behulp van fotos, tekst en documenten, wordt een parallel getrokken tussen de politieke beslissingen, de stadsplanning, wie de eigendommen verwierf en wanneer, de onteigeningen, de verslechtering van de wijk, en de onzekerheid die steeds zwaarder op bewoners is beginnen wegen.

Het onderwerp wordt belicht vanuit een historisch interessante hoek: Hoe kon een publieke overheid, die een stad op maat van haar bewoners wenst te incarneren, zulk een slechte speler worden? Zonder ooit het geweer van schouder te veranderen, werd nooit lering getrokken uit deze mislukking.

De tentoonstelling verwijst ook naar vandaag: Wat is de situatie van de bewoners van de Zuidwijk wiens lot, 20 jaar na het begin van de werken, nog steeds niet duidelijk is? Welk zijn nu de andere Brusselse zones die, opgenomen in het « Internationaal Ontwikkelingsplan », vandaag voorbestemd worden om eenzelfde beloftevolle « internationale ontwikkeling » tegemoet te gaan?

– Radio 1, 15 januari 2009:
20 jaar geknoei in de Brusselse Zuidwijk [ Luister ]

– FM Brussel, 15 januari 2009:
Zuidwijk [ Luister ]

– TV Brussel, 22 januari 2009:
Tentoonstelling over Zuidwijk [ Kijken ]

– De Standaard, 2 februari 2009:
« In de Zuidwijk is een waar spelletje Monopoly gespeeld »


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