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Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi
- Dépêche Belga, 25 octobre 2007
Le quartier de la gare du Midi à Bruxelles est en pleine mutation et présentera un nouveau visage d’ici à quelques années à peine, ont affirmé jeudi les responsables de la commune de Saint-Gilles présentant plusieurs projets en voie de réalisation, et parfois d’achèvement.
Des hôtels, 470 logements, 80.000 m2 de bureaux, un nouveau noyau commercial, des places publiques (ré-)aménagées et plusieurs équipements d’intérêt collectif (une crèche, une maison de l’emploi gérée par la commune, des salles polyvalentes, une bibliothèque néerlandophone) en constitueront les infrastructures les plus visibles.
Le Quartier du Midi est considéré par la Région bruxelloise comme une zone prioritaire essentiellement dédiée aux bureaux.
Les places Victor Horta, premier contact visuel des voyageurs avec la ville lorsqu’ils quittent la gare TGV, sera davantage équipé qu’aujourd’hui (zone d’attente pour la clientèle de taxis, verdurisation, éclairage).
Un peu plus loin, l’Esplanade de l’Europe subira un lifting pour en éradiquer le parking sauvage. Une nouvelle place située à l’angle de l’avenue Fonsny et de la rue de Hollande sera réalisée.
Dans les quatre nouveaux îlots en construction le long de l’avenue Fonsny, les premiers logements d’un ensemble devant en compter 230 ont commencé à sortir de terre. Il s’agit notamment de dix logements dont le gros oeuvre est terminé et qui complètent le complexe de bureaux construit côté rue de Norvège, mais aussi de 90 logements qui seront érigés dans le cadre du plan régional pour le logement.
Un autre chantier de 30 logements moyens est programmé pour le début 2008 rue de Suède.
Des logements moyens, il y en aura aussi rue de Russie -la procédure d’octroi du permis de bâtir est en cours. Trente logements sociaux sont encore prévus dans le cadre du plan logement de la Région.
Ailleurs dans le quartier, 230 autres logements de nature variée sont également réalisés, en chantier, ou en projet.
Toujours dans les quatre lots situés le long de l’avenue Fonsny, le nouvel immeuble dénommé Swiss Life (19.500 m2) est désormais entièrement occupé dans l’îlot B. Un autre complexe de bureaux de 22.000 m2 est en cours d’achèvement dans l’îlot A.
Au niveau de l’îlot C, deux ensembles de 13.600 et 18.200 m2 feront bientôt l’objet d’un permis de bâtir.
Un permis est également en cours de délivrance pour un complexe de bureaux de 7.000 m2 avec rez-de-chaussée commercial à l’angle de l’avenue Fonsny et de la rue de Russie.
Des commerces sont prévus le long de la nouvelle place Broodthaers et au rez-de-chaussée d’immeubles des rues de Russie et d’Angleterre.
Le secteur hôtelier, qui compte actuellement 500 chambres dans le quartier, en a programmé 450 nouvelles, parmi lesquelles 239 d’un nouveau complexe trois étoiles qui ouvrira ses portes à la fin de l’année 2008 au-dessus de l’entrée principale de la gare.
Enfin, sur le plan de la vie économique, la commune de Saint-Gilles inaugurera d’ici quelques semaines la nouvelle maison de l’emploi (1.000 m2), située le long de la rue de Mérode.
Elle hébergera une antenne décentralisée d’Actiris, ainsi que les principaux services locaux d’aide aux demandeurs d’emploi.
Un centre d’entreprises inauguré il y a plusieurs mois rue Théodor Verhaegen affiche complet: il héberge 32 entreprises.
JDD/(BPE)
Tags : saint-gilles | rue de mérode | avenue fonsny | rue de russie | gare du midi | bruxelles-midi | plan logement | tgv | rue de suède | rue de hollandeMidi : ultime expropriation
- « La Dernière Heure », 6 septembre 2007
Verts et riverains sont circonspects par rapport à la dernière proposition.
Ils jugent insuffisants les tarifs proposés par la SA Bruxelles-Midi.
SAINT-GILLES • Jeudi, le conseil communal saint-gillois sera amené à voter pour un nouveau plan d’expropriation dans le quartier du Midi. Sont concernées 22 maisons des îlots A (Fonsny, Claes Suède, Mérode) et D (Fonsny, Mérode, Russie et Angleterre). Dès après avoir rappelé la caducité des plans précédents, le conseiller écolo Alain Maron s’est inquiété de la mise en oeuvre de cette ultime mouture : « La SA Bruxelles-Midi n’est toujours pas disposée à payer normalement. Elle a proposé 100.000 € pour une maison de six mètres de façade et de trois étages. »
Six fois le montant proposé
Un espoir ? Au printemps, lors d’une expropriation judiciaire, le juge de paix de Saint-Gilles avait fixé le montant d’un rachat à six foix celui suggéré par la SA. N’empêche ! Les Verts restent dubitatifs quant à l’opportunité de la démarche : » Les maisons unifamiliales de l’îlot A pourraient être réhabilitées », selon leur chef de file. « On a pris le parti de tout raser pour y reconstruire du logement, plus dense. Quelle en sera la répartition ? » Cerise sur le gâteau, avec « l’opacité de Bruxelles-Midi » : l’îlot A abriterait du logement moyen, le D, du social. « Officiellement, il n’y a rien de concret à ce sujet ! », s’étonne Alain Maron. « Le flou est total. Le risque ? Que cela prenne de nouveau des années… »
S’il convient que c’est là le dernier acte administratif, le comité du quartier Midi, auquel s’adjoignent Inter-Environnement Bruxelles, le Bral (Brusselse raad voor het leefmilieu) et le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat regrettent la démolition intégrale des cinq îlots : « Il n’est pas nécessaire d’exproprier ou de démolir pour respecter le Ppas. L’îlot A 2 est parfaitement rénovable ». Et Gwen Brees, leur porte-parole, de dénoncer le justificatif du plan (arrêter la « dégradation avancée » du quartier) : « le délabrement et l’insécurité sont nés des plans agités depuis 1992″.
« Une catastrophe ! », assure Mohamed Mouniati. Sa maison (deux étages plus mansarde) du 4 rue de Norvège, on lui en a proposé 75.000 €; puis 100.000 €; et enfin, 200.000 €. Les exigences des associations ? Rénover ou proposer un juste prix; établir un planning pour la procédure d’expropriation; et garantir la sécurité comme la propreté du Midi.
Guy Bernard
Le quartier du Midi est en pleine mutation. Le résultat d’une saga qui dure depuis 15 ans. Les propriétaires expulsés estiment avoir été insuffisamment indemnisés. (pirard)
Tags : bral | ppas | rue de norvège | alain maron | saint-gilles | gare du midi | logement | sa bruxelles-midi | bruxelles-midi | mouniatiLe quartier Midi se retrouve à quai
- « Le Soir », 25 juin 2005
Saint-Gilles • Création d’un comité de quartier qui déplore les méthodes utilisées pour chasser les habitants.
Embarquement immédiat ! Les derniers habitants du quartier Midi doivent partir. Un comité nouvellement créé veut empêcher l’inévitable.
FABRICE VOOGT
Il reste quelques fontaines et autres petits aménagements à apporter, mais on peut quand même dire que la gare et ses environs vont enfin être rendus aux habitants et cela mérite bien une grande fête. Ainsi s’exprimait-on voici un peu plus d’un an, du côté du cabinet de la ministre Laurette Onkelinx, lors de la fête célébrant la fin des travaux de l’espace public autour de la gare du Midi.
En conviant pour la première fois la presse, hier jeudi, dans l’un des immeubles de la rue de Mérode toujours en travaux, le nouveau comité de quartier Midi n’avait aucune fête à annoncer. La dernière en date, celle « des voisins » a d’ailleurs été détournée en « faites des voisins, pas du bureau ». Il s’agissait de rappeler que ce quartier est encore vivant, peuplé de locataires, de propriétaires et de commerçants qui subissent depuis trop longtemps les conséquences d’un plan d’expropriation mis en application dans la lenteur, l’opacité et le mépris des habitants, explique le comité Midi.
