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Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

Incendies, terrains vagues, chantiers, absence d’éclairage public et menaces d’expropriations jamais mises en pratique… A Saint-Gilles, les habitants et les riverains des rues de Suède et de Norvège n’en peuvent plus.

Rue de Norvège à Saint-Gilles. Déjà rayée des nouvelles cartes de Bruxelles, cette voirie publique est appelée à disparaître pour faire place à un intérieure d’îlot privatisé. Sur les deux tiers du bloc, un immeuble de bureaux est quasiment déjà sorti de terre. Ce sera le dernier bâtiment conçu par l’Atelier d’Art Urbain dans le quartier. Il abritera le siège du groupe Securex, actuellement basé à Evere. Comme pour la compagnie d’assurance Swiss Life, qui s’est installée dans une partie du bâtiment construit sur l’îlot B (dont le reste est toujours vide), l’arrivée de Securex dans le quartier ne constitue pas plus qu’un déménagement d’un quartier de Bruxelles vers un autre. Aucune création d’emploi en vue, malgré les discours de la Commune de Saint-Gilles qui annoncent depuis 10 ans pas moins de 9000 emplois nouveaux dans le quartier.

Aujourd’hui, à l’ombre du chantier des futurs locaux de Securex, il reste pourtant des habitants dans la parcelle située entre la rue de Norvège et la rue de Mérode. Ceux-ci ont déjà dû subir la démolition de l’îlot B, voisin, le chantier des immeubles de Test-Achats puis de celui qui accueille aujourd’hui Swiss Life. Ils ont enfin dû supporter la destruction de toute la partie de l’îlot situé entre la rue de Norvège et l’avenue Fonsny, vivre plusieurs années face à un grand terrain vague et enfin à côté du chantier qui est en train de se terminer ces mois-ci.

Comme pour tout le quartier, ces habitants sont promis depuis 1992 à une expropriation d’extrême urgence et pour cause d’intérêt public, décrétée par Charles Picqué. A l’instar de l’îlot D (rue de Russie-rue de Mérode), leur bloc ne fait pourtant plus partie aujourd’hui d’aucun plan d’expropriation. Le plan d’expropriation de 1996 a expiré fin 2006 et n’a été renouvelé que pour 4 maisons de l’îlot C (rue de Hollande-rue d’Angleterre). Plus de base légale pour exproprier, donc, mais des menaces qui continuent très clairement à être proférées par les autorités communales et régionales, qui n’ont en aucun cas renoncé à leur projet.

Pour les trois familles qui habitent et sont propriétaires de leur maison rue de Norvège, le calvaire ne semble pas être prêt de s’arrêter. L’arme la plus forte des autorités expropriantes est bien sûr le temps et la dégradation de l’environnement qui s’accélère avec les années. Le bruit, les vibrations, la poussière, les dépôts d’immondices, les maisons vides, l’insécurité… et aujourd’hui, un immeuble qui leur coupe toute lumière du jour. Les habitants finiront-ils un jour par craquer et accepter une offre de rachat à bon compte de leur maison? C’est apparemment le pari qui est pris sur leur dos.

Trois incendies en quelques semaines

Et comme si cela ne suffisait pas, la rue de Norvège fait régulièrement l’objet de coupures d’éclairage public. C’est encore le cas en ce moment, depuis qu’un incendie a commencé à ravager une des maisons vides de la rue, il y a un mois. Cet incendie est survenu quelques semaines à peine après que les flammes aient dévasté une maison habitée dans le même îlot et quelques jours avant qu’un autre incendie, beaucoup plus médiatisé celui-là, ait causé la mort de deux squatteurs dans une maison de la rue d’Angleterre.

A l’époque, le Comité de quartier avait parlé d’un drame prévisible, dénonçant pour la enième fois l’absence de mesures de sécurité prises par la SA Bruxelles-Midi et les autorités communales dans le quartier. Certains avaient reproché cette prise de position, arguant du fait qu’il s’agissait d’un incendie criminel dont les autorités ne pouvaient pas être tenues responsables. Manifestement mal à l’aise suite à cet accident, celles-ci avaient déclaré à la presse que la maison incendiée avait été murée (ou « fermée par des planches », selon les articles) – ce qui relève du mensonge éhonté – et que de toutes façons il leur était impossible d’assurer la sécurité des maisons vides face aux « professionnels du squat bien outillés qui viennent à bout des meilleures serrures ».

