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La société mixte régionale SA Bruxelles Midi persiste dans ses pratiques de harcèlement
- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008
Le 53, rue de Mérode a été exproprié le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St Gilles. Les autorités régionales avaient laissé généreusement aux locataires jusqu’au 31/12 pour quitter les lieux.
Mais à ce jour, la Région n’ayant pas consigné le prix de cession, le transfert de propriété n’a donc pas encore eu lieu.
Outre que la Région, qui ignore sans doute ce qu’est un planning, n’a pas précisé, ni aux propriétaires, ni aux locataires, la date à laquelle elle compte s’acquitter du prix de ses emplettes, elle lance aujourd’hui son bras armé, la SA Bruxelles Midi, à l’assaut du 53.
Elle a ainsi demandé à la société Vivaqua de déconnecter le 53 du réseau d’eau potable, se prétendant auprès de la Cie des eaux propriétaire depuis le 1er janvier 2008, ce qui est faux. Vivaqua avait programmé la déconnexion dès ce jeudi 10 janvier, sans aucun avis auprès des locataires. Ce n’est que par hasard que les locataires se sont aperçus de l’imminence de la coupure en voyant un panneau de chantier. Suite à l’intervention du propriétaire en titre, cette coupure n’aura sans doute pas lieu. Mais on ignore si la même demande n’aurait pas été faite pour l’électricité.
Toujours est-il que les locataires, disposant pourtant de baux (annulés par le prononcé d’expropriation), s’étant vus donné initialement 4 semaines pour quitter les lieux, pour certains sans la moindre indemnité, sont clairement harcelés par les autorités régionales alors qu’ils organisent avec les moyens du bord leur déménagement et relogement.
Les habitants du 53, rue de Mérode demandent que la secrétaire exécutive de la SA Bruxelles-Midi, agissant sous l’autorité de M. Jacques Van Grimbergen, Pt de cette société et Directeur de l’Urbanisme à la Région, et qui a pris l’initiative de demander la coupure d’eau en se prétendant ususfruière de l’immeuble, soit immédiatement démise de ses fonctions pour faute grave et que le déménagement puisse se dérouler selon un calendrier raisonnable. Par ailleurs nous demandons le relogement de tous les locataires présents dans les zones d’expropriation, au besoin en mettant à contribution la Régie Foncière de St Gilles.
Contact : Benoit EUGENE, rue de Mérode 53, 1060 St Gilles. Tel : 02 537 95 88
bendyglu@bruxxel.org
Tags : bruxelles-midi | gare du midi | relogement | jacques van grimbergen | rue de mérode | logement | expropriation | sa bruxelles-midiSaint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi
- Dépêche Belga, 14 décembre 2007
Le conseil communal de Saint-Gilles a adopté un nouveau plan d’expropriations de 22 maisons. Moyennant la décision de la Région, il rendra possible la poursuite de la mise en oeuvre du réaménagement des abords de la gare du Midi, côté avenue Fonsny.
Jeudi soir, la majorité PS-MR a voté en faveur de ce plan contesté par plusieurs riverains et par des associations. Ces dernières ont été échaudées par les conditions dans lesquelles d’autres vagues d’expropriations ont été effectuées par le passé dans ce quartier en pleine mutation, à la suite de l’implantation du terminal TGV de la capitale.
Ecolo a voté contre. Le cdH s’est abstenu, son chef de groupe Vincent Hendrickx indiquant, vendredi, que l’on ne pouvait non plus se tourner indéfiniment vers le passé du quartier.
Cette cinquième vague d’expropriations a suscité pas mal d’interrogations, tel qu’en atteste le taux d’abstention des fonctionnaires représentant les différentes administrations publiques régionales et communale, sur l’avis de la commission de concertation réunie le 27 novembre dernier.
Le Comité du Quartier Midi, n’a pas manqué de rappeler vendredi que cela faisait plus de 20 ans que le quartier subissait des spéculations de toutes sortes, 9 ans que plusieurs propriétaires sont dans l’attente d’une expropriation, et qu’il ne sont plus autorisés ni à transformer leur habitation, ni à bénéficier de primes de rénovation.
Cela fait aussi quelques années que plusieurs habitations ont été rasées et remplacées par un terrain toujours vague.
Le 27 novembre dernier, habitants et associations ont revendiqué la rénovation d’un certain nombre d’habitations existantes, plutôt que leur démolition. Ils demandent aussi le relogement décent des locataires expulsés.
Histoire de ne pas assister à des expropriations abusives, ils auraient voulu que la commune conditionne son feu vert à un engagement de la Région à planifier les expropriations dans un délai maximum de 6 mois.
Le comité exige enfin toujours une « juste indemnisation » des propriétaires et des commerçants.
JDD/MVM
Tags : saint-gilles | avenue fonsny | tgv | expropriation | relogement | commission de concertation | ecolo | gare du midi | cdh | mrLe quartier du Midi en pleine confusion
- « Le Soir », 14 décembre 2007
Saint-Gilles. Les ultimes expropriations avalisées au cours d’une commission de concertation… surréaliste.
La commission de concertation relative à l’expropriation de 22 maisons dans le quartier du Midi a donné lieu à un vote étonnant : tous les votants se sont abstenus, y compris les représentants de Saint-Gilles et de la Région… demanderesses des expropriations ! La politique de la Région est désavouée par ses propres fonctionnaires ! » Ce commentaire émane du Comité du Quartier Midi qui tire à boulets rouges sur la politique régionale dans le quartier. Ce vote rarissime (qui n’a cependant qu’une valeur d’avis) n’a pas empêché le conseil communal de Saint-Gilles d’adopter hier soir les 22 expropriations réclamées par la Région.
Dans le sillage du TGV, la Région a décidé voici quinze ans de redynamiser le quartier du Midi par un ambitieux plan de développement. Pour encadrer l’opération et éviter les dérives spéculatives, elle créa une structure, Bruxelles-Midi, qui a procédé massivement aux expropriations (plus de 170). La mauvaise conjoncture retarda hélas les projets immobiliers et les expropriations se déroulèrent dans des conditions déplorables, avec des prix dérisoires et des délais anormalement longs.
Quinze ans plus tard, le quartier est meurtri. Le comité du Midi exige que les dernières expropriations se fassent correctement : à savoir l’arrêt des démolitions, le relogement automatique des locataires, l’engagement par la commune d’une procédure limitée à six mois et des indemnités justes pour les propriétaires.
