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Visite guidée

Etat des lieux (non exhaustif), mai 2005…


A louer! Magnifique immeuble de bureaux face à la gare du Midi. Deux ans après sa construction, 40% seulement sont loués…


Vue de l’avenue Fonsny (maisons de l’îlot C, bureaux de l’îlot B)


Ilot C, rue de Mérode


Ilot C, rue d’Angleterre


Ilot C, rue de Hollande


La nouvelle « place Marcel Broodthaers » vue de l’îlot B…


…et de l’îlot C, rue de Hollande


Ilot A, rue de Norvège


Vues de l’avenue Fonsny, face à la gare


La rue de Mérode en travaux (pendant plus d’un an!)

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Bas de Saint-Gilles

Hauts et « bas » de la vie saint-gilloise…

Même si certains discours le décrivent comme vide, insalubre et sale, le quartier Midi est encore bien vivant et certains habitants y sont toujours très attachés.
Mais que dire des conditions de vie qui leur sont imposées depuis plus de 10 ans, des conséquences que subit leur environnement, ou encore des commerces qui périclitent et des emplois qui se perdent? Est-on vraiment occupé à revitaliser un quartier, à développer l’économie bruxelloise ou encore à créer ici 9000 emplois, comme le prétend la Commune de Saint-Gilles?!

Et même si c’était le cas… Que penser de l’accompagnement social, maigre et théorique, qui est réservé à certains d’entre eux (ceux qui étaient présents avant 1997)? Comment expliquer l’absence d’information que déplorent les habitants depuis des années? L’incohérence manifeste dans l’avancement des projets immobiliers et de la non prise en compte des conséquences qui en résultent pour le quartier…?

Dans quel autre quartier de Bruxelles oserait-on faire vivre des habitants entre des maisons qu’on vide, qu’on mure et qu’on laisse se délabrer, au milieu de terrains vagues et de chantiers, dans des rues aux trottoirs non entretenus, délaissée par les services d’hygiène…?
Que doivent penser les locataires et propriétaires de la rue de Norvège, qui n’existe déjà plus sur les plans officiels de Bruxelles? Et ceux de l’îlot C, dont la presse écrit qu’il sera vidé de ses locataires et propriétaires avant la fin de l’année?…

Comment justifier ce manque pur et simple de considération et de respect?

Aujourd’hui, cela fait:

· plus de 20 ans que le quartier subit des spéculations de toutes sortes
· 14 ans que le schéma directeur tarde à se concrétiser
· 13 ans que le PPAS « Fonsny 1″ a été entériné
· 9 ans que le plan d’expropriation a été décrété et entamé, suscitant des pressions et des intimidations de toutes sortes sur les habitants
· 9 ans que des propriétaires sont dans l’attente de cette expropriation
· 9 ans qu’aucun permis d’urbanisme et aucune prime ne sont plus délivrés pour des rénovations dans le quartier
· 9 ans qu’ont été décidés la méthode d’accompagnement social et le montant des indemnités théoriquement dûes aux locataires délogés
· 8 ans qu’a été décidée la date limite avant laquelle les habitants devaient être présents dans le quartier pour pouvoir solliciter ces indemnisations
· 4 ans que les premières maisons de l’îlot « A » ont été rasées et remplacées par un terrain toujours vague
· 2 ans que le seul immeuble de bureaux sorti de terre, dit « Swiss Life », est à louer: il n’est occupé qu’à 40%
· …

Le plan d’expropriation arrivant à son terme dans un an, en juillet 2006, il est temps d’évaluer les projets menés au quartier Midi, d’assumer les erreurs du passé, mais aussi d’améliorer les conditions de vie déplorables dans le quartier et l’incertitude insupportable qui plâne depuis trop longtemps sur ses habitants.

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L’îlot A du quartier du Midi ne sera pas démoli

- « Le Soir », 8 juillet 2008

Vers une solution du conflit opposant le comité d’habitants du quartier Midi et la Région? Un accord vient d’intervenir avec l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines), qui fait office de médiateur.

Très compétent en matière d’urbanisme, l’Arau est en contact avec le comité Midi. Celui-ci, révolté par la lenteur des expropriations (elles remontent à 17 ans) et la faiblesse des montants offerts par la Région, a obtenu par voie de justice des prix bien plus élevés pour les propriétaires expropriés.

Ces expropriations font mal à la Région et à Charles Picqué (bourgmestre en titre de Saint-Gilles). L’image du PS, qui se comporte comme un méchant promoteur, est aussi écornée. C’est pourquoi Charles Picqué s’est concerté avec l’Arau pour trouver une solution.

Le ministre-président de la Région a fait étudier par ses services les possibilités juridiques et financières d’une rénovation (et non plus une démolition) des maisons de l’îlot A (Mérode, Claes, Norvège et Suède) soumis au PPAS (plan particulier) de 1992. Celui-ci prévoit une zone mixte : le logement y trouve donc parfaitement sa place. L’étude confirme la viabilité de la piste « rénovation » pour le dernier îlot meurtri du quartier.

La rénovation n’arrêtera pas les expropriations de la Région. Au contraire : elle devrait plutôt les accélérer, rejoignant ainsi le souhait des habitants épuisés par l’interminable incertitude qu’ils subissent depuis 17 ans. Pour l’Arau, qui a toujours privilégié la rénovation du tissu urbain, cette solution sauve ce qui peut encore l’être dans le quartier.

Quelque 34 logements sociaux seraient créés (en plus des 44 logements neufs programmés). Trois opérateurs travailleraient ensemble : le Fonds du logement et les régies de Saint-Gilles et de la Région. Seuls les immeubles donnant sur la rue de Norvège seront démolis pour céder la place à un vaste intérieur d’îlot vert, conformément au prescrit du PPAS.

• François Robert

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La rue de Mérode sera un peu moins défigurée

- « La Dernière Heure », 8 juillet 2008

La Région a décidé de rénover 19 immeubles de l’îlot A du PPAS Fonsny 1. Les expropriations restent néanmoins d’actualité.

