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Quartier Midi : « La Région doit changer d’attitude », selon l’Arau

- « La Libre Belgique », 8 mai 2008

Un nouveau jugement a accordé à un propriétaire un montant trois fois supérieur.

Il est temps que la Région bruxelloise et la commune de Saint-Gilles changent d’attitude en matière d’expropriations dans le quartier de Bruxelles Midi en cours de réaménagement depuis plusieurs années, ont affirmé l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau) et le Comité du quartier Midi. Les deux associations ont fait cette demande après avoir pris connaissance d’une nouvelle condamnation judiciaire des agissements de ces autorités dans ce dossier. A plusieurs reprises au cours des dernières années, les associations d’habitants se sont plaint des conditions dans lesquelles les expropriations ont été effectuées dans ce quartier en pleine mutation, à la suite de l’implantation du terminal TGV de la capitale.

Il y a un an, la Région bruxelloise avait été condamnée pour atteinte aux droits de l’Homme par le tribunal de Justice de Paix de Saint-Gilles. Elle avait aussi été condamnée à payer à un propriétaire un montant six fois supérieur à celui qu’elle lui avait concédé à l’amiable. Elle avait introduit un recours en révision toujours pendant.

Plus récemment, et si l’on en croit la dernière édition du magazine « Trends-Tendances », un nouveau jugement a accordé, en février dernier, à un autre propriétaire de la rue de Mérode, un montant trois fois supérieur à celui que lui proposait initialement la Région. L’Arau et le Comité Midi se sont plus à souligner les attendus de ce jugement. Il y est question, selon eux, de l’état de « tension constante affectant le psychisme de personnes normales » engendrée par la « mesure d’expropriation en extrême urgence décrétée en 1991, sommeillante et activable à discrétion par l’administration sans aucun avertissement ». On y évoque aussi « le bruit, la saleté, les vibrations, la pollution, le mouvement d’engins de chantier, le harcèlement, l’insécurité, l’incertitude, l’intimidation, toujours sans explication de ce qui se trame ».

Pour les deux associations, il y a lieu de se demander s’il y a encore un pilote à bord dans ce dossier et comment les autorités n’ont pas encore mis fin à cette situation. Selon elle, la Région et la commune avaient pourtant la possibilité de renoncer à la démolition de maisons existantes, et de procéder, dans de bonnes conditions, aux expropriations annoncées. (Belga)

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Nouvel incendie dans une maison de la Région bruxelloise à Saint-Gilles

- Communiqué de presse, Comité du quartier Midi, 19 février 2008

Ce week-end, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 février, un violent incendie s’est déclaré dans une maison vide de la rue de Mérode à Saint-Gilles. Le feu, dont l’origine est inconnue, a mis plusieurs heures avant d’être maîtrisé par les pompiers et n’a heureusement fait aucune victime. L’immeuble incendié se situant entre un hôtel (l’hôtel Ibis) et une maison habitée par trois ménages et un commerce, le drame a été évité de justesse.

C’est le quatrième incendie qui se déclare, en moins d’un an, dans une maison vide appartenant à la Région bruxelloise dans les îlots du quartier Midi frappés depuis 1992 par une menace d’expropriation. On se rappellera qu’en 2007, l’un de ces incendies, d’origine criminelle, avait causé la mort de deux squatteurs.

Depuis 2005, le Comité du quartier Midi n’a eu cesse de demander à la Région bruxelloise et à la Commune de Saint-Gilles de prendre leurs responsabilités pour garantir la sécurité des habitants du quartier. Le comité déplore ce nouvel incident, qui démontre que les agissements des autorités au quartier Midi n’ont toujours pas changé et que les maisons expropriées et laissées vides par la Région sont de véritables dangers publics. Il convient de mettre fin immédiatement à cette situation, sans attendre un prochain drame.

Pour rappel, lire le communiqué de presse du 17 avril 2007 : « Incendie mortel au quartier Midi : un drame prévisible… »

(Photo extraite du blog des soldats du feu).

