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Un nouveau morceau de ville sort de terre à Bruxelles-Midi

- Dépêche Belga, 25 octobre 2007

Le quartier de la gare du Midi à Bruxelles est en pleine mutation et présentera un nouveau visage d’ici à quelques années à peine, ont affirmé jeudi les responsables de la commune de Saint-Gilles présentant plusieurs projets en voie de réalisation, et parfois d’achèvement.
Des hôtels, 470 logements, 80.000 m2 de bureaux, un nouveau noyau commercial, des places publiques (ré-)aménagées et plusieurs équipements d’intérêt collectif (une crèche, une maison de l’emploi gérée par la commune, des salles polyvalentes, une bibliothèque néerlandophone) en constitueront les infrastructures les plus visibles.
Le Quartier du Midi est considéré par la Région bruxelloise comme une zone prioritaire essentiellement dédiée aux bureaux.
Les places Victor Horta, premier contact visuel des voyageurs avec la ville lorsqu’ils quittent la gare TGV, sera davantage équipé qu’aujourd’hui (zone d’attente pour la clientèle de taxis, verdurisation, éclairage).
Un peu plus loin, l’Esplanade de l’Europe subira un lifting pour en éradiquer le parking sauvage. Une nouvelle place située à l’angle de l’avenue Fonsny et de la rue de Hollande sera réalisée.
Dans les quatre nouveaux îlots en construction le long de l’avenue Fonsny, les premiers logements d’un ensemble devant en compter 230 ont commencé à sortir de terre. Il s’agit notamment de dix logements dont le gros oeuvre est terminé et qui complètent le complexe de bureaux construit côté rue de Norvège, mais aussi de 90 logements qui seront érigés dans le cadre du plan régional pour le logement.
Un autre chantier de 30 logements moyens est programmé pour le début 2008 rue de Suède.
Des logements moyens, il y en aura aussi rue de Russie -la procédure d’octroi du permis de bâtir est en cours. Trente logements sociaux sont encore prévus dans le cadre du plan logement de la Région.
Ailleurs dans le quartier, 230 autres logements de nature variée sont également réalisés, en chantier, ou en projet.
Toujours dans les quatre lots situés le long de l’avenue Fonsny, le nouvel immeuble dénommé Swiss Life (19.500 m2) est désormais entièrement occupé dans l’îlot B. Un autre complexe de bureaux de 22.000 m2 est en cours d’achèvement dans l’îlot A.
Au niveau de l’îlot C, deux ensembles de 13.600 et 18.200 m2 feront bientôt l’objet d’un permis de bâtir.
Un permis est également en cours de délivrance pour un complexe de bureaux de 7.000 m2 avec rez-de-chaussée commercial à l’angle de l’avenue Fonsny et de la rue de Russie.
Des commerces sont prévus le long de la nouvelle place Broodthaers et au rez-de-chaussée d’immeubles des rues de Russie et d’Angleterre.
Le secteur hôtelier, qui compte actuellement 500 chambres dans le quartier, en a programmé 450 nouvelles, parmi lesquelles 239 d’un nouveau complexe trois étoiles qui ouvrira ses portes à la fin de l’année 2008 au-dessus de l’entrée principale de la gare.
Enfin, sur le plan de la vie économique, la commune de Saint-Gilles inaugurera d’ici quelques semaines la nouvelle maison de l’emploi (1.000 m2), située le long de la rue de Mérode.
Elle hébergera une antenne décentralisée d’Actiris, ainsi que les principaux services locaux d’aide aux demandeurs d’emploi.
Un centre d’entreprises inauguré il y a plusieurs mois rue Théodor Verhaegen affiche complet: il héberge 32 entreprises.

JDD/(BPE)

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L’oeuvre d’art volée en « extrême urgence » à Saint-Gilles mise en vente sur ebay par Les Diables Roses au profit des sinistrés du Quartier Midi

- « Diables Roses« , octobre 2007

Le mercredi 26 septembre vers 22h00 d’audacieux cambrioleurs équipés D’UNE GRUE AU BRAS TELESCOPIQUE DE 50 METRES, ont dérobé une oeuvre d’ Emmanuel Tête installée à l’initiative du groupe des Diables Roses au Quartier Midi. Cette œuvre était visible depuis le 19 septembre sur une façade borgne d’un immeuble particulier de la rue de Russie, dans l’îlot D du PPAS Fonsny 1. Cette installation était évidemment «temporaire» comme l’est l’opération immobilière de Démolition/Reconstruction qui dure depuis 15 ans.

Nous ne connaissons toujours pas les auteurs ni les mobiles de cet acte à l’évidence soigneusement prémédité, accompli nuitamment et au nez et à la barbe des forces de police pourtant présentes sur les lieux à l’heure du crime.

Cette oeuvre d’art devait être mise en vente publique dans un but humanitaire, afin d’alimenter un fonds d’aide aux victimes des projets d’internationalisation du Quartier Midi (PPAS Fonsny 1). Les Diables Roses ont décidé de maintenir cette vente, qui se déroulera sur le site www.ebay.be et lancent un appel pressant aux autorités communales, régionales et communautaires afin que les trafiquants d’art soient mis hors d’état de nuire et que l’œuvre volée soit restituée dans les meilleurs délais.