BRUXELLES • Le bâti restant de l’îlot A du PPAS Fonsny 1, dans le quartier du Midi, ne sera pas détruit. La Région a lancé une étude afin de « déterminer les possibilités juridiques et financières de la rénovation de 19 immeubles d’habitations situés dans l’îlot compris entre les rues de Mérode, Claes, de Norvège et de Suède ».

Ces immeubles se situent plus précisément aux numéros 20-24 de la rue Claes, des numéros 115 à 89 de la rue de Mérode et des 17 au 21 de la rue de Suède. Même celle dans un état particulièrement lamentable de la rue de Mérode conservera quelques bribes de son passé : la façade.

Seules les 18-20 rue de Norvège et 13 de la rue de Suède (toutes propriétés de la Région) seront démolies. Un bâtiment neuf viendra fermer l’îlot et empiétera sur la rue de Norvège, vouée à disparaître.

Cette décision, prise suite à une concertation menée par l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau), a pour objectif de défigurer un tantinet moins un quartier qui en a déjà pris plein la pomme.

« Nous pensons que cette décision va accélérer les choses car elle est moins ardue à mettre en oeuvre », note de son côté la directrice de l’Arau, Isabelle Pauthier. « Ce n’est pour autant pas une solution facile, mais ça permet à la Région d’éviter un nouveau terrain vague dans le quartier. » Judicieux à quelques mois des prochaines élections régionales…

La Région ne renonce néanmoins pas aux expropriations, de peur de se retrouver avec tout le monde sur le dos. Les propriétaires des immeubles préservés peuvent néanmoins procéder eux-mêmes à cette rénovation, « le cas échéant, avec l’aide des primes à la rénovation ».

Rien ne garantit pourtant qu’ils retrouvent leurs biens après la rénovation. Les discussions risquent donc d’être serrées. Mais utiles pour Isabelle Pauthier : « Ce chantier a duré 17 ans car Charles Picqué a perdu des moyens d’action à un certain moment, surtout quand Willem Draps et Hervé Hasquin étaient à la Région ».

• M. L.

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Midi, l’heure de la « rénovation »

- « La Libre Belgique », 8 juillet 2008

Saint-Gilles • Le dossier de l’îlot A du quartier du Midi devrait enfin connaître son épilogue. Le gouvernement bruxellois et l’Arau sont arrivés à un accord. Les derniers « résistants » devraient quitter les lieux dans le courant 2009.

Seize ans. Presque toute une génération que l’îlot A du quartier du Midi attend de connaître son sort. C’est en effet en 1992 que le PPAS (Plans particuliers d’affectation du Sol) « Fonsny 1″ fixe le sort de quatre îlots (A, B, C et D) sis entre l’avenue Fonsny et la rue de Mérode, ainsi qu’entre la rue Claes et la rue de Russie. Soit à deux pas de la gare du Midi.

Sur papier, l’îlot A (compris entre les rues de Mérode, Claes, de Norvège et de Suède) doit être un « savant » mélange entre bureaux et logements. Dans le meilleur des mondes, le dossier serait ficelé en quelques mois. Quelques années au pire. Oui mais voilà entre conflits politiques, résistance des habitants ou spéculation immobilière, la « saga » du Midi installe peu à peu ses incertitudes dans le quartier. Les années passent et plusieurs majorités politiques se cassent les dents sur ces quatre épineux îlots appelés à se renouveler.

Si la situation s’est lentement débloquée ces derniers mois pour les îlots B, C et D (où cinq expropriations sont toujours en cours), la situation de l’îlot A connaît des soubresauts. C’est qu’une trentaine de ménages y vivent toujours et ne veulent rien entendre du projet de destruction de leurs habitations.

Devant ce dialogue de sourds entre autorités et riverains, le comité de quartier décide de faire appel à l’Arau (Atelier de recherche et d’actions urbaines) au cours de l’hiver dernier. « Nous avons immédiatement demandé à la Région une étude de faisabilité sur l’îlot, explique Isabelle Pauthier, directrice de l’Arau. De cette étude, il ressortait que les démolitions étaient évitables. Du moins sur une partie de l’îlot ».

Dans « un souci d’apaisement », le gouvernement bruxellois a ainsi décidé d’adhérer récemment à ce plan qui a pour philosophie « rénover plutôt que démolir ». Seuls les immeubles donnant sur la rue de Norvège devront être démolis pour céder la place à un vaste intérieur d’îlot vert, conformément au prescrit du PPAS, explique-t-on au cabinet du ministre-Président Charles Picqué (PS). Les façades donnant sur la rue de Mérode seront par contre conservées et les immeubles (34 logements) subiront une « rénovation profonde ». Les propriétaires qui en feront la demande pourront rénover leur immeuble avec, le cas échéant, l’aide des primes à la rénovation. Deux constructions neuves (44 logements en tout) viendront compléter l’ensemble et serviront de « raccords » entre ces rénovations et les bureaux déjà existants sur l’îlot.

« Il était important pour nous non seulement de préserver une partie du patrimoine bâti de cet îlot, mais aussi de sortir de l’incertitude les ménages y habitant », reprend Isabelle Pauthier, heureuse qu’une « solution rapide et équitable » ait pu être trouvée.

Un autre avantage, évoqué par la Région, est celui d’« accélérer l’amélioration des conditions de logement des habitants en travaillant par étapes successives ». Reste qu’on passe de nonante nouveaux logements (de type moyen) prévus dans l’esquisse initiale à une septantaine dans cette version « bis ».

Expropriations maintenues

La Région tient toutefois à le préciser : le plan d’expropriation est maintenu. « Les rénovations sont trop lourdes pour permettre aux ménages de demeurer pendant les travaux », explique pour sa part Isabelle Pauthier. Les expropriations devraient ainsi suivre leur cours et la Région espère que les derniers « résistants » quitteront les lieux au plus tard en juin 2009.