Leur combat n’en est pas vraiment un. Il ne s’agit pas, comme l’explique l’un de ses représentants, d’une lutte des gentils habitants contre les méchants spéculateurs, comme un village gaulois qui résisterait encore et toujours à l’envahisseur. L’objectif était de dresser un bilan des projets immobiliers menés dans leur quartier, ainsi que de leurs conséquences sociales et urbanistiques.
Pour le comité de quartier, les projets envisagés au début des années nonante par la Région de Bruxelles-Capitale sont basés sur des hypothèses non confirmées. Et de pointer l’inachèvement des projets imaginés sur les quatre premiers îlots (voir infographie) censés être le moteur de la « revitalisation » du bas de la commune de Saint-Gilles. Lancé en 1996, le plan d’expropriation arrive à son terme en juillet 2006, tandis qu’il reste de nombreux propriétaires particuliers, locataires et commerçants dans les îlots « A », « C » et « D ». Soutenus notamment par José Garcia, le président du Syndicat des locataires, les habitants revendiquent qu’un accompagnement social digne de ce nom soit octroyé à tous les habitants concernés par le plan d’expropriation. Comme le gouvernement régional vient d’abroger le Plan particulier d’affectation du sol Fonsny 2, on pourrait, comme le souhaite le comité de quartier, sortir du PPAS Fonsny 1.
Dans quel autre quartier de Bruxelles oserait-on faire vivre des habitants entre des maisons qu’on vide, qu’on mure et qu’on laisse se délabrer, au milieu de terrains vagues et de chantiers, dans des rues aux trottoirs non entretenus et délaissées par les services d’hygiène ? s’indigne le comité.
Ces expropriations ne sont pas une surprise, explique-t-on du côté du cabinet Picqué, qui rappelle les mesures d’accompagnement sociales prises au bénéfice des habitants.
Exact : ceux qui ne répondent pas aux conditions Adil (aides locatives pour quitter un logement insalubre vers un logement salubre) bénéficient d’une aide à l’aménagement de 350 euros et d’une aide au déménagement de 350 euros, plus une aide garantie locative de 3 mois de loyer (prêtée pendant 3 ans).
On ne va pas loin avec ça ? Si, mais les habitants du quartier Midi le savent, hors de Bruxelles.

La rue de Norvège n’existe plus
Inutile de chercher la rue de Norvège sur un plan, elle n’existe pas. Ou plutôt, elle n’existe plus. Ses habitants, pourtant, sont bien réels, mais ils ne sont plus là pour longtemps. En attendant que tombe l’avis d’expropriation, Nabila et sa famille tentent de mener une vie normale, même si elle a bien changé depuis 1976, quand la famille Arahou s’est installée dans le quartier, à une époque où la porte était toujours ouverte.
Une image d’Epinal à ranger dans un album avec l’arrivée du TGV, la spéculation immobilière qui l’accompagne et le plan régional censé « revitaliser » le quartier. Il se désagrège très vite, en dépit de la volonté affichée par les pouvoirs publics de ne pas reproduire les erreurs commises dans le quartier Nord : la Région crée « Bruxelles-Midi », une société mixte au sein de laquelle elle est majoritaire et qui sera notamment chargée, dès 1995, de lutter contre la spéculation. Et d’effectuer l’accompagnement social et l’aide au logement de ses habitants.
Assise sur le rebord de sa fenêtre, dont les châssis sont recouverts de papier collant pour faire obstacle à une poussière insidieuse qui oblige sa mère à nettoyer le hall d’entrée tous les jours, Nabila se souvient de cette période comme d’un tournant. Le bruit, les destructions des maisons d’en face, la crasse et la violence ont progressivement gangrené les alentours de sa maison. Les maisons vidées ont très vite attiré les squatteurs. La police ne venait même plus. On nous a aussi privés d’éclairage dans le quartier.
Un jour, Nabila appelle sa mère pour lui montrer à travers la fenêtre ce qu’elle croit être des lapins. Ce ne sont pas des lapins, mais des rats. J’en ai longtemps fait des cauchemars.
Depuis quinze jours, malgré la chaleur, sa fenêtre de rue reste close. Mais les sons émanant de la cour, où l’on entend s’ébattre les enfants de la crèche voisine, ne couvrent pas ceux des travaux. Ça commence vers six heures. Ils travaillent parfois aussi le week-end pour rattraper le retard.
La famille Arahou va bientôt devoir s’en aller. Sans doute plus pour Bruxelles. Que vont-ils nous proposer ? Ce n’est pas les murs, fissurés à cause des travaux, qu’il faut évaluer, mais la situation géographique avantageuse de notre habitation.
F. V.

Vous avez l’image, Nabila Arahou et les habitants du quartier Midi ont aussi le bruit. Photo M.C. (st.)
Tags : squat | ppas | quartier nord | syndicat des locataires | logement | rue de mérode | spéculation | tgv | fonsny 2 | accompagnement social2005-2007
> 2007
Décembre 2007
- Promethee.blogspot.com, 31 décembre 2007:
Bruxellistan Express (suite et pas fin!)
- “Le Soir”, 24 décembre 2007:
Le projet South City s’installe au Midi
- TV Brussel, 23 décembre 2007:
Brussel Zuid
- “La Libre Belgique”, 22 décembre 2007:
La SDRB pose ses briques vertes
- CDQM, 20 décembre 2007:
Encore une victoire de “l’internationalisation” du quartier Midi
- « La Dernière Heure », 17 décembre 2007:
La fin des démons du Midi ?
- Dépêche Belga, 14 décembre 2007:
Saint-Gilles accepte de nouvelles expropriations au quartier du Midi
- “Le Soir”, 14 décembre 2007:
Le quartier du Midi en pleine confusion
- Télé Bruxelles, 13 décembre 2007:
Mobilisation contre l’expropriation
- BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 11 décembre 2007:
Expropriations au quartier du Midi : la politique de la Région
désavouée par ses propres fonctionnaires !
- “La Tribune de Bruxelles”, 6 décembre 2007:
La gentrification de Bruxelles : un phénomène en marche ?
+ Quartier Midi : Gentry or not ?
- “AlterEchos”, 5 décembre 2007:
Revendications sociales du Quartier Midi
+ « L’autocensure, c’est fini! »
- “De Standaard”, 3 december 2007:
Voor Zuidwijk begint toekomst vandaag
Novembre 2007
- « Le Soir », 29 novembre 2007:
« Quartier Midi » reprend la lutte
- Du 29 novembre au 2 décembre 2007:
La Semaine du Quartier Midi
- Télé-Bruxelles, 28 novembre 2007:
Le Midi en débat
- RTBF, 28 novembre 2007:
Reportage audio sur le nouveau plan d’expropriation
- BRAL, CDQM, IEB, LDH et RBDH, 27 novembre 2007:
Le quartier Midi à l’heure du “PDI” :
“pôle bizness du futur”… Et aujourd’hui ?
- Promethee.blogspot.com, 27 novembre 2007:
« Bruxellistan Express »
- “La Dernière Heure”, 26 novembre 2007:
L’infernale Semaine du Midi
- Jean-Yves Huwart, 20 novembre 2007
“Victor Horta doit se retourner dans sa tombe!”
- “Le Soir”, 17 novembre 2007:
Ecrire aujourd’hui la ville de demain
- TV Brussel, 16 november 2007:
Verzet tegen onteigeningen De Mérodestraat
- Comité du quartier Midi, 13 novembre 2007:
La Région persiste dans ses pratiques
- Comité du quartier Midi, 12 novembre 2007:
“Si le Plan de développement international n’existait pas,
il faudrait l’inventer!”
- Comité du quartier Midi, 1er novembre 2007:
Un mémoire sur le quartier Midi
- « AlterEchos » et « Démocratie », novembre 2007:
Des habitants flexibles, des solutions concrètes ?
- Comité du quartier Midi, octobre – novembre 2007:
Nouveau plan d’expropriation en enquête publique
Octobre 2007
- “La Libre Belgique”, 27 octobre 2007:
Le grand réveil controversé du Midi
- “La Dernière Heure”, 26 octobre 2007:
Un “morceau de ville” en devenir
- “Le Soir”, 26 octobre 2007:
Le Midi va changer radicalement
- Télé Bruxelles, 25 octobre 2007:
Le quartier du Midi selon la commune
- Comité du quartier Midi, 25 octobre 2007:
Les bonnes vieilles recettes de l’oncle Charles
- Dépêche Belga, 25 octobre 2007:
Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi
- « Diables Roses », octobre 2007:
L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint Gilles
mise en vente sur ebay par Les Diables Roses
au profit des sinistrés du Quartier Midi
- SDRB:
“Construction durable” rue de Suède
- “La Tribune de Bruxelles”, 4 octobre 2007:
Flux entrants et flux sortants
Septembre 2007
- Comité du quartier Midi, 27 septembre:
Décrochez-moi ça!