Télécharger le dossier de presse en pdf

Lire aussi: « Décrochez-moi ça!« 

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Un « morceau de ville » en devenir

- « La Dernière Heure », 26 octobre 2007

Logements, horeca, bureaux, sécurité, propreté, etc. : le Midi affiche son dynamisme

SAINT-GILLES • Oui, le quartier du Midi bouge, se bâtit. Très doucement. Mais il bâtit. Hier matin, les édiles saint-gillois se sont en tout cas échinés à le prouver. Il faut reconnaître qu’après quinze ans de tergiversations, de plans d’expropriations foireux, les projets, aboutis ou en cours, y foisonnent.

Autour de la gare du Midi, la dimension internationale de Bruxelles prend corps. Entre divers partenariats privés/public…

Première halte : la Maison de l’emploi, un beau bébé qui, au 143 de la rue de Mérode, se fait guichet unique pour les demandeurs. Inauguration théorique en fin d’année.

Les Ateliers du Midi, au 54 de la même artère, ont ouvert début juillet 2007. Soit un bon 1.000 m2 centrés sur l’insertion professionnelle. Rue Théodore Verhaegen, au 150, le Centre d’entreprises bat son plein depuis quelques mois déjà.

Proactive, la commune se targue de l’avoir été. Ne fût-ce qu’en recherche de financements d’idées parfois anciennes. La notion de Maison de l’emploi, par exemple, ne remonte-t-elle pas à l’an 2000 ?

Les logements, ensuite. Fonsny et ses nouveaux îlots A, B, C, D en compteront 230. Pour un total culminant à « plus de 460″ – « du logement diversifié » garantit-on encore.

Dernier né des projets de ce périmètre si sujet à caution, le contrat de quartier Fontainas (soit près de 12 millions d’euros) passera bientôt la rampe de la tutelle. Avec, à la clé, 15 logements moyens et 23 logements sociaux.

Voilà pour la dimension humaine du bas de Saint-Gilles… à condition d’inclure encore le futur de la place Horta, de l’esplanade de l’Europe, la place Broodthaers, la sécurisation et la propreté, etc.

Citons encore l’horeca, au taux d’occupation déjà conséquent.

Et les bureaux ? Ils ne sont guère absents de la revitalisation de ce « morceau de ville ». De la petite ceinture à la place Horta, 80.000 m2 y sont dévolus. Le PRD (plan régional de développement), c’est vrai, encourage ce type d’approche aux abords des gares. Rien qu’à l’angle avenue Fonsny/rue de Russie, un complexe de 7.000 m2 poussera doucement dès le courant 2008.

Guy Bernard

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Il faut que le Midi Respire…

- « La Dernière Heure », 11 juillet 2007

Une ASBL organise une pétition contre une pub de 30 m2 à Saint-Gilles

SAINT-GILLES • Nichée à Waterloo, l’association Respire prône une consommation « raisonnable et responsable » des panneaux publicitaires. Mieux, elle oeuvre pour libérer, tant que faire se peut, l’espace public de tout affichage commercial.

Or, au confluent de l’avenue Fonsny et de la rue de Russie, dans un bas de Saint-Gilles, menace un projet de publicité peu banal : un panneau de 30 m² qui serait planté à 10 m de hauteur. « Nous nous opposons à ce projet particulièrement envahissant dont l’installation enlaidirait fortement cet îlot du quartier du Midi, déjà, profondément défiguré par plus de 15 ans de démolition et d’interdiction de rénover », lit-on sur http://petitions.agora.eu.org.

Où l’on précise encore que semblable implantation contreviendrait au Règlement régional d’urbanisme (RRU). L’avenue Fonsny compte déjà, il est vrai, pas moins de neuf dispositifs publicitaires aux alentours de l’espace visé ici. L’ASBL lance une pétition demandant aux autorités saint-gilloises et de ne pas autoriser la publicité géante et de réduire fortement la place de l’affichage commercial dans les rues de l’entité.

La liste des pétitionnaires se consulte sur le même site Internet. Le texte qui sera remis à l’exécutif saint-gillois aussi. Ce dernier a d’ores et déjà fait savoir ne pas être très favorable à ce 30 m2. Ce qui ne vous empêche en rien de grossir le rang de ceux qui veulent que le Midi Respire et que Inter-Environnement Bruxelles cautionne.

G. Be

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Pétition: Saint-Gilles sans pub!

A la fin de l’année 2005, Respire lançait une pétition contre le projet d’implantation d’un panneau publicitaire de 8m² à Saint-Gilles. Ce panneau ne fut finalement pas installé, mais Belgoposter S.A. obtenait l’autorisation de disposer 9 installations publicitaires de marque J.C. Decaux en face de la gare du midi (dans le bas de Saint Gilles), sur « l’îlot C », en « travaux » depuis de nombreuses années. Le permis d’urbanisme délivré par la Commune prévoyait que ces 9 dispositifs publicitaires soient apposés à une palissade de chantier, la palissade constituant une contrepartie à la pollution publicitaire. Cette palissade qui n’a jamais respecté les caractéristiques prévues par le permis d’urbanisme. Depuis quelques temps, une grande partie en avait même totalement disparue et était remplacée par un grillage qui ne permettait pas d’assurer la sécurité du chantier (incendies, tentatives d’effractions dans les haitations restantes). L’échange « pub contre palissade » perdait donc tout son sens, pour autant qu’il en ait jamais eu. Respire a donc écrit aux autorités communales, leur demandant de remédier à cette situation.
La palissade est en train d’être réinstallée (nous vous donnerons plus de nouvelles sur ce sujet très prochainement).