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Saga Midi : un film et un jugement

- « Le Soir », 9 mai 2008

Saint-Gilles / La Région condamnée

Un nouveau jugement condamne la Région dans le dossier des expropriations du quartier Midi. Les attendus évoquent notamment des « pratiques de harcèlement, d’intimidation et de désinformation » de la part de Bruxelles-Midi, la société anonyme créée par la Région.

Voici un an, le tribunal de Justice de Paix de Saint-Gilles rendait deux jugements sévères à l’encontre de la Région : sa « stratégie de pourrissement » du quartier et ses rachats au rabais y étaient dénoncés. Le juge cantonal estimait en outre que les propositions financières faites à l’amiable par la Région étaient ridicules. Il les avait multipliées d’autorité par six !

Un jugement potentiellement catastrophique pour la Région : il ouvrait la porte à d’autres réclamations de propriétaires s’estimant lésés. Cette crainte s’avère aujourd’hui justifiée. Onze nouvelles plaintes ont été introduites au début de cette année. Visiblement, les derniers habitants sont aujourd’hui mieux encadrés. Ils bénéficient de l’aide logistique du comité de quartier Midi et plus récemment de l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaine).

Si les rachats des maisons sont réformés à la hausse, la SA Bruxelles-Midi va rapidement se retrouver sans argent et la dernière phase des expropriations sera menacée. Des pans entiers de l’opération de rénovation urbaine du quartier sont concernés.

Et puis, il y a ce jugement, rendu le 6 février mais dont on vient d’avoir connaissance. Il accorde au propriétaire d’une maison de la rue de Mérode (la dernière à avoir été expropriée dans le quartier) une indemnité près de trois fois supérieure au montant que lui proposait la Région. Ici encore, les attendus sont cinglants.

Par ailleurs, le film « Dans 10 jours ou dans 10 ans… », qui relate la triste saga du quartier du Midi, sera projeté le jeudi 22 mai au cinéma Arenberg (débat à 20h30, projection à 21h30) et sera disponible en DVD dès le mois de juin. Ce film de 89 minutes, dont certains critiqueront le parti pris même s’il passe en revue tous les points de vue, vaut surtout par les témoignages des habitants face à ces démolitions et aux menaces d’expropriation. A noter, à la fin, une scène absolument surréaliste et tragi-comique où l’on voit un bull démolir par erreur le mur mitoyen d’une maison voisine. Une série de situations cocasses d’anthologie s’ensuivent. Cela fait rire et pleurer. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’une fiction.

• FRANÇOIS ROBERT

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Bruxelles: saccage au quartier Midi

- Vidéo postée sur DailyMotion, 1er février 2008

La scène se déroule au matin du 15 janvier 2008, dans une maisonde la rue de Mérode fraîchement déclarée expropriée mais encore occupée légalement par des locataires…


A ce sujet lire aussi:
- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008
- Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008
- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 9 janvier 2008

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La Région doit changer d’attitude

- Dépêche Belga, 6 mai 2008

Il est temps que la Région bruxelloise et la commune de Saint-Gilles changent d’attitude en matière d’expropriations dans le quartier de Bruxelles Midi en cours de réaménagement depuis plusieurs années, ont affirmé mardi l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (Arau) et le Comité du quartier Midi. Les deux associations ont fait cette demande après avoir pris connaissance d’une nouvelle condamnation judiciaire des agissements de ces autorités dans ce dossier.

A plusieurs reprises au cours des dernières années, les associations d’habitants se sont plaintes des conditions dans lesquelles les expropriations ont été effectuées dans ce quartier en pleine mutation, à la suite de l’implantation du terminal TGV de la capitale.

Il y a un an, la Région bruxelloise avait été condamnée pour atteinte aux droits de l’Homme par le tribunal de Justice de Paix de Saint-Gilles. Elle avait aussi été condamnée à payer à un propriétaire un montant six fois supérieur à celui qu’elle lui avait concédé à l’amiable. Elle avait introduit un recours en révision toujours pendant.