Pourtant, la Commune est bel et bien l’une des principales parties responsables de la profusion des maisons vides (pour lesquelles elle n’applique pas sa taxe sur les immeubles vides) et des terrains vagues dans le quartier. Le Comité de quartier n’a jamais insinué que ces incendies étaient le fait des promoteurs publics et privés qui agissent dans le quartier. Il affirme, et ce depuis bien avant les incendies, que la Commune et la Région sont responsables de l’état dans lequel se trouve le quartier aujourd’hui et donc des conditions qui font que la sécurité n’y existe plus.

Que la Commune assume ses responsabilités…

Les riverains des îlots expropriés se plaignent de l’état dans lequel leur quartier est laissé. « Le chemin depuis l’arrêt de tram Suède/gare du Midi est très sombre et insécurisant la nuit pour les piétons », note une habitante d’un îlot voisin. Une autre, installée depuis quelques années dans l’immeuble du Foyer Saint-Gillois, indique avoir « une agréable vue sur le coté de la rue de Suède » par laquelle elle voit « les trois maisons délabrées dont une brulée dernièrement, le nouveau et très beau bâtiment en construction et en bas de mon immeuble un terrain vague jonché d’ordures de tout sortes, très nombreuses bouteilles d’alcool, canettes, sacs en plastique, poubelles, nourriture, excréments d’humains et d’animaux, vieux meubles, planches, bidons, sacs volés etc… Je ne peux vous décrire la puanteur qui se dégage de ce terrain! »

Eclairage public, murage des maisons vides, arrêt des démolitions formant des dents creuses entre des immeubles habités, sécurité des terrains vagues, ramassage des ordures etc. La Commune de Saint-Gilles serait bien inspirée de garantir la sécurité de tous ses administrés, même ceux qu’elle menace d’expropriation depuis une éternité. La justice et le bon sens commandent de mettre immédiatement fin au calvaire des familles de la rue de Norvège, comme de tous les habitants du quartier. De leur permettre rapidement de se reloger ailleurs et de bénéficier d’indemnités pour tout ce qu’ils ont subi et, surtout, qui leur permettent de se racheter une maison identique à celle qu’ils possèdent, en considérant la valeur et l’état de celle-ci tels qu’ils étaient en 1992 et pas aujourd’hui.

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Incendie mortel au quartier Midi :
un drame prévisible…

Un incendie s’est déclaré ce 17 avril au matin au deuxième étage d’une maison faisant le coin de la rue d’Angleterre et de l’avenue Fonsny, en face de la gare du Midi à Bruxelles, faisant deux morts. Vide depuis moins d’un mois pour cause d’expropriation, cette maison était laissée ouverte à tous vents. Contrairement à ce qu’affirme une dépêche Belga, « les baies de porte et de fenêtre du rez-de-chaussée » n’avaient pas « été murées » par le nouveau propriétaire, la Région de Bruxelles-Capitale. Une situation qui est légion dans les 4 îlots (PPAS Fonsny n°1) condamnés par les projets immobiliers de la Région et de la Commune de Saint-Gilles (1). Et que dénonce depuis deux ans le Comité du quartier Midi, qui demande aux autorités communales et régionales de prendre leurs responsabilités pour garantir la sécurité dans le quartier.

Deux squatteurs ont trouvé la mort ce 17 avril au matin dans un incendie rue d’Angleterre à Bruxelles, en face de l’Hôtel Ibis. En fin de journée, on apprenait qu’il s’agissait probablement d’un incendie criminel.

La maison incendiée appartenait depuis les années 80 à une famille qui y résidait et y tenait une épicerie. Jusqu’à ce qu’elle soit expropriée, en juillet 2006, « en extrême urgence » et pour cause « d’utilité publique » devant le juge de paix de Saint-Gilles et à la requête du Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale Charles Picqué (lire: « Chronique d’une expropriation »).