Jamais 9 sans 10 sans doute, une demande de permis d’urbanisme a été introduite par la société Belgoposter S.A. pour installer un panneau J.C. Decaux géant de 30 m² culminant à 10 mètres de hauteur, au coin de l’îlot jouxtant le chantier (et les 9 panneaux publicitaires) précité. La demande a été introduite de telle façon que la procédure sera très courte et qu’une consultation de la population ne sera pas requise!
Considérant le débordement publicitaire observé aux alentours de la gare du midi, et vu le manque de volonté des autorités communales de Saint-Gilles de freiner ce débordement nuisible, Respire lance une pétition pour refuser l’installation du panneau publicitaire géant et demander une forte réduction de la place de la publicité commerciale dans les rues de Saint-Gilles.

Nous vous invitons à signer la pétition très rapidement!
Cliquez ici.

Pétition:

SAINT-GILLES SANS PUB !

Les signataires de cette pétition s’opposent au projet d’implantation d’un panneau publicitaire de 30 m² culminant à 10 mètres de hauteur, en face de la gare du midi, au croisement de l’Avenue Fonsny et de la rue de Russie (Bruxelles, Saint-Gilles).

Nous nous opposons à ce projet particulièrement envahissant, dont l’installation enlaidirait fortement cet îlot du quartier du midi déjà profondément défiguré par plus de 15 ans de démolition et d’interdiction de rénover.

Ce projet contrevient d’ailleurs à l’esprit du RRU (Règlement Régional d’Urbanisme) visant à préserver et améliorer la qualité et l’harmonie urbanistique de Bruxelles.

L’Avenue de Fonsny comprend déjà de nombreuses installations publicitaires, dont 9 dispositifs publicitaires à proximité immédiate de ce nouveau projet.

Les publicités nous agressent à chaque coin de rue par leurs messages non-sollicités. Il est urgent de fixer une limite stricte et claire à ce type de pollution visuelle et cognitive. Nous ne voulons pas de publicité commerciale dans nos rues.

Les signataires de cette pétition demandent aux autorités Communales de Saint-Gilles de ne pas autoriser l’implantation de ce panneau géant, de n’autoriser aucun dispositif publicitaire supplémentaire aux alentours de la gare du midi et de prendre les mesures qui s’imposent pour réduire fortement la place de la publicité commerciale dans les rues de Saint-Gilles.

Signez la pétition:

http://petitions.agora.eu.org/stgillessanspub

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Projets de bureaux et hôtels en commission de concertation le 26 juin

Les sociétés Atenor Group-BPI, leur filiale South City Office ainsi que la SA Espace Midi ont introduit trois demandes de permis d’urbanisme pour leurs constructions dans l’îlot C. Les dossiers passeront en Commission de concertation le 26 juin à 10h à la maison communale de Saint-Gilles (salle du Collège). Document officiel à télécharger ici.

Ci-dessous un article de « Bruxelles en mouvements », le journal d’Inter-Environnement.

Les démons du Midi

Voici 12 ans, le PPAS Fonsny n°1, entre la rue de Mérode et l’avenue Fonsny, depuis la rue de Russie à la rue Claes, allait sacrifier ce quartier populaire à la fonction internationale.
Finalement, le quartier n’est pas devenu le haut lieu d’affaires espéré (car la demande en bureaux n’a pas suivi l’offre). Mais les pouvoirs publics n’ont rien voulu savoir. En fermant les yeux sur cet échec, et en refusant de céder la priorité aux logements (existants et futurs), ils ont dirigé le quartier droit dans le mur.

Si un seul des quatre îlots concerné par le PPAS est complètement réaménagé (l’îlot B), le second (l’îlot C – entre les rues d’Angleterre et de Hollande) fait l’objet de trois demandes de permis, qui seront examinées en concertation le 26 juin…

Il s’agit de construire 32.000 m2 de bureaux, un hôtel de 142 chambres, 400 m2 de commerces, et 208 emplacements de parking. Il reste pourtant encore quatre maisons, qui n’appartiennent pas à la société Bruxelles-Midi dont la Région de Bruxelles-Capitale est l’actionnaire principal.

Inter-Environnement interviendra en concertation pour refuser, d’abord la scission du projet en trois dossiers. Car elle permet d’éviter l’étude d’incidences qu’exigerait un traitement unique.

Information ?

Ensuite, il est regrettable que la commune n’ait pas profité de l’enquête publique pour initier le travail d’information qu’elle prévoit pour septembre. Une séance d’information permettrait, notamment, d’estimer la bonne intégration du projet au bâti environnant et l’affectation des charges d’urbanisme, que vont générer les nouvelles surfaces de bureaux (près de 4 millions d’euros).

Logement ?

Enfin, en contestant l’absence de logements prévus dans l’îlot, les associations proposaient, le 27 juin 2002 , de garantir la continuité de l’habitat le long de la rue de Mérode. L’objectif étant d’assurer la transition, en intérieur d’îlot, entre la fonction administrative qui doit rester tournée vers la gare du Midi, et la fonction résidentielle ouverte sur les quartiers habités de Saint-Gilles. Ce qui est en parfait accord avec le PPAS qui prévoit un MINIMUM de 0% de logement et un MAXIMUM de 80% de bureaux…

Développement durable ?

En outre, l’emplacement stratégique du projet, lui offrant une visibilité maximum, donne l’opportunité aux pouvoirs publics, de démontrer leur volonté de s’inscrire dans la logique du développement durable. Pourquoi, alors, refuser l’aménagement de toitures vertes, sous couvert d’arguments esthétisants ?