Plus récemment, et si l’on en croit la dernière édition du magazine Trends-Tendances, un nouveau jugement a accordé, en février dernier, à un autre propriétaire de la rue de Mérode, un montant trois fois supérieur à celui que lui proposait initialement la Région.

L’Arau et le Comité Midi se sont plus à souligner les attendus de ce jugement. Il y est question, selon eux, de l’état de « tension constante affectant le psychisme de personnes normales » engendrée par la « mesure d’expropriation en extrême urgente décrétée en 1991, sommeillante et activable à discrétion par l’administration sans aucun avertissement ».

On y évoque aussi « le bruit, la saleté, les vibrations, la pollution, le mouvement d’engins de chantier, le harcèlement, l’insécurité, l’incertitude, l’intimidation, toujours sans explication de ce qui se trame ».

Pour les deux associations, il y a lieu de se demander s’il y a encore un pilote à bord dans ce dossier et comment les autorités n’ont pas encore mis fin à cette situation.

Selon elle, la Région et la commune avaient pourtant la possibilité de renoncer à la démolition de maisons existantes, et de procéder, dans de bonnes conditions, aux expropriations annoncées.

JDD/CHN

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La SA Bruxelles Midi saccage le 53, rue de Mérode au Quartier Midi

- Communiqué de presse des éditions Agone, 15 janvier 2008

Ce matin, mardi 15 janvier 2008, les Editions Agone tenaient une conférence de presse intitulée : « Les Editions Agone contraintes de quitter le Quartier Midi ».

Un de nos collaborateurs dispose en effet en location d’un bureau et d’un atelier au 53, rue de Mérode, utilisé pour la rédaction en chef de la Revue Agone.

L’expropriation de cet immeuble a été prononcée le 3 décembre 2007 par le juge de paix de St-Gilles.

Les locataires ont été avisés du transfert de propriété le 14 janvier, suite au paiement tardif par la Région des indemnités d’expropriation au propriétaire.

En arrivant sur les lieux vers 10h00 ce matin, notre collaborateur, Benoît EUGENE, rédacteur en chef de la Revue Agone, a constaté que la porte donnant sur la rue avait été enfoncée.

La salle préparée pour la conférence de presse avait été saccagée, les livres exposés ayant été jetés au sol et recouverts de gravas.

Dans le même temps, la société publique Vivaqua, compagnie des eaux, déconnectait le bâtiment du réseau d’eau potable.

La Conférence de presse a tout de même eu lieu dans ces conditions très difficiles.

C’est la société privée SA Bruxelles-Midi, société mixte à capital régional dirigée par M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur de l’urbanisme à la Région de Bruxelles Capitale, qui est selon nos informations à l’initiative de ce saccage.

Cette conférence de presse entendait témoigner des violences et intimidations exercées sur les habitants du quartier par les autorités régionales, déjà condamnées pour la violation de plusieurs Droits de l’Homme dans le dossier du Quartier Midi.

A ces violations s’ajoute aujourd’hui celle de la liberté de la presse.

Les Editions Agone condamnent les actes de saccage menés ce matin au 53, rue de Mérode et demandent que les responsables soient sanctionnés. Les locataires ont de leur côté déposé plainte.

http://agone.org

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Quartier Midi : telle n’est pas la capitale de l’Europe que nous voulons

- Réseau Nov-Vox, 30 janvier 2008

Au Pt de la Région de Bruxelles Capitale, à Madame la secrétaire au logement, à Mmes et MM. les parlementaires de la Région de Bruxelles Capitale, à M. le Président de la Commission Européenne.

Le Conseil Communal de Saint Gilles a adopté un 5ème plan d’expropriation pour utilité publique et en extrême urgence dans le quartier de la Gare du Midi, à St Gilles (Bruxelles).
Il appartient désormais à la Région de Bruxelles Capitale, dont le Président est aussi le Bourgmestre de Saint Gilles d’adopter ce plan.