L’ensemble du projet pouvant voir le jour en juin 2010. « On a tendance à l’oublier, mais il existe tout un accompagnement social pour les personnes expropriées, explique Olivier Pirotte de la commune de Saint-Gilles. « Tout est fait pour les aider à retrouver du logement, que ce soit dans le public ou dans le privé ».

Mais ces habitants auront-ils la possibilité de revenir dans ces immeubles après les travaux ? « Théoriquement ce n’est pas impossible, mais dans les faits, c’est peu réalisable, explique-t-on à la Région. Les solutions envisagées pour reloger les personnes expropriées sont des solutions durables. Il y a donc peu de chances qu’elles désirent retourner vers leurs logements d’origine ».

Reste à voir si les habitants concernés seront du même avis…

• Raphaël Meulders

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Bxl-Midi: Picqué et l’ARAU d’accord pour rénover plutôt que démolir

- Dépêche Belga, 7 juillet 2008

Les immeubles d’habitations situés en face de la gare du Midi, entre les rues Claes et de Suède, et qui font l’objet d’un plan d’expropriation, pourront être rénovés si les propriétaires en font la demande, ont indiqué lundi le ministre-président bruxellois Charles Picqué et l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau) à l’issue d’une concertation.

L’ARAU avait incité il y a deux mois la Région bruxelloise à changer d’attitude en matière d’expropriations dans le quartier de Bruxelles Midi, en cours de réaménagement depuis plusieurs années.

L’association dénonçait notamment la tension que subissent les habitants en raison de la menace d’expropriation « sommeillante et activable à discrétion par l’administration sans aucun avertissement » et réclamait que la Région reprenne les choses en mains. Des décisions de justice défavorables à la Région s’étaient ajoutées à ces plaintes.

A la suite d’une concertation avec l’ARAU, le ministre-président bruxellois Charles Picqué a commandé une étude sur les possibilités juridiques et financières de la rénovation d’une série d’immeubles d’habitations. Ceux-ci sont situés entre les rues de Mérode, Claes, de Norvège et de Suède.

L’étude en question a conclu que l’objectif de logement du Plan particulier d’aménagement du sol (PPAS) pouvait être atteint en rénovant les bâtiments existants plutôt qu’en procédant à une démolition-reconstruction.

M. Picqué a donc décidé une opération de rénovation complétée par deux constructions neuves destinées à refermer l’îlot.

Le plan d’expropriation est maintenu. Les propriétaires qui en feront la demande pourront rénover leur immeuble avec, le cas échéant, l’aide des primes à la rénovation.

Quant aux immeubles qui auront été expropriés, les pouvoirs publics procéderont à leur rénovation complète. Seuls les immeubles donnant sur la rue de Norvège devront être démolis pour céder la place à un vaste intérieur d’îlot vert, conformément au prescrit du PPAS.

Le ministre-président et l’ARAU disent avoir voulu accélérer l’achèvement de ce projet en assurant le maintien du front bâti de cette partie de la rue de Mérode.

BPE/NBA

Lire le communiqué commun de Charles Picqué et de l’ARAU.

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Françoise Dupuis: « c’est de loin le dossier le plus compliqué, et probablement le plus lent, que nous suivions actuellement »

- Parlement régional bruxellois, 8 janvier 2008. Commission du Logement et de la Rénovation urbaine. Interpellation de M. Alain Daems à Mme Françoise Dupuis, secrétaire d’Etat à la Région de Bruxelles-Capitale, chargée du Logement et de l’Urbanisme, concernant « le projet du Plan logement sis sur les îlots A et D du PPAS Fonsny I ».

M. le président.- La parole est à M. Daems.

M. Alain Daems.- Mon interpellation porte sur un projet particulier du Plan logement, qui présente des caractéristiques différentes des autres projets et du schéma de base. Il s’agit de 80 à 120 logements moyens à construire sur deux îlots du PPAS Fonsny I.
Les éléments qui font apparaître ce dossier comme singulier sont les suivants. A la différence des autres projets du Plan logement, il ne s’agit pas de terrains vides mais de logements à démolir préalablement. Ces terrains bâtis n’appartiennent pas aux pouvoirs publics. Les maisons sont encore occupées, pour la plupart par leurs propriétaires. Du point de vue du financement, Beliris interviendrait pour l’expropriation et la démolition des immeubles. Or, mener des expropriations au nom de la contribution aux fonctions de capitale de Bruxelles ne me semble pas immédiatement compréhensible. Enfin, la SRIB serait le maître d’oeuvre du projet. La SRIB sera peut-être amenée à produire du logement moyen mais elle devra ensuite gérer ces logements ou les confier à une instance qui gérera les logements et le lien locatif avec les habitants.
Je n’entends pas critiquer le fait qu’il y ait de nombreux aspects atypiques. Dans le cadre de l’objectif ambitieux que le gouvernement s’est fixé en matière de production de logements publics et face aux difficultés de trouver des terrains vides et d’obtenir l’accord des autorités locales, il n’est pas du tout absurde d’essayer de trouver d’autres modalités, comme par exemple la rénovation de logements en mauvais état. Cependant, des questions se posent, notamment quant à l’expropriation et à l’expulsion des habitants, locataires ou propriétaires de leur logement, pour y construire après démolition un nombre équivalent de logements publics pour revenus moyens.
A ce sujet, il est apparu dans les débats budgétaires qu’environ 200 logements ont été fermés par le Service d’Inspection régionale (DIRL), en application des normes d’habitabilité du Code du Logement. Ces logements sont vides et ont besoin d’une rénovation importante. Ils pourraient être éventuellement expropriés, rénovés et intégrés dans le Plan logement. Le fait de vider des appartements déjà occupés pour les démolir, les reconstruire et y installer d’autres habitants, ne semble pas évident à première vue.
Je souhaiterais obtenir des éclaircissements concernant le type de logements et leur nombre. La commune annonce du logement social et moyen, tandis que le site internet du Plan logement parle de logement moyen. Qu’en est-il exactement ?