Vote sanction ou désaveu ?
C’est dans ce contexte que la Région a lancé les dernières expropriations. Elles ont fait l’objet d’une concertation (c’est la procédure) puis d’une adoption par le conseil communal. La concertation a accouché d’un vote bizarre. Les délégués de la SDRB, de l’IBGE et des Monuments et sites se sont abstenus (c’est fréquent). La commune a fait de même. Rien d’anormal : lorsqu’elle est impliquée dans le projet, il est de tradition qu’elle s’abstienne. Plus incompréhensible par contre a été l’attitude de la Région. Erreur de vote ? Toujours est-il que ce résultat a quelque chose de surréaliste : voilà un projet soutenu par la Région et Saint-Gilles… qui ne recueille pas une seule voix favorable ! S’il ne s’agit pas d’un vote sanction (il n’y a pas eu de votes négatifs), c’est néanmoins un terrible désaveu.
Quid des dernières expropriations ? Celles (il y en avait quatre sur l’îlot C) décidées en juin dernier se sont déroulées en six mois, laps de temps correct. L’échevin compétent Patrick Debouverie (MR) est persuadé que la fin du tunnel est proche. Ces 22 expropriations concernent deux projets de logement. L’un de la SDRB (construction de 90 logements moyens) et l’autre de la SRIB (30 appartements sociaux). Tout sera fait pour mener en front la procédure d’expropriation et la délivrance des permis. « Personne n’a envie de faire traîner les choses, ajoute l’échevin. Il est temps que ce triste chapitre soit refermé. »
François Robert
Tags : srib | mr | bruxelles-midi | sdrb | expropriation | relogement | tgv | commission de concertation | saint-gilles | gare du midiRevendications sociales du Quartier Midi
- « AlterEchos », 5 décembre 2007
C’est au 53 de la rue de Merode à Saint-Gilles, en cours d’expropriation imminente pour « utilité publique » (construction d’hôtels et de bureaux), que le Comité du quartier Midi, le Bral (Brusselse Raad voor het Leefmilieu), Inter-Environnement Bruxelles (IEB), la Ligue des droits de l’homme et le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH) ont organisé leur conférence de presse pour revendiquer l’arrêt d’un nouveau plan d’expropriation (le cinquième depuis 1992) étudié par les pouvoirs publics dans le quartier du Midi. Face au désastre social permanent, les associations ont listé une série de revendications à caractère social, afin de corriger le tir des décideurs.
« Le but du plan logement de madame Dupuis (secrétaire d’État régional au Logement) était de construire des nouveaux logements. Ce qui nous paraît bizarre dans ce dossier c’est que les moyens publics sont utilisés pour démolir des logements habités pour soit y construire des bureaux, soit des logements… ce qui n’avance en rien la création de nouveaux logements ! Après une rencontre récente avec le cabinet Dupuis, on s’est rendu compte qu’ils sont encore nulle part dans ce dossier alors on a du mal à comprendre la nécessité d’exproprier en extrême urgence comme le prévoit le nouveau plan d’expropriation. Et puis, faut-il vraiment démolir pour reconstruire des logements ? Nous pensons qu’il est encore possible de rénover des logements habités », a expliqué Werner Van Mieghem (RBDH).
Au nom de la LDH, Manuel Lambert a déclaré que « c’est la première fois que la Ligue a participé à une commission de concertation. L’engagement de la Ligue dans ce dossier découle de la condamnation de la Région dans un jugement du 30/05/2007 pour violation de plusieurs droits de l’homme d’un propriétaire du quartier. Par ailleurs, alors que la Commission des droits économiques et sociaux de l’ONU s’inquiète de la pénurie de logements sociaux en Belgique, la politique poursuivie en Région bruxelloise est totalement contraire aux recommandations de l’ONU. Le besoin de bureaux n’est pas vraiment criant dans notre région alors que le logement traverse une grave crise. Si les autorités persistent à vouloir exproprier, il faut un planning clair et une indemnité juste et équitable qui accompagnent ce plan pour éviter 10 nouvelles années de calvaire et d’insécurité permanente dans le quartier causés essentiellement par les pouvoirs publics. L’administration doit par ailleurs justifier l’extrême urgence et cas de nouvelles violations des droits de l’homme, les autorités s’exposent à de nouveaux recours judiciaires. »
Vous avez dit « utilité publique » et « extrême urgence »
Pour Mathieu Sonck d’Inter-Environnement Bruxelles, « un seul point commun rassemble les différents projets de transformation de la ville (Quartier Nord, Quartier Midi, Quartier Léopold, Quartier des Marolles,…) : le fait de céder au mur de l’argent. Comme le dit l’abbé Vanderbiest, ‘pour faire du fric, il faut que la ville bouge’ et on décide alors de tout raser pour tout reconstruire. La gestion en bon père de famille de l’espace public est une catastrophe pour l’économie capitaliste. Il faut revoir la loi d’exception de 1962 en matière d’expropriation et en limiter les usages à des cas précis. L’utilité publique et l’extrême urgence devraient être définies et débattues publiquement car actuellement, la mise en œuvre d’un plan d’expropriation ne présente aucune garantie démocratique et aucun contre-pouvoir réel. »
« Entre le plan régional de développement (PRD) de 1992 et le plan de développement international (PDI) de 2007 en passant par le PRD II de 1995, le Bral constate une évolution de développement urbain endogène, basée sur les besoins spécifiques des quartiers, vers un plan de développement exogène, qui répond surtout aux besoins spécifiques internationaux découlant de l’arrivée du terminal du TGV dans le quartier », explique Maarten Roels (Bral). « On plaide clairement pour un retour aux besoins spécifiques des habitants. Nous pensons aussi qu’il faut absolument revoir la loi d’exception de 1962. Nous ne sommes pas contre un changement de la ville mais plutôt contre un changement qui ne tient pas compte des besoins des habitants. »
« Construire du bureau pour financer du logement et faire l’espace public », tel a toujours été le leitmotiv de Charles Picqué, ministre-président bruxellois, et de la SA Bruxelles-Midi dans cette opération. Mais dès lors que l’espace public est payé par l’argent du fédéral (Beliris) et que la construction de logements est prise en mains par le Plan Logement, à quoi sert encore la SA Bruxelles-Midi ? À quoi serviront les (éventuelles) plus-values que cette société aura réalisées au terme de son projet ?, s’interrogent les associations.