- « AlterEchos », 22 septembre 2007 :
Dossier Midi : nouveau plan d’expropriation pour quartier pauvre
- « Humeur allochtone », 19 septembre 2007 :
Quartier Midi : le mémoire accablant de deux mandataires Ecolo
- Comité du quartier Midi, 17 septembre :
Attention : “développement international” à l’horizon !
- En enquête publique jusqu’au 24 septembre:
Contrat de quartier « Fontainas »
- “La Dernière Heure”, & « La Libre Belgique », 6 & 7 septembre 2007:
Midi : ultime expropriation
- ImmoScan.be, 6 septembre 2007:
Midi : nouveau plan d’expropriation malmené
- Brussel Nieuws, 6 september 2007:
Sint-Gillis stemt over onteigeningsplan Zuidwijk
- Communiqué de presse, 5 septembre 2007:
Au nom du “Plan logement”, Saint-Gilles lance
son cinquième plan d’expropriation pour le quartier Midi !
Août 2007
- “De Morgen”, 31 août 2007:
Aanrandingen doen vragen rijzen over veiligheid Brussel-Zuidrenovatie
- « Le Soir », 25 août 2007:
Des bureaux surgiront de la caillasse
Juillet 2007
- Commune de Saint-Gilles, juillet 2007:
Avis de la commission de concertation sur les trois projets de l’îlot C
- “La Dernière Heure”, 13 juillet 2007:
Opération spéciale gare du Midi
- Parlement régional, 13 juillet 2007:
Charles Picqué : “Si des montants raisonnables sont exigés,
Bruxelles-Midi sera à même de faire face”.
- “La Dernière Heure”, 11 juillet 2007:
Il faut que le Midi Respire…
- « Moniteur belge », 5 juillet 2007:
Nouveau plan d’expropriation publié au “Moniteur belge”
- ASBL Respire, 4 juillet 2007:
Pétition : Saint-Gilles sans pub !
- « Micro Cité », juillet 2007:
Emission de Radio Panik sur le quartier Midi (écouter)
Juin 2007
- Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Pour ne pas taxer les promoteurs,
Saint-Gilles revisite la définition de “l’abandon”
- Comité du quartier Midi, 30 juin 2007:
Problèmes de sécurité dans le quartier Midi: la Commune démunie ?
- Compte-rendu de la Commission de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme
et de la politique foncière du Parlement bruxellois, 28 juin 2007:
Question orale au Ministre-Président Charles Picqué
- Dépêche Belga, 28 juin 2007:
Bxl-gare du Midi: on continuera à construire des bureaux (Picqué)
- ASBL Respire, 27 juin 2007:
Lettre aux autorités communales de Saint-Gilles
au sujet des dispositifs publicitaires du quartier Midi (îlot C)
- “Le Soir”, 27 juin 2007:
Une concertation sans doute favorable
- TV Brussel, 26 juin 2007:
Leefbaarheid van Zuidwijk in het gedrang
- Inter-Environnement & BRAL, 25 juin 2007:
Le quartier Midi bouge : oui, mais à contre-sens !
- Comité du quartier Midi, juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels en commission de concertation le 26 juin
- “Humeur allochtone”, 16 juin 2007:
Mohammed Mouniati : “Ce n’est pas catholique!”
- “Le Soir”, 15 juin 2007:
Bruxelles-Midi ira en appel
- “Des bulles”, 14 juin 2007:
Saint-Gilles, un “chantier” de plus pour Di Rupo
- “Chacun pour soi”, 14 juin 2007:
Le PS, ennemi des petites gens
- « The Bulletin », 14 juin 2007:
Midi Station neighbourhood makeover
- “Humeur allochtone”, 13 juin 2007:
Comment la Région chasse les pauvres de Saint-Gilles…
- “La Dernière Heure”, 13 juin 2007:
Indemnités six fois plus élevées
- “La Capitale”, 13 juin 2007:
La Région paie très cher ses lenteurs
- “Le Soir”, 13 juin 2007:
Région condamnée au quartier du Midi
- Comité du quartier Midi, 12 juin 2007:
La Région de Buxelles-Capitale sévèrement condamnée
pour sa “stratégie de pourrissement” du quartier Midi
- « Le Soir », 6 juin 2007:
Démolitions massives au Midi
- CEMAB, 5 juin 2007:
Quartier Midi: les démolitions continuent
- « AlterEchos », 1er juin 2007:
Rififi au quartier du Midi
Mai 2007
- « La Tribune de Bruxelles », 31 mai 2007:
Quartier Midi, quartier maudit ?
- Comité du quartier Midi, 31 mai 2007:
La Région joue l’intimidation
- Comité du quartier Midi, 29 mai 2007:
Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles
- Comité du quartier Midi, jusqu’au 11 juin 2007:
Projets de bureaux et hôtels à l’enquête publique pour l’îlot C
- « La Dernière Heure », 21 mai 2007:
Le calvaire de la rue de Norvège
- Comité du quartier Midi, mai 2007:
Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…
- Comité du quartier Midi, mai 2007:
Bruxelles-Midi réellement “hors-jeu” ?
- “La Tribune de Bruxelles”, 17 mai 2007:
Comment tuer un quartier populaire ?
- CEMAB, 1er mai 2007:
Comment démolir un quartier… et ses habitants
Avril 2007
- “Le Soir”, 20 avril 2007:
Entente ou favoritisme ?
- “La Tribune de Bruxelles”, avril 2007:
Le PS bruxellois dans l’oeil du cyclone
- “Le Soir” du 18 avril 2007
Brasier mortel au Midi
+ Recrudescence des squats dans le quartier
- Dépêche Belga, 17 avril 2007
L’incendie serait d’origine criminelle
- Comité du quartier Midi, 17 avril 2007:
Incendie mortel au quartier Midi: un drame prévisible…
- “Le Soir en ligne” / Belga, 17 avril 2007:
Incendie mortel à Saint-Gilles
- “Le Soir” du 16 avril 2007
Pas de pas de côté à Etterbeek
- Comité du quartier Midi, 15 avril 2007:
Le Président de la SA Bruxelles-Midi et un administrateur
d’Espace Midi parmi les inculpés d’une affaire de fraude
- Comité du quartier Midi, avril 2007:
PS et MR votent le nouveau plan d’expropriation
- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides
- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Une exposition “bien modeste” à l’Hôtel Ibis
- “Le Soir” du 14 avril 2007:
Des projets sur les rails du TGV
- « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Immobilier à Bruxelles: 7 inculpations
- « La Libre Belgique » du 13 avril 2007:
Jean Thomas: le profil type du promoteur immobilier
- « Le Soir » du 11 avril 2007:
Mutation en marche au quartier du Midi
- « Le Soir » du 6 avril 2007:
Saint-Gilles sous perfusion régionale
- ImmoScan.be, 5 avril 2007:
Nouveau plan d’expropriation pour le quartier du Midi
- Comité du quartier Midi, avril – juin 2007:
Projections-débats autour de « Dans dix jours ou dans dix ans »,
un film sur la « revitalisation » du quartier Midi…
- Comité du quartier Midi, avril 2007:
Le quartier Midi à l’horizon… 2012
Mars 2007
- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Reprise des démolitions dans l’îlot C:
comment mieux décourager les habitants?
- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Confusion et « concertation » à la saint-gilloise
- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Des pubs pour “lutter contre les squats”!?
- Comité du quartier Midi, mars 2007:
Picqué en force au MIPIM 2007
- « Echanges et partenariats », mars 2007:
Chronique d’un quartier de Bruxelles:
quand Manhattan rencontre le Midi…
Janvier 2007
- Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Un échevin pour le quartier Midi!
- Comité du quartier Midi, janvier 2007:
Birkiye débarqué, Jaspers débarque!