Différentes associations locales représentatives des habitants et actives dans le domaine du Droit au logement, du Droit à la ville et des Droits de l’homme ont présenté des revendications lors de la Commission de concertation qui s’est tenue le 27 novembre 2007. Seule instance officielle de consultation de la société civile dans le cadre de projets immobiliers, cette commission s’est massivement abstenue à l’heure de rendre son avis.
Le rapport de la séance de cette commission n’a pas été transmis préalablement au vote aux Conseillers Communaux.

Soutien aux revendications associatives

Il appartient donc aujourd’hui à la Région de prendre en compte les revendications tout à fait raisonnables formulées par la société civile bruxelloise, exprimées dans le respect de la démocratie. Ces revendications sont les suivantes :

1. Rénover sans détruire. Car ce que les pouvoirs publics proposent c’est de détruire du logement pour en construire de nouveaux, pour un autre public, fiscalement plus rémunérateur.

2. Reloger tous les locataires – que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités en proposant aux habitants expropriés une solution de relogement décente comme cela s’est fait déjà fait dans d’autres dossiers ;

3. Engagement de la Région de proposer un planning concret d’expropriation de maximum de 6 mois, condition à laquelle devrait être par ailleurs soumise toute procédure d’expropriation ;

4. Respecter la loi en garantissant la juste indemnisation des propriétaires et des commerçants ;

5. D’une manière ou d’une autre, mettre fin immédiatement à l’incertitude qui pèse sur les habitants menacés d’expropriation dans les îlots A et D, dont le seul « tort » est d’être installés sur des parcelles où le PPAS Fonsny n°1 a prévu des fonctions « faibles » (le logement), qui ne sont à ce jour toujours pas réalisées.

Nous, associations et de la société civile européenne et d’ailleurs, soutenons ces revendications légitimes. Nous nous étonnons grandement que des crédits destinés au logement public soient utilisés pour exproprier et détruire des logements en partie rénovables alors qu’à Bruxelles comme ailleurs, la pénurie de logements est criante, comme le dénoncent notamment les rapports des Nations-Unies.

Contre le nettoyage social

Nous nous étonnons par ailleurs que dans un cas récent d’expropriation dans le même quartier, un juge ait pu justifier l’utilité publique en ces termes : « Attendu que la gare du Midi ne peut plus être le terminus des migrants pauvres en quête de terre promise », semblant ainsi justifier une opération de nettoyage social et corroborer les inquiétudes associatives et citadines.

Le projet de « revitalisation » du quartier du Midi ne fait pas honneur à la Capitale de l’Europe. Depuis de nombreuses années, tous les voyageurs internationaux ont pu constater la dégradation du quartier – entièrement imputée aux autorités publiques dans un autre jugement dont nous avons connaissance, lequel condamne en outre des violations des Droits Humains par les pouvoirs publics.

Nous condamnons ainsi avec la plus grande fermeté le saccage de l’immeuble situé au 53, rue de Mérode le 15 janvier abritant les Editions Agone et le Comité du Quartier Midi, effectué en toute illégalité à l’initiative des autorités régionales. Nous exigeons la démission et la condamnation des responsables de cette opération punitive.

Contre le Plan de Développement international de Bruxelles

Plutôt qu’une vitrine pour investisseurs, nous attendons en effet que la Capitale de l’Europe soit un modèle de respect de la démocratie, d’écoute de la société civile et de protection des plus faibles, en quête ou non de « Terre Promise ». L’urbanisme inhumain du Quartier Européen, édifié sur les ruines de la vie citadine, venant après la destruction totale du Quartier Nord déjà à des fins d’ »internationalisation » jamais réalisées, ne semble pas avoir servi de leçon.Cela suffit !

Ayant par ailleurs pris connaissance du Plan de Développement International de Bruxelles, clairement inspiré par les milieux d’affaires, de son approche de City Marketing, de sa logique de concurrence de tous contre tous, nous tenons à affirmer avec force que telle n’est pas la Capitale de l’Europe que nous voulons. L’identité européenne que le PDI prétend imposer aux Bruxellois au moyen avoué de techniques de marketing n’est pas non plus l’identité des Européens.