Gwenaël Breës du Comité de quartier Midi estime que la rénovation des maisons serait la meilleure solution. À défaut, il est impératif d’avoir « un planning avant de publier un plan en extrême urgence. Le pouvoir expropriant doit avoir les moyens de ses ambitions avant de démolir tout un quartier. Nous avons donc proposé 6 mois à dater de l’entrée en vigueur du nouveau plan d’expropriation. Par ailleurs, il n’y a toujours aucune garantie pour une indemnisation juste et équitable pour les propriétaires menacés et jusqu’à présent, il a toujours été plus avantageux d’aller devant la justice que de négocier avec les autorités publiques. Reste aussi les locataires et nous demandons une relocation (relogement) de tous les locataires et pas un ‘accompagnement social’ qui n’est en réalité qu’une assistance sociale sans relogement. Il faut que les autorités arrêtent également d’utiliser les locataires pour faire pression sur les propriétaires. »
• Mehmet Koksal
« L’autocensure, c’est fini ! »
Interpellé sur l’engagement tardif des associations (LDH, Bral, IEB, RBDH) dans le dossier du quartier Midi, le représentant du Bral a réagi en précisant « que tant le Bral que l’IEB se sont investis plus d’une fois dans le dossier du quartier du Midi et qu’il serait injuste de dire que les associations n’ont pas réagi. Cependant, c’est vrai qu’on a un peu délaissé ce quartier parce que nous sommes liés avec certains pouvoirs publics dans l’octroi de subsides. Ainsi, sur le site Tour et Taxis, le Bral bénéficie des subsides provenant du cabinet… Picqué et nous avons peut-être pratiqué une certaine autocensure pour réagir à temps dans ce dossier. Notre engagement déterminé à présent peut également être interprété comme une tentative de réparer notre absence de départ », a déclaré Maarten Roels sans vouloir préciser si des pressions politiques effectives ont été exercées contre le Bral dans ce dossier.
Pour Inter-Environnement Bruxelles, Mathieu Sonck a précisé être « arrivé il y a à peine 3 mois et que l’autocensure, c’est fini tant que je serai là ! Une association court toujours un risque de voir ses subsides coupés mais je pense que nous sommes là pour exercer un contre-pouvoir et pour travailler pour l’intérêt général. Je n’ai pas encore été témoin de pression directe », ajoutera le représentant de l’IEB tout en précisant que Charles Picqué lui a déjà fait part de son « malaise » concernant la position d’Inter-Environnement Bruxelles dans le dossier du quartier du Midi.
Tags : PDI | bruxelles-midi | espace public | quartier nord | saint-gilles | gare du midi | tgv | expropriation | développement international | accompagnement socialExpropriées manu militari
- « La Dernière Heure », 16 janvier 2008:
Le 53 rue de Mérode vidé de ses locataires via effraction. L’extrême urgence a prévalu, au Midi.
Les éditions françaises Agone ont eu, jusqu’à hier matin, une antenne à Saint-Gilles. Au 53, rue de Mérode. Jusqu’à hier, parce que l’expropriation en extrême urgence et pour cause d’utilité publique adoptée le 3 décembre 2007 a produit ses effets. Sous la forme, prétend Eugène Benoît, le rédacteur en chef de la maison d’édition, d’une porte d’accès fracturée par des ouvriers, à la demande de la SA Bruxelles-Midi, laquelle répondait aux injonctions du tout nouveau proprio, la région. Et le résident du bas de Saint-Gilles de l’avoir mauvaise. Très mauvaise. Parce que son bail de neuf ans n’a pas été résilié. Et parce que la manière, il la juge inacceptable : ”Cela fait deux mois que je ne travaille plus avec cette histoire ! C’est totalement inhumain, un non-sens économique absolu. Et sans excuses…”
Leur déménagement, ces éditeurs d’une quinzaine de bouquins par an l’ont entamé début janvier. Et comptaient le finaliser jeudi, le versement au propriétaire n’ayant été réalisé qu’avant-hier. Mardi matin donc, c’est la porte qui était fracturée; la cheminée, en partie démontée. Dans une ambiance glaciale.
”Ce projet public inspiré par l’idéologie néolibérale ne pouvait mener qu’au désastre économique, urbanistique et humain. Il aura provoqué la perte de dizaines d’emplois via la fermeture de petits commerces.” “Le juge de paix a prononcé l’expropriation. Ils ont été accompagnés pour le relogement”, tempère Jacques Van Grimbergen, président de la SABruxelles-Midi. Cathy Marcus (PS), échevine locale du Logement, signale un refus d’aide d’Eugène Benoît : “Les autres locataires ont été relogés dans le centre de Saint-Gilles”.
In fine, cettemaison demaître de l’îlot C a été vendue 650.000 €. Jusqu’à une deuxième audience, fixée au 4 février. Aux yeux de Gwen Brees, du comité de quartier du Midi, la manière est “illégale”.
Guy Bernard
Tags : gare du midi | relogement | rue de mérode | logement | utilité publique | expropriation | sa bruxelles-midi | jacques van grimbergen | saint-gilles | bruxelles-midiMettre immédiatement fin à l’incertitude et à la précarité des habitants
Au-delà du bien fondé des choix posés par la commune et la Région, les associations demandent que soit mis fin immédiatement à la situation sociale et sanitaire précaire, dangereuse et irrespectueuse dans laquelle sont plongés les habitants actuels des îlots A2, C et D. Plusieurs actions doivent être envisagées, que les associations s’emploient à exposer ici.
Avant d’évoquer un « pôle bizness du futur », les autorités devraient d’abord régler les problèmes du présent. Lorsque les habitants seront enfin fixés sur leur sort et surtout indemnisés, relogés, il sera alors possible pour les autorités de communiquer, plus sereinement et décemment, sur les « nouveaux » projets urbanistiques pour le quartier du Midi.
• Rénover plutôt que démolir
La Commune et la Région traînent le problème du Midi comme un boulet à leurs pieds. Il existe pourtant une première solution qui saute aux yeux. Permettre la rénovation des maisons, et laisser ceux qui le souhaitent rester dans leur quartier! C’est d’ailleurs la seule manière d’atteindre l’objectif de mixité qu’elles se sont données.