- 30 janvier 2007:
Avis de la Commission de concertation de la Commune de Saint-Gilles
(point n°3 en page 3) sur un projet de logements et parkings rue de
Russie (promoteur: Espace Midi).
- « AlterEchos » du 19 janvier 2007:
Quartier du Midi : un tournant
dans le développement du projet urbanistique ?
- « Le Soir » du 4 janvier 2007:
Au Midi, un nouveau plan d’expropriation
____________
> 2006
Novembre 2006
- « La Tribune de Bruxelles », 9 novembre 2006:
Expropriations au quartier Midi: plus de base légale!
- RBDH, novembre 2006:
Plan logement: où en est-on?
Octobre 2006
- « La Dernière Heure », 30 octobre 2006:
Nouveau projet au quartier Midi
Septembre 2006
- “Le Soir”, 12 septembre 2006
Divorce au sein de l’Atelier d’Art Urbain
- CEMAB, septembre 2006:
Le Quartier du Midi résiste !
- “La Tribune de Bruxelles”, septembre 2006 (spécial élections communales)
Saint-Gilles : quels aménagements aux abords de la gare du Midi?
Août 2006
- « Le Soir », 28 août 2006:
Quel avenir au Midi?
- « La Libre Belgique », 23 août 2006:
Bruyants travaux
- « La Capitale », 22 août 2006:
Les gens du Midi lancent un SOS
- « Le Soir », 22 août 2006:
Les habitants dénoncent les destructions!
- « La Dernière Heure », 22 août 2006:
Les travaux font trop de bruit
- Comité du quartier Midi, 21 août 2006:
Quartier Midi : “J’arrive plus à dormir”
Juillet 2006
- « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
« Pas facile mais il faut le faire »
- « La Libre Belgique », 28 juillet 2006:
Expropriations d’extrême urgence
- « Chacun pour soi », 28 juillet 2006:
Le fait du Prince
- « Le blog de Mateusz », 27 juillet 2006:
Exproprier ou ne pas exproprier?
- IEB et BRAL, 26 juillet 2006:
Conférence de presse d’Inter Environnement et du Bral:
positions communes sur le quartier Midi
Mai 2006
- Mai 2006:
Inauguration du commissariat « Midi » à Saint-Gilles
- « Respire », mai 2006:
La Place Broodthaers à Saint-Gilles
Avril 2006
- « La Libre Belgique », 1er avril 2006:
La SA Bruxelles-Midi passe la main
Mars 2006
- « Bruxelles en mouvements », 30 mars 2006:
Quartier du Midi: proposition indécente
- « La Tribune de Bruxelles », 16 mars 2006:
Le Midi perd le Nord
Janvier 2006
- Janvier/mars 2006:
Censure et « a(rt)ctivisme » au Centre culturel Jacques Franck
____________
> 2005
Août 2005
- Comité du quartier Midi, août 2005:
Le festival « PleinOPENair » passe par le Midi
Juillet 2005
- Comité du quartier Midi, 16 juillet 2005:
La Région bruxelloise crée la Société d’acquisition foncière (SAF)
sur le modèle de la SA Bruxelles-Midi
- « Le Soir », 16 juillet 2005:
Des logements, avenue Fonsny?
- « Le Soir », 15 juillet 2005:
Gare aux bureaux au quartier du Midi!
- Comité du quartier Midi, 13 juillet 2005:
Rencontre entre le Comité du quartier Midi et la SA Bruxelles-Midi
- Comité du quartier Midi, 6 juillet 2005:
Françoise Dupuis réagit à la proposition associative sur le Plan Logement
- Carte blanche publiée dans « Le Soir », 6 juillet 2005:
Les habitants du quartier Midi ne sont pas les pièces d’un puzzle…
- « Le Soir », 6 juillet 2005:
Remettre le logement sur les rails au Midi
- « La vie du net » (« Le Soir en ligne »), 5 juillet 2005:
Des voisins plutôt que des bureaux
- Comité du quartier Midi, 4 juillet 2005:
Des terrains à Bruxelles pour le Plan logement!
Juin 2005
- Comité du quartier Midi, 28 juin 2005:
La SA Bruxelles-Midi vend ses terrains sur l’îlot C
- « La Capitale », 25 juin 2005:
Appel à l’aide des gens du Midi (pas disponible)
- « La Dernière Heure », 25 juin 2005:
Le quartier Midi réagit (pas disponible)
- « Le Soir », 25 juin 2005:
Le quartier Midi se retrouve à quai + La rue de Norvège n’existe plus
- « Het Nieuwsblad », 25 juin 2005:
Bewoners Zuidwijk vechten tegen onteigening
- « Le Soir », 6 juin 2005:
Quartier du Midi: Ecolo s’inquiète
- « AlterEchos », 13 juin 2005:
Rénovation des abords de la gare du Midi: engtre spéculation et relance de l’action publique (pas disponible)
- « Brussel Deze Week », 9 juin 2005:
Tweede adem voor de Zuidwijk (pas disponible)
- « Het Laatste Nieuws », 7 juin 2005:
« Niemand wil bouwen op plaats waar stad onteigent » (pas disponible)
- « La Dernière Heure », 4 juin 2005:
Charles Picqué annonce un nouvel élan au réaménagement des abords de la gare
- « De Morgen », 4 juin 2005:
Brusselse Zuidwijk bouwt tegen beter weten in (pas disponible)
- « Le Soir », 2 juin 2005:
Fête des voisins, pas des bureaux !
- « La Dernière Heure », 1er juin 2005:
A Saint-Gilles, entre friches et chantiers (pas disponible)
- « De Morgen », 1er juin 2005:
Brusselse Zuidwijk geeft burenfeest met boodschap (pas disponible)
Mai 2005
- « Le Soir », 28 mai 2005:
Le quartier du Midi poursuit sa mutation
- Comité du quartier Midi, mai 2005:
La création du Comité du quartier Midi
Nouveau plan d’expropriation publié
au « Moniteur belge »
Texte intégral
Publié le : 2007-07-05
MINISTERE DE LA REGION DE BRUXELLES-CAPITALE
21 JUIN 2007. – Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale approuvant le plan d’expropriation de la commune de Saint-Gilles complétant le plan particulier d’affectation du sol « Quartier de l’avenue Fonsny n° 1 » de la commune de Saint-Gilles (approuvé par arrêté du Gouvernement du 14 septembre 1995) et reprenant les 4 immeubles situés rue de Mérode 51, 53 et 61 et rue de Hollande 26
Le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale,
Vu la loi du 26 juillet 1962 relative à la procédure d’extrême urgence en matière d’expropriation pour cause d’utilité publique;
Vu le Code bruxellois de l’aménagement du territoire, notamment les articles 69 à 72;
Vu le plan régional d’affectation du sol approuvé par arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 3 mai 2001;
Vu le plan régional de développement approuvé par arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 12 septembre 2002;
Vu l’arrêté du Gouvernement du 14 septembre 1995 approuvant le plan particulier d’affectation du sol « Quartier de l’avenue Fonsny n° 1″ (délimité par l’avenue Fonsny, les rues de Russie, de Mérode et Joseph Claes) de la commune de Saint-Gilles;
Vu l’arrêté du Gouvernement du 18 juillet 1996. approuvant le plan d’expropriation complétant le plan particulier d’affectation du sol « Quartier de l’avenue Fonsny n° 1″ de la commune de Saint-Gilles (approuvé par arrêté du Gouvernement du 14 septembre 1995) et décidant d’appliquer la procédure d’extrême urgence prévue par la loi du 26 juillet 1962 pour cette expropriation;
Vu l’arrêté du Gouvernement du 7 juin 2001 qui confirme, la nécessité et l’urgence de poursuivre les expropriations prévues par le plan d’expropriation approuvé par arrêté du Gouvernement du 18 juillet 1996;
Vu l’arrêté du Gouvernement du 30 mars 2006. approuvant l’expropriation de l’immeuble situé à l’angle formé par la rue de Suède, 13 et la rue de Norvège;
Vu la délibération du Conseil communal du 18. décembre 2006, par laquelle la Commune de Saint-Gilles adopte provisoirement le plan d’expropriation pour cause d’utilité publique, reprenant les 4 immeubles situés rue de Mérode 51, 53 et 61 et rue de Hollande, 26;
Vu l’avis de la Commission de Concertation en séance du 27 février 2007;
Vu la délibération du Conseil communal du 29. mars 2007 par laquelle la Commune de Saint-Gilles adopte définitivement le plan d’expropriation;
Considérant qu’il apparaît du dossier annexé à cette délibération du Conseil communal, que les formalités prescrites par l’article 72 du Code bruxellois de l’aménagement du territoire ont été remplies;
Considérant que vu l’ampleur du plan d’expropriation (approuvé par le Gouvernement le 18 juillet 1996) couvrant 5. îlots entiers, sa mise en oeuvre n’a pu intervenir que moyennant un phasage sur l’îlot délimité par l’avenue Fonsny, les rues de Hollande, d’Angleterre et de Mérode;