Car à ce compte, toute l’Europe ressemblera bientôt au Quartier Midi, notamment à travers la promotion de partenariats publics privés qui ne profitent, dans le meilleur des cas, qu’aux intérêts des milieux d’affaires.

Premiers signataires :

Kings’s Cross Railway Land Group (Londres), Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (AITEC), Avenir Vivable (France), Comité des Sans Logis (France), Coordination Anti-démolition (France), Droit Au Logement (France), Front d’action populaire en réaménagement urbain (Canada), Kenya Network of Grassroots Organisations (Kenya), Mouvement des Sans Voix du Mali, No-Vox, Urban Poor Associates (Philippines), International Alliance of Inhabitants, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)…

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Expédition punitive de la SA Bruxelles Midi au Rue de Mérode, 53

- Communiqué de presse des locataires du 53 rue de Mérode, 17 janvier 2008

On se souvient que le 9 janvier, la SA Bruxelles Midi, se prétendant indûment propriétaire du Rue de Mérode, 53 à St Gilles auprès de la société publique Vivaqua avait demandé à cette société de déconnecter l’immeuble, encore habité, du réseau d’eau potable. Suite à l’intervention du propriétaire en titre, cette voie de fait avait pu être empéchée.

Le 14 janvier 2008, les locataires étaient avisés par huissier du transfert de propriété consécutif à l’expropriation de l’immeuble prononcée le 3 décembre par le Juge de Paix de St-Gilles, suite à la consignation du paiement de son achat par la Région de Bruxelles Capitale.

Le 15 janvier, les locataires en cours de déménagement constataient que la porte de rue avaient été défoncée, et une pièce saccagée laquelle avait été préparée pour une conférence de presse des éditions Agone. Les casseurs ont déclaré travailler pour la firme De Meuter et que « l’ordre » de défoncer la porte avait été donné par la SA Bruxelles Midi.

Les locataires ont porté plainte. Ils considèrent qu’il s’agit là d’une expédition punitive (rappelons que l’un des locataires avait mis à disposition son atelier pour les réunions du Comité du Quartier Midi et pour la Semaine du Quartier Midi) et d’une violation grave du droit à la vie privée reconnu par la Convention Européenne des Droits de l’Homme. En effet, les lieux étaient occupés légalement et aucune procédure, ni à l’amiable, ni juridique, n’avait été engagée par la Région en vue de fixer une date de départ pour les locataires. La Région n’a, à aucun moment, pris contact avec les locataires et le jugement d’expropriation ne fixait aucune date de départ.

Quoi qu’il en soit, un propriétaire ne peut forcer la porte de la maison de ses locataires et se livrer à des actes de vandalisme, fût-il public, ce qui est une circonstance particulièrement aggravante. Les locataires possèdent toujours des biens dans l’immeuble mis en danger par la démolition de la porte d’entrée et les actes de vandalisme commis.

Ces pratiques illégales et violentes rappellent celles utilisées par l’Eglise de scientologie pour expulser les occupants du 103 Bld de Waterloo, qui étaient eux, soutenus par des Bourgmestres socialistes…

Par ailleurs MM. Pirotte, Van Grimbergen et Mme Caty Marcus se sont livrés à des déclarations mensongères rapportées dans la presse ce mercredi 16 janvier. Aucun locataire n’a été « relogé dans le centre de St-Gilles », les locataires se sont relogés tous seuls quand c’est le cas. Aucune proposition n’a été refusée puisqu’aucune proposition n’a été faite. M. Eugène n’occupe pas illégalement le bâtiment, il est titulaire d’un bail en bonne et due forme et quoique non résident il bénéficie de la citoyenneté européenne l’autorisant à séjourner pour des périodes de trois mois en Belgique. Le 53, rue de Mérode n’est pas sa résidence, située en France, et il est absent de Bruxelles une bonne partie de l’année.

Dans leur précédent communiqué, les locataires réclamaient que la secrétaire exécutive de Bruxelles Midi SA soit démise de ses fonctions pour avoir demandé la coupure d’eau en usurpant le titre de propriétaire à des fins d’intimidation. Le Pt de cette société, M. Jacques Van Grimbergen, par ailleurs Directeur Régional de l’Urbanisme, avait été informé de ces faits.