Les 5.900.000 euro de Beliris pourraient être plus utilement utilisés, en donnant à ces propriétaires les moyens de rénover leurs immeubles. Les propriétaires prêts à vendre doivent recevoir un juste prix pour leur bien.
Les associations estiment en effet qu’il est possible et préférable de rénover le bâti existant. Ce scénario était d’ailleurs envisagé, il y a quelques mois encore, par la Commune de Saint-Gilles, en tout cas pour l’îlot A2 (celui qui compte le plus de maisons: 17 maisons sur les 22 du nouveau plan).
Elles rappellent aussi que l’expropriation et la démolition ne sont pas nécessaires pour accomplir les prescrits du PPAS.
• Droit de préemption plutôt qu’expropriation
D’autres dispositifs urbanistiques existent pour éviter l’expropriation. Par exemple, le droit de préemption, qui n’existait pas en Région bruxelloise au début des années ’90, permet désormais aux autorités d’acquérir un bien par priorité à toute autre personne, lorsque le propriétaire manifeste sa volonté de le vendre.
Le droit de préemption est un outil beaucoup moins violent que l’expropriation, il n’entraîne pas la dégradation d’un quartier et est plus sûr pour les pouvoirs publics, qui ne doivent pas faire face au rachat de tous les immeubles en même temps.
• Pas de nouveau plan d’expropriation tant que celui de l’îlot C
n’a pas été entièrement appliqué
Tandis que la Commune soumet ce nouveau plan d’expropriation pour les îlots A2 et D, dans l’îlot C, les promoteurs s’impatientent… et les derniers habitants attendent toujours leur heure.
Il y a pourtant plus de deux ans déjà que la Région vendait l’îlot C à un consortium immobilier (Atenor-BPI) qui va y construire hôtels et bureaux. Quand elle passa cette convention, en juin 2005, la Région possédait la majeure partie de l’îlot mais pas encore toutes les maisons. Malgré le caractère indéniablement rentable de la transaction, la Région a empêché les promoteurs d’acquérir eux-mêmes les dernières maisons. Pour capter les plus-values, elle s’est engagée à les revendre elle-même à Atenor-BPI. Sans fixer de date.
Pour ce faire, elle proposa aux propriétaires, fin 2005, des sommes tellement faibles que tous refusèrent les offres. La Région attendit jusque juillet 2006 pour procéder à… trois expropriations. Mais, considérant probablement que les sommes octroyées par la Justice aux expropriés étaient trop fortes, elle laissa expirer le plan d’expropriation, en novembre 2006, sans avoir exproprié toutes les maisons de l’îlot C.
Un nouveau plan d’expropriation fut entamé fin 2006 et publié au Moniteur en juillet 2007, pour les 4 dernières maisons de l’îlot C. Depuis lors, seule une de ces maisons a été rachetée “à l’amiable” et une autre vient d’être placée en procédure d’expropriation. Cela n’a pas empêché les autorités, dans l’intervalle, de commanditer la démolition de maisons mitoyennes sans se préoccuper de la sécurité des derniers occupants.
Pendant ce temps, Atenor-BPI et leurs filiales attendent que la Région leur livre l’entièreté des parcelles. Vides.
Les méthodes de pression de la Région, connues et déjà amplement dénoncées, veulent que pour racheter une maison à bon prix sans s’encombrer de procédures inutiles, il suffit d’être patient: désertifier le quartier, faire partir les locataires et les commerçants, démolir peu à peu les maisons qui entourent celles qui ne vous appartiennent pas… Les derniers propriétaires finiront bien par céder. « Secouez le cocotier, il finiront bien par tomber »…
Si la Région en est encore à utiliser de tels procédés pour un îlot destiné à des fonctions « fortes » (bureau, hôtel) et où les permis d’urbanisme ont déjà été octroyés; pour un îlot vendu il y a 2 ans et avec lequel la Région a engrangé d’importantes plus-values; pour un îlot où il ne reste que 4 maisons à acquérir… Alors que penser de l’avenir des 22 maisons vouées, elles, à être expropriées pour des projets de logements encore inexistants???
Les pouvoirs publics ne peuvent pas décemment prendre un nouveau plan d’expropriation alors qu’ils bafouent leur propre « extrême urgence » dans un plan similaire et dans la même zone.
• Garantir la sécurité et la propreté du quartier
Parmi les considérants invoqués par la Commune pour justifier le nouveau plan d’expropriation, il est piquant de lire que son adoption devra mettre un terme à la « dégradation très avancée » du quartier et aux problèmes de sécurité causés aux riverains. Il est déplorable que les autorités n’aient trouvé que ce moyen de rétablir la sécurité dans le quartier.
Mais l’état de délabrement et l’insécurité qui règnent dans le quartier Midi sont précisément la conséquence des différents plans d’expropriation “d’extrême urgence” que les autorités agitent depuis 1992 sans jamais les avoir réalisés.
La Région bruxelloise et la SA Bruxelles-Midi n’ont jamais été capables de fournir un planning des opérations, ni même pris la peine d’entretenir ou de sécuriser les maisons qu’elles ont vidé de leurs habitants… Comme l’a récemment rappelé un jugement cinglant, la Région (parfois en son nom, parfois via la SA Bruxelles-Midi) « acquit et expropria à la petite semaine, démolissant l’un immeuble, abandonnant l’autre ou obturant un troisième, avec pour résultat des infractions systématiques graves à l’hygiène publique, les occupations sauvages, le vandalisme, l’insécurité, les incendies mortels » (Justice de Paix du Canton de Saint-Gilles, 30 mai 2007).
Il suffit de se rendre sur place pour constater la dangerosité de la situation des biens rachetés ou expropriés par la Région. Trottoirs ouverts, maisons habitées entourées de terrains vagues accessibles au tout venant, maisons vides laissées fenêtres ouvertes ou cassées, velux ou toits enlevés, portes ouvertes ou à peine “sécurisées” par quelques dérisoires planches en bois…
Même en périmètre d’expropriation, on ne joue pas avec la sécurité des habitants. La situation administrative des îlots du quartier Midi n’exempte pas la Commune et la Région de leurs devoirs les plus élémentaires par rapports à leurs administrés.
• Etablir un planning concret auquel doit être soumise toute procédure d’expropriation
Ce plan — le cinquième pris par les autorités dans le périmètre en 15 ans ! — concerne 22 maisons et produira ses effets… pendant 10 nouvelles années, soit jusque 2018 ! C’est inacceptable.
