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« Construction durable » rue de Suède
Totalement démoli en 2000, l’îlot B du quartier Midi fait place depuis quelques années à 40 logements sociaux du Foyer saint-gillois ainsi qu’à l’immeuble de bureaux « Swiss Life », qui n’affiche toujours pas complet à ce jour. Il reste malgré tout une dent creuse, promise depuis des années à la Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB).
A présent, celle-ci annonce sur son site internet « une première en Région Bruxelloise »: la « construction durable » de 30 appartements destinés au marché acquisitif. On y apprend que la SDRB « est en passe d’acquérir une nouvelle parcelle de terrain d’une superficie de 1.221m² afin d’y implanter un immeuble répondant aux normes très strictes d’une construction passive ».
La SDRB annonce le dépôt du permis d’urbanisme pour novembre 2007, ce qui lui « permet d’espérer l’obtention du permis d’urbanisme pour juin 2008. Le début du chantier pourrait être planifié en octobre 2008 et la fin des travaux en février 2010″.
Tags : swiss life | région de bruxelles capitale | gare du midi | sdrb | rue de suède | logementLes habitants oubliés de la rue qui n’existe plus…

Incendies, terrains vagues, chantiers, absence d’éclairage public et menaces d’expropriations jamais mises en pratique… A Saint-Gilles, les habitants et les riverains des rues de Suède et de Norvège n’en peuvent plus.
Rue de Norvège à Saint-Gilles. Déjà rayée des nouvelles cartes de Bruxelles, cette voirie publique est appelée à disparaître pour faire place à un intérieure d’îlot privatisé. Sur les deux tiers du bloc, un immeuble de bureaux est quasiment déjà sorti de terre. Ce sera le dernier bâtiment conçu par l’Atelier d’Art Urbain dans le quartier. Il abritera le siège du groupe Securex, actuellement basé à Evere. Comme pour la compagnie d’assurance Swiss Life, qui s’est installée dans une partie du bâtiment construit sur l’îlot B (dont le reste est toujours vide), l’arrivée de Securex dans le quartier ne constitue pas plus qu’un déménagement d’un quartier de Bruxelles vers un autre. Aucune création d’emploi en vue, malgré les discours de la Commune de Saint-Gilles qui annoncent depuis 10 ans pas moins de 9000 emplois nouveaux dans le quartier.
Aujourd’hui, à l’ombre du chantier des futurs locaux de Securex, il reste pourtant des habitants dans la parcelle située entre la rue de Norvège et la rue de Mérode. Ceux-ci ont déjà dû subir la démolition de l’îlot B, voisin, le chantier des immeubles de Test-Achats puis de celui qui accueille aujourd’hui Swiss Life. Ils ont enfin dû supporter la destruction de toute la partie de l’îlot situé entre la rue de Norvège et l’avenue Fonsny, vivre plusieurs années face à un grand terrain vague et enfin à côté du chantier qui est en train de se terminer ces mois-ci.
Comme pour tout le quartier, ces habitants sont promis depuis 1992 à une expropriation d’extrême urgence et pour cause d’intérêt public, décrétée par Charles Picqué. A l’instar de l’îlot D (rue de Russie-rue de Mérode), leur bloc ne fait pourtant plus partie aujourd’hui d’aucun plan d’expropriation. Le plan d’expropriation de 1996 a expiré fin 2006 et n’a été renouvelé que pour 4 maisons de l’îlot C (rue de Hollande-rue d’Angleterre). Plus de base légale pour exproprier, donc, mais des menaces qui continuent très clairement à être proférées par les autorités communales et régionales, qui n’ont en aucun cas renoncé à leur projet.
Pour les trois familles qui habitent et sont propriétaires de leur maison rue de Norvège, le calvaire ne semble pas être prêt de s’arrêter. L’arme la plus forte des autorités expropriantes est bien sûr le temps et la dégradation de l’environnement qui s’accélère avec les années. Le bruit, les vibrations, la poussière, les dépôts d’immondices, les maisons vides, l’insécurité… et aujourd’hui, un immeuble qui leur coupe toute lumière du jour. Les habitants finiront-ils un jour par craquer et accepter une offre de rachat à bon compte de leur maison? C’est apparemment le pari qui est pris sur leur dos.
Trois incendies en quelques semaines
Et comme si cela ne suffisait pas, la rue de Norvège fait régulièrement l’objet de coupures d’éclairage public. C’est encore le cas en ce moment, depuis qu’un incendie a commencé à ravager une des maisons vides de la rue, il y a un mois. Cet incendie est survenu quelques semaines à peine après que les flammes aient dévasté une maison habitée dans le même îlot et quelques jours avant qu’un autre incendie, beaucoup plus médiatisé celui-là, ait causé la mort de deux squatteurs dans une maison de la rue d’Angleterre.