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Les habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

Incendies, terrains vagues, chantiers, absence d’éclairage public et menaces d’expropriations jamais mises en pratique… A Saint-Gilles, les habitants et les riverains des rues de Suède et de Norvège n’en peuvent plus.

Rue de Norvège à Saint-Gilles. Déjà rayée des nouvelles cartes de Bruxelles, cette voirie publique est appelée à disparaître pour faire place à un intérieure d’îlot privatisé. Sur les deux tiers du bloc, un immeuble de bureaux est quasiment déjà sorti de terre. Ce sera le dernier bâtiment conçu par l’Atelier d’Art Urbain dans le quartier. Il abritera le siège du groupe Securex, actuellement basé à Evere. Comme pour la compagnie d’assurance Swiss Life, qui s’est installée dans une partie du bâtiment construit sur l’îlot B (dont le reste est toujours vide), l’arrivée de Securex dans le quartier ne constitue pas plus qu’un déménagement d’un quartier de Bruxelles vers un autre. Aucune création d’emploi en vue, malgré les discours de la Commune de Saint-Gilles qui annoncent depuis 10 ans pas moins de 9000 emplois nouveaux dans le quartier.

Aujourd’hui, à l’ombre du chantier des futurs locaux de Securex, il reste pourtant des habitants dans la parcelle située entre la rue de Norvège et la rue de Mérode. Ceux-ci ont déjà dû subir la démolition de l’îlot B, voisin, le chantier des immeubles de Test-Achats puis de celui qui accueille aujourd’hui Swiss Life. Ils ont enfin dû supporter la destruction de toute la partie de l’îlot situé entre la rue de Norvège et l’avenue Fonsny, vivre plusieurs années face à un grand terrain vague et enfin à côté du chantier qui est en train de se terminer ces mois-ci.

Comme pour tout le quartier, ces habitants sont promis depuis 1992 à une expropriation d’extrême urgence et pour cause d’intérêt public, décrétée par Charles Picqué. A l’instar de l’îlot D (rue de Russie-rue de Mérode), leur bloc ne fait pourtant plus partie aujourd’hui d’aucun plan d’expropriation. Le plan d’expropriation de 1996 a expiré fin 2006 et n’a été renouvelé que pour 4 maisons de l’îlot C (rue de Hollande-rue d’Angleterre). Plus de base légale pour exproprier, donc, mais des menaces qui continuent très clairement à être proférées par les autorités communales et régionales, qui n’ont en aucun cas renoncé à leur projet.

Pour les trois familles qui habitent et sont propriétaires de leur maison rue de Norvège, le calvaire ne semble pas être prêt de s’arrêter. L’arme la plus forte des autorités expropriantes est bien sûr le temps et la dégradation de l’environnement qui s’accélère avec les années. Le bruit, les vibrations, la poussière, les dépôts d’immondices, les maisons vides, l’insécurité… et aujourd’hui, un immeuble qui leur coupe toute lumière du jour. Les habitants finiront-ils un jour par craquer et accepter une offre de rachat à bon compte de leur maison? C’est apparemment le pari qui est pris sur leur dos.

Trois incendies en quelques semaines

Et comme si cela ne suffisait pas, la rue de Norvège fait régulièrement l’objet de coupures d’éclairage public. C’est encore le cas en ce moment, depuis qu’un incendie a commencé à ravager une des maisons vides de la rue, il y a un mois. Cet incendie est survenu quelques semaines à peine après que les flammes aient dévasté une maison habitée dans le même îlot et quelques jours avant qu’un autre incendie, beaucoup plus médiatisé celui-là, ait causé la mort de deux squatteurs dans une maison de la rue d’Angleterre.

A l’époque, le Comité de quartier avait parlé d’un drame prévisible, dénonçant pour la enième fois l’absence de mesures de sécurité prises par la SA Bruxelles-Midi et les autorités communales dans le quartier. Certains avaient reproché cette prise de position, arguant du fait qu’il s’agissait d’un incendie criminel dont les autorités ne pouvaient pas être tenues responsables. Manifestement mal à l’aise suite à cet accident, celles-ci avaient déclaré à la presse que la maison incendiée avait été murée (ou « fermée par des planches », selon les articles) – ce qui relève du mensonge éhonté – et que de toutes façons il leur était impossible d’assurer la sécurité des maisons vides face aux « professionnels du squat bien outillés qui viennent à bout des meilleures serrures ».

Pourtant, la Commune est bel et bien l’une des principales parties responsables de la profusion des maisons vides (pour lesquelles elle n’applique pas sa taxe sur les immeubles vides) et des terrains vagues dans le quartier. Le Comité de quartier n’a jamais insinué que ces incendies étaient le fait des promoteurs publics et privés qui agissent dans le quartier. Il affirme, et ce depuis bien avant les incendies, que la Commune et la Région sont responsables de l’état dans lequel se trouve le quartier aujourd’hui et donc des conditions qui font que la sécurité n’y existe plus.