Si les autorités persistent dans leur volonté de démolir, elles doivent garantir que l’opération va être menée rapidement et la soumettre à un timing décemment planifié. Les associations demandent que l’arrêté d’expropriation inclue cette obligation de transparence et de rapidité. Elles estiment qu’un délai raisonnable est de 6 mois maximum.
• Le pouvoir expropriant doit avoir les moyens de ses ambitions
Des montages financiers pour le moins complexes ont émaillé toute l’histoire de ce dossier. Les autorités y ont fait preuve à plusieurs reprises d’hésitations et de discontinuité dans l’action publique. C’est pourquoi la Région doit garantir qu’elle a désormais les moyens de ses ambitions, sans quoi même la promesse la plus sincère restera lettre morte.
Or, une histoire de plus de 15 ans a démontré que, si le quartier Midi est censé devenir la « vache à lait » de Saint-Gilles, les autorités n’ont pas ou ne comptent pas mettre les moyens nécessaires pour reloger les locataires et indemniser justement les propriétaires qu’elles veulent voir partir. Comme l’a rappelé un récent jugement condamnant la Région bruxelloise, « nul ne tolérerait qu’un citoyen averti achète délibérément un immeuble sans en avoir les moyens ».
Avec quel argent seront financées les expropriations ?
• Garantir la juste indemnisation des propriétaires et des commerçants
Pour motiver son nouveau plan, Saint-Gilles argue que les « négociations à l’amiable n’ont pas abouti » pour les 22 maisons qu’elle veut exproprier. Mais les rares propositions qui ont été faites à leurs propriétaires n’étaient pas très « amiables ». De ce fait, tant qu’à devoir partir, ceux-ci préfèrent voir la valeur de leur maison et leurs indemnités fixées par la justice, plutôt que par des institutions privées ou publiques qui semblent incapables de proposer une juste et entière indemnisation.
Si les autorités veulent faire planer à nouveau la menace d’expropriation, elles doivent arrêter de tergiverser et prendre leurs responsabilités. Si elles adoptent un nouveau plan d’expropriation, le seul moyen d’arrêter les pratiques de spéculation à la baisse, c’est d’exproprier! D’extrême urgence!
• Relogement de tous les locataires
Quant aux locataires, c’est un véritable relogement que les autorités devraient leur offrir. Et pas seulement un « accompagnement social », à savoir l’aide d’une assistante sociale et des indemnités de déménagement auxquels ont droit les locataires s’ils sont dans le quartier depuis avant 2004 et… s’ils trouvent à se reloger en Région bruxelloise. Cela est insuffisant, il faut reloger. Au Plan Logement ou à la Commune de Saint-Gilles, qui dispose d’un important parc de logement public, de trouver des solutions.
Il faut préciser qu’en aucun cas, le déménagement des locataires ne doit être utilisé comme moyen de pression contre les propriétaires. Ici aussi, une action groupée et planifiée est un préalable incontournable.
Tags : bruxelles-midi | ppas | saint-gilles | bpi | relogement | incendie | plan logement | accompagnement social | spéculation | extrême urgenceQuartier Midi: la Région perd le Nord…

— Comité du quartier Midi, article de janvier 2006
Le quartier Midi est encore vivant! Près de 200 habitants vivent toujours dans les trois îlots frappés depuis 9 ans par un plan d’expropriation. Parmi lesquels au moins 19 familles, 78 ménages, 14 propriétaires occupants, 17 commerces et une école. Des locataires, propriétaires et commerçants de ce quartier proche de la gare internationale de Bruxelles ont constitué en juin 2005 le Comité du quartier Midi. Ils dressent un bilan des projets immobiliers menés dans leur quartier, ainsi que de leurs conséquences sociales et urbanistiques. Ils interpellent la Région de Bruxelles-Capitale et plus particulièrement son Ministre-Président, Charles Picqué.
Les habitants déplorent l’absence de transparence qui caractérise ces projets et le manque total de respect à leur égard. Ils dénoncent de multiples pressions qui s’exercent sur eux, des conditions de vie déplorables dans leur quartier, et demandent qu’il soit mis fin à l’incertitude qui plâne depuis longtemps sur leur avenir.
Depuis plus de 20 ans, les résidants de cette zone se savent menacés. Par des projets d’autoroute urbaine dans un premier temps, puis par la spéculation immobilière suscitée par l’arrivée du TGV, et enfin par un plan régional sensé « revitaliser« le quartier et le transformer en « vitrine pour la Capitale de l’Europe »; un plan scellant le sort de 4 îlots d’habitations et de petits commerces situés le long de l’avenue Fonsny et sacrifiés à la fonction de bureaux. A l’époque, on parlait d’ériger-là un « mini Manhattan », en référence au « projet Manhattan » du quartier Nord.
Pour un bilan et une évaluation des projets régionaux au quartier Midi
Dans ce plan régional entériné en 1992, tout repose en effet sur l’essor de la fonction administrative. L’accroissement des surfaces de bureau était sensé être le vecteur de la revitalisation et de la relance commerciale du quartier: par le biais de charges d’urbanisme destinées à construire du logement, la création espérée de 9000 nouveaux emplois, etc.
Mais, 13 ans plus tard, seul un immeuble de bureaux a été construit: mis en location depuis 2 ans, il reste aujourd’hui à 60% vide…
Dans les autres îlots, de nombreux locataires ont certes déjà dû partir. De multiples commerces ont fermé leurs portes. Ces îlots ont été éventrés et sont parsemés de maisons vidées et de terrains vagues. Des permis de démolir continuent à être accordés, même si aucun projet immobilier n’est à l’étude. Quant au plan d’expropriation, pour cause « d’intérêt public », il a des conséquences regrettables sur l’entretien du bâti existant et empêche toute rénovation depuis 1996…
Néanmoins, de nombreux locataires, propriétaires et commerçants sont encore présents dans les îlots. Et le plan d’expropriation arrive à expiration dans un an (en juillet 2006). Les habitants estiment que la Région doit en profiter procéder à une évaluation des projets menés au quartier Midi, quitte à devoir assumer ses erreurs. Ils réclament un bilan et une évaluation publics des projets menés dans le cadre de ce plan régional et du fonctionnement de la société anonyme Bruxelles-Midi.