Les désormais anciens propriétaires de l’immeuble avaient eu quelques mois pour trouver une autre habitation. Il y a quelques semaines à peine, ils ont finalement déménagé vers Anderlecht. Après leur départ, il ne fallut que quelques jours pour que la porte d’entrée soit fracturée, puis les vitrines du commerces brisées. Depuis, la maison était ouverte à tous vents. Comme le sont plusieurs autres maisons dans le même îlot et dans les ilots avoisinants, et ce depuis des années.

Un drame annoncé et pas isolé

Depuis sa création en 2005, le Comité du quartier Midi dénonce cette situation d’insécurité pour les habitants, obligés de vivre entre maisons vides et terrains vagues en attendant l’expropriation qu’on leur annonce depuis 1992…

• En mai 2005, une cinquantaine de propriétaires, locataires et commerçants du quartier attiraient déjà, dans une lettre ouverte à Charles Picqué, l’attention du Bourgmestre empêché de Saint-Gilles et Ministre-Président régional quant à cette situation dans le quartier. « Nous doutons que la prolifération des terrains vagues ou des maisons vides améliore l’image et la convivialité des abords de la gare du Midi, ni ne règle les problèmes de sécurité et d’hygiène. Nous voulons aussi rappeler que ce ne sont pas les habitants ni les propriétaires particuliers qui ont mis le quartier dans l’état dans lequel il est aujourd’hui », écrivaient notamment les signataires.

• Dans son cahier de doléances, remis en 2005 aux autorités communales et régionales, le Comité demandait déjà que les incidences de ces projets immobiliers menés par les pouvoirs publics soient gérées dans le respect des riverains, de leurs droits et de leur environnement: « La démolition inutile de maisons et la création de terrains vagues met en péril le logement de certains d’entre nous ainsi que la sécurité, l’hygiène de vie, l’environnement et la tranquilité des autres. Ces pratiques ont des incidences néfastes sur le cadre de vie des habitants et des riverains et sur la santé des commerces dans le quartier ».
Le Comité ajoutait: « Il serait plus logique et plus respectueux de procéder dorénavant de façon groupée aux expropriations, aux délogements et aux démolitions (îlot par îlot). En d’autres termes, de lier les expropriations et les renons à la réalisation de projets immobiliers. Et de garantir, jusqu’à la délivrance des permis de bâtir, le maintien du bâti existant et de l’habitat. Les habitants le souhaitant devraient pouvoir jouir de leur logement jusqu’à délivrance d’un tel permis pour les îlots A, C ou D. Toute maison habitable continuerait à être mise en location par son propriétaire. Mieux vaut, si possible, une maison habitée qu’une maison murée ou démolie ».

• Quelques mois plus tard, le Comité de quartier dénonçait encore que plusieurs maisons de la rue de Russie (îlot D), dont les locataires venaient d’être délogés, étaient laissées « vides et le plus souvent portes et fenêtres ouvertes à tous vents (seuls des petits cadenas ont été apposés aux portes et ils sont étrangement régulièrement ouverts), comme s’il s’agissait de favoriser l’intrusion à l’intérieur de l’îlot et les dégâts de la pluie ».

• En août 2006 (lire: « Quartier Midi: j’arrive plus à dormir ») et en mars 2007 (lire: « Reprise des démolitions dans l’îlot C: comment mieux décourager les habitants? »), le Comité revenait à la charge en pointant la poursuite de ces pratiques qui créent des maisons vides et des dents creuses à la suite de rachats, d’expropriations et de démolitions (parfois partielles) menées manifestement au petit bonheur la chance, sans plan d’ensemble ni calendrier précis… et sans la moindre concertation ni information des riverains, dont on se soucie manifestement peu quant aux incidences qu’ils auront à subir.