Considérant qu’il reste dans cet îlot 4. immeubles à exproprier sur les 43 que comptait l’îlot, afin de finaliser les travaux de réurbanisation et mettre ainsi un terme à sa dégradation très avancée, source d’insécurité pour les riverains;
Considérant, par ailleurs, qu’à l’exception de ces 4 immeubles et de 7 autres immeubles dont la démolition est imminente, l’ensemble de l’îlot est prêt à la reconstruction;
Considérant que la très grande majorité des immeubles de l’ensemble des cinq îlots a été acquise par l’autorité expropriante;
Considérant dès lors que l’appropriation par la Région des 4 parcelles à exproprier, sis rue de Mérode et rue de Hollande, est indispensable pour la réalisation du plan particulier d’affectation du sol;
Considérant que l’urgence se justifie actuellement, d’une part, pour remédier à dégradation rapide du quartier et plus spécifiquement de l’îlot concerné avec des risques touchant à la sécurité des personnes et des biens et, d’autre part, pour assurer une réalisation rapide des affectations prévues par le P.P.A.S. en vue de permettre une urbanisation prompte et cohérente de l’îlot, conformément aux options urbanistiques des plans régionaux et à la vocation internationale de la gare du Midi;
Considérant de tout ce qui précède, qu’il est indispensable pour cause d’utilité publique de prendre immédiatement possession des immeubles indiqués au plan d’expropriation;
Arrête :
Article 1er. Est approuvé le plan d’expropriation pour cause d’utilité publique de la Commune de Saint-Gilles complétant le plan particulier d’affectation du sol « Quartier de l’avenue Fonsny n° 1″ de la commune de Saint-Gilles (approuvé par arrêté du Gouvernement du 14 septembre 1995) et reprenant les 4 immeubles situés rue de Mérode 51, 53 et 61 et rue de Hollande, 26.
Art. 2. Il est indispensable pour cause d’utilité publique de prendre immédiatement possession des immeubles indiqués au plan d’expropriation et d’appliquer à cette expropriation la procédure d’extrême urgence prévue par la loi du 26 juillet 1962.
Art. 3. La Région de Bruxelles-Capitale est autorisée à procéder à l’expropriation.
Art. 4. Le Ministre qui a l’Urbanisme dans ses attributions est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Bruxelles, le 21 juin 2007.
Pour le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale :
Le Ministre-Président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Pouvoirs locaux, de l’Aménagement du territoire, des Monuments et des Sites, de la Rénovation urbaine, du Logement, de la Propreté publique et de la Coopération au développement;
Ch. PICQUE
Problèmes de sécurité dans le quartier Midi:
la Commune démunie?
Interpellé lors du conseil communal du 28 juin, le Collège des Bourgmestre et Echevins de Saint-Gilles a reconnu les problèmes d’hygiène et de sécurité que subissent les habitants du quartier Midi. Mais les solutions qu’il compte y apporter restent vagues.
Cela fait plusieurs mois que les habitants du quartier Midi alertent la Commune sur la dégradation de leurs conditions de vie. Même si les projets de Saint-Gilles et de la Région condamnent à court ou à long terme leur présence dans les îlots, ils sont au moins une centaine de locataires, propriétaires et commerçants à habiter encore les lieux et à subir quotidiennement le délabrement du quartier.
Jeudi 28 juin, le conseiller communal Alain Maron (Ecolo, opposition) est revenu sur cette situation: « Environ une centaine d’habitants résident toujours dans le quartier, dans 23 maisons situées sur les îlots A, C et D de la zone. Ces habitants subissent, outre les désagréments liés aux chantiers, des nuisance importantes, qui devraient trouver des solutions. Dans le cadre d’une affaire récente, la justice a d’ailleurs souligné l’extrême responsabilité des pouvoirs publics dans la situation actuelle de pourrissement du quartier et dans les problèmes d’hygiène rencontrés. Le juge impute même aux pouvoirs publics la responsabilité, je cite, des « occupations sauvages, du vandalisme, de l’insécurité et des incendies mortels ».
Des droits élémentaires non respectés
Ces problèmes de sécurité, causés par l’expropriation et à la démolition de maisons à la petite semaine depuis une dizaine d’années, ont déjà été évoqués à plusieurs reprises ces derniers mois. Récemment encore, une centaine d’habitants ont envoyé une lettre demandant à la Commune de garantir la sécurité et l’hygiène dans leur quartier. Ils pointent les responsabilités communales et précisent que « Tant que les autorités compétentes, ou leurs mandataires privés, n’auront pas trouvé de solution juste pour les derniers habitants, propriétaires et commerçants du quartier, la commune devra prendre en considération qu’il reste de la vie dans les îlots en question. Que ces habitants ne sont pas la cause du problème, qu’au contraire ils subissent. Que leur présence dans le quartier est parfaitement légitime et qu’à ce titre ils ont droit à la tranquilité et à la sécurité. Nous demandons donc à la Commune de Saint-Gilles de prendre immédiatement les mesures qui s’imposent pour garantir ces droits élémentaires ».
Au conseil communal, la Bourgmestre ff Martine Wille (PS) a reconnu l’existence de ces problèmes, ajoutant que si la Commune a la volonté de les régler elle ne détient pas toutes les solutions: « On fait comme on peut ». En avril dernier, suite à l’incendie qui fit deux morts et ravagea une maison dont les habitants avaient été expropriés (maison qui n’avait pas été murée par son nouveau propriétaire: la Région de Bruxelles-Capitale), Mme Wille avait semblé plutôt résignée quant à la possibilité d’assumer sa mission de sécurité dans le quartier. Elle déclarait au « Soir »: « on peut prendre toutes les précautions que l’on veut, si un squatteur veut rentrer dans une maison vide, il y arrivera toujours ».
On lira par ailleurs que l’un des moyens que la Commune peut utiliser pour lutter contre cette situation, en taxant les propriétaires d’immeubles et de terrains abandonnés, est volontairement inappliqué dans le quartier.
Jeudi, l’Echevin du quartier Midi Patrick Debouverie (MR) répondit quant à lui que l’éclairage public de la rue de Norvège — dont les habitants ont été privés pendant trois mois — venait d’être rétabli… la veille. « Cela a pris trop de temps », admit-il, sans évoquer la rue de Suède, toujours plongée dans le noir.
Palissades de sécurité ou panneaux de publicité?
Le règlement de la Commune de Saint-Gilles prévoit que « Le propriétaire qui fait construire, reconstruire ou démolir un bâtiment ou un mur de clôture ou exécuter des changements à une façade longeant la voie publique, ne peut commencer les travaux avant d’avoir établi devant sa propriété une cloison ou barrière en planches juxtaposées avec retours, de la hauteur de 2,5 mètres au moins. (…) Défense est faite aux entrepreneurs de commencer les travaux ci-dessus avant l’établissement de la cloison. A défaut par le propriétaire ou l’entrepreneur de se conformer aux prescriptions ci-dessus, la cloison est établie d’office, à leurs frais, par l’autorité communale ». Ce règlement n’a manifestement pas été souvent appliqué dans le quartier…
Les permis de démolir (octroyés à la SA Bruxelles-Midi pour les îlots C et D) prévoient, eux aussi, que des clôtures doivent être placées autour des terrains vagues. Il faut noter que ces permis interdisent la pose de publicités sur ces clôtures. Malgré tout, la Commune a octroyé des permis permettant à des sociétés (Belgoposter et JC Decaux) d’y placer des publicités… en échange de l’installation de palissades.