Que la Commune assume ses responsabilités…

Les riverains des îlots expropriés se plaignent de l’état dans lequel leur quartier est laissé. « Le chemin depuis l’arrêt de tram Suède/gare du Midi est très sombre et insécurisant la nuit pour les piétons », note une habitante d’un îlot voisin. Une autre, installée depuis quelques années dans l’immeuble du Foyer Saint-Gillois, indique avoir « une agréable vue sur le coté de la rue de Suède » par laquelle elle voit « les trois maisons délabrées dont une brulée dernièrement, le nouveau et très beau bâtiment en construction et en bas de mon immeuble un terrain vague jonché d’ordures de tout sortes, très nombreuses bouteilles d’alcool, canettes, sacs en plastique, poubelles, nourriture, excréments d’humains et d’animaux, vieux meubles, planches, bidons, sacs volés etc… Je ne peux vous décrire la puanteur qui se dégage de ce terrain! »

Eclairage public, murage des maisons vides, arrêt des démolitions formant des dents creuses entre des immeubles habités, sécurité des terrains vagues, ramassage des ordures etc. La Commune de Saint-Gilles serait bien inspirée de garantir la sécurité de tous ses administrés, même ceux qu’elle menace d’expropriation depuis une éternité. La justice et le bon sens commandent de mettre immédiatement fin au calvaire des familles de la rue de Norvège, comme de tous les habitants du quartier. De leur permettre rapidement de se reloger ailleurs et de bénéficier d’indemnités pour tout ce qu’ils ont subi et, surtout, qui leur permettent de se racheter une maison identique à celle qu’ils possèdent, en considérant la valeur et l’état de celle-ci tels qu’ils étaient en 1992 et pas aujourd’hui.

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Incendie mortel au quartier Midi :
un drame prévisible…

Un incendie s’est déclaré ce 17 avril au matin au deuxième étage d’une maison faisant le coin de la rue d’Angleterre et de l’avenue Fonsny, en face de la gare du Midi à Bruxelles, faisant deux morts. Vide depuis moins d’un mois pour cause d’expropriation, cette maison était laissée ouverte à tous vents. Contrairement à ce qu’affirme une dépêche Belga, « les baies de porte et de fenêtre du rez-de-chaussée » n’avaient pas « été murées » par le nouveau propriétaire, la Région de Bruxelles-Capitale. Une situation qui est légion dans les 4 îlots (PPAS Fonsny n°1) condamnés par les projets immobiliers de la Région et de la Commune de Saint-Gilles (1). Et que dénonce depuis deux ans le Comité du quartier Midi, qui demande aux autorités communales et régionales de prendre leurs responsabilités pour garantir la sécurité dans le quartier.

Deux squatteurs ont trouvé la mort ce 17 avril au matin dans un incendie rue d’Angleterre à Bruxelles, en face de l’Hôtel Ibis. En fin de journée, on apprenait qu’il s’agissait probablement d’un incendie criminel.

La maison incendiée appartenait depuis les années 80 à une famille qui y résidait et y tenait une épicerie. Jusqu’à ce qu’elle soit expropriée, en juillet 2006, « en extrême urgence » et pour cause « d’utilité publique » devant le juge de paix de Saint-Gilles et à la requête du Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale Charles Picqué (lire: « Chronique d’une expropriation »).

Les désormais anciens propriétaires de l’immeuble avaient eu quelques mois pour trouver une autre habitation. Il y a quelques semaines à peine, ils ont finalement déménagé vers Anderlecht. Après leur départ, il ne fallut que quelques jours pour que la porte d’entrée soit fracturée, puis les vitrines du commerces brisées. Depuis, la maison était ouverte à tous vents. Comme le sont plusieurs autres maisons dans le même îlot et dans les ilots avoisinants, et ce depuis des années.

Un drame annoncé et pas isolé

Depuis sa création en 2005, le Comité du quartier Midi dénonce cette situation d’insécurité pour les habitants, obligés de vivre entre maisons vides et terrains vagues en attendant l’expropriation qu’on leur annonce depuis 1992…

• En mai 2005, une cinquantaine de propriétaires, locataires et commerçants du quartier attiraient déjà, dans une lettre ouverte à Charles Picqué, l’attention du Bourgmestre empêché de Saint-Gilles et Ministre-Président régional quant à cette situation dans le quartier. « Nous doutons que la prolifération des terrains vagues ou des maisons vides améliore l’image et la convivialité des abords de la gare du Midi, ni ne règle les problèmes de sécurité et d’hygiène. Nous voulons aussi rappeler que ce ne sont pas les habitants ni les propriétaires particuliers qui ont mis le quartier dans l’état dans lequel il est aujourd’hui », écrivaient notamment les signataires.

• Dans son cahier de doléances, remis en 2005 aux autorités communales et régionales, le Comité demandait déjà que les incidences de ces projets immobiliers menés par les pouvoirs publics soient gérées dans le respect des riverains, de leurs droits et de leur environnement: « La démolition inutile de maisons et la création de terrains vagues met en péril le logement de certains d’entre nous ainsi que la sécurité, l’hygiène de vie, l’environnement et la tranquilité des autres. Ces pratiques ont des incidences néfastes sur le cadre de vie des habitants et des riverains et sur la santé des commerces dans le quartier ».
Le Comité ajoutait: « Il serait plus logique et plus respectueux de procéder dorénavant de façon groupée aux expropriations, aux délogements et aux démolitions (îlot par îlot). En d’autres termes, de lier les expropriations et les renons à la réalisation de projets immobiliers. Et de garantir, jusqu’à la délivrance des permis de bâtir, le maintien du bâti existant et de l’habitat. Les habitants le souhaitant devraient pouvoir jouir de leur logement jusqu’à délivrance d’un tel permis pour les îlots A, C ou D. Toute maison habitable continuerait à être mise en location par son propriétaire. Mieux vaut, si possible, une maison habitée qu’une maison murée ou démolie ».