• Pas plus tard que ce weekend, le Comité dévoilait sur son site internet que la Commune de Saint-Gilles se prive de son pouvoir de pression sur les propriétaires des maisons vides dans le quartier Midi, en les exonérant de la taxe sur les immeubles abandonnés (lire: « Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides »). L’article se concluait ainsi: « en procédant de la sorte, Saint-Gilles s’empêche d’utiliser cette loi comme moyen de pression pour accélérer ces opérations immobilières dont elle déplore elle-même la lenteur, mais aussi pousser les promoteurs à assurer la sécurité autour des chancres (entretien, pose de clôtures etc.). Il est vrai que la sécurité des habitants du quartier Midi ne semble pas constituer un souci prioritaire de la majorité PS-MR de Saint-Gilles »

Mais malgré toutes ces alertes, la Région bruxelloise (le pouvoir expropriant), la SA Bruxelles-Midi (société anonyme créée par la Région pour mener à bien l’expropriation des habitants et le développement des projets immobiliers dans le quartier) et la Commune de Saint-Gilles (qui a élaboré le PPAS Fonsny n°1, initie les plans d’expropriation, octroie les permis de démolir etc.) sont restées sourdes à ces revendications. La seule réponse qui fut apportée par Bruxelles-Midi et la Commune de Saint-Gilles consista à faire poser le long de certains terrains vagues… des panneaux publicitaires, par ailleurs illégaux (lire: « Des pubs pour lutter contre les squats!? »).

Il faut par ailleurs rappeler que l’incendie de ce matin n’est pas le premier à survenir dans le quartier. Il y a un mois, une maison habitée de la rue de Suède avait été la proie des flammes. Dans le passé, des faits similaires se sont déjà produits, notamment à la rue de Hollande.

Le Comité du quartier Midi rappelle que les habitants du quartier sont les premières victimes des plans poursuivis par les pouvoirs publics dans la zone du Midi. Qu’importe si la Commune et la Région se plaignent de « la lenteur » de l’opération qu’elles ont elles-mêmes voulue et qu’elles persévèrent à réaliser depuis 15 ans. Tant qu’elles n’auront pas les moyens de racheter ou d’exproprier la vingtaine de maisons qui appartiennent toujours à des particuliers (qui, pour la plupart, les occupent ou les louent), les autorités régionales et communales seraient bien inspirées de garantir des conditions de vie décentes à leurs concitoyens. Et de prendre enfin toutes les mesures qui s’imposent pour éviter que de tels drames se reproduisent.

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La Place Broodthaers à Saint-Gilles

- « Respire » (journal de la locale Ecolo), mai 2006

Elle n’existe pas encore sur votre plan de Bruxelles mais ça ne saurait tarder car cette future place, située à l’extrémité de la rue de Hollande dans le quartier Midi, vient de voir son plan d’aménagement soumis à la commission de concertation. Les habitants du quartier Midi, concernés au premier chef, ne se sont pourtant pas déplacés en masse à cette commission, et pour cause : ils ont d’autres chats à fouetter – comme p. ex. obtenir des conditions d’expropriation de leur logement qui ne soient pas assimilées à celles des indiens du Far West.
Lors de cette commission de concertation 3 des 4 organismes habilités ont donné un avis défavorable, à savoir : la Direction des Monuments et Sites, l’IBGE et la SDRB pour un seul avis favorable, celui de la Direction de l’urbanisme de l’AATL (1).
Les avis défavorables ont mis, avec pertinence, trois éléments importants en évidence :
- L’aménagement ressemble davantage à l’aménagement d’une zone de recul (pour masquer l’architecture plutôt massive des bureaux
existants ou projetés) et non à l’aménagement d’une place avec une fonction sociale et récréative ;
- L’absence d’une solution sécurisante pour le passage piéton face à la place, vers la gare. Vu le trafic piétonnier important à cet endroit,
une solution satisfaisante doit être trouvée avant de démarrer une quelconque réalisation;
- L’aspect récréatif est complètement absent et le choix des arbres à haute tige privera la place de lumière solaire.
Malgré ces 3 avis négatifs (+ un avis négatif du seul citoyen présent – votre serviteur), la commune a néanmoins donné un avis favorable. On se demande dans ce cas à quoi servent les commissions de concertation! Quant à l’échevin de l’Urbanisme, le sieur Dineur aux multiples mandats (2), n’était, comme d’habitude, pas présent. Où pourrait-il d’ailleurs trouver le temps de s’occuper d’une place qui n’existe pas encore pour des habitants que l’on espère surtout voir disparaître du quartier ?