La situation actuelle est complètement à l’opposé: alors qu’aucune palissade digne de ce nom n’a été placée, des panneaux publicitaires (de plus en plus nombreux et parfois de très grande taille) jalonnent les terrains vagues du quartier Midi!!! Récemment, l’association Respire a d’ailleurs écrit aux autorités communales pour s’étonner de cette situation pour le moins paradoxale.
A la question de Mr Maron sur l’absence de palissades autour de ces îlots éventrés et où plusieurs maisons, encore habitées et toujours pas été expropriées, subissent régulièrement des tentatives d’effractions, Mr Debouverie répondit que le placement de la clôture sur l’îlot C avait commencé… le jour-même. Il n’a rien dit de l’îlot D.
Pour le reste, Mr Debouverie a semblé ignorer l’existence de maisons vides de longues dates et toujours pas murées. Confirmant que « Bruxelles-Midi démoli les maisons au fur et à mesure » (de quoi?), il a évoqué les « fermetures provisoires » de certaines maisons (en réalité: des fermetures de fortune avec des planches ou morceaux de grillages cloués). Il ne s’est pas attardé sur les problèmes d’hygiène, de dépôts d’immondices, de bruit etc. Mais il a expliqué que le Ministre-Président régional (et Bourgmestre empêché de Saint-Gilles) Charles Picqué avait pris l’initiative de réunir, la semaine dernière à la maison communale de Saint-Gilles, tous les intervenants publics concernés par le quartier Midi. Une visite sur place s’en serait suivie. Notons que les riverains n’ont pas été associés à ces rencontres, ce qui aurait pourtant permis de mieux cerner les problèmes et les solutions.
Tags : mr | rue de norvège | bruxelles-midi | ecolo | rue de suède | gare du midi | saint-gilles | patrick debouverie | sa bruxelles-midi | région de bruxelles capitaleLes habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

Incendies, terrains vagues, chantiers, absence d’éclairage public et menaces d’expropriations jamais mises en pratique… A Saint-Gilles, les habitants et les riverains des rues de Suède et de Norvège n’en peuvent plus.
Rue de Norvège à Saint-Gilles. Déjà rayée des nouvelles cartes de Bruxelles, cette voirie publique est appelée à disparaître pour faire place à un intérieure d’îlot privatisé. Sur les deux tiers du bloc, un immeuble de bureaux est quasiment déjà sorti de terre. Ce sera le dernier bâtiment conçu par l’Atelier d’Art Urbain dans le quartier. Il abritera le siège du groupe Securex, actuellement basé à Evere. Comme pour la compagnie d’assurance Swiss Life, qui s’est installée dans une partie du bâtiment construit sur l’îlot B (dont le reste est toujours vide), l’arrivée de Securex dans le quartier ne constitue pas plus qu’un déménagement d’un quartier de Bruxelles vers un autre. Aucune création d’emploi en vue, malgré les discours de la Commune de Saint-Gilles qui annoncent depuis 10 ans pas moins de 9000 emplois nouveaux dans le quartier.
Aujourd’hui, à l’ombre du chantier des futurs locaux de Securex, il reste pourtant des habitants dans la parcelle située entre la rue de Norvège et la rue de Mérode. Ceux-ci ont déjà dû subir la démolition de l’îlot B, voisin, le chantier des immeubles de Test-Achats puis de celui qui accueille aujourd’hui Swiss Life. Ils ont enfin dû supporter la destruction de toute la partie de l’îlot situé entre la rue de Norvège et l’avenue Fonsny, vivre plusieurs années face à un grand terrain vague et enfin à côté du chantier qui est en train de se terminer ces mois-ci.
Comme pour tout le quartier, ces habitants sont promis depuis 1992 à une expropriation d’extrême urgence et pour cause d’intérêt public, décrétée par Charles Picqué. A l’instar de l’îlot D (rue de Russie-rue de Mérode), leur bloc ne fait pourtant plus partie aujourd’hui d’aucun plan d’expropriation. Le plan d’expropriation de 1996 a expiré fin 2006 et n’a été renouvelé que pour 4 maisons de l’îlot C (rue de Hollande-rue d’Angleterre). Plus de base légale pour exproprier, donc, mais des menaces qui continuent très clairement à être proférées par les autorités communales et régionales, qui n’ont en aucun cas renoncé à leur projet.
Pour les trois familles qui habitent et sont propriétaires de leur maison rue de Norvège, le calvaire ne semble pas être prêt de s’arrêter. L’arme la plus forte des autorités expropriantes est bien sûr le temps et la dégradation de l’environnement qui s’accélère avec les années. Le bruit, les vibrations, la poussière, les dépôts d’immondices, les maisons vides, l’insécurité… et aujourd’hui, un immeuble qui leur coupe toute lumière du jour. Les habitants finiront-ils un jour par craquer et accepter une offre de rachat à bon compte de leur maison? C’est apparemment le pari qui est pris sur leur dos.
Trois incendies en quelques semaines
Et comme si cela ne suffisait pas, la rue de Norvège fait régulièrement l’objet de coupures d’éclairage public. C’est encore le cas en ce moment, depuis qu’un incendie a commencé à ravager une des maisons vides de la rue, il y a un mois. Cet incendie est survenu quelques semaines à peine après que les flammes aient dévasté une maison habitée dans le même îlot et quelques jours avant qu’un autre incendie, beaucoup plus médiatisé celui-là, ait causé la mort de deux squatteurs dans une maison de la rue d’Angleterre.
A l’époque, le Comité de quartier avait parlé d’un drame prévisible, dénonçant pour la enième fois l’absence de mesures de sécurité prises par la SA Bruxelles-Midi et les autorités communales dans le quartier. Certains avaient reproché cette prise de position, arguant du fait qu’il s’agissait d’un incendie criminel dont les autorités ne pouvaient pas être tenues responsables. Manifestement mal à l’aise suite à cet accident, celles-ci avaient déclaré à la presse que la maison incendiée avait été murée (ou « fermée par des planches », selon les articles) – ce qui relève du mensonge éhonté – et que de toutes façons il leur était impossible d’assurer la sécurité des maisons vides face aux « professionnels du squat bien outillés qui viennent à bout des meilleures serrures ».
Pourtant, la Commune est bel et bien l’une des principales parties responsables de la profusion des maisons vides (pour lesquelles elle n’applique pas sa taxe sur les immeubles vides) et des terrains vagues dans le quartier. Le Comité de quartier n’a jamais insinué que ces incendies étaient le fait des promoteurs publics et privés qui agissent dans le quartier. Il affirme, et ce depuis bien avant les incendies, que la Commune et la Région sont responsables de l’état dans lequel se trouve le quartier aujourd’hui et donc des conditions qui font que la sécurité n’y existe plus.
Que la Commune assume ses responsabilités…
Les riverains des îlots expropriés se plaignent de l’état dans lequel leur quartier est laissé. « Le chemin depuis l’arrêt de tram Suède/gare du Midi est très sombre et insécurisant la nuit pour les piétons », note une habitante d’un îlot voisin. Une autre, installée depuis quelques années dans l’immeuble du Foyer Saint-Gillois, indique avoir « une agréable vue sur le coté de la rue de Suède » par laquelle elle voit « les trois maisons délabrées dont une brulée dernièrement, le nouveau et très beau bâtiment en construction et en bas de mon immeuble un terrain vague jonché d’ordures de tout sortes, très nombreuses bouteilles d’alcool, canettes, sacs en plastique, poubelles, nourriture, excréments d’humains et d’animaux, vieux meubles, planches, bidons, sacs volés etc… Je ne peux vous décrire la puanteur qui se dégage de ce terrain! »
Eclairage public, murage des maisons vides, arrêt des démolitions formant des dents creuses entre des immeubles habités, sécurité des terrains vagues, ramassage des ordures etc. La Commune de Saint-Gilles serait bien inspirée de garantir la sécurité de tous ses administrés, même ceux qu’elle menace d’expropriation depuis une éternité. La justice et le bon sens commandent de mettre immédiatement fin au calvaire des familles de la rue de Norvège, comme de tous les habitants du quartier. De leur permettre rapidement de se reloger ailleurs et de bénéficier d’indemnités pour tout ce qu’ils ont subi et, surtout, qui leur permettent de se racheter une maison identique à celle qu’ils possèdent, en considérant la valeur et l’état de celle-ci tels qu’ils étaient en 1992 et pas aujourd’hui.