Ces logements, prévus au PPAS – lui-même bien antérieur au Plan logement – , devaient de toute façon être construits et financés par les charges d’urbanisme. Au-delà de la maîtrise d’ouvrage et du financement se pose la question de la gestion locative et immobilière de ces futurs logements neufs. Contrairement à ce que je croyais, les 5.000 logements du Plan logement ne constituent donc pas des logements supplémentaires assortis aux mécanismes traditionnels tels que celui de la SDRB. Qu’en est-il de la gestion locative et immobilière de ces futurs logements, étant donné que la SRIB n’est pas dotée d’une administration pour assurer cette tâche ?
Le Plan logement s’inscrit dans un délai déterminé par la législature régionale. Néanmoins, les projets prévus dans le quartier du Midi ont pris un retard considérable. Il a en effet été nécessaire d’adopter un nouveau plan d’expropriation, en plus des précédents (le premier s’étendait déjà sur dix ans, et le suivant sur trois ans, sans pour autant avoir été notifié). Le fait que les délais nécessaires à la réalisation de logements habitables s’avèrent plus longs (15 à 20 ans) que les délais initialement prévus (5 ans), cela ne vous inquiète-t-il pas ? Avez-vous obtenu suffisamment d’assurances pour éviter que ce projet ne reste le parent pauvre de l’ensemble du Plan ? Le calendrier est d’autant plus important que les maisons sont habitées. Constater la dégradation continue de son logement sans disposer pour autant de la perspective d’un accompagnement social et de la possibilité d’un relogement est effrayante pour les occupants. Cela fait dix ans que l’on parle d’expropriation. Il importe de proposer aux habitants de ce quartier, tant locataires que propriétaires, une perspective claire sur les possibités de relogement en Région bruxelloise.
Enfin, pour des raisons urbanistiques et environnementales – l’environnement étant un domaine qui me tient particulièrement à coeur – la rénovation de ces logements, dont la dégradation affecte l’aspect général et les conditions de vie de ses occupants, me paraît plus judicieuse qu’une démolition suivie d’une reconstruction.

M. le président.- La parole est à Mme Dupuis.

Mme Françoise Dupuis, secrétaire d’Etat.- Cette interpellation me permet de faire un minimum de clarté. Je ferai ce que je peux, avec l’humilité de ma fonction et de la tâche qu’on m’a confiée. Ceci étant, je ne peux absolument pas vous suivre sur les 20 années du Plan logement. A propos du quartier Midi, je ne suis responsable que d’un aspect. Je vais vous l’expliquer. Quand on m’a demandé d’imaginer où je pourrais faire construire environ 5.000 logements – en rupture avec tous les chiffres et statistiques qui avaient été maniés précédemment, vous le savez mieux que moi -, sur un terrain public, afin de neutraliser le coût du terrain, il fallait bien faire appel à la bonne volonté des différents acteurs publics (communes, CPAS et autres régies). J »ai essayé de ne pas manquer d’imagination en la matière.
Dès le début, j’ai indiqué au ministre-président que – puisqu’on se plaignait massivement de la trop grande implantation de bureaux dans le quartier de la gare du Midi et, qu’en outre, on se plaignait beaucoup des retards – j’étais disposée à y recevoir un terrain pour y faire du logement dans le cadre du Plan logement. C’est moi qui ai eu cette idée.

Comme il y a là un terrain semi-public, ou géré de cette manière par la société anonyme, pourquoi ne pas envisager de faire une partie du Plan logement à cet endroit, ne fût-ce que pour favoriser la mixité du quartier. D’emblée, pour la mixité, nous avons pensé y faire du logement moyen, puisque, dans la même rue, il y avait déjà des implantations du Foyer saint-gillois.

La s.a. Bruxelles-Midi a répondu positivement à cette demande. Son assemblée générale m’a confirmé qu’il était tout à fait concevable d’inscrire ces îlots dans le Plan logement, moyennant des procédures que nous déterminerions ensemble. Cette réponse m’a totalement satisfaite. Ce dossier fait partie des trente-deux projets sur lesquels nous travaillons actuellement. Nous rappelons tous les mois la s.a. Bruxelles-Midi pour connaître l’état d’avancement du projet.
Il existe en réalité deux projets. Le premier concerne un ensemble cerné par la rue de Norvège, la rue de Suède et la rue de Mérode, où se trouvent encore quelques maisons occupées, dont l’état de taudisation est assez avancé, à l’intérieur d’un îlot très dégradé dans son ensemble. Un oeil profane, mais averti, évalue facilement qu’il est possible de réaliser jusqu’à 120 logements à cet endoit. Il suffit de compter les numéros des maisons qui s’y trouvent et de construire en urbanisation normale pour ce quartier, par exemple rez + 3, avec un 4ème étage en recul, ce qui est même plus bas que le reste des bâtiments actuels.
Le second projet, arrêté dans le chef de la société et des autorités de Saint-Gilles, est lié à un pâté de maisons situé deux ou trois îlots plus loin. Il concerne une partie d’îlot comportant des immeubles de plus grande hauteur, occupés par de nombreux locataires, qui se plaignent de ne pas avoir reçu d’offre de relogement. Cela constitue une autre forme de difficulté pour l’expropriation en cours.
Ces deux projets comportent des difficultés très différentes. Ils portent sur un bloc fort dégradé et un autre qui l’est moins, où une opération pourrait être entreprise, avec une procédure d’accompagnement qui ne me concerne pas. J’ai lancé il y a deux ans et demi l’ idée d’inscrire dans le Plan logement les logements qui pouraient être bâtis à cet endroit.