Pour mener à bien son projet, la Région a accordé en 1995 à cette entreprise mixte (dont elle est l’actionnaire majoritaire) une « mission de service public » consistant à encadrer et à orienter les initiatives des investisseurs privés et à développer un projet immobilier « harmonieux et cohérent« . En effet, à l’inverse du quartier Nord, les habitants sont confrontés ici à un partenariat public-privé lancé et encadré par des pouvoirs publics, prétendant éviter les travers sociaux de la spéculation immobilière et mettre en oeuvre un accompagnement social pour les personnes concernées par le plan d’expropriation approuvé en juillet 1996 au nom de « l’intérêt public ».
C’est à la société Bruxelles-Midi qu’a été confié le soin de « prendre toute initiative favorable au relogement des habitants et au respect des impératifs sociaux ». Ce sont donc les « conditions du marché » qui devaient la rendre « à même de remplir pleinement les missions sociales qu’elle s’est assignées », comme le déclarait Charles Picqué au Parlement régional en mars 1994.
Pour le Comité du quartier Midi, on ne peut pas baser une politique de revitalisation urbaine, de construction de logements et d’accompagnement social sur un phantasme: celui de l’arrivée des bureaux.
Les habitants revendiquent qu’un accompagnement social digne de ce nom soit octroyé à tous les habitants concernés par le plan d’expropriation, qu’il ne soit plus procédé à aucun délogement sans relogement (à des conditions financières similaires et si possible à proximité du logement actuel).
Leur cahier de doléances demande également l’arrêt des délogements et des démolitions, le maintien du bâti existant et de l’habitat et ce jusqu’à la délivrance des permis de bâtir; le maintien à long terme et la rénovation de certains immeubles dans le quartier; l’indemnisation correcte (aux prix du marché actuel) des propriétaires et des commerçants.
Ils souhaitent, enfin, une meilleure gestion des incidences des projets immobiliers, le respect de leur environnement de vie et la mise en place d’un groupe permanent de concertation associant tous les pouvoirs publics, promoteurs, propriétaires et habitants concernés.

Faites des voisins, pas des bureaux!
Le Comité du quartier Midi appelle le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale à reconnaître que les projets qu’elle a envisagés au début des années ’90 étaient basés sur une hypothèse qui ne se s’est pas confirmée. Interpellé par des parlementaires régionaux le 3 juin, Mr Picqué l’a d’ailleurs reconnu: « On s’imaginait que tout allait se vendre comme des petits pains. Mais au fond, nous vivions – et nous pouvons encore vivre – dans cette idée que les bureaux étaient un instrument de revitalisation urbanistique ».
Les bureaux ne sont pas au rendez-vous. Et c’est cela qui a causé tant la dégradation du quartier, que l’impossibilité financière pour la Région de procéder à une expropriation correcte des propriétaires, ou encore une forte insuffisance de moyens pour mener à bien un accompagnement social digne de ce nom.
Bruxelles traverse par contre une grave crise du logement et ce problème constitue la priorité du nouveau Gouvernement régional, qui s’est fixé pour objectif la création de 5000 nouveaux logements. Il serait donc pour le moins inconvenant et incompréhensible que la majorité actuelle continue à mener au quartier Midi une politique aventureuse d’expulsion d’habitants et de démolition de logements, pour faire place à des terrains vagues ou à d’hypothétiques bureaux ne correspondant pas à une demande réelle…
Tags : bruxelles-midi | relogement | région de bruxelles capitale | avenue fonsny | charles picqué | partenariat public-privé | gare du midi | expropriation | accompagnement social | logement1990-2004
> 2004
- “La Tribune de Bruxelles”, 3 avril 2004:
Travaux autour du futur TGV de Bruxelles-Midi
- « Le Soir », 28 février 2004:
Entre tours, vieux bistrots et hôtels de luxe
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> 2003
- « Le Soir », 12 mars 2003:
Le Midi entre chaos et espoirs
- « Le Soir », 12 mars 2003:
« Je me souviens des fondations de la tour des Pensions »
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> 2000
- « Le Soir », 15 avril 2000:
Saint Gilles : Une trentaine de personnes ont déjà été relogées
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> 1996
- « Le Soir », 27 mars 1996:
Charles Picqué se dit prêt à mobiliser 111 millions
- « Le Soir », 27 mars 1996:
Dix ans pour replâtrer le quartier du TGV
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> 1994
- « Le Soir », 21 septembre 1994:
Piocher l’avenir dans le quartier du TGV à la gare du Midi
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> 1993
- « Le Soir », 24 décembre 1993:
Table rase des immeubles dévastés d’un îlot du quartier Midi
- « Le Soir », 30 novembre 1993:
La «mort lente» du Midi d’après des défenseurs du quartier
- « Le Soir », 29 octobre 1993:
La mort d’un squatter à Saint-Gilles soulève un nuage de questions urbanistiques
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> 1992
- « Le Soir », 23 octobre 1992:
Les PPAS du Midi remis en question en concertation
- « Le Soir », 2 octobre 1992:
L’habitat déraille au Midi
- « Le Soir », 4 mai 1992:
L’escalade incontrôlée de l’immobilier compromet les plans de rénovation du quartier TGV
- « Le Soir », 12 février 1992:
Comment reloger les Saint-Gillois avant l’arrivée du TGV?
- « Le Soir », 30 janvier 1992:
Le Midi inquiet des problèmes de relogement posés par le terminal du train à grande vitesse
- « Le Soir », 24 janvier 1992:
Gare du Midi : La société mixte est sur rails
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> 1991
- “Le Soir”, 20 juillet 1991:
Le bureau a assez grignoté!
- « Le Soir », 31 mai 1991:
Un oui rapide au projet Midi-TGV
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> 1990
- « Le Soir », 2 juin 1990:
Charles Picqué veut mener le jeu TGV de la gare du Midi
Un oui rapide au projet Midi-TGV
ALSTEENS OLIVIER – LE SOIR – Vendredi 31.05.1991
Le schéma directeur dit TGV est passé en commission de concertation. Adopté, avec quelques réserves. Le plus dur reste à venir…
La première manche est gagnée. La commission de concertation a en effet adopté le projet de schéma directeur des abords de la gare du Midi. Avec des réserves? Bien entendu. Mais elles figuraient déjà dans le plan des urbanistes Jean de Salle et Christian Frisque qui en ont été les concepteurs.