Il apparait aux locataires que la SA Bruxelles Midi continue ses pratiques de harcèlement et viole délibéremment les lois. Qu’elle poursuivra ses agissements contre les locataires et les petits propriétaires du Quartier Midi dans le cadre du nouveau plan d’expropriation des îlots A et D que la Région s’apprête à adopter.

Ces pratiques sont indignes de pouvoirs publics et violent les droits fondamentaux. Nous exigeons qu’elles cessent immédiatement. Nous demandons à cette fin la démission immédiate de M. Jacques Van Grimbergen de toutes ses fonctions.

• Les locataires du 53, rue de Mérode.

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Encore une victoire de « l’internationalisation »
du quartier Midi !

- Comité du quartier Midi, 20 décembre 2007

Les promoteurs lancent les travaux préléminaires à la reconstruction de l’îlot C, en face de la gare du Midi. Ils annoncent avoir trouvé un premier occupant pour leurs futurs immeubles de bureaux : Smals, une ASBL parastatale belge… Est-ce là le « développement international », vecteur de nouveaux emplois et de taxes, auquel est promis le quartier Midi depuis les années 90 ?

Dans un communiqué de presse, la société Atenor annonce « une évolution positive » dans l’avancement du « South City Office & Hotel » qu’elle compte bâtir pour fin 2009 sur l’îlot C (avenue Fonsny, rue d’Angleterre, rue de Mérode, rue de Hollande), en partenariat avec Espace Midi et BPI. Soit quelques 32.700 m2 de bureaux et un hôtel de 142 chambres.

« Ce projet ambitieux contribue à concrétiser la vision des autorités communales et régionales pour le redéveloppement des abords de l’avenue Fonsny, alliant renouveau architectural et souci du respect de l’environnement », dit le communiqué d’Atenor. Le « renouveau architectural » sera signé par Michel Jaspers et le bureau A2RC. De facture « moderne », il contrastera avec l’architecture des bâtiments construits par l’Atelier d’Art Urbain sur les îlots B (« Swiss Life ») et A (actuellement encore en chantier). Une architecture autrefois encouragée par le PPAS Fonsny n°1, mais aujourd’hui jugée « pastiche ».

Soudain, l’extrême urgence !

Atenor (qui vient par ailleurs d’annoncer un accord avec Eurostation pour le lancement d’un nouveau projet immobilier de l’autre côté de la gare, à Anderlecht), BPI et Espace Midi ont obtenu de la Commune de Saint-Gilles leurs permis de construire voilà déjà plusieurs mois. Ils sont propriétaires du terrain depuis 2005… Sauf de quelques maisons. Celles-ci, menacées depuis 1992, n’avaient jamais été acquises ni expropriées par la Région bruxelloise. En vendant l’îlot, en juin 2005, la Région avait refusé que les promoteurs traitent eux-mêmes avec les propriétaires des dernières maisons : s’imposer comme intermédiaire lui permet en effet d’engranger des plus-values foncières, c’est l’un des objectifs de cette opération.

Mais la Région a laissé le temps s’écouler. Le temps que le second plan d’expropriation (celui de 1996) expire, en novembre 2006. Le temps qu’un nouveau soit entériné, en juillet dernier. Puis le temps de se décider à agir… en décembre 2007. Les 4 dernières maisons viennent d’être expropriées « en extrême urgence » (2 d’entre elles) ou acquises « à l’amiable » (les 2 autres). Après avoir fait pourrir la situation pendant 15 années, la Région a donné un mois aux habitants pour quitter leur maison ! En plein hiver, ceux-ci ont jusqu’au 31 décembre pour faire leurs valises. Et accessoirement, pour trouver un logement…

Des emplois pour la Région et des taxes pour Saint-Gilles, vraiment ?