Tags : rue d'angleterre | saint-gilles | extrême urgence | rue de hollande | expropriation | avenue fonsny | rue de norvège | incendie | charles picqué | squatLe calvaire de la rue de Norvège
Les chantiers du Quartier Midi désespèrent les riverains. Ils parlent d’insécurité et de vandalisme.
- « La Dernière Heure », 21 mai 2007
SAINT-GILLES
“Cela dure depuis des années, on n’en peut plus, explique un habitant du Quartier Midi, qui longe l’avenue Fonsny. Les chantiers se suivent mais tout traîne, on est complètement abandonné à notre sort. Il fait sale, tout est moche, la sécurité ce n’est pas cela non plus malgré l’installation d’un commissariat de quartier…”
Au Comité de Quartier Midi, on demande à la commune de Saint-Gilles de prendre ses responsabilités. “Incendies, terrains vagues, absence d’éclairage public et d’expropriations jamais mises en pratique… À Saint-Gilles, les habitants et les riverains des rues de Suède et de Norvège n’en peuvent plus.”
Cette dernière a déjà été rayée des nouvelles cartes de Bruxelles… pour être remplacée par un intérieur d’îlot privatisé. En attendant, un immeuble de bureau, qui devrait accueillir le siège du groupe Securex, est déjà quasiment sorti de terre.
Les riverains, eux, subissent de plein fouet ces travaux, le bruit, les vibrations, les dépôts d’immondices, les maisons vides, l’insécurité, les coupures d’électricité… Ils doivent normalement être expropriés, à moins qu’on ne trouve un accord pour le rachat de leur immeuble. Mais depuis de nombreuses années, ils n’ont que trop rarement – voire jamais – reçus d’offres tangibles qu’ils leur permettraient de se reloger dignement ailleurs.
Le Comité de Quartier Midi se demande pour quelles raisons le quartier est laissé à l’abandon alors qu’on n’exproprie pas les gens qui y habitent. Il demande que la “commune de Saint-Gilles garantisse la sécurité de tous ses administrés, même ceux qui sont sous la menace d’une expropriation depuis une éternité.”
Une demande qui prend tout son sens quand on sait que, en quelques semaines, trois incendies ont été signalés dont un faisant deux morts.
M.K.
Lettre ouverte à la Commune de Saint-Gilles
Au Collège des Bourgmestre et Echevins
Commune de Saint-Gilles
Place Van Meenen 39
1060 Bruxelles
Bruxelles, le 29 mai 2007
Monsieur le Bourgmestre empêché,
Madame la Bourgmestre faisant fonction,
Monsieur l’Echevin du développement du quartier du Midi,
Depuis une quinzaine d’années, les autorités communales et régionales mènent dans 4 îlots du quartier Midi un projet de rénovation urbaine, visant notamment l’implantation d’immeubles d’hôtels et de bureaux. Depuis 1992, ce projet implique la démolition de toutes les maisons et l’expropriation « en extrême urgence » (ce qui signifie théoriquement l’expropriation judiciaire en 10 jours à peine) de tous les propriétaires, habitants et commerçants de ces îlots.
Ce projet a tellement traîné que le second plan d’expropriation pris par les autorités, en 1996, a expiré il y a quelques mois. Sans que tous les propriétaires n’aient encore été expropriés, et sans que les habitants ne sachent quand ils verraient la détérioration de leur quartier s’arrêter et leur propre situation de précarité enfin s’achever.
Mais si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est pour attirer votre attention sur le fait qu’au fil de ces longues années, le quartier (et donc le cadre de vie des habitants) s’est fortement dégradé. Depuis quelques mois, la situation d’insécurité s’est très sensiblement aggravée:
- Des maisons sont laissées vides, abandonnées, pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Trois incendies (dont l’un fut criminel et coûta la vie à deux personnes) sont survenus dans les îlots en l’espace d’à peine quelques semaines.
- Les îlots C (Fonsny-Hollande-Mérode-Angleterre) et D (Fonsny-Angleterre-Mérode-Russie) sont éventrés, ouverts à tous vents. Résultat: des intrus pénètrent dans les maisons – y compris celles qui sont habitées -, des tentatives de cambriolage ont lieu en pleine nuit. Aujourd’hui, les palissades qui étaient censées sécuriser les abords de ces terrains vagues ont disparu avec les dernières démolitions de maisons.
- Dans l’îlot A (Claes-Mérode-Suède-Norvège), les trois dernières familles habitant la rue de Norvège, déjà exposées depuis de longs mois aux nuisances de l’énorme chantier qui se poursuit à quelques mètres de leurs maisons, sont à présent plongées dans le noir à la tombée de la nuit, privées d’éclairage public…
- Sans oublier les dépôts d’immondices qui s’accumulent aux abords des terrains vagues, les bris de vitres, etc.
En mars, la Commune de Saint-Gilles a voté un nouveau plan d’expropriation pour les 4 dernières maisons de l’îlot C: le snack « L’entracte », l’épicerie « Shopwell » et deux maisons d’habitation. Mais, alors que ce plan censé entraîner « l’extrême urgence » n’est pas encore entré en vigueur, voilà déjà que de nouvelles démolitions sont prévues à proximité immédiate des maisons habitées. Pourquoi démolir les maisons mitoyennes à celles qui sont censées être bientôt expropriées en « extrême urgence »? Aucun permis de bâtir n’est encore octroyé pour cet îlot. Ces démolitions ne vont servir qu’à une chose: rendre la vie des habitants encore plus pénible et insécurisante.
C’est pourquoi nous nous adressons aujourd’hui à la Commune de Saint-Gilles. Nous savons que la commune n’a pas tous les pouvoirs dans ce dossier, mais nous n’ignorons pas qu’elle a aussi des compétences d’urbanisme, de police, de propreté et qu’elle s’est même dotée récemment d’un échevinat dédié au quartier Midi… C’est elle qui a initié le « PPAS Fonsny n°1″ dont les effets sont à l’oeuvre aujourd’hui, qui a élaboré les différents plans d’expropriation et qui interdit aux propriétaires du quartier de rénover leur maison. C’est encore la commune qui octroie aux promoteurs des permis de démolir (même en l’absence de projets de construction) et qui permet à des sociétés commerciales de placer des panneaux publicitaires et des palissades censés « sécuriser » les terrains vagues. C’est elle, enfin, qui exempte ces mêmes promoteurs de payer la taxe sur les immeubles vides et les terrains à l’abandon. La Commune de Saint-Gilles a incontestablement une importante responsabilité dans ce dossier, dans l’état dans lequel se trouve le quartier et dans tout incident qui pourrait survenir aux habitants à cause de cette situation.
Tant que les autorités compétentes, ou leurs mandataires privés, n’auront pas trouvé de solution juste pour les derniers habitants, propriétaires et commerçants du quartier, la commune devra prendre en considération qu’il reste de la vie dans les îlots en question. Que ces habitants ne sont pas la cause du problème, qu’au contraire ils subissent. Que leur présence dans le quartier est parfaitement légitime et qu’à ce titre ils ont droit à la tranquilité et à la sécurité. Nous demandons donc à la Commune de Saint-Gilles de prendre immédiatement les mesures qui s’imposent pour garantir ces droits élémentaires.
Cette lettre peut être signée au magasin Shopwell, 51 rue de Mérode à 1060 Saint-Gilles.
Tags : rue de mérode | police | extrême urgence | rue de norvège | gare du midi | rénovation urbaine | incendie | saint-gilles | shopwell | ppasQuartier Midi, quartier maudit?
- « La Tribune de Bruxelles », 31 mai 2007
C’est la crise du logement à Bruxelles et le gouvernement régional a promis 5000 logements nouveaux avant la fin de la législature. Le bilan actuel est loin de ce chiffre et la logique de la majorité est parfois difficile à suivre. Un peu partout sur le territoire de la Région, le gouvernement encourage les reconversions des espaces de bureaux en logement. Dans le quartier du Midi, c’est une logique inverse : les autorités publiques détruisent du logement, laissent pourir l’environnement et chassent les habitants de ce quartier populaire pour favoriser l’implantation des bureaux. Une enquête de Mehmet Koksal.