Jos Beni

1 AATL : Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement – IBGE : Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement – SDRB : Société de Développement pour la Région Bruxelles-Capitale.
2 Henri Dineur est chef de cabinet du ministre-Président Charles Picqué, il est également secrétaire du gouvernement régional et cumule toute une série d’autres fonctions rémunérées : administrateur à la Stib, chez Iris et Iris Sud, président du Palais des congrès (fermé pour deux ans). Son don d’ubiquité est tel qu’il trouve encore le temps d’être échevin à Saint-Gilles des Finances, des Contrats de quartier, du Contrat de Sécurité et de Prévention, des Cultes, de la Mobilité, du Plan communal de développement, de la Rénovation urbaine, de la Tutelle…

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Quartier Midi : « J’arrive plus à dormir »

Communiqué de presse du Comité de quartier, 21 août 2006.

Alors que la Région de Bruxelles-Capitale n’a plus que jusque fin octobre 2006 pour mener à bien un plan d’expropriation concocté il y a 10 ans par la Commune de Saint-Gilles dans le quartier du Midi, les habitants, propriétaires et commerçants du quartier sont aujourd’hui menacés par la démolition des maisons mitoyennes aux leurs.
Le Comité du quartier Midi rappelle à la Commune et à la Région que des habitants, propriétaires et commerçants — qu’elle n’a toujours pas expropriés — sont encore présents dans les îlots! Le respect minimal que les autorités communales et régionales doivent à leurs administrés consisterait à leur garantir sécurité et tranquilité. C’est en ce sens que le Comité du quartier Midi demande que les démolitions soient arrêtées immédiatement et ne s’effectuent ensuite que bloc par bloc, c’est-à-dire quand il n’y aura plus d’occupants présents dans les îlots.

Le plan d’expropriation établi en 1995 par la Commune de Saint-Gilles et approuvé en 1996 par la Région de Bruxelles-Capitale, est mené « pour cause d’utilité publique » et en « extrême urgence ». Mais il consiste à implanter de grandes surfaces de bureaux dans 4 îlots auparavant principalement destinés à l’habitat. Et en plus de 10 ans, les pouvoirs publics ne se sont jamais donné les moyens de le réaliser. D’où l’état désastreux du quartier et les nombreux dommages subis quotidiennement par ses habitants.

4 îlots sont concernés dans lesquels il reste à ce jour une petite trentaine de propriétaires, ainsi que des locataires et des commerces.

L’annonce par le Ministre-Président du lancement des expropriations dans le quartier Midi semblait présager que la Région assumerait désormais ses responsabilités vis-à-vis des habitants. Mais, alors que Charles Picqué n’a procédé qu’à trois expropriations à ce jour, les destructions sporadiques se poursuivent. Portant atteinte à la sécurité, à la tranquilité et à l’hygiène de vie (invasions de rats, dégâts des eaux, etc.) des personnes habitant ou travaillant encore dans les îlots. Et également à la solidité et à la qualité des maisons qui n’ont jamais été acquises par la Région ni par la SA Bruxelles-Midi— et donc à la valeur de remplacement qui sera ensuite accordée à leurs propriétaires lors de l’expropriation judiciaire.

Depuis ces dernières semaines, plusieurs maisons acquises par la société régionale SA Bruxelles-Midi sont abattues rue de Hollande (îlot C), sans la moindre information préalable des riverains réveillés par le fracas des murs qui s’écroulent.

Des opérations similaires risquent de démarrer ce lundi 21 août à la rue de Russie (îlot D), sous la responsabilité de la société privée Espace Midi cette fois, qui affirme répondre à une demande de la Commune de Saint-Gilles. Interrogés, les ouvriers ignoraient l’existence de maisons habitées mitoyennes.