• Quelques mois plus tard, le Comité de quartier dénonçait encore que plusieurs maisons de la rue de Russie (îlot D), dont les locataires venaient d’être délogés, étaient laissées « vides et le plus souvent portes et fenêtres ouvertes à tous vents (seuls des petits cadenas ont été apposés aux portes et ils sont étrangement régulièrement ouverts), comme s’il s’agissait de favoriser l’intrusion à l’intérieur de l’îlot et les dégâts de la pluie ».

• En août 2006 (lire: « Quartier Midi: j’arrive plus à dormir ») et en mars 2007 (lire: « Reprise des démolitions dans l’îlot C: comment mieux décourager les habitants? »), le Comité revenait à la charge en pointant la poursuite de ces pratiques qui créent des maisons vides et des dents creuses à la suite de rachats, d’expropriations et de démolitions (parfois partielles) menées manifestement au petit bonheur la chance, sans plan d’ensemble ni calendrier précis… et sans la moindre concertation ni information des riverains, dont on se soucie manifestement peu quant aux incidences qu’ils auront à subir.

• Pas plus tard que ce weekend, le Comité dévoilait sur son site internet que la Commune de Saint-Gilles se prive de son pouvoir de pression sur les propriétaires des maisons vides dans le quartier Midi, en les exonérant de la taxe sur les immeubles abandonnés (lire: « Saint-Gilles se prive volontairement d’impôts sur les immeubles vides »). L’article se concluait ainsi: « en procédant de la sorte, Saint-Gilles s’empêche d’utiliser cette loi comme moyen de pression pour accélérer ces opérations immobilières dont elle déplore elle-même la lenteur, mais aussi pousser les promoteurs à assurer la sécurité autour des chancres (entretien, pose de clôtures etc.). Il est vrai que la sécurité des habitants du quartier Midi ne semble pas constituer un souci prioritaire de la majorité PS-MR de Saint-Gilles »

Mais malgré toutes ces alertes, la Région bruxelloise (le pouvoir expropriant), la SA Bruxelles-Midi (société anonyme créée par la Région pour mener à bien l’expropriation des habitants et le développement des projets immobiliers dans le quartier) et la Commune de Saint-Gilles (qui a élaboré le PPAS Fonsny n°1, initie les plans d’expropriation, octroie les permis de démolir etc.) sont restées sourdes à ces revendications. La seule réponse qui fut apportée par Bruxelles-Midi et la Commune de Saint-Gilles consista à faire poser le long de certains terrains vagues… des panneaux publicitaires, par ailleurs illégaux (lire: « Des pubs pour lutter contre les squats!? »).

Il faut par ailleurs rappeler que l’incendie de ce matin n’est pas le premier à survenir dans le quartier. Il y a un mois, une maison habitée de la rue de Suède avait été la proie des flammes. Dans le passé, des faits similaires se sont déjà produits, notamment à la rue de Hollande.

Le Comité du quartier Midi rappelle que les habitants du quartier sont les premières victimes des plans poursuivis par les pouvoirs publics dans la zone du Midi. Qu’importe si la Commune et la Région se plaignent de « la lenteur » de l’opération qu’elles ont elles-mêmes voulue et qu’elles persévèrent à réaliser depuis 15 ans. Tant qu’elles n’auront pas les moyens de racheter ou d’exproprier la vingtaine de maisons qui appartiennent toujours à des particuliers (qui, pour la plupart, les occupent ou les louent), les autorités régionales et communales seraient bien inspirées de garantir des conditions de vie décentes à leurs concitoyens. Et de prendre enfin toutes les mesures qui s’imposent pour éviter que de tels drames se reproduisent.

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Comment mieux décourager les habitants?

Des démolitions ont commencé, fin mars, entre et autour des 4 maisons concernée par le nouveau plan d’expropriation en gestation à la Commune de Saint-Gilles. Une pratique sournoise, qui n’est accompagnée d’aucune forme de concertation ni d’information envers les riverains et qui va surtout servir à créer des dents creuses. Une manière d’accroître la pression sur les propriétaires et habitants de l’îlot, dont les maisons n’ont toujours pas été rachetées ni expropriées.

En 2006, la Commune de Saint-Gilles avait poussé les promoteurs d’Espace Midi à démolir les maisons qu’elle possède dans l’îlot D (rue de Russie et avenue Fonsny)… Ces mêmes maisons qui avaient été vidées de leurs locataires un an plus tôt, toujours sur insistance de la Commune si l’on en croit les promoteurs. Une de ces maisons n’appartenait pas ni à Espace Midi ni à Bruxelles Midi, mais à un particulier qui avait eu l’audace de refuser l’offre de cette dernière, offre qu’il jugeait très en-dessous de la valeur de sa maison. Exproprié dans le courant de l’été 2006, ce propriétaire vit sa maison être démolie à la veille de Noël et des congés du bâtiment.

Le problème n’est pas seulement le sort qui est fait à ces propriétaires expropriés et à ces locataires délogés. C’est aussi la détérioration parfaitement volontaire et inutile (du point de vue du développement des projets immobiliers en tout cas) du cadre de vie des habitants voisins de ces maisons. Car bien sûr, les démolitions ne s’effectuent pas par blocs, c’est-à-dire une fois que les développeurs sont entrés en possession de tout un îlot. Non: les maisons démolies sont mitoyennes de maisons habitées, appartenant toujours à des particuliers que la Région n’a jamais expropriés.