Cette idée a ensuite fait son chemin, avec quelque flou, je vous le concède. Mais nos projets sont beaucoup moins atypiques que vous ne le pensez. Dans beaucoup d’autres lieux, il y a encore des constructions, comme dans la rue des Polders à Uccle. Il s’agit là d’une propriété de la régie régionale, dont le dossier a été confié à la SRIB. Cependant, nous ne commencerons à travailler dans le cadre de notre Plan logement qu’à partir du moment où le terrain sera vierge.
Nous négocions avec les régies régionale et locale pour reloger les gens et nous avons trouvé des solutions. Dans ce cas-ci, le propriétaire est public, mais la situation est la même, à savoir que le terrain n’est pas vierge. Il n’est pas question de rénover à cet endroit, qui est un chancre depuis 1981. Normalement, les terrains seront cédés à une personne morale de droit public, probablement à la régie régionale. Nous cherchons la meilleure hypothèse. Nous travaillerons alors dans un cadre tout sauf atypique. Je crois également comprendre que les personnes sous le coup d’une expropriation ne sont pas heureuses des lenteurs et réclament une accélération. Ce n’est cependant pas moi qui décide.

Pour les besoins de la commission, permettez-moi de reprendre dans le détail l’historique des procédures d’expropriation.
En date du 14 septembre 1995, le gouvernement a approuvé le PPAS « Quartier de l’avenue Fonsny n° 1″, délimité par l’avenue Fonsny, la rue de Russie, la rue de Mérode et la rue Claes. Ce PPAS s’inscrit dans le cadre de l’opération « Gare du Midi ». ll comporte cinq îlots, où des modifications importantes sont prévues par la création d’une nouvelle place (à l’angle de la rue de Hollande et de l’avenue Fonsny), entourée d’immeubles de bureaux et de commerces. Le logement est conforté du côté de la rue de Mérode. Le plan d’expropriation nécessaire à la réalisation de ce PPAS a été approuvé par arrêté du gouvernement du 18 juillet 1996. A la suite d’un problème de procédure, ce plan d’expropriation n’a pas été approuvé en même temps que le PPAS. Le plan d’expropriation recouvre la totalité des îlots, excepté les parcelles sises 9 à 19 rue de Hollande, qui appartiennent à Test-Achats, et 2 à 20 rue d’Angleterre, où il y a un hôtel. Au total, 165 parcelles sont visées par le plan d’expropriation qui accompagne ce PPAS. Le pouvoir expropriant est en l’occurence la Région de Bruxelles-Capitale.

Par arrêté du 7 juin 2001, le gouvernement a confirmé la nécessité et l’urgence de poursuivre les expropriations prévues par le plan d’expropriation approuvé, afin de réaliser les objectifs de ce PPAS. Entre-temps, le plan est devenu caduc sans que tous les immeubles aient été expropriés. La commune a donc approuvé un nouveau plan d’expropriation et demandé l’extrême urgence. Le conseil communal a adopté provisoirement un nouveau plan d’expropriation le 6 septembre 2007 et a pris sa décision définitive le 13 décembre 2007, après une enquête publique organisée du 10 octobre 2007 au 8 novembre 2007, et un avis de la commission de concertation du 27 novembre 2007. Ce dossier sera examiné sous peu par le gouvernement, mais il ne lui a pas encore été soumis.

Ma responsabilité commencera à ce moment-là, et seulement partiellement, puisqu’il s’agit d’une procédure proposée par la commune de Saint-Gilles. Il ne sera pas dérogé ici au Plan logement, qui prévoit 5.000 logements supplémentaires. Effectivement, si nous prenons en charge les constructions sur ces deux îlots – et à mon avis, il y a quelque chose qui cloche dans l’évaluation qui a été faite et il y aura plus de 120 logements – les charges d’urbanisme seront reportées, parce qu’elles étaient destinées à la rénovation, à la création ou à l’acquisition de logements dans le quartier du Midi.
Je pense qu’elles seront reportées sur des logements ailleurs dans le quartier, ce qui n’est pas plus mal. Il y aura de toute façon des rénovations ou des constructions qui ne seront pas directement gérées par moi, mais je pense que je m’en occuperai quand même, pour être sûr qu’il y ait à chaque fois des logements supplémentaires. Les charges d’urbanisme financeront d’autres logements plutôt que ce projet là, pris en charge par le Plan logement. Et pourquoi pas ? Une telle économie d’échelle peut être intéressante.
Je ne sais pas si Beliris participe au financement de ce projet. Je vais me renseigner. Je sais seulement que Beliris a mis de l’argent dans la société anonyme Bruxelles-Midi. Voilà donc un premier élément flou. Dans les projets dont j’ai la responsabilité, en matière de logement social, par exemple, Beliris intervient essentiellement dans le cadre de rénovations de patrimoine existant. Je ne sais toutefois pas ce qui se passe au niveau de Beliris. Il n’est pas impossible que, par de
multiples canaux, de l’argent de Beliris arrive pour ce projet, mais certainement pas pour le projet dont j’ai la charge.

Pour résumer, le modus operandi peut être le suivant. D’abord, j’espère que les expropriations se dérouleront dans les meilleures conditions possibles. Je crois que la commune de Saint-Gilles et la Région sont tout à fait au point pour ce faire. Toutefois, à la suite de votre interpellation, j’y veillerai encore plus particulièrement. Quand les expropriations – qui n’ont absolument rien à voir ni avec moi ni avec le Plan logement – seront terminées, le terrain sera cédé à un opérateur public
- j’imagine à la Régie – et, en tant qu’opérateur de construction, la SRIB construira.
Qu’adviendra-t-il après et qui gérera les logements moyens ? C’est une question qu’on se pose pour chaque construction de ce type de logements. Habituellement, la gestion des logements moyens se fait par l’intermédiaire des régies ou des propriétés communales, qui ont normalement des capacités et des services pour ce faire. Toutefois, aucune formule n’est exclue. Ainsi, dans un des projets, j’ai dû cautionner la constitution d’une mini société mixte. Le principe de base est que c’est du locatif public géré par du public.
Actuellement, cette question est prématurée. Le jour où nous serons en possession du terrain pour la durée nécessaire à la construction et au financement, il sera encore temps de se poser la question. Il existe de nombreuses possibilités pour trouver un gestionnaire pour des logements : on peut même faire un marché public.