[Lire l'article sur le site de "La Tribune de Bruxelles" ou le télécharger en pdf]
Ancien quartier de commerçants juifs, les abords de la gare du Midi ont accueilli successivement plusieurs couches de classes populaires arabes, grecques, espagnoles, portugaises et plus récemment des nouveaux habitants originaires des pays de l’Est ainsi que de l’Afrique subsaharienne.
Mais par l’action conjuguée des pouvoirs publics communaux et régionaux, ce quartier des “pauvres maudits” peu rentables est vidé de ses habitants pour faire essentiellement place à des bureaux fiscalement plus rentables pour les finances communales (Voir le témoignage édifiant ci-dessous).
Un plan qui devait rester secret
Flash-back. Fin des années 80, le gouvernement fédéral annonce le projet d’un terminal TGV à Bruxelles. Rapidement, des promoteurs privés commencent à racheter quelques immeubles, provoquant une hausse des prix. Le bourgmestre de Saint-Gilles profite de l’occasion pour exposer son projet de “traitement énergique” pour forcer la “mutation sociologique” d’un quartier multiculturel afin de “garantir un meilleur équilibre budgétaire”. Pour “juguler les effets pervers de la spéculation”, Charles Picqué, bourgmestre empêché de Saint-Gilles et ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, évoque publiquement dès mars 1992 un “plan qui, pour réussir, doit rester secret”.
Sous-capitalisation
En quoi consiste ce “plan secret” ? Il s’agit, en bref, de spéculer à la baisse : faire baisser la valeur des immeubles en laissant pourrir le quartier, interdire les rénovations, encourager la multiplication des maisons vides, créer une structure privée jouissant du monopole de rachat au sein des îlots convoités.
Le but final de l’opération est de permettre à une société anonyme à but lucratif (la SA Bruxelles-Midi), contrôlée par la Région, de racheter les immeubles aux petits propriétaires à très bas prix pour les revendre au prix fort aux promoteurs immobiliers qui y installeront essentiellement de nouveaux hôtels ainsi que des bureaux. L’opération s’avérera être un échec total. D’après le ministre-Président, la société anonyme jouissant du monopole de racheter les parcelles a surtout été victime d’une sous-capitalisation régionale en 1992 (moins de 2 millions d’euros pour racheter 165 parcelles !)… une sous-capitalisation décidée par le ministre-Président lui-même. Bruxelles-Midi SA ne réussira effectivement pas sa mission, elle frisera même la faillite avant d’être sauvée par un refinancement public (Commune, Région et Fédéral) à partir de 2004. L’autre élément qui explique la lenteur des travaux et l’échec du “plan magique” est le manque d’intérêt des promoteurs privés pour ces terrains réservés.
15 ans d’extrême urgence
La stratégie des autorités publiques est toujours la même : les autorités utilisent un plan d’expropriation comme une menace mais, dans les faits, ils n’envoient quasi jamais personne devant le juge (seulement 7 propriétaires en 15 ans). Ils préfèrent avoir les habitants à l’usure et à des prix moindres que ce que le juge octroie. C’est toute la subtilité de la manœuvre : prendre des arrêtés d’expropriation, utiliser des lois, uniquement pour faire pression. C’est un abus de droit et une atteinte au droit de propriété.
Annoncée dès 1992, l’extrême urgence s’éternise et la tutelle régionale refuse de valider un premier plan d’expropriation. En effet, le ministre-Président découvre en 1995 que le bourgmestre de Saint-Gilles a commis un vice de forme dans le plan d’expropriation de 1992 en omettant de prévenir, comme le prévoit la procédure, la totalité des propriétaires des 165 parcelles concernées. La commune revoit rapidement sa copie et tant pis si les trois années de menaces d’expropriation ont fait drastiquement chuter les prix pour les petits propriétaires. Un nouveau plan d’expropriation est adopté en 1996 visant à expulser les habitants en extrême urgence mais la menace servira à nouveau le même but : faire pression pour vider les lieux. “Que penser d’un plan d’expropriation “extrêmement urgent”, qui, 15 ans après sa conception initiale, 11 ans après son entrée en vigueur légale, 6 ans après avoir été “confirmé” et 6 mois après avoir expiré, n’est toujours pas achevé ?”, s’interroge le Comité de Quartier.
Dans son jugement du 7 mars dernier relatif à une expropriation dans le quartier, le juge de Paix du canton de Saint-Gilles, statuant contradictoirement et en dernière instance, a littéralement “carbonisé” la gestion des autorités publiques dans ce dossier.
Un modèle d’administration mal conçue et malfaisante
Il confirme que le faux plan d’expropriation de 1992 constitue “une lourde faute équipollente à la mauvaise foi du pouvoir public”, que “l’intermédiaire créé par le pouvoir public, étant le véhicule Bruxelles Midi, créa de surcroît par sa seule existence un brouillard et une équivoque de nature à installer le trouble dans l’esprit des citoyens concernés” et que le système mis en œuvre est un “modèle d’administration mal conçue et malfaisante”. C’est pourquoi, le juge précise que “la faute grave continue de l’expropriante causa […] un dommage moral et matériel certain”. En plus d’éponger la faillite d’une société privée, la Région devra donc se préparer à payer de conséquents dommages et intérêts aux derniers propriétaires expropriés de la Gare du Midi. Si toutefois elle finit, enfin, par mettre ses menaces à exécution…
En attendant, la Région est à présent chargée de voter un nouveau plan d’expropriation limité à quatre immeubles. La maison des Mouniati (lire ci-dessous) n’est plus concernée par ce nouveau plan. Sa situation sociale dramatique n’entre visiblement plus dans les cas en extrême urgence pour “utilité publique”.
INFOS :
Jeudi 14 juin à 19h30 Projection-débat autour d’un film sur le quartier du Midi
“Dans 10 jours ou dans 10 ans…”
Rue Guillaume Tell, 61 – 1060 St-Gilles. au “Pianofabriek”,
Entrée gratuite.
Lire aussi www.quartier-midi.be
• Mohammed Mouniati : “La commune m’a découragé de vendre à 6 millions de francs belges”
Le cas particulier de Mohammed Mouniati montre qu’en ce qui concerne le quartier du Midi, on a affaire à l’un des plus gros scandales immobiliers qui promet de coûter des millions d’euros en dommages et intérêts à la Région de Bruxelles-Capitale.
“Quand je suis arrivé ici en 1970, c’était un quartier magnifique !”, constate Mohammed Mouniati, 77 ans, petit propriétaire, ouvrier pensionné, d’origine marocaine. “J’ai travaillé toute ma vie dans des sociétés métallurgiques et des fabricants de pièces détachées puis chez Citroën Forest pour pouvoir m’acheter cette petite maison rue de Norvège à Saint-Gilles. Depuis le début des années 90, la commune m’explique que je ne dois pas rénover ma maison, juste rafistoler temporairement l’intérieur, car ils vont bientôt la démolir. Une société étrangère m’avait offert 6.000.000 de francs belges à cette époque mais la commune m’a découragé de vendre en me disant qu’elle allait de toute façon racheter ma maison à un meilleur prix et qu’il valait mieux ne pas vendre à des sociétés étrangères. Quand je constate que les mêmes personnes m’offrent aujourd’hui environ 100.000 euros, je regrette de les avoir écoutées. A ce prix, il m’est impossible d’acheter une maison, ni même un appartement à Bruxelles ! Je suis prêt à partir dès demain si on me donne de quoi me racheter une maison ailleurs”, soupire-t-il, désabusé.
Mohammed Mouniati, sa femme et ses quatre enfants vivent depuis 15 ans dans un chantier permanent. La famille n’a aucune raison de s’accrocher à cet endroit : bruit, poussière, risques de vandalisme, saleté et incendies,… l’environnement dégradant cause de nombreux problèmes de sécurité et de santé aux riverains. Désespéré, le vieux Mouniati vit quotidiennement les conséquences d’une longue menace d’expropriation. “Je m’excuse d’être pauvre et si la justice m’expulse un jour sans compensation, j’irai moi aussi avec ma famille planter une tente à la gare du Midi où je demanderai à ma femme de préparer du couscous populaire”, explique avec son fort accent l’ancien travailleur immigré.
En réalité, notre homme est victime, sans vraiment le savoir, des effets pervers d’un incroyable plan secret mis en pratique par les plus hauts responsables de la région bruxelloise….
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