Désormais, les promoteurs semblent pressés. Atenor se dit confiante. Un premier bail pour 12.200 m2, soit un tiers des surfaces à bâtir, vient d’être conclu pour 27 ans avec un occupant. Surprise : c’est une association sans but lucratif, Smals, qui en sera locataire. Smals est « une communauté permanente d’intérêts que les membres ont créée pour soutenir la mise sur pied de l’e-government ». Une ASBL dont les membres sont essentiellement les institutions publiques de sécurité sociale, la Banque Carrefour de la Sécurité Sociale, les services publics fédéraux chargés de l’application de la sécurité sociale et l’association Egov…

Smals n’a pas vraiment le profil du « bizness international » auquel est promis le quartier… mais qui ne semble pas s’y ruer. On se souviendra que c’est l’ONSS et le Ministère de la Santé qui se sont installés dans les bâtiments de la SNCB, que c’est la SNCB qui a acquis l’îlot construit par la SA Louis De Waele le long de l’avenue de la Porte de Hal… Quant aux immeubles douloureusement accouchés dans le cadre de l’opération régionale « Bruxelles-Midi », ils n’ont pour l’instant attiré que des sociétés déjà présentes à Bruxelles:

- Test Achats (qui était déjà implantée dans le quartier et s’est agrandie),
- Swiss Life (qui a déménagé de la rue de la Loi),
- Securex (qui va déménager d’Evere)…

Aujourd’hui, Smals fait de même. Occupant depuis quelques mois 2 étages dans le bâtiment de la société « Swiss Life » (îlot B), son installation dans le bâtiment d’Atenor, voisin, vise probablement le regroupement dans le quartier de certains de ses services… qu’il s’agira de déménager d’Ixelles, d’Anderlecht ou d’Etterbeek.

On peut donc se poser de sérieuses questions sur l’impact qu’aura cette opération dans la création des 9000 emplois annoncés par la Commune… 9000 emplois qui doivent théoriquement être générés par la construction des bureaux et des hôtels, et qui ont surtout servis comme argument pour justifier la fermeture de nombreux commerces, l’éviction des habitants, la démolition des maisons…

De plus, l’arrivée de tels types d’occupants dans les bureaux du quartier risque de mettre en péril les ambitions financières de la Commune. Celle-ci a fait du Midi son « arme secrète » pour renflouer ses caisses. Or, des associations parastatales comme Smals ne sont-elles pas sujettes à la fameuse « mainmorte » (qui empêche les autorités de prélever les taxes sur les bureaux) ?…

A cet égard comme à d’autres, l’histoire du Midi offre décidément de tristes similitudes avec celle du quartier Nord…

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Les Editions Agone expulsées

- « La Libre Belgique », 16 janvier 2008

• La porte du 53 rue de Mérode a été enfoncée hier, sans ménagement.

• La commune de Saint-Gilles déplore, elle, la mauvaise foi du locataire.

C’est avec effroi que Benoît Eugène, rédacteur en chef de la revue Agone, a découvert hier matin le trottoir ouvert et la porte enfoncée de son bureau de liaison des éditions françaises Agone, au 53 rue de Mérode, dans le quartier du Midi à Saint-Gilles. “Ce matin (NdlR : mardi), la SA Bruxelles Midi, société d’économie mixte (NdlR : qui a pour mission d’acquérir, d’assainir et de mettre en valeur les terrains du quartier du Midi, et dont la Région est le principal actionnaire) a fait enfoncer la porte manu militari afin, dans un premier temps, de retirer les cheminées”, déclare en colère Benoît Eugène. Triste spectacle en effet au rez-de-chaussée : chaises bousculées, livres jetés à terre, morceaux de plâtres éparpillés, cheminée éventrée et marbre mutilé. “Cet acte intervient alors que nous avions prévu ce mardi une conférence de presse pour dénoncer les conditions d’expropriation dans le quartier. Ce lieu est aussi le siège du comité de quartier Midi. Ce n’est pas anodin”, clame le rédacteur en chef.
Un jugement datant du 3 décembre dernier stipulait pourtant que Benoît Eugène devait quitter les lieux pour le 31 décembre au plus tard.Car cette expropriation intervient en “extrême urgence” et “pour cause d’utilité publique”. “L’immeuble a fait l’objet d’une expropriation judiciaire, précise Jacques Van Grimbergen, président de la SA Bruxelles Midi. La SA Bruxelles Midi n’a pas de pouvoir expropriant. C’est la Région, via le comité d’acquisition, dépendant du ministère des Finances, qui a sollicité le juge de paix pour l’expropriation.”
“En un mois, on ne peut pas se reloger, ne décolère pas Benoît Eugène. J’avais donc prévu de quitterBruxelles ce jeudi.”