A l’époque, le Comité de quartier avait parlé d’un drame prévisible, dénonçant pour la enième fois l’absence de mesures de sécurité prises par la SA Bruxelles-Midi et les autorités communales dans le quartier. Certains avaient reproché cette prise de position, arguant du fait qu’il s’agissait d’un incendie criminel dont les autorités ne pouvaient pas être tenues responsables. Manifestement mal à l’aise suite à cet accident, celles-ci avaient déclaré à la presse que la maison incendiée avait été murée (ou « fermée par des planches », selon les articles) – ce qui relève du mensonge éhonté – et que de toutes façons il leur était impossible d’assurer la sécurité des maisons vides face aux « professionnels du squat bien outillés qui viennent à bout des meilleures serrures ».
Pourtant, la Commune est bel et bien l’une des principales parties responsables de la profusion des maisons vides (pour lesquelles elle n’applique pas sa taxe sur les immeubles vides) et des terrains vagues dans le quartier. Le Comité de quartier n’a jamais insinué que ces incendies étaient le fait des promoteurs publics et privés qui agissent dans le quartier. Il affirme, et ce depuis bien avant les incendies, que la Commune et la Région sont responsables de l’état dans lequel se trouve le quartier aujourd’hui et donc des conditions qui font que la sécurité n’y existe plus.
Que la Commune assume ses responsabilités…
Les riverains des îlots expropriés se plaignent de l’état dans lequel leur quartier est laissé. « Le chemin depuis l’arrêt de tram Suède/gare du Midi est très sombre et insécurisant la nuit pour les piétons », note une habitante d’un îlot voisin. Une autre, installée depuis quelques années dans l’immeuble du Foyer Saint-Gillois, indique avoir « une agréable vue sur le coté de la rue de Suède » par laquelle elle voit « les trois maisons délabrées dont une brulée dernièrement, le nouveau et très beau bâtiment en construction et en bas de mon immeuble un terrain vague jonché d’ordures de tout sortes, très nombreuses bouteilles d’alcool, canettes, sacs en plastique, poubelles, nourriture, excréments d’humains et d’animaux, vieux meubles, planches, bidons, sacs volés etc… Je ne peux vous décrire la puanteur qui se dégage de ce terrain! »
Eclairage public, murage des maisons vides, arrêt des démolitions formant des dents creuses entre des immeubles habités, sécurité des terrains vagues, ramassage des ordures etc. La Commune de Saint-Gilles serait bien inspirée de garantir la sécurité de tous ses administrés, même ceux qu’elle menace d’expropriation depuis une éternité. La justice et le bon sens commandent de mettre immédiatement fin au calvaire des familles de la rue de Norvège, comme de tous les habitants du quartier. De leur permettre rapidement de se reloger ailleurs et de bénéficier d’indemnités pour tout ce qu’ils ont subi et, surtout, qui leur permettent de se racheter une maison identique à celle qu’ils possèdent, en considérant la valeur et l’état de celle-ci tels qu’ils étaient en 1992 et pas aujourd’hui.
Tags : atelier d'art urbain | saint-gilles | rue de suède | gare du midi | expropriation | extrême urgence | sa bruxelles-midi | rue d'angleterre | charles picqué | rue de russieChronique d’un quartier de Bruxelles:
quand Manhattan rencontre le Midi…
- Article du 1er mars 2007 publié sur le site d’Echanges et partenariats (France).
Depuis plus de 10 ans le quartier Midi, situé au sud de Bruxelles sur la commune de Saint-Gilles, est sous le joug de projets de « rénovation urbaine » qui concernent quatre îlots de logements. Ce quartier populaire des abords de la gare du Midi faisait son bonhomme de chemin, bon an mal an, regroupant entre ses briques des artistes, des petits commerçants et des habitants… C’est à partir des années 90, lorsque la gare s’ouvre à l’Europe et accueille le TGV, que les politiques se penchent sur ce bout de terrain. Les abords de la gare doivent donc être aménagés afin d’en faire un « petit Manhattan », digne de recevoir les nombreux eurocrates qui viendront faire affaire à Bruxelles !
Ainsi, les vieilles pierres des immeubles dénotent, et les habitants aussi… La solution est simple : on exproprie, on démolit et on reconstruit plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux, des enseignes de grande distribution, des lofts et une poignée de logements sociaux !! Le projet devrait être simple à réaliser, sachant que le bourgmestre (équivalent du maire français) de la commune de Saint-Gilles est en même temps le président de la région Bruxelles-Capitale. Les accords seront sûrement faciles à trouver !!
Les outils sont très vite pensés, en 1991, un schéma directeur pour le quartier est adopté et en 1992, un plan particulier d’aménagement du sol prévoit la démolition de quatre îlots de logements, commerces et ateliers.
La même année, la société mixte « Bruxelles-Midi » voit le jour. Cette société « d’aménagement urbain du quartier de la gare du Midi » est dirigée par des fonctionnaires de la région et de la commune de Saint–Gilles. « Bruxelles-Midi », organisme public, se doit d’avoir un objectif d’intérêt général. Elle est ainsi présente pour empêcher la spéculation immobilière qui sévit sur le quartier et développer la « bonne » promotion immobilière. C’est en 1995 qu’elle devient véritablement opérationnelle et s’empare d’une mission de service public, celle du développement d’un projet immobilier « harmonieux et cohérent »… En 1996, au nom de l’intérêt public, un plan d’expropriation sur 10 ans est adopté pour déloger les habitants des quatre îlots voués à la démolition. Cet intérêt public là semble tout de même un peu privé, non ?!!