Espace Midi (société constituée par les groupes Betonimmo/Besix, Van Rymenant/Soficom, Louis De Waele/Immobel – CIB, CFE) affirme agir pour que les maisons ne soient pas squattées. Rappelons toutefois qu’Espace Midi a délogé les locataires de ces maisons il y a un an, également « à la demande de la Commune », les laissant vides et le plus souvent portes et fenêtres ouvertes à tous vents (seuls des petits cadenas ont été apposés aux portes et ils sont étrangement régulièrement ouverts), comme s’il s’agissait de favoriser l’intrusion à l’intérieur de l’îlot et les dégâts de la pluie.

Par ailleurs, rappelons qu’à l’îlot A (Fonsny-Mérode-Norvège-Claes-Suède), les habitants vivent dans des conditions intolérables, devant subir depuis des mois un chantier de bureaux mené sans considération de leur présence.

La SA Bruxelles-Midi s’était engagée à ce que les « travaux [soient] menés dans le respect des habitants » et à informer les habitants et leurs représentants. Aucune information envers les riverains n’a pourtant été effectuée ni par Bruxelles-Midi, ni par la Commune, qui semblent considérer que le quartier est vide.

Le Comité du Quartier Midi proteste énergiquement contre ces procédés visant à décourager les habitants, que la Région et la Commune n’ont pas l’intention de reloger, et à dévaluer les maisons que les pouvoirs publics n’ont jamais su racheter jusqu’à présent.
Le Comité demande l’arrêt des destructions sporadiques tant que le quartier est habité, conformément au point 1 de son cahier de doléances qu’il a remis en juillet 2005 à la Commune de Saint-Gilles, au gouvernement régional et à la SA Bruxelles-Midi :
« L’arrêt des délogements et des démolitions tant que des plannings clairs ne sont pas établis et que des permis de bâtir ne sont pas délivrés… », au motif que « La démolition inutile de maisons et la création de terrains vagues met en péril le logement de certains d’entre nous ainsi que la sécurité, l’hygiène de vie, l’environnement et la tranquillité des autres. Ces pratiques ont des incidences néfastes sur le cadre de vie des habitants et des riverains et sur la santé des commerces dans le quartier. »
Démolir des maisons bloc par bloc relève d’ailleurs du pur bon sens: à quoi servirait de « sécuriser » et de « protéger » des maisons encore habitées alors qu’il suffirait d’attendre quelques mois, puisqu’elles sont sensées être expropriées d’ici peu et ensuite vidées de leurs occupants?

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Les gens du Midi lancent un S.O.S

LA CAPITALE – mardi 22.08.06

« Alors que la Région n’a plus que jusque fin octobre 2006 pour mener à bien un plan d’expropriation concocté il y a 10 ans par la commune de Saint-Gilles, dans le quartier du Midi, les habitants, propriétaires et commerçants du quartier sont aujourd’hui menacés par la démolition des maisons mitoyennes aux leurs »
Décidément, la situation des riverains du Midi ne s’améliore pas. Au printemps, ils nous avaient expliqué tout leur désarroi face à la manière dont les autorités régionales traitaient le dossier de leur expropriation et surtout les prix qui leur étaient proposés.
Aujourd’hui, le comité de quartier Midi rappelle à la Commune et à la Région que des habitants, propriétaires et commerçants, toujours pas expropriés, sont encore présents dans les îlots. « Le respect minimal consisterait à leur garantir sécurité et tranquillité. C’est en ce sens que nous demandons que les démolitions soient arrêtées immédiatement et ne s’effectuent ensuite que bloc par bloc, c’est-à-dire quand il n’y aura plus d’occupants présents dans les îlots ». Quatre îlots sont concernés dans lesquels il reste une trentaine de personnes.
« L’annonce par le Ministre-Président du lancement des expropriations semblait présager que la Région assumerait désormais ses responsabilités vis-à-vis des habitants. Mais, alors que Charles Picqué n’a procédé qu’à trois expropriations à ce jour, les destructions se poursuivent. Portant atteinte à la sécurité, à la tranquillité et à l’hygiène de vie des riverains. Depuis ces dernières semaines, plusieurs maisons sont abattues rue de Hollande, sans la moindre information préalable des riverains réveillés par le fracas des murs qui s’écroulent. Des opérations similaires risquent de démarrer à la rue de Russie. Le comble : interrogés, les ouvriers ignoraient l’existence de maisons habitées mitoyennes. »

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