L’avis ne sera rendu officiellement que la semaine prochaine. Mais on en connait déjà les grandes lignes. Un tronc commun reprend les avis généraux sur le schéma directeur. Y seront annexés les avis et réserves des quatre communes concernées.
Le premier chapitre est favorable au plan. La commission demande cependant la concrétisation de ses différents aspects dans des plans particuliers d’aménagements (PPA). La commission demande encore des garanties de relogement des habitants et de relocalisation des entreprises touchées. Des mesures d’accompagnement social sont également suggérées.
UNANIMITÉ SOUS RÉSERVE DE L’ÉCOUTE DES COMMUNES
Cet avis a été adopté à l’unanimité des membres. Le représentant de l’exécutif s’est abstenu, étant à la fois juge et partie. La SDRB, l’administration de l’urbanisme et les communes de Bruxelles, Anderlecht, Forest et Saint-Gilles ont exprimé leur accord.
Une réserve cependant du côté des communes: que leurs avis annexés soient pris en compte. Bruxelles souhaite le maintien intégral du marché et de la foire du Midi et souhaite que les bus vicinaux qui hantent la rue de Stalingrad et la place Rouppe trouvent un gîte ailleurs.
Anderlecht insiste sur les aspects de circulation. La commune veut éviter de nouvelles autoroutes urbaines sur son territoire et, en particulier, rue Bara. Un avis partagé à Saint-Gilles en ce qui concerne l’avenue Fonsny. Mais la commune souhaite encore préserver les deux îlots triangulaires de part et d’autre de la jonction, rue de l’Argonne. Forest, quant à elle, souhaite notamment un prolongement de la rue Vaes vers l’avenue Fonsny, raccordant ainsi le parvis Saint-Antoine avec ce nouvel axe important.
Comme on le lira par ailleurs, cet avis positif rejoint de nombreux points de vue exprimés lors de la séance publique de la commission. Il en est cependant un qui reste oublié: l’appel à des réponses concrètes des habitants.
Rien d’étonnant à cela. En présentant ce schéma directeur au grand public, l’exécutif a voulu joué la carte de la clarté. Il l’avait promis lors de ses démêlés médiatico-tragiques avec la SNCB. Mais rien n’est encore décidé aujourd’hui. Le schéma directeur ne contient que les grandes lignes de l’aménagement des abords de la gare du Midi.
Il s’agit en fait d’un livre de bonnes intentions. Une espèce de cahier des charges pour la structure opérationnelle qui sera mise en place dans les mois à venir. Et ce n’est qu’ensuite, lors de l’élaboration des PPA que les expropriations éventuelles seront connues. Mais comme le projet est du type long terme, à un horizon fixé au-delà 2000, ce ne sera pas l’an prochain que tous les gens concernés seront mis au courant de l’avenir de leur immeuble.
LA STRUCTURE OPÉRATIONNELLE CONNAIT SA MISSION
Dès l’automne, la structure opérationnelle sera mise en place. Il s’agira d’une société au sein de laquelle les pouvoirs publics seront majoritaires. On y retrouvera aussi des institutions financières. Elle sera composée de quatre ou cinq personnes qui s’attacheront les services ponctuels de spécialistes du sujet à l’étude.
Cette société devra affiner les études, explique Éric Ghilain, représentant Charles Picqué. Prévoir l’accompagnement social par un travail au cas par cas. Dresser un inventaire précis des bâtiments. Et puis, comme il s’agit d’un projet à long terme, elle devra également dresser un planning précis et tenir un échéancier à jour.
On est d’accord, mais dites-nous quand…
La concertation a permis aux acteurs concernés de s’exprimer. À deux exceptions près. Et pas des moindres. La SNCB, qui est pourtant au centre du débat, notamment par l’aménagement qu’elle projette sur l’îlot Côte d’or et l’élargissement de la gare vers la rue de France, est restée étonnamment muette. Les promoteurs aussi. Seul l’un d’entre eux – le propriétaire du site Wielemans – a jugé utile de signaler sa présence et d’exprimer aux habitants sa compréhension à leurs problèmes et sa volonté de travailler dans un climat de dialogue. À suivre…
Les autres orateurs étaient des associations et des habitants. On peut les regrouper en trois catégories. La première ne reprend que des habitants. Le bon sens réaliste et concret a parlé.
- Nous ne sommes pas opposés au projet, dit une dame de la rue Bara. Nous sommes conscients qu’il en va de l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Nous sommes même prêts à être expropriés. Mais peut-on au moins nous dire «quand»!
- Qui va répondre à nos questions? lance une autre.
- Devons-nous encore investir dans notre appartement?, s’inquiète un troisième.
- Mettez-vous à notre place. Il y a des vieux qui habitent notre immeuble, ils voudraient bien savoir, reprend la première dame.
Une deuxième catégorie est composée des différentes associations. Celles-ci ne semblent pas croire aux capacité de l’exécutif de maîtriser le dossier et de tenir tête aux promoteurs.
Ainsi le comité de Saint-Gilles qui s’étonne que les intérêts des habitants soient négligés dans le schéma.
- Cinq promoteurs ont tout acquis. Et ils forcent les habitants à évacuer les lieux dans l’indifférence la plus générale.
- Quelles mesures concrètes proposez-vous pour le relogement des expropriés? enchaîne un délégué de la Ligue des familles, c’est pourtant la priorité.
Hervé Cnudde de l’Atelier de recherche et d’action urbaines met en cause le «communalisme» de la Région et l’absence de maîtrise publique sur le foncier. Le projet TGV au Midi n’était pourtant pas une fatalité.
- On ferait mieux de d’abord nettoyer la gare, poursuit Jean-Michel Mary, d’Interenvironnement Bruxelles. Le TGV n’est qu’un prétexte pour «nettoyer» un quartier. Bientôt, il n’y aura plus aucun habitant à reloger. Vous faites des cadeaux aux spéculateurs en transformant l’affectation des sols.
Les Archives d’architecture moderne plaident pour un inventaire complet des bâtiments. Ce que soutient le Bral (l’Interenvironnement flamand) qui plaide aussi pour un élargissement de la zone d’intervention, une meilleure information des habitants et l’urgence de prévoir un volet social au projet.