Franchement, cette question n’est pas la plus urgente. J’ai effectivement demandé l’aide de la SRIB pour débloquer la situation et commencer à plancher sur un projet, sachant la pression sur le terrain. Cependant j’aime bien mettre les projets en concurrence, et nous n’allons pas trancher la question dans la précipitation.
L’accompagnement social n’est pas de notre responsabilité. Il incombe aux expropriants et aux services sociaux locaux et non à quelque coopérateur ou quelque acteur que ce soit de mon système. La seule chose que je puisse faire est suivre le dossier le plus précisément possible et ne m’effrayer de rien, parce que ce dossier est effectivement compliqué, bien que moins atypique que vous ne l’imaginez. Mais c’est de loin le dossier le plus compliqué, et probablement le plus lent, que nous suivions actuellement.

M. le président.- La parole est à M. Daems.

M. Alain Daems.- Mon objectif n’était pas de vous rendre responsable des difficultés liées aux procédures urbanistiques actuelles et passées dans ce cadre.

Mme Françoise Dupuis, secrétaire d’Etat.- J’y ai fait allusion, car ceci m’empêche d’agir.

M. Alain Daems.- Toute responsabilité mise à part, on peut convenir que l’invocation répétée de l’extrême urgence dans ce dossier relève d’un certain surréalisme belge. La Région peut effectivement se saisir de la décision de la commune pour faire évoluer ce dossier. Néanmoins, vous conviendrez que les votes réalisés en commission de concertation, marqués par l’abstention de la majorité des fonctionnaires régionaux, constitue un fait peu courant. Mais ceci importe peu.
Par contre, l’attente des propriétaires et des locataires de ce quartier, plongés dans une situation qui perdure depuis des années, qui souhaitent la levée de l’incertitude afin de savoir notamment quand ils devront déménager, est un élément crucial qu’il convient de prendre en compte. Ce genre de situation peut hypothéquer la crédibilité du Plan logement. Son dénouement favorable aurait des effets positifs sur les autres projets en cours.
Votre intervention directe ou indirecte par le biais des services compétents (comme ce fut le cas pour les logements de la rue des Polders via la Régie régionale), en vue d’informer les occupants et d’activer la procédure, serait une bonne chose.
Bien que la démolition s’avère nécessaire pour des bâtiments tels que ceux de la rue de Norvège, la rénovation me semble une solution plus appropriée en ce qui concerne les autres logements en question.
Lors des discussions budgétaires, vous avez déclaré que le Plan logement n’impose nullement des constructions neuves et qu’il était possible d’envisager des solutions au cas par cas. Il convient d’étudier la possibilité de rénovations lourdes. Celles-ci permettent en effet d’écarter les inconvénients inhérents aux démolitions, tels que l’évacuation des déchets.

Bien que la fermeture de logements décidée par le Service d’inspection régionale ne relève pas du Plan logement, cette question mérite toute notre attention. En effet, de tels cas risquent de se représenter, étant donné que le Service a acquis aujourd’hui son rythme de croisière et que les cas de taudification sont de plus en plus nombreux. Maintenir des logements inoccupés et en mauvais état n’est pas une solution à moyen terme. Il convient d’y réfléchir.

M. le président.- La parole est à Mme Dupuis.

Mme Françoise Dupuis, secrétaire d’Etat.- Le Plan logement risque d’être accusé de tout ce qui se déroulera mal dans ce projet, alors que nous n’avons rien à voir avec cela, si ce n’est pour le fait qu’il y aura peut-être un jour une centaine de logements très convenables à cet endroit, ce qui serait une bonne chose par rapport aux spéculations qui ont lieu dans ce quartier.
Pour répondre à vos autres questions, je n’exclus rien dans le Plan logement, mais je ne travaille pas en priorité sur les dossiers les plus compliqués, étant donné les délais et les difficultés qu’ils comportent. Je n’ai pas exclu le principe de la rénovation ni, surtout, de la transformation de bureaux en logements, mais je ne dispose malheureusement pas de mécanisme ni de service adapté pour ce faire. Il a déjà été très difficile d’adapter les différents services de la SLRB ou de l’administration pour les mettre en marche en faveur de cet énorme projet.
Je n’ai pas pour l’instant de volet « rénovation » en cours et je doute que cela soit réalisable à cet endroit, en ce sens que le dossier prend progressivement forme, sous la pression des uns et des autres, et qu’il serait malvenu de le modifier. Nous n’interviendrons pas autrement sur ce projet que de la manière dont nous avons proposé d’intervenir, à moins d’un rebondissement majeur.
Plutôt que d’envisager la rénovation de ces deux îlots, il vaut mieux s’attacher à ce que les charges d’urbanisme soient utilisées en termes de rénovation d’immeubles plus isolés, ce qui est plus facile à mettre en pratique dans le cadre de procédures plus souples que les nôtres, qui sont des procédures à grande échelle.
La logique de l’Inspection régionale – à laquelle je me tiendrai – est d’exiger du propriétaire privé d’entreprendre un certain nombre de rénovations et de solliciter à cette fin des fonds privés et non publics. Nous devons continuer à exiger des propriétaires privés pris en défaut d’observer les normes de conformité des logements qu’ils alimentent notre fonds de logement ou de relogement, ou qu’ils proposent de restaurer leurs biens et de les remettre dans le circuit.
Cette logique, qui est celle de l’Inspection régionale, est beaucoup plus saine. Elle fonctionne d’ailleurs très bien, puisque nous disposons d’un fonds d’amendes qui permet de reloger les gens. Il ne nous appartient pas de nous substituer au privé, soumis à des contraintes importantes grâce au Code du logement.