Spéculation

Pour mémoire, il est décidé fin des années 80 d’implanter un terminal TGV à la gare du Midi.Une profonde mutation des abords de la gare et du quartier du Midi est alors entreprise afin d’en faire un vaste centre administratif et une vitrine internationale de Bruxelles. En 1992, le Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) “Fonsny 1” fixe le sort de quatre îlots – les îlots A, B, C et D – sis entre l’avenue Fonsny et la rue de Mérode, ainsi qu’entre la rue Claes et la rue de Russie. Commence alors une vague d’expropriations de ces quatre îlots de maisons dans le bas de Saint-Gilles.
L’immeuble occupé au rez-de -chaussée et au premier étage par l’antenne des Editions Agone appartient à l’îlot C, délimité par l’avenue Fonsny et les rues de Hollande, d’Angleterre et de Mérode. “Je suis locataire depuis neuf ans et il y a eu des intimidations dans le quartier, tel que bloquer les rues, ne pas enlever les immondices, couper l’eau, etc. Le but ? Inciter les propriétaires à partir et à vendre leur bien à la Région bruxelloise au plus bas prix. Celle-ci pourra par-après le revendre au prix fort. C’est de la spéculation”, tient à dénoncer le rédacteur en chef.

Locataires relogés

A la commune de Saint-Gilles, en revanche, on déplore la “mauvaise foi” de Benoît Eugène. “L’ASBL Cafa, qui dépend du CPAS de Saint-Gilles, est chargée tout spécifiquement du relogement des locataires des quatre îlots concernés par l’expropriation”, explique Olivier Pirotte, chef de cabinet du bourgmestre Charles Picqué (PS), également ministre-Président de la Région bruxelloise. “M. Eugène n’a pas accepté cet accompagnement et n’a jamais demandé de délai supplémentaire à Bruxelles Midi pour déménager. La plupart des personnes concernées par le plan d’expropriation de 1996 ont déjà trouvé une solution de relogement depuis longtemps.” “M. Eugène occupe illicitement l’immeuble car il n’est pas inscrit au registre de la population à Saint-Gilles. Les “vrais” locataires ont été aidés aurelogement et sontdéjà partis”, fait remarquer pour sa part Jacques Van Grimbergen. A ce jour, “trente ménages effectifs sur les îlots A et D sont encore domiciliés”, précise M. Pirotte. Quand bien même le 53 rue de Mérode compte un brave irréductible, les travaux de démolition des autres immeubles de l’îlot C ont déjà débuté. “Il y a quelques mois, quatre immeubles de l’îlot C restaient encore à acquérir. Entre-temps, deux ont été acquis par voie amiable et les deux autres par voie d’expropriation”, explique M. Van Grimbergen. Quelle sera l’affectation de l’îlot ? Du côté de l’avenue Fonsny et de la place Broodthaerts seront construits des bureaux (Atenor groupe SA). Le côté avenue Fonsny, rue d’Angleterre et rue de Mérode verra également des bureaux (Espace Midi SA) sortir de terre tandis que les rues de Mérode et de Hollande accueilleront un hôtel. Tous les permis ont été délivrés le 21 novembre dernier. Les travaux de fondation devraient commencer sous peu.
Quant à Benoît Eugène, il a décidé de repartir à Marseille dès cette fin de semaine, “le temps de réfléchir si je vais garder une activité à Bruxelles”.

Stéphanie Bocart

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