Enfin la troisième catégorie des intervenants est constituée de ce que nous appellerons les particularismes. Des entreprises textiles de la rue Bara, une dame venue défendre un centre d’accueil pour jeunes déracinés menacé par le projet, une propriétaire qui a peur de perdre ses locataires…
Le périlleux pari de l’exécutif
Au fou! serait-on tenté de crier quand on observe la tentative de l’exécutif bruxellois dans le dossier de l’aménagement des abords de la gare du Midi. C’est que nos éminences, Charles Picqué en tête, semblent vouloir tourner le dos au passé. À l’anarchie immobilière, pour être précis. Bruxelles ne veut plus du syndrome gare du Nord. Ou d’une jonction Nord-Midi destructrice.
Non, l’exécutif a pris le dossier à bras le corps, bien décidé à ne pas s’en laisser «compter». Le premier coup de fleuret a été lancé en direction du projet mammouth de la SNCB. Il a fait mouche et le projet a été réduit de moitié.
Aujourd’hui, c’est face aux promoteurs que l’exécutif doit se battre. Les armes économiques seront-elles plus fortes que les politiques? Tel est le vrai débat de l’aménagement du quartier du Midi. Et Bruxelles se doit de le gagner.
Un combat où les adversaires ne seront pas seulement les promoteurs mais aussi les différentes associations de «défense» des habitants qui ne croient pas aux capacités régionales de maîtriser le dossier.
Il faudra beaucoup de patience, de ruse, mais aussi de fermeté à Charles Picqué et à son équipe. Il faudra procéder par phases successives. En résistant aux appels de sirène des acteurs économique. Et en restant à l’écoute des habitants qui, la concertation vient de le prouver, sont loin d’être opposés aux projets.
Un pari gagné grandira nos élus et notre ville. S’il est perdu, il en ira de même de leur crédibilité.
Tags : relogement | anderlecht | expropriation | architecture | accompagnement social | saint-gilles | commission de concertation | forest | gare du midi | avenue fonsnyLe Midi inquiet des problèmes de relogement posés par le terminal du train à grande vitesse
DANIEL COUVREUR – LE SOIR – 30.01.1992
Premiers expropriés en gare du TGV
Le TGV va déménager 450 familles. La Région promet de les reloger mais où? Les premiers pensionnés feront bientôt leurs valises, au Midi.
La semaine dernière, Charles Picqué mettait «Bruxelles-Midi» sur ses rails, une société d’économie mixte dont la Région bruxelloise sera la locomotive et l’actionnaire majoritaire aux côtés du Crédit communal, de la SNCB, de la Stib, de Projenor et de la SRIB.
Destination? La société va étudier, définir, élaborer et réaliser le projet d’aménagement des abords du terminal ferroviaire du train à grande vitesse. Mais «Bruxelles-Midi» a également pour mission de reloger les habitants, les entreprises et les commerces à exproprier.
La Région s’est engagée à informer au mieux les personnes à déplacer, tout en leur assurant un accompagnement social individualisé.
UNE TRENTAINE DE FAMILLES PAS DU TOUT RASSURÉES
Une antenne d’information fonctionne déjà à Saint-Gilles, rue Émile Féron, dans les locaux de l’ASBL Cafa. Les visiteurs s’y rendent nombreux et inquiets. Leur principale préoccupation est de savoir si leur maison figure dans la zone rouge des expropriations. Et quand ils repartent, un beau plan des implantations TGV sous le bras, la plupart ne sont pas rassurés sur leur sort…
Le Cafa constitue des dossiers pour chacune des familles concernées. Les assistants sociaux étudient les possibilités de relogement dans le quartier et tentent de déterminer qui pourrait prioritairement bénéficier d’un logement social, à condition d’en trouver! Au Cafa, personne ne doute de la bonne volonté de la Région mais le temps presse.
Un premier arrêté d’expropriation vient d’être pris sur la zone contrôlée par la SNCB, entre la rue de France et la rue Bara. Il a été publié au «Moniteur». Heureusement, c’est l’îlot le moins peuplé. Environ 35 familles y habitent aujourd’hui. Une dizaine sont venues nous trouver. Nous avons examiné la composition des ménages, le niveau des revenus pour dégager des solutions de relogement. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons rien de concret à leur proposer, sinon l’assurance qu’elles toucheront des indemnités de relocation.
Les responsables du Cafa et de la Région se rencontrent tous les quinze jours pour examiner l’avancement du projet urbanistique et la situation sur le terrain. La question du relogement est au centre des débats. Il ne sera pas simple de trouver des solutions.
Plus de 50 % de la population des îlots à exproprier est constituée de personnes âgées. Demander à ces pensionnés de quitter leur quartier, c’est courir le risque de les déraciner. Pour eux, l’arrivée du TGV est une catastrophe. Pour les commerçants grecs, espagnols et portugais aussi. Ils sont carrément furieux. Les plus fatalistes sont peut-être les maghrébins. La plupart s’attendaient tôt ou tard à voir leur quartier «revitalisé». Il y aura un travail d’encadrement social considérable à effectuer. Mais à l’heure actuelle, aucun moyen précis n’a encore été défini par la Région.
LA SNCB N’EST PAS PR ETE À PASSER À L’ACTION
Au cabinet de Charles Picqué, on juge qu’il est encore trop tôt pour s’alarmer. La SNCB n’a toujours pas communiqué de calendrier d’action depuis la publication du premier arrêté d’expropriation. Et l’exécutif bruxellois souhaite que les chemins de fer s’occupent d’abord du relogement des 35 familles avant d’entamer les procédures.
Le travail effectué par le Cafa dans l’îlot compris entre la rue de France et la rue Bara devrait être pris en charge par la SNCB, dit-on chez Charles Picqué. La SNCB est seul maître des opérations immobilières dans cette zone, exclue à sa demande du champ d’action de la société «Bruxelles-Midi». Dans les autres îlots, aucune expropriation n’aura lieu avant la fin de 1992 et d’ici là, nous aurons le temps de dégager des solutions pour le relogement.
Quoi qu’il en soit, l’expropriation des 35 familles remue le Midi. La capacité des autorités publiques à les reloger constituera un premier test de crédibilité pour la Région. Même si dans cette opération, c’est à la SNCB de montrer la bonne voie.
Tags : saint-gilles | srib | cafa | bruxelles-midi | charles picqué | gare du midi | sncb | projenor | accompagnement social | tgv« Page précédente — Page suivante »