M. le président.- La parole est à M. Daems.

M. Alain Daems.- Pour moi, votre idée de départ est bonne. Cependant, je me permets d’insister sur les mesures d’accompagnement. J’ai déjà évoqué les questions sociales ou de délai. Certes, ces décisions ne reposent pas entre vos mains, mais gardons-les à l’esprit.
Dans le même ordre, afin d’obtenir une meilleure acceptation sociale des projets publics, il n’a pas encore été décidé qui sera chargé de la gestion locative. La question des critères d’attribution revient ici sur le tapis. Pour les gens qui doivent quitter un logement, parmi lesquels des ménages locataires qui ne pourront probablement pas retourner dans ces mêmes logements ou dans ceux qui sont reconstruits, la situation est plus facile à accepter si les critères d’attribution sont transparents, clairs, motivés. L’opérateur qui décidera du choix des candidats locataires est important. Ces sujets complémentaires me semblent essentiels dans ce cadre.

- L’incident est clos.

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Les PPAS du Midi remis en question en concertation

ANNICK HENROTIN – LE SOIR – Vendredi 23.10.1992

Une commission de concertation particulièrement importante avait lieu ce jeudi à Saint-Gilles. À l’ordre du jour: les quatre plans particuliers d’affectation du sol (PPAS) autour de la gare du Midi. Habitants, représentants de comités de quartier, responsables d’Inter-environnement Bruxelles, etc. s’étaient donné rendez-vous pour faire entendre leurs revendications, remarques ou déceptions.

Démarrée dans le calme, la concertation fut cependant interrompue à plusieurs reprises par les vociférations du propriétaire d’un immeuble rue de Norvège voué à l’expropriation. Vous laissez pourrir tout un quartier et au lieu d’encourager les promoteurs qui s’étaient mis à acheter au plus haut prix les maisons du coin, vous les découragez par des PPAS saugrenus. C’est alors que vous nous annoncez que nous allons être expropriés. À bas prix évidemment. J’appelle cela des manoeuvres spéculatrices à la baisse. En fait, vous chassez les habitants (des étrangers pour la plupart) du quartier pour y installer une population plus aisée!

OÙ EST L’INTÉRET PUBLIC?

Tout le quartier Fonsny est en effet promis à la rénovation. Outre les entreprises menacées d’expulsion, un millier de personnes, locataires sans grands revenus, vont se retrouver à la rue. Une permanence destinée à les aider à retrouver un logement existe pourtant à Saint-Gilles. Hélas! son efficacité est, semble-t-il, très limitée et les habitants se plaignent du manque d’informations. D’autre part, une question fondamentale est sur toutes les lèvres: où est l’intérêt public des projets en cours?

- L’îlot Mérode-Russie-Porte de Hal a été complètement racheté par un promoteur immobilier qui d’après le PPAS pourra y construire presque exclusivement des bureaux, développe le porte-parole du comité de défense de Saint-Gilles. Évidemment, le quartier du Midi est délabré et il faut le rénover. Mais ce n’est pas une raison pour chasser les habitants.

- Les locataires n’ont pas à s’inquiéter, rassurait dernièrement Jacques Van Grimberghen, directeur de cabinet adjoint de Charles Picqué. Quant aux propriétaires, ils seront justement indemnisés.

VAINES RÉNOVATIONS

C’est pourtant la grogne également du côté des propriétaires: J’ai acheté une maison dans le quartier il y a trois ans, raconte une artiste peintre, parce qu’elle était à côté d’un atelier et proche du métro. Connaissant le projet TGV, j’ai d’abord été trouver la commune où l’on m’a affirmé qu’il n’y aurait aucun problème. Ensuite, j’ai demandé des primes à la rénovation que j’ai obtenues: un demi-million! Tout cela pour rien puisqu’aujourd’hui, on m’annonce que je serai bientôt expropriée. Je ne spécule pas, moi; tout ce que je veux, c’est rester dans le quartier. Une situation qui est loin d’être unique.

Pour Inter-environnement Bruxelles la solution est simple: adopter uniquement les parties des PPAS absolument nécessaires pour l’arrivée du TGV à Bruxelles et prendre le temps de revoir le reste.

La commission rendra son avis dans une quinzaine de jours.

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Saint Gilles : Une trentaine de personnes ont déjà été relogées

ANNE-CECILE HUWART – LE SOIR – Samedi 15.4.2000

Le quartier du Midi se vide progressivement

La moitié seulement des locataires des îlots du Midi peuvent bénéficier des aides au relogement.

Jusqu’il y a peu, Monique louait pour 4.000 francs par mois un minuscule studio dans la rue de Norvège, dans le quartier du Midi. Contrainte de déménager suite aux opérations immobilières prévues dans son îlot, Monique a fait appel à l’ASBL Cafa, qui l’a aidée à obtenir un logement de remplacement. Elle occupe aujourd’hui un petit appartement rue Claes, avec vue sur la tour du Midi. Pour un loyer qu’elle ne paiera probablement pas plus cher. La différence de 5.000 francs étant assumée par la société Bruxelles-Midi, créée en 1992 afin de revitaliser ce quartier à l’abandon.

Depuis 1995, le Centre d’accompagnement et de formation pour adultes (Cafa, une ASBL fondée par le CPAS de Saint-Gilles) fournit aux «expropriés» du Midi une aide dans la recherche d’un nouveau logement. Nous leur expliquons quel type d’aide financière ils sont susceptibles de recevoir , commente Michel Delavaux, assistant social au Cafa. Et nous les guidons dans la recherche d’un nouveau logement, si possible dans le même quartier et dans la même gamme de prix que le précédent. Principale cible du Cafa: les logements sociaux, dont le Foyers saint-gillois. Mais aussi les privés. C’est le cas de Monique, qui a bénéficié d’une opportunité: un appartement à deux pas de chez elle venait de se libérer. Il coûte plus cher, mais, elle devrait bénéficier d’une «Adil».

Les Adil (allocations de déménagement, d’installation et de loyer) sont octroyées par le public au secteur locatif privé, lorsqu’un logement ne répond plus aux normes régionales de salubrité.