Le « hic » est que la société Bruxelles-Midi n’est pas dotée d’un fonds financier suffisant pour indemniser les habitants au prix d’une expropriation. La commune tente donc de négocier à l’amiable, en tirant les prix vers le bas…Résultat des courses : dix ans après, il reste encore plus de 100 personnes réparties sur trois îlots.
Chaque immeuble que Bruxelles-Midi parvient à acheter appartient alors à la régie foncière régionale. Pour démolir, Bruxelles-Midi doit demander un permis d’urbanisme…aux fonctionnaires chargés de l’aménagement du territoire, ceux-là même qui composent la direction de Bruxelles-Midi. Quoi de plus simple quand les accords sont pris par les mêmes personnes !!
En 2006, la commune a prorogé le plan d’expropriation pour les immeubles toujours occupés, en invoquant le « caractère d’extrême urgence ». Alors que l’affaire traine depuis 10 ans, la notion d’urgence devient très relative ! A ce jour, un seul îlot est sorti de terre, composé majoritairement de tours de bureaux occupées à 40% seulement par Swiss Life.

Et pendant tout ce temps, la vie du quartier Midi est minutieusement sapée. Les habitants vivent dans la menace d’être expropriés d’une semaine à l’autre, ils ne peuvent pas rénover leurs logements, le quartier est en perpétuel chantier, entre les démolitions au coup par coup d’immeubles, les travaux de construction, la boue, les engins… Côté paysage, ce ne sont que terrains en friches et immeubles à moitié éventrés, jouxtant des buildings de verre…reste à savoir lequel de ces deux décors est le plus désolant…

Le quartier du Midi poursuit sa mutation
ANNE-CECILE HUWART – Le Soir – samedi 28 mai 2005
Le quartier du Midi poursuit sa lente mutation, entamée il y a quinze ans avec l’annonce de l’arrivée du terminal TGV. Au fil des ans, les maisons se sont vidées, lézardées. Pour faire place à des chancres puis, parfois, à des immeubles modernes. Les écolos de Saint-Gilles s’inquiètent de la lenteur du chantier et des résultats qu’il donne : trop de bureaux (souvent vides) au détriment du logement, manque de vision d’ensemble… Au conseil communal de jeudi dernier, les écolos ont tenu à s’informer de l’avancée des travaux.
Les préoccupations des verts concernent quatre îlots à front de l’avenue Fonsny. L’îlot A, coincé entre les rues Claes et de Suède, est pour l’heure un vaste terrain vague. Mais l’échevin de l’urbanisme, Henri Dineur, a voulu rassurer l’assemblée : les permis pour la construction d’immeubles de bureaux et logements (côté Mérode) ont été délivrés.
L’îlot B, entre les rues de Suède et de Hollande, est partiellement occupé par la compagnie d’assurances Swiss Life. Un deuxième occupant est en voie d’aménagement.
L’îlot C, entre les rues de Hollande et d’Angleterre, a fait l’objet d’un marché lancé par le Comité d’acquisition. Le marché sera adjugé dans le courant de juin 2005. Les dernières expropriations sont en cours, elles pourraient aboutir à la fin de l’année. Quant aux démolitions, elles se poursuivent au fur et à mesure des acquisitions. Le début des travaux de reconstruction peut être envisagé au plus tôt fin 2006.
L’îlot D, entre les rues d’Angleterre et de Russie, appartient pour un quart à la S.A. Espace Midi. La commune n’a jusqu’ici reçu aucune demande de démolition ni de reconstruction. Quelques irréductibles habitants habitent toujours cet espace. Mais plus pour longtemps car ils viennent de recevoir leur avis d’expulsion de la part de la S.A. Espace Midi : ils doivent déguerpir pour le 31 août. Or, ils souhaitent pouvoir conserver leur logement jusqu’à ce qu’un projet concret voie le jour à cet endroit.
Nous savons ce que cette vague de délogement annonce : des maisons vidées et murées qui pourrissent, menaçant les passant et les riverains et qui, finalement, sont abattues à l’unité ou par petits groupes, relatent les riverains dans une lettre au ministre-président de la Région bruxelloise et bourgmestre de Saint-Gilles, Charles Picqué. Loin de contribuer à la revitalisation du bas de la commune, ces pratiques aboutissent à la désolation du quartier et à une bien triste vitrine aux abords de la gare du Midi.
Et les écolos de demander à l’échevin de trouver des arrangements avec les différents protagonistes pour permettre aux habitants de rester chez eux le plus longtemps possible. Mais Henri Dineur dénonce l’insalubrité des lieux. Ces habitations sont quasi en ruines, explique-t-il. De plus, elles restent frappées d’une hypothèque que la commune ne souhaite pas remettre en cause. Ce serait populiste et anti-économique de donner de faux espoir aux gens. Ces habitants n’auront aucun projet de vie. Ce serait comme installer des logements à marée basse alors que la mer va monter…
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