Depuis le 19 mars 2007, des ouvriers ont entamé la démolition d’une série de maisons situées cette fois dans l’îlot C (rue d’Angleterre et rue de Mérode). C’est justement dans cet îlot qu’un nouveau projet de plan d’expropriation est en cours pour 4 des 5 maisons toujours habitées et jamais rachetées (ni expropriées, en 10 ans tout de même…) par Bruxelles-Midi ni par la Région. Ces maisons sont situées dans un îlot déjà cédé (en partie virtuellement, donc) au groupe Atenor-BPI pour y construire bureaux et hôtels.

La démolition bloc par bloc est une ancienne revendication des habitants, hélàs toujours d’actualité. Poussière, bruit, tremblements et autres chutes de pierres sont le lot quotidien de ces travaux qui commencent parfois très tôt le matin. Les ouvriers ne sont quasiment jamais au courant que les maisons mitoyennes de celles qu’ils vident sont habitées. L’insécurité (maisons laissées ouvertes pendant la période de démolition, terrains vagues ouverts ensuite à tout vent…) et d’autres nuisances quotidiennes (rats, souris…) vont de pair avec ces destructions.

[Ecoutez le doux réveil du marteau-piqueur, enregistré de l'autre côté du mur.]

C’est peut-être la raison pour laquelle cette pratique a toujours été privilégiée par les autorités et par Bruxelles-Midi, malgré ou à cause des plaintes des habitants. Comment expliquer autrement de telles méthodes? Pourquoi cet empressement? Quel intérêt ont les autorités à ce qu’une maison sur deux soit détruite, puisque la construction ne pourra pas démarrer avant que toutes les parcelles soient vides. La démolition par blocs serait un procédé évidemment plus économique pour Bruxelles-Midi, mais la démolition « plic ploc » a des vertus évidentes d’intimidation sur les habitants. Leur capacité de résistance ne peut que s’en trouver affaiblie… au bénéfice de ceux qui veulent racheter leurs maisons à bas prix.

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Lettre ouverte

Lettre ouverte à Charles Picqué, Ministre-Président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et Bourgmestre empêché de Saint-Gilles

Saint-Gilles, le 20 mai 2005

Cher Monsieur Picqué,

Nous sommes des habitants, des commerçants et, pour certains encore, des propriétaires dans le quartier Midi, ou des membres d’organisations luttant pour le droit à l’habitat. A nouveau, l’habitat dans notre quartier est prématurément menacé.

Depuis 1996, nous savons que les maisons où nous habitons, depuis parfois très longtemps, font l’objet d’un plan d’expropriation approuvé par la Région bruxelloise et la Commune de Saint-Gilles, dont l’intention est de transformer le quartier en vaste centre administratif, en « vitrine » pour la capitale de l’Europe et lieu de « convivialité urbaine ».

Paradoxalement, la Commune de Saint-Gilles, dont vous êtes le Bourgmestre, a inscrit dans ses priorités politiques pour la législature en cours « la rénovation du bâti dégradé et la consolidation de la présence du logement dans le quartier Midi », affichant notamment la volonté de freiner l’expansion des activités de bureau et de commerce dans les quartiers résidentiels, d’améliorer la qualité des espaces publics, la propreté et de réduire les nuisances…

En 1992, le plan particulier d’aménagement du sol « Fonsny 1″ a fixé le sort de quatre îlots situés entre l’avenue Fonsny et la rue de Mérode et entre la rue Claes et la Rue de Russie. Pour mener à bien la mise en œuvre de ce PPAS, la Région a accordé en 1995 à l’entreprise mixte SA Bruxelles Midi, dont elle est l’actionnaire majoritaire (58%), la mission d’encadrer et d’orienter les initiatives des investisseurs privés.

Treize ans plus tard, seul un projet a été mené à son terme: la construction d’un immeuble de bureaux sur l’îlot B. Quant à l’îlot A, les maisons ont laissé place à un terrain vague alors qu’aucun projet n’est à l’étude. L’îlot C a été éventré pour aménager à une date non déterminée une place publique. Le bâti toujours debout est voué à l’expropriation et à la démolition en l’absence de tout projet immobilier à ce jour.

Concernant le quatrième îlot, l’îlot D, votre prédécesseur à la Région bruxelloise, Mr François-Xavier de Donnéa, annonçait le 29 mars 2002 en session plénière du Conseil Régional Bruxellois que son développement « n’interviendra pas avant 2008″.

Pourtant, un permis de démolir a été délivré en janvier 2005 qui couvre l’ensemble du bloc D. Simultanément, des familles et des ménages habitant rue de Russie et avenue Fonsny sont sommés de quitter leur logement pour le 31 août. Leurs propriétaires et premiers interlocuteurs sont des sociétés privées, toutes filiales du même groupe immobilier dont l’intérêt à la démolition est manifeste mais qui mettent en cause des raisons d’insalubrité, selon une stratégie habituelle des promoteurs à l’origine de nombreux chancres bruxellois. De plus, nous pensons que les préavis adressés aux locataires ne respectent pas les droits de ceux-ci.

Cette menace intervient alors que des maisons voisines appartiennent encore à de petits propriétaires, que les occupants de celles-ci ne sont pas en fin de bail et ignorent tout des échéances.

Pour l’avoir déjà vécu dans notre quartier, nous savons ce que cette vague de délogements annonce: des maisons vidées et murées qui pourrissent, menaçant les passants et les riverains et qui, finalement, sont abattues à l’unité ou par petits groupes, ici et là. Loin de contribuer à la revitalisation du bas de St Gilles, ces pratiques et ce laisser-faire aboutissent à la désolation du quartier et à une bien triste vitrine aux abords de la gare du Midi. Tout aussi grave, la spéculation immobilière en dehors des quatre îlots concernés n’a pas été arrêtée. Il n’y a qu’à se promener dans le quartier pour s’en rendre compte.

Prenez par exemple l’îlot situé entre les rues de Russie, de Mérode et l’avenue de la Porte de Hal. Il a fallu près de 15 ans pour que cet îlot soit exproprié et remplacé par « l’atrium »: 56.000 mètres carrés de bureaux, occupés finalement par la SNCB — dont le déménagement a créé de nouveaux immeubles vides à quelques dizaines de mètres seulement.

Nous doutons que la prolifération des terrains vagues ou des maisons vides améliore l’image et la convivialité des abords de la gare du Midi, ni ne règle les problèmes de sécurité et d’hygiène. Nous voulons aussi rappeler que ce ne sont pas les habitants ni les propriétaires particuliers qui ont mis le quartier dans l’état dans lequel il est aujourd’hui. Au contraire, ceux-ci payent le prix fort de cette mutation, depuis longtemps et particulièrement depuis l’arrivée du TGV. Depuis 1996, le plan d’expropriation a des conséquences regrettables sur l’entretien du bâti existant et empêche toute rénovation.

En plus de la mission de gérer la concrétisation des projets immobiliers sur les quatre îlots du PPAS « Fonsny 1″, la SA Bruxelles Midi a également été mandatée pour assurer l’information, l’accompagnement social et l’aide au relogement des habitants délogés.

Pour notre part, nous devons vous confier que nous ne sommes guère tenus informés de l’avancement des procédures. Bien souvent, les informations ne nous parviennent que lorsque l’on signifie à certains d’entre nous la résiliation de leur bail, ou que d’autres sont approchés pour céder leur bien en échange de sommes ridicules voire indécentes.

Certains d’entre nous ne bénéficient d’aucune aide. Nous ne voyons pas venir l’accompagnement social qui est sensé distinguer ce projet des méthodes utilisées, par exemple, dans le quartier Nord. Tout au plus nous répète-t-on qu’il nous faut partir, et nous envoie-t-on des listes de logements disponibles dans d’autres quartiers et à des conditions financières totalement inadéquates avec nos moyens.

A de nombreuses occasions ces dernières années, des représentants et des mandataires de la plupart des partis qui constituent aujourd’hui votre majorité politique à la Région bruxelloise se sont accordés à propos du quartier Midi pour dire qu’il faut cesser d’y déloger des habitants, d’y condamner ou d’y démolir des maisons habitées ou habitables, et ce tant que des permis de bâtir ne sont pas délivrés.

Dans ce contexte, nous, les habitants et signataires, demandons instamment que:

1. le bâti existant et l’habitat dans les îlots A, C et D soient maintenus jusqu’à la délivrance d’un permis de bâtir. En conséquence, les habitants le souhaitant seront admis à jouir de leur logement situé dans la zone du PPAS jusqu’à délivrance d’un tel permis. Et toute maison habitable continuera à être mise en location par son propriétaire.

2. les habitants quittant le quartier suite à ce plan d’expropriation bénéficient d’un accompagnement social digne de ce nom. Le relogement de ces habitants à des conditions financières similaires et si possible à proximité de leur logement actuel doit être assuré. Il faut garantir ces droits à tous les habitants de la zone expropriée. Vous n’êtes en effet pas sans savoir que seuls les habitants présents avant 1997 peuvent bénéficier d’une assistance et d’indemnisations. Huit ans plus tard, cette mesure n’est-elle pas devenue quelque peu obsolète voire injuste? Par ailleurs, les habitants ne trouvant pas à se reloger à Bruxelles à des conditions raisonnables et devant donc quitter la région, devraient également bénéficier de ces aides (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Il convient de mettre fin à ces discriminations.

3. soit mis en place un groupe permanent de concertation associant tous les pouvoirs publics, promoteurs, propriétaires et habitants concernés. Un tel groupe permettrait notamment une plus grande transparence dans ce dossier, ainsi qu’une gestion plus harmonieuse des conséquences de ces projets immobiliers, que ce soit pour les habitants, commerçants, propriétaires ou riverains, et notamment en ce qui concerne les nuisances dûes aux chantiers et aux démolitions déjà opérées.

Nous savons combien le réaménagement de notre quartier vous tient à coeur. Nous connaissons votre préoccupation pour la problématique du logement et notamment du logement social à Bruxelles. Le gouvernement régional que vous présidez en a fait l’une de ses priorités, laquelle figurait déjà en bonne place dans votre « Contrat avec les Bruxellois ». C’est pourquoi nous avons bon espoir que vous répondrez favorablement à notre appel.

Dans l’attente de cette réponse, nous vous remercions de l’attention que vous aurez portée à la présente.

Vous trouverez ci-joint la liste des premiers signataires.

Une copie de cette lettre est adressée aux membres du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale et aux membres du Collège des Bourgmestre et Echevins de la Commune de Saint-Gilles.

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