La SA Bruxelles-Midi, dont la Région se trouve être le principal actionnaire, a débloqué une centaine de millions pour aider commerçants et habitants à se reloger. Toutefois, seuls les locataires officiellement domiciliés dans le quartier à la date du 9 octobre 1997 peuvent bénéficier d’une aide. A l’époque, on recensait 250 personnes. Il y a eu des départs depuis. Et des arrivées. Les gens qui viennent s’installer ici ne sont pas en quête de stabilité , poursuit Michel Delavaux. Seuls les loyers particulièrement bas les intéressent…

Aujourd’hui, sur les 200 ménages que compte encore l’îlot, la moitié seulement peut être indemnisée. C’est pourquoi nous aimerions que Bruxelles-Midi revoie ses critères, indique Luc Karkan, président du CPAS de Saint-Gilles. Elle devrait réexaminer les délais en fonction de la situation actuelle.

Depuis 1994, le quartier du Midi est en proie à de vastes travaux de réaménagement: parallèlement à l’implantation du terminal TGV, les voiries, ainsi que les quatre îlots qu’enserrent les avenues de Mérode et Fonsny font l’objet d’un profond lifting. Dans les années à venir, des bureaux et des logements tout neufs auront remplacé les chancres et les immeubles à l’abandon.

RÉTROACTES

Le quartier du Midi pourrissait depuis des décennies. En 1992, la Région et d’autres partenaires ont mis sur les rails un plan de rénovation. Les riverains et navetteurs devraient voir la fin du tunnel en 2002.

1992. Charles Picqué, président de la Région de Bruxelles-Capitale, met sur les rails la SA Bruxelles-Midi: une société d’économie mixte, dont la Région bruxelloise est l’actionnaire majoritaire, aux côtés du Crédit communal, de la SNCB, de la Stib, de Projenor et de la Société régionale d’investissement de Bruxelles. La mission de cette société est d’étudier et de réaliser le projet d’aménagement des abords du terminal TGV, un quartier déserté par les promoteurs depuis des décennies. La SA Bruxelles-Midi s’attache également à reloger les habitants, les entreprises et les commerces «expropriés».

1994. Début des travaux. Ils concernent quatre îlots, entre les avenues de Mérode et Fonsny, les voiries et les places avoisinantes. Ils sont financés par l’Etat fédéral (dans le cadre de l’accord de coopération, pour un montant de 1,2 milliard depuis cinq ans), par la SNCB, la Tour du Midi, la Stib, les TEC, De lijn, la SA Eurostation (filiale de la SNCB), la SA Bruxelles-Midi, etc.

1997. Le Centre d’accompagnement et de formation pour adultes (Cafa) prend le train. Elle crée une antenne (47, chaussée de Forest) et réunit tous les habitants du quartier pour une séance d’information. Ce plan d’accompagnement social était inscrit dans le PPAS «Fonsny», une première en Région bruxelloise.

2000. Actuellement, seuls deux îlots sont la cible de promoteurs: une partie de l’îlot A (entre les rues Claes et de Suède) et l’îlot B (entre les rues de Suède et de Hollande). Le premier accueillera des bureaux, le deuxième une quarantaine de logements sociaux, ainsi que 10.000 m2 de bureaux (extension de Test-Achats). Les deux autres îlots attendent toujours des candidats acquéreurs. Tant qu’aucun projet n’aura été avancé, les habitants de ces îlots ne peuvent bénéficier d’une indemnité de relogement.

Les chantiers de réaménagement de l’Esplanade de l’Europe, de la place de Russie, de la rue Oblique ainsi que de la rue Bara débuteront prochainement.

Quant à la fin des travaux de rénovation des voiries, elle est prévue pour décembre 2002.

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Décrochez-moi ça!

Le 26 septembre 2007 vers 22 heures, quatre motards et deux véhicules de la police ont bloqué la circulation dans la rue de Russie, entre la rue de Mérode et l’avenue Fonsny, pour y faire pénétrer un camion-grue de 30 tonnes avec un bras de 50 mètres. Les voisins, qui n’avaient jamais vu pareil engin à l’action, se sont attroupés sur le trottoir, intrigués par les raisons de sa présence nocturne.

Selon « Le blog de Softeac », qui a immortalisé l’événement et en propose même une courte vidéo en ligne, ce camion a servi « à enlever un panneau d’information de 4 mètres sur 6 mètres fixé à 12 mètres de haut! » (voir photos plus bas). Ce panneau, qui trônait depuis une dizaine de jours au milieu d’un des chancres provoqués par l’opération communale-régionale de « revitalisation » du quartier Midi, indiquait simplement « Bienvenue à Saint-Gilles ».

Comme de nombreux navetteurs et touristes, le blog « Humeur allochtone » a heureusement immortalisé cette banderole avant l’expédition nocturne qui l’a ôtée au regard des passants. Dans le quartier, on en rigole. On a connu les autorités communales moins promptes à agir quand il est question de la sécurité des habitants, de clôturer les terrains vagues, fermer les maisons vides, reboucher les trous dans les trottoirs, rétablir l’éclairage public dans une rue (la rue de Norvège est restée trois mois sans éclairage), ou encore de faire retirer des panneaux de publicité illégaux… Mais manifestement, le Ministre-Président Charles Picqué est sensible à l’image que donne Bruxelles aux voyageurs sortant de la gare. Lui qui déclarait récemment au « Soir » (le 3 août 2007, à propos de la sculpture de bois que l’artiste Arne Quinze a érigé sur le chancre de l’ex-terrain Heron City, avenue de la Toison d’Or) que « lorsque l’on est confronté à la difficulté de mener à bien un projet, quelque chose d’éphémère peut faire oublier la notion du temps et promouvoir l’image de la Région », il s’est montré plus rapide à faire décrocher une oeuvre détournant le logo de la Région (10 jours) qu’à « rénover » le quartier du Midi (17 ans, et encore, c’est pas fini